Aujourd’hui, nous avons retrouvés Lucien Jean Baptiste, réalisateur et acteur de Dieumerci !, au cinéma le 9 mars, en compagnie de Baptiste Lecaplain pour une table ronde entre blogueurs et réalisateur/acteurs. Ils ont donc répondus à quelques unes de nos questions, et on vous les partage donc avec grand plaisir !

 

Une photo publiée par Error404 (@error404fr) le

Pour le réalisateur, était-il conscient de faire une feel good movie ? C’était un choix ou bien ça s’est fait tout seul en quelque sorte, c’était un moyen de communication ?

(Lucien était absent au moment du début de l’interview, Baptiste a donc répondu pour lui d’après ce qu’il savait)

Baptiste Lecaplain :  Après son film 30° couleur qui n’avait pas marché du tout, il n’avait plus du tout envie de réaliser de film. En fait, après avoir lu un scénario de Farid Lahouassa (= producteur de Dieumerci!) qui s’appelait Interim  et qui voulait nous faire bosser tous les deux sur un projet, Lucien lui a dit que le scénario était assez proche de son histoire, mais qu’il n’avait pas envie de jouer un sans papier en interim comme cela devait être le cas sur ce scénario. L’intention de faire un feelgood movie c’est pas du tout ce truc là, il s’est laissé aller sur le côté autobiographique du film. Après c’est la patte de Lucien, c’est à dire qu’il raconte une histoire, mais il ajoute un peu de comédie, car on ne peut pas faire que du drame. C’est plus une comédie dramatique qu’une feel good movie en fait.

Lucien voulait avant tout raconter son histoire perso avant de faire une feel-good-movie ou bien une comédie dramatique.

Baptiste, tu te retrouves dans ton personnage de Clément ?

Alors là non pas du tout ! Clément c’est typiquement le genre de mec que je détesterai être dans la vie ! Quand j’ai eu envie de faire du one-man show j’avais 19 ans et je m’ennuyais à la fac, je suis jamais parti dans les cabarets à faire le fanfaron et t’es payé juste avec un repas quoi. J’ai travaillé avant 3 ans et demi en tant qu’animateur pour rassurer mes parents avant tout, alors que c’est clairement pas l’objectif de Clément qui lui s’en fout de tout, qui flâne et fait les choses comme ça vient. Je suis bien plus angoissé que lui !

Le challenge qui était intéressant pour moi par contre, c’est que j’allais jouer un mec que j’aimerai clairement pas dans la vie, mais du coup, comment faire pour le rendre sympathique à l’écran ? C’était un challenge sympa à faire que j’aurai pas pu faire si j’avais joué quelqu’un d’autre, genre Hitler, car un Hitler sympathique, c’est pas trop possible *rires*dieumerci07

Baptiste, comment as-tu rejoint le casting ?

En fait, j’étais le premier au courant d’un projet entre Lucien et moi ! C’était sur le tournage de Nous York en 2011 où Farid Lahouassa était déjà le producteur. C’était vraiment un mec qui sentait les bonnes rencontres, qui misait sur les jeunes acteurs… Il a quand même lancé des gens assez cool, et il m’avait dit sur le tournage « J’aimerai bien que tu fasses un film avec Lucien Jean-Baptiste un jour ! ». Du coup moi j’étais ravi et je lui ai demandé s’il avait déjà une idée de scénario. Il m’a alors répondu que non pas encore, mais que dès qu’il aurait un projet, il me recontacterait… C’est ce qu’il a fait quand il a eu l’idée d’abord d’Interim. Puis finalement, Lucien l’a repris et adapté à son histoire pour faire Dieumerci!

Pourtant j’avais tourné qu’un mois de Nous York, ça m’étonnait un peu cette demande. Je suis plutôt soucieux du rendu que ce que je fais va donner. Autant un One-man-show tu vois très vite si ça marche, tu balances une vanne, t’as des rires en retour ou pas. Mais là, tant que le film n’était pas sorti je ne me voyais pas du tout acteur et je ne savais pas du tout si ce que je faisais était bien et si je pourrais me lancer dans d’autres projets. J’avais besoin qu’on me dise une fois Nous York sorti « Ouais c’est pas trop mal, tu peux en faire d’autres » quoi, mais en tout cas, ça m’avait vraiment touché cette proposition.

Comment s’est passé ta rencontre Baptiste avec Lucien ?

En fait, après qu’il m’ait repéré sur le Grand Journal pendant la promo de Bref, il m’avait dit qu’il avait vachement aimé ce que je dégageais et tout, et il est venu voir mon spectacle au Bataclan et on devait se rencontrer après pour discuter du film.

(lucien arrive)

Baptiste : Ah bah enfin ! T’es venu en pirogue ? *rires*

Lucien : Bonjour, bonjour ! 

Baptiste : Alors, comment tu m’as repéré Lucien du coup ? C’était bien au grand journal ou c’était Farid qui t’avait parlé de moi ?

 Lucien : Oui c’est ça c’était au grand Journal. Je t’avais vu et je me suis dit « Tiens, ce mec il me plaît bien ». Non pas que je pourrais être moderne… Je suis plutôt classique sur ce coup là, mais ouais tu me plaisais, et Farid m’a ensuite parlé de toi.

La première rencontre a eu lieu à Venise c’est ça ?

Baptiste : Oui, en fait je savais que Lucien ré-écrivait Interim. Du coup j’attendais, puis un soir Farid m’avait dit que Lucien serait au Bataclan pour voir mon spectacle et qu’on se verrait après, mais il n’est pas venu me voir après, du coup j’ai pensé d’abord qu’il ne voulait plus faire le film, ou qu’il n’avait pas aimé …

Lucien : Non, j’avais une nounou ! Rires

Baptiste : Et du coup, c’est en partant en vacances à Venise que je l’ai croisé avec sa famille. On a donc mangé ensemble et on en a parlé directement là bas, c’était bien sympa ! On avait d’ailleurs fait un selfie dégueulasse devant une petite pizzeria, il faudrait que je le retrouve *rires*. Du coup la première rencontre physique entre Lucien et moi, c’était sur un pont à Venise.

Baptiste, ça t’as fait quoi de passer de la scène au cinéma ?

Baptiste : C’est assez cool ! C’est un autre métier totalement différent… J’avais peur que ce soit un handicap au début car j’avais jamais pris de cours de théâtre. Du coup j’arrivais sur les tournages comme une page vierge, je me mettais totalement
au service du metteur en scène et j’essayais vraiment de faire au mieux. Le One-man-show t’es vraiment tout seul, et tu peux faire ce que tu veux, mais parfois moi j’aime bien pouvoir me reposer sur les épaules de quelqu’un. Au cinéma à la fin d’une scène t’as quelqu’un qui vient te taper le dos en te disant que t’as bien joué, c’est cool, ça te motive. Tu peux partager des trucs avec l’équipe. Moi ça me boostait vraiment de pouvoir partager son temps avec une équipe et ne pas devoir toujours compter que sur soi comme sur le one-man-show.

Lucien, le thème du film est celui de vivre ses rêves, est ce que tu vis le tien à travers tes films ?

Lucien : Oui, on vit notre rêve en réalisant ces films, en jouant dedans. On aurait jamais imaginé un jour pouvoir faire ça comme métier. Mais après, le plus dur, c’est de garder ce métier, ne pas tomber dans l’oubli, et c’est pour ça qu’on essaye d’en parler un maximum, et c’est votre responsabilité ! C’est pour poursuivre nos rêves ! 

Baptiste : Enfin après, si on faisait des films de kung-fu avec des nains je suis pas sûr qu’on les poursuivrait longtemps non plus… 

Moi je voulais faire des sketchs, et j’adorais faire du cinéma. Du coup, combiner les deux c’est top ! Le matin en me levant je me dis pas que je vais travailler en fait, c’est une passion avant tout.

Lucien, ce film a une bonne partie autobiographique, qu’est ce qui se rapproche de ta vie ?

Lucien : C’est clairement ma vie à 90.. non 80.. ou 77,8 %, enfin bon, en tout cas c’est vraiment basé sur ma vie réelle. A la base le scénario venait de Farid Lahouassa , et je l’ai entièrement ré-écrit. Tout est basé sur ma vie, à la base je bossais dans l’événementiel, puis il m’est arrivé un événement tragique dans ma vie… Bon alors, non, j’ai pas fait de prison, mais c’est en fait une métaphore avec l’enfermement de la banlieue, qu’on renferme toujours avec les mêmes clichés… J’ai également glissé quelques éléments et anecdotes de ma vie, comme au début du film, un flic antillais qui m’appelle tonton flingueur… J’avais vraiment un oncle antillais qui m’appelait comme ça ! Je raconte mes histoires, donc je m’inclus toujours c’est normal. Comme Baptiste, son spectacle est basé sur lui car c’est ce qui est plus intéressant.

Baptiste : Oui, moi mon spectacle est à 90% de moi, c’est toujours plus drôle de parler de soi, les gens s’intéressent toujours plus. Si je faisais une vanne sur la batterie de l’iPhone 6, le lendemain la blague aurait été oubliée. Les anecdotes de notre vie, ça donne des tonnes d’idées pour faire rire par la suite car ce sont des situations parfois anodines et vraisemblables !

Lucien : Le film résume bien mon passage aussi au Cours Libre. Dans le film au cours Florent, y’a vraiment le même type de profil, des gens qui erre, d’autres qui m’aidaient pour les alexandrins… C’est vraiment ça quoi, et c’est pour ça que ça me plait ce film

dieumerci11lowLucien, tu comptes un jour te consacrer seulement à la réalisation ?

Non, moi je fais tout, j’en suis à mon quatrième film réalisé, mais j’aime aussi jouer et doubler. Là samedi par exemple je vais sur le doublage de la saison 2 de Fear The Walking Dead. Je fais en fonction de mes envies tant que j’en ai la possibilité même si c’est vrai que l’on me propose moins de doublage car je suis assez contraignant à cause de mes tournages et tout. Pourtant c’est ce qui m’a lancé et j’aime vraiment bien ça ! C’était Cousin Skeeter qui m’avait vraiment lancé d’ailleurs dans ce milieu là.

Baptiste, tu penses un jour passer derrière la caméra ?

Baptiste : Noooooooon ! J’ai bien trop de respect pour les réalisateurs pour m’y mettre. Je trouve ça tellement dur, non, c’est pas pour moi.

Lucien : Mais tu dis ça tu as 30 ans, t’as cru qu’à 30 ans je me disais que je réaliserai des films aussi ?

Baptiste : Non mais vraiment, je pense pas que je le ferai un jour. Faut avoir une putain d’équipe, faut bien s’entourer et tout ça…

Lucien, quel genre de réalisateur êtes-vous sur un tournage ? Plutôt cool, strict ? Tu laissais pas mal de libertés de jeu ?

Lucien : Baptiste va vous le dire mieux que moi je pense… Après ça dépend des gens aussi !

Baptiste : Sur ce tournage pas trop de libertés, fallait pas trop traîner car on avait pas un budget extensible, mais vraiment après Lucien il gueule jamais, c’est une super bonne ambiance, bienveillant. Après tout le monde faisait bien son boulot c’est peut être pour ça aussi. J’ai tout eu moi, des réalisateurs qui hurlait, des réalisateurs drôles… Lucien est super pro, et il a pleins de casquettes : il est devant, derrière, il a pas trop de temps à lui sur le tournage. Il veut absolument toujours nous montrer les scènes après le tournage. Il nous disait « Allez viens voir, viens voir allez ! » en nous chopant et nous forçant presque à nous regarder après la scène pour voir que c’était bien fait ou voir ce qui allait pas *rires*

On va finir là dessus, pourquoi un hôtel géré par des indiens ?

Lucien : C’est un reste d’ « Interim » ça en fait. Quand je suis parti de chez moi, j’étais chez ma soeur sur un canapé, puis en coloc à 33 balais après. J’ai voulu mettre beaucoup d’obstacles dans le film en fait pour mettre les personnages dans la galère, avec ce côté on repart à zéro depuis la chambre d’étudiant en gros. Les indiens j’adore en fait car quand j’avais fait un voyage en Inde, ils ont toujours le sourire, et j’avais pas envie qu’on tombe sur le cliché de l’hôtel un peu chicos parisien et tout. J’avais envie d’un truc un peu plus original et rigolo.

Merci à Baptiste Lecaplain et à Lucien Jean-Baptiste pour avoir répondu à toutes ces questions durant la table ronde à laquelle nous avons pu participer !

Dieumerci! Au cinéma le 9 mars 2016
Dieumerci! Au cinéma le 9 mars 2016

 

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