Aujourd’hui petite rencontre avec un groupe de punk-rock australien : The Living End. On a pu discuter avec Scott Owen, contrebassiste du groupe The Living End

On vous propose cette interview aujourd’hui pour fêter la sortie de l’album « Wunderbar », nouvel album du groupe ! Vous pouvez l’écouter avec la petite playlist à droite 🙂

Merci à Adeline Déprez pour la traduction de l’interview !

M : Bonjour Scott, comment allez-vous ?

S : Très bien, merci !

M : Donc, nous sommes Error 404, un média qui parle de musiques, jeux vidéos, films, toutes sortes de divertissements..

S : Ouais !

M : Donc, vous jouez demain à Paris au Backstage By The Mills, c’est un super endroit.

S : Oui, c’est un super endroit, vous le connaissez ?

M : Oui je le connais bien, c’est une petite salle mais vraiment jolie !

S : Oh, trop cool !

M : Vous n’avez plus fait de concert en France depuis 2009, à part pour Download l’an dernier… Ca faisait longtemps !

S : Oui, je sais ! Avant, on venait on jouait une ou deux fois par an ou par album… aux States et à travers plusieurs tournées l’étranger. Mais ça s’est un peu calmé pendant un moment, on a passé plus de temps à la maison, fondé une famille, ce genre de choses. On voulait être un peu plus à la maison, pour eux. (01:13 / Pas sûr de celle là = We went astray ? ) Avoir à traverser d’un pays européen à l’autre, ça allait, mais devoir traverser l’océan, traverser l’équateur, ça fait un long chemin  ! Mais maintenant, on est un peu plus retrouvé l’énergie, de faire les voyages plus souvent. Le voyage qu’on a fait ici l’an dernier était vraiment énergisant, la soirée était très bien, le Download Festival était génial, il y avait un super public pour nous, on a passé une super soirée. Il y avait même un gars en costume de Spiderman qui faisait du crowdsurfing au Download Festival, c’est un souvenir bizarre… Mais, c’était vraiment bien de revenir ici !

M : D’où vous venez en Australie ?

S : De Melbourne.

M : Ca fait un long voyage pour venir en Europe ou aux Etats-Unis !

S : Oui, ça l’est ! C’est un long chemin, on est un peu à l’écart en Australie *rires*

M : Vous faites plus de tournées directement en Australie ?

S : Oui, on le fait ! Mais le truc, en Australie, c’est qu’on existe depuis 20 ans maintenant… Nos albums ont été assez populaires depuis le premier ici… L’Australie a une petite population donc il y a un moment où les gens vont commencer à s’ennuyer de nos concerts, a en avoir marre de nous, parce que la population est petite ! Donc, pour pouvoir jouer souvent, on doit se casser de l’Australie et venir à l’étranger, en Amérique, en Europe, ou des endroits comme le Japon et Nouvelle-Zélande, qui sont un peu plus près pour nous… Autrement, on passerait beaucoup de temps assis à rien faire en Australie *rires*. Les gens nous aiment bien chez nous, mais on ne peut pas passer en concert tous les mois non plus, les gens veulent aussi écouter d’autres choses !

M : Qu’est ce que vous allez jouer en live alors ? Des nouveaux titres pas encore sortis ?

S : On joue “Don’t Lose It” parce que c’est le single qu’on a sorti, “Drop the Needle”… *il réfléchit* Qu’est ce qu’on a joué d’autre de nouveau ? Je me souviens pas… Il y en a un autre… Des fois “Wake Up the Vampires”… Enfin bref, on joue quelques nouveaux morceaux. Comme tu l’as dit, ça fait tellement longtemps qu’on était pas venus ici, à part pour le Download Festival l’an dernier. Je pense que, peu importe les fans que l’on a ici, à Paris, il y a des fans qui connaissent le groupe depuis longtemps, et qui veulent entendre nos anciennes chansons, je pense, donc on le fait

M : Quelle est votre chanson préférée à faire en live ?

S : La chanson que je préfère faire en live est probablement “Second Solution”, ou “Prisoner of Society”, ces vieilles vieilles vieilles chansons qu’on connaît bien. C’est un peu mon plaisir coupable ! Parce qu’on sait qu’on aura de bonnes réactions pour ces chansons, donc c’est marrant.

M : Vous prévoyez de revenir l’année prochaine pour la saison des festivals, par exemple ?

S : Oui, c’est le but ! De revenir et refaire des festivals, l’année prochaine. Et on pensait même être capable de revenir entre maintenant et l’année prochaine. On verra !

M : Donc, vous allez être occupés de toute manière !

S : Oui, parce qu’on a beaucoup de tournées prévues en Australie pour le reste de cette année, Noël et le Nouvel An, et même jusqu’à l’an prochain en Février, on a beaucoup de concerts en Australie. Et on papote à propos d’un petit détour en Amérique pour la fin de cette année ou début de l’année prochaine. Donc c’est bien, ça veut dire qu’on va être bien occupés comme on l’était avant, c’est génial.

M : Maintenant, parlons de l’album, la raison pour laquelle vous êtes ici aujourd’hui ! Donc, vous sortez “Wunderbar”, votre 8ème album, le 28 Septembre.

S : Correct !

M : En quoi est-il différent des albums précédents ?

S : C’est pas vraiment différent, tu sais. On a notre style, mais on est aussi un trio, donc on a quelques limites évidentes du fait que nous ne sommes que trois. Je pense que dans chaque enregistrement, les limites et les variations restent similaires, mais ça sonne juste différemment. On incarne nos chansons différemment. Je pense que la différence principale, facile à identifier, entre le dernier album et celui-ci : Notre dernier album,“Shift”, était très personnel, et très dark, psychologiquement dark. Le nouvel album, les morceaux sont un peu moins personnels, un peu plus universels, un peu plus enjoués, avec des paroles un peu plus optimistes au lieu d’être pessimistes.

M : On se souvient du clip vidéo de “Don’t Lose It”

S : Oui ! On a fait un clip assez drôle pour cette chanson. C’est une chanson assez enjouée aussi alors on a fait une vidéo amusante !

M : Quelles sont vos inspirations principales pour cet album, ou en général ?

S : Wow, c’est dur de rapporter à une inspiration principale. Une inspiration peut venir d’un million de choses différentes mais je pense que d’avoir été en Allemagne, à Berlin, en Janvier, était une expérience inspirante et ça a marqué l’album. De notre point de vue, quand on a quitté l’été australien, les rayons de soleil, la plage, ce genre de choses : pour arriver en Allemagne au milieu de l’Hiver, un hiver gelé, où il faisait zéro maudits degrés. Vous connaissez, vous avez les mêmes températures aussi ! C’était tellement en dehors de notre zone de confort. C’était la meilleure chose qu’on pouvait faire, parce que c’est très inspirant de se mettre dans une nouvelle situation et quitter sa zone de confort. Je pense que c’est la meilleure manière de créer. Particulièrement, quand tu dois rester à l’intérieur et continuer à travailler ! Je pense que c’est un endroit très inspirant, Berlin, à visiter en Hiver, un bon endroit pour être créatif. Parce que, la chose bien avec Berlin, je trouve, c’est genre gris, terne, froid et misérable. Mais, il y a encore tellement de couleurs dans la ville, dans l’art urbain, les graffitis, à l’intérieur de ces galeries, dans ces lieux où il y a de la musique, etc. Ca a toujours une attitude vraiment belle et colorée. Berlin, c’est probablement l’inspiration principale de l’album, cet endroit.

M . Donc, vous avez enregistré l’album à Berlin ?

S : Oui, on l’a enregistré principalement à Berlin. Et on a aussi été dans cette petite ville au milieu de l’Allemagne qui s’appelle Rothenburg. Il y avait un studio, on a enregistré là-bas pendant une dizaine de jours, dans un grand et ancien studio. Donc oui, ça fait deux endroits.

M : Quel est votre processus de fabrication pour l’album ? Comment vous créez les chansons ensemble ?

S : On a tout commencé à peu près vers le dernier trimestre de l’an dernier. On vivait tous à des endroits différents. Chris habitait encore en Amérique, Andy était dans le sud de l’Australie et je vivais à Victoria. Donc, on a fait quelque concerts en Australie, où on se réunissait à Melbourne pour s’entraîner pendant quelques jours, où on travaillait sur de nouveaux morceaux, faisait les concerts puis on repartait chacun de notre côté. Donc on a passé un peu de temps à préparer des chansons. Mais on s’est pas entraînés autant pour ces chansons que pour les chansons des albums précédents. Normalement, on était un peu plus organisés ! Donc en Janvier, quand on est arrivés à Berlin, pour préparer l’album, c’est le moment où tout devait être rapidement bouclé et complet. La limitation en temps, c’est bien parce que, tu sais, tu passes tout le temps du monde à travailler, travailler, travailler et avec un peu de chance, à t’améliorer, t’améliorer… C’est bien d’avoir un point d’arrêt, pour limiter. Après, on a passé deux semaines à Rothenburg dans un grand studio, enregistrer le groupe, la batterie, la basse et la guitare. Après, on est retournés à Berlin dans un studio pendant deux autres semaines pour terminer le chant et tout ce qui va au dessus des instruments !

M : Donc, ça a pris combien de temps pour tout l’album ?

S : Six, quatres… non, deux semaines de pré-production, quatre semaines d’enregistrement, mais avant d’en arriver là, il y a eu des mois d’écriture.

M : Tout le monde participe pour l’écriture des chansons ?

S :  Non, la plupart du temps, Chris écrit les chansons. Il a ramené des chansons qu’il a écrit il y a des années et aussi d’autres qu’il a écrit plus récemment. Après on s’entraîne sur ces chansons ensemble où on a tous nos idées et nos interprétations, qu’on partage et on expérimente, on expérimente, on expérimente, et puis voilà ! On a une chanson.

M : Comment vous décidez quelle chanson va dans l’album ou pas ? Genre “Celle là est bien, on la met” ?

S : Ouais, c’est le grand bénéfice d’avoir du temps pour s’entraîner avant d’aller en studio pour enregistrer. Ca devient évident, quelle chanson paraît laborieuse et difficile à travailler, même si des fois, il faut quand même continuer, et trouver la chose qu’il faut. Des fois, tu continues à travailler et t’es là genre “Nan, on doit s’en débarrasser”. Et sinon, il y a aussi des chansons qui se créent facilement, qu’on aime immédiatement, mais dont on se lasse ensuite. D’autre qui se créent rapidement, qu’on aime immédiatement qu’on trouve amusantes et qui restent amusantes ensuite. Donc, il y a plusieurs formes, dans le processus, on doit juste garder l’esprit ouvert et si quelque chose doit être retravaillé, continue à travailler dessus. Avec nos précédents albums, on apprends de nos erreurs. On sait comment choisir le chemin d’une chanson ou trouver le chemin pour atteindre l’essence de la chanson, un peu plus judicieusement que dans le passé où on a fait des erreurs, on a trop joué et pas assez donné de temps à l’idée de fleurir, ou bien qu’on a pas joué assez, etc. C’est toujours différent, chaque chanson à son propre périple.

M : Parlons de l’artwork sur l’album, c’est rempli de vieilles télévisions cathodiques, vous pouvez en parler un peu ?

S : Encore une fois, ça a pris du temps et son propre chemin pour en arriver là. On avait plusieurs idées différentes, transformé en plusieurs formes. Je trouve vraiment cool d’avoir le tourbillon en arrière-plan, ça donne un peu un sentiment hypnotique. Ensuite, on a ajouté les écrans avec des images du paradis, les palmiers et les plages, ce genre de choses. Utiliser des écrans est une chose symbolique. On utilise tellement les écrans dans nos vies de tous les jours. C’est un peu une réflexion autour de ça. Le paradis sur les écrans mais on a le tourbillon hypnotique derrière. C’est mon interprétation de ça, tout le monde peut interpréter à sa manière. On pense que c’est un très joli artwork, c’est lumineux, positif et réjouissant et c’est wunderbar ! (nb : en Allemand, ça signifie merveilleux)

M : Ca fait un peu une atmosphère à la synthwave

S : Une atmosphère de ?

M : Synthwave

S : Synthwave ? C’est quoi ?

M : C’est un genre de musique, avec des néons, des palmiers, paradise, ce genre de choses

S : C’est un peu différent de nous parce qu’on a tendance à faire de l’imagerie dark, mais là on a fait un peu plus joyeux !

M : Quelle est votre chanson favorite sur l’album, si vous devez en choisir une ?

S :  C’est dur de répondre à cette question… J’ai l’impression d’être encore attaché à chacune d’entre elles, exalté pour chacune d’entre elles. Mais si je devais choisir une chanson de l’album pour la montrer à quelqu’un, je choisirai “Death of the American Dream”. Vous la connaissez ?

M : Oui !

S :  C’est une chanson qui est en deux parties, un peu psychobilly déjanté, qui déverse de manière un peu dingue à propos de la culture et des sous-cultures américaines, comme la Pop culture, ce genre de choses. Je peux dire que c’est puissant, et amusant, et vraiment puissant et énergique. Après ça passe à la partie pop de la chanson qui fait un peu ambiance country à la Johnny Cash, un peu triste, qui est la réponse à la première partie de la chanson. Pour dire que le rêve américain est peut-être en train de mourir, mais ce n’est pas tout ce qui définit l’Amérique. Il y a de l’espoir, donne un aspect d’espérance à ce dont l’Amérique ressemble ces jours-ci. Je ne sais pas à quel est le point de vue sur l’Amérique en France, mais elle à l’air un peu insensée de notre côté du monde. Je ne veux pas être trop politique, mais on l’est… c’est insensé, Donald Trump paraît insensé…

M : Finissons avec des questions personnelles. On parle beaucoup de Pop culture, et ce genre de choses, quel est votre groupe préféré ou votre groupe du moment que vous écoutez ?

S : Ok ! Mon groupe préféré du moment est un groupe australien qui vit à Berlin, qui s’appelle “Parcels”. Tu as entendu parlé de ces gars ?

M : De nom, mais je n’ai pas encore trop écouté. Je sais qu’ils passent dans toute la France bientôt, en novembre. (ndlr = en fait il y a l’Olympia le 13 novembre qui est complet par exemple, et pleins de dates dans toute la France, on vous les ajoute dans l’agenda à droite du site :))

S : Je pense que c’est un groupe dont vous entendrez parler. Ils viennent de commencer. Ils viennent d’une petite ville en Australie où j’ai vécu pendant 5 ou 6 ans. Une jolie petite ville qui s’appelle “Byron Bay”. Et c’est vraiment un très bon groupe. Ils ont décidé que dès qu’ils finissaient leurs études, ils allaient vivre à Berlin et faire de la musique. Et donc, ils font ça depuis à peine un an, un an et demi. Et ils sont juste hyper bons. Putain, ils sont vraiment vraiment bons ! Ils ont fait leur premier album, qui sort dans quelques mois, et je pense qu’il va avoir un grand impact, ici, en Europe.

M : Je regarderais !

S : Ouais !

M : Dans “Don’t Lose It” vous faites un show télé, c’est quoi votre show télé préféré ?

S : Mon show télé préféré…. Les Simpsons ?

M : Vous avez vu Désenchantée ? C’est la nouvelle série créée par…

S : Créé par Matt Groening ? Vraiment ?

M : C’est sorti il y a pas longtemps du tout !

S : Je connais pas

M : C’est dans un univers médiéval

S : Oh vraiment ? Ca doit être cool ! C’est un homme très intelligent. Tout ce qu’il fait est bien !

M : Vous avez un film préféré peut-être ?

S : J’ai deux films préférés, mes favoris à égalité : “Grease” et “The Blues Brothers”.

M : C’est un bon film !

S : Oui ! Mes enfants commencent à les apprécier aussi, c’est cool parce que j’ai adoré ces films depuis mon enfance, depuis qu’ils sont sortis. Ca a toujours été un de mes favoris et maintenant, ça l’est pour mes enfants aussi, c’est cool ! Je revois ces films à travers leurs yeux aussi, maintenant.

M : Jeu vidéo préféré ?

S : Je joue pas trop aux jeux vidéos… Mais, si je devais en choisir un, ça serait un jeu de course, comme “Colin McRae”, quelque chose comme ça.

M : Dernière question, pour diviser le groupe, c’est qui le plus drôle d’entre vous ?

S : Le plus drôle ?

M : Ouais, vous devez choisir !

S : Oh mec ! Ils sont tous les deux (ndlr: les deux autres membres du groupes si ce n’est Scott !) drôles. Mais… comment dire, ils sont tous les deux drôles, je les trouve drôles ! *rires*

M : Vous avez une anecdote à partager à propos de la tournée ou le making of de “Wunderbar” ?

S : Une anecdote que je peux vous raconter, aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Andy. Pour de vrai, c’est la vérité. Et une anecdote sur le making of de wunderbar ? Pas vraiment lié à l’album, mais plus à la France… Les deux dernières fois où on est venus en Europe, nos instruments ont été retenus à l’aéroport ! Donc on arrivait sur les festivals sans instruments, mais finalement ça s’est arrangé rapidement.

M : Vous avez un dernier mot pour vos fans français et nos lecteurs ?

S : “Bonjour”, et “Merci beaucoup” et j’adore les “Happy Drivers” qui est est groupe de psychobilly français. Ils sont, de loin, mon groupe de psychobilly préféré du monde, donc je voulais le dire, en espérant que le groupe verra ça, ce serait sympa. Merci de nous recevoir de nouveau !

M : Merci beaucoup pour ton temps et tes réponses Scott !

Le groupe au complet !

 

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