Juste avant leur excellent concert au Trabendo, j’ai eu l’occasion de m’asseoir avec Robert Ortiz, batteur et membre fondateur du groupe Escape The Fate pour une discussion autour de leur venue à Paris et de leur dernier album : I Am Human

404 : Déjà, merci beaucoup de nous donner un peu de ton temps pour cette interview avec Error 404. Alors Escape The Fate est sur le point de sortir son sixième album intitulé « I Am Human ». Pourquoi avez-vous choisi ce nom et qui signifie cet album au sein de votre parcours musical ?

 

Robert : C’est une très bonne formulation d’une question que j’ai pas mal eu en interview. Le nom vient d’une chanson que Craig a écrite. Pour moi, le nom de cette chanson est un très bon nom pour l’album car il fait un peu la synthèse, il réunit très simplement tout ce qu’on voulait exprimer avec cet album. A travers cette chanson, Craig analysait un peu tous les aspects de sa vie, ses émotions et ses pensées. Il a beaucoup de poids sur ses épaules. C’est un mec qui veut juste être apprécié, rendre les gens heureux et quand il ne peut pas faire ça, ça lui pèse. Cette chanson c’est un peu le moyen qu’il a trouvé pour dire à tous ceux qui l’entourent qu’il est humain, juste comme eux, qu’il est capable du meilleur comme du pire et qu’il essaye juste de s’en sortir dans la vie comme tout le monde.

Et sinon, pour la signification de ce titre dans notre discographie et dans l’héritage du groupe, c’est un peu quelque chose qu’on voulait exprimer depuis longtemps. « Hate Me » [nom de l’album précédent], était un peu un titre immature et négatif qui montrait qu’on avait encore de l’animosité. C’est un peu notre manière de mettre le passé derrière nous.

 

404 : Pour vous, j’ai l’impression que c’est aussi une manière de résumer ce qu’est Escape The Fate. La chanson I am human représente les contradictions et les tiraillements de l’être humain d’une très belle manière. Le refrain « Je suis fort / Je suis faible/ je suis tout ce qu’il y a entre les deux / Je suis fier d’être moi / Je suis humain. »

 

Robert : Exactement.

 

404 : L’artwork de cet album est aussi beaucoup plus épuré. Les précédents avaient beaucoup de couleurs, des morts-vivants, des crânes … Pourquoi avez-vous fait le choix d’aller vers quelque chose de plus simple pour cet album ?

Escape the Fate | Le Trabendo

Robert : C’est assez marrant d’entendre certaines questions souvent, c’est la preuve que vous comprenez, vous voyez là où on veut en venir. Avec « Hate Me », on était partis sur l’idée de cartes de tarot, de parler de destin. Avec celui-là, on était plutôt en mode « gardons les choses simples putain !». A quoi tu es confronté dans ta vie ? La difficulté de trouver ta voie, devoir à chaque fois faire le choix entre suivre son cœur ou suivre sa raison. On avait pensé faire des photos ultra réalistes d’un cœur et d’un cerveau mais un vrai cerveau c’est un peu dégueulasse donc au final, on est partis sur une pochette avec des symboles qui n’enlèvent rien à la force de l’idée. Finalement, avec cet album, on a vraiment eu envie d’éliminer tout le superflu et de rester simples.

 

404 : Au final, la pochette de l’album est la première chose qu’on voit quand on va au magasin et des fois, ça influence vraiment notre choix d’acheter ou non ou de t’intéresser à tel ou tel groupe.

 

Robert : Tout à fait. Quand je suis allé pour la toute première fois à un concert d’Avenged Sevenfold, c’est le premier groupe dont j’ai acheté le tshirt avant même d’entendre la musique. J’ai vu la Deathbat [Logo du groupe] et je me suis dit « whaou, ce groupe me comprend. Ce groupe pourrait ressembler à tout et n’importe quoi mais forcément, à un moment, leur musique va forcément ressembler à cette esthétique que je trouve absolument géniale. ».

 

Nous avons essayé d’aller droit au but avec cet album et certains fans vont sans doute être surpris par notre démarche. On écrit juste ce qu’on a envie d’écrire, on ne vise pas un top rnb au Billboard. Le seul commentaire que je trouverai blessant vis-à-vis de notre nouvel album c’est « oh vous avez changé ». Tu peux me dire que ce nouvel album est le pire truc que tu as jamais entendu, ça ne me gêne pas mais si tu me dis « oh vous avez changé de son », putain, on a jamais eu un son bien précis et défini depuis le début ! On a eu tellement de sons différents et de styles. Nos membres sont uniques et influencent l’écriture de l’album et tout peut changer avec notre humeur. Ce que tu peux attendre de l’album, c’est de l’authenticité, de la qualité, de l’émotion et des party songs qui résument un peu notre vie comme hier soir *rires*.

 

Au final, il faut se faire confiance. Ta maison de disque va essayer de t’influencer en te disant qu’il te faut tel ou tel type de chanson. Il faut tenir le cap et se dire que ce que tu as envie d’entendre est ce que tes fans vont avoir envie d’entendre, quelque chose de vrai et d’honnête. Si tu es constamment en train de chercher à ressembler à un genre ou à quelque chose de tendance, tu vas juste finir par devenir une version pâle et fade de ce que tu aurais pu être si tu avais juste suivi ton cœur, tes émotions et que tu étais resté fidèle à toi-même. Je ne me soucie pas des autres groupes, de ce qui fonctionne à un instant T. Si ça me plait, ça va m’influencer forcément dans ma musique mais je ne cherche pas à pomper et à copier pour grappiller un peu de succès. Est-ce que tu te souviens de la grosse vague dubstep y’a genre 5 ans ?

Le nouvel album d’Escape The Fate. Garanti sans dubstep.

404 : Evidemment ! Plein de groupes comme Papa Roach se sont mis à incorporer des éléments de dubstep dans leur musique, aucun moyen d’y échapper !

 

Robert : Moi je trouvais ça affreux mais y’avait plein de monde pour nous dire « allez, mettez-en dans vos chansons parce que ça fonctionne. » Moi j’ai résisté parce qu’en plus, le temps que notre album sorte, les gens allaient être lassés de la dubstep et qu’on allait juste passer pour ENCORE une autre groupe qui a mis de la dubstep pour surfer sur la vague. J’écoute de tout et ce mélange d’influence se matérialise dans ma musique. En vrai, tu ne peux pas prévoir ce qui va fonctionner ou pas comme album. Metallica vient de sortir un album avec des chansons qui durent 10 minutes et qui sont construites comme des morceaux de prog et c’est leur album le plus vendu depuis le Black Album ! Pourquoi ? Ils se sont réunis comme un vrai groupe, il y a une vraie communion entre les membres et ça le fait !

 

404 : Et dans votre musique, est-ce que vous vous inspirez de ce qui se passe dans le monde, des actualités dans votre pays ?

 

Robert : Oui mais pas de manière consciente on va dire. On ne pas écrire des chansons explicitement engagées sur tel ou tel sujet mais forcément, ce qui se passe dans nos vies, dans notre pays va se retrouver représenté dans nos chansons. Je sais ce qui se passe, je me tiens au courant mais ça n’est pas mon genre d’écrire des chansons pour critiquer telle ou telle chose. On se concentre plus sur des choses plus intemporelles comme l’amour, les sentiments … ça aura toujours du sens et ça sera toujours d’actualité. Aussi, je ne me sens pas prêt à donner mon avis si je me sens ignorant, si je ne connais pas tous les aspects de la question.

404 : Donc là, vous êtes au tout début de votre tournée européenne qui a donc commencé juste avant la sortie de votre nouvel album ? Comment vous vous sentez à l’idée de jouer des chansons que les gens ne connaissent pas encore bien ?

 

Robert : Moi j’adore ça ! Les chansons qu’on a déjà sorties comme I am human, les gens les chantent déjà par cœur, certaines même encore mieux et plus fort que certaines de nos chansons classiques. Tu as toujours peur que les gens viennent uniquement pour entendre les anciennes mais là, on voit clairement que les gens sont aussi enthousiastes à l’idée d’entendre les nouvelles et ça me fait vraiment chaud au cœur.

 

404 : Et vous avez des choses de prévues pour cet été ?

 

Robert : Non pas pour l’instant. J’adorerai faire le Download UK avec Avenged Sevenfold mais pour l’instant on n’a pas trop prévu de choses. Peut-être l’an prochain, ça sera un meilleur timing pour le faire.

 

404 : Et le Warped Tour ?

 

Robert : Non plus … A la limite, une ou deux dates mais pas la totalité du tour. Il a énormément de groupes qui veulent bien y rejouer.

 

404 : D’accord ! Et pour finir, on va un peu parler de culture parce que sur Error 404, on fait aussi des reviews de jeux, de films, de séries et de livres.  Est-ce que tu aimes les jeux vidéos ou c’est plutôt une occupation des autres membres du groupe ?

 

Robert : Craig joue tous les jours et moi j’y joue beaucoup moins depuis quelques années, je n’ai plus trop le temps. Quand j’ai du temps libre, je fais du sport ou bien je discute avec les fans dans des streams et c’est vraiment génial. Sinon, j’adore Halo, Resident Evil et pas mal de jeux FPS en fait.

 

404 : Et par exemple, est-ce que tu aurais un livre, un album, un jeu ou un film que tu voudrais conseiller aux lecteurs ? Quelque chose qui t’a beaucoup plu récemment par exemple.

 

Robert : Oh récemment, j’ai lu l’autobiographie de NOFX [The Hepatitis Bathtub and Other Stories] et pas seulement pour juste le plaisir d’être choqué par les histoires gores et complètement folles qui y sont racontées mais surtout parce que le libre aide à comprendre ce groupe complètement fou, les ravages de l’addiction à l’héroïne, l’honnêteté de ces mecs qui essayent juste d’être dans un groupe et de faire ce qu’ils peuvent … C’est vraiment un beau livre avec des passages vraiment tristes et touchants et des moments où tu n’es pas sûr de pouvoir rire parce que c’est assez dégoûtant mais c’est vraiment un bon bouquin. Il existe aussi en livre audio !

 

404 : Eh bien voici la fin de mon interview, merci beaucoup, ce fut un plaisir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :