C’est parti pour un voyage au pays des rêves, ou plus exactement à l’usine à rêves Imaginarium.
Imaginarium est un jeu qui a quelques points communs avec le jeu Abyss (vous pouvez retrouver, la critique d’Abyss et de son extension en suivant le lien https://error404.fr/abyss-leviathan/ )

Ces deux jeux ont : le même éditeur (Bombyx), l’un des coauteurs est Bruno Cathala et surtout, un public cible très similaire. On pourrait s’arrêter là et dire “si vous avez aimé Abyss vous aimerez Imaginarium, alors foncez !” mais je vais quand même rentrer un peu dans les détails pour savoir s’il est vraiment pour vous…

L’invitation au voyage

 

Je fais partie des gens qui pensent que le jeu est un objet culturel et même de l’art à part entière (pour certains titres, au moins). Ici, l’illustration et  la PAO (Publication Assistée par Ordinateur : en gros la mise en page de l’illustration) nous font subir une claque visuelle, comme cela arrive souvent chez cet éditeur. Et une fois la mise en place du jeu effectuée,  c’est encore plus flagrant. La Direction Artistique est originale et assumée. L’ensemble crée un univers “Steamponirique” (steampunk et onirique), l’un des auteurs tient à ce terme et il a raison : c’est exactement ça. J’avoue adorer l’univers, la couverture de la boîte, le plateau et plein d’autres petites choses, mais le style photoshoppé des personnages, j’ai eu un peu plus de mal et je ne suis pas fan, même si ça reste d’une grande qualité, et on ne peut plus artistique.

 

Au delà de l’illustration, le matériel est de très bonne facture. Les figurines sont absolument magnifiques. Certes, ce ne sont que des pions “de luxe” mais ils sont magnifiques. La super bonne idée vient de la boîte de ressources qui s’intègre visuellement au  plateau et permet à celle-ci de ne pas être en vrac sur un coin de table ou du plateau. On applaudit l’ergonomie du plateau de jeu.

 

Sur une idée originale de monsieur Sirieix

 

On retrouve à nouveau un coauteur pour monsieur Bruno Cathala (qui, rappelons-le a officié sur Abyss, Five Tribes, Kingdomino…) : Florian Sirieix (Deal Gentlemen Collectionneurs, Oh Capitain, et d’autres à venir …). Ce dernier avait développé le jeu en grande partie mais quelques petits défauts ou blocages l’ont poussé à accoster Bruno “jeux à deux” Cathala. C’est ainsi que, de cette union, naîtra un  prototype aussi bien jouable à 2 (avec une petite modif de règle) qu’à 5 joueurs, après sûrement moult ajustements et équilibrages. Ne nous voilons pas la face, co-créer avec Bruno Cathala c’est aussi accéder à son réseau pour faire éditer le jeu, c’est ainsi que le jeu sera signé chez Bombyx où Abyss avait déjà été édité.

 

Et comment on y joue d’abord ?

 

Tout simplement très bien, très très bien même… Ok un peu plus de détails…

Les règles sont limpides : à la fin d’un tour de jeu, si un joueur a 20 points ou plus il met fin à la partie et le joueur avec le plus de points l’emporte (donc pas nécessairement celui qui à mis fin à la partie). Lisez ci-dessous pour voir comment on gagne des points.

 

Le jeu se décompose en 3 phases :

  • La 1ère phase, la planification, consiste à ce que les joueurs se positionnent à tour de rôle sur des emplacements libres. Deux choix d’actions sont alors possibles : récupérer une machine qu’on pourra réparer ou démonter par la suite ou bien récupérer du charbonium (la monnaie du jeu). La position de notre figurine permettra de définir l’ordre du tour au tour suivant.
  • La 2ème phase, la réalisation, se fait en fonction de l’ordre du tour défini par notre place sur le tapis roulant de la manufacture. Les joueurs vont à tour de rôle effectuer l’ensemble :
  1. Récupérer des ressources produites par la réparation de ses machines
  2. Récupérer la machine cassée (celle en face de votre magnifique figurine) à condition de pouvoir la payer (et ça peut coûter très cher), ou gagner du charbonium.
  3. Sélectionner et faire les 2 actions au choix grâce au plateau joueur (aussi appelé l’atelier).

– Mais moi je veux faire cette action et celle là pourquoi je ne peux pas ?

– Michel tu ne peux pas parce qu’il y’a ces foutues aiguilles qui te disent “non”. Tu dois faire des actions qui sont côte à côte, sauf si tu as le bon assistant, celui que je me suis empressé de prendre…

il y a six actions possibles :

Réparer une machine ;

Démonter une machine cassée du bric-à-brac. En gros, l’une des machines que vous avez récupérées précédemment ou bien vous pouvez démonter une machine de votre atelier, cela vous permettra de récupérer quelques points au passage ;

Extraire du charbonium ;

Effectuer des transactions, des échanges de ressources au marché ;

Réorganiser son atelier. En gros,  vous pouvez combiner des machines pour qu’elles rapportent plus.

Enfin, on place sa figurine sur le plus petit numéro de l’escalier (la piste d’initiative). Il définit notre position dans la file d’attente du prochain tour de jeu.

  1. Valider des projets ce sont les objectifs communs. C’est en remplissant ces objectifs que vous ferez le maximum des points de votre partie.

 

  • Et pour finir : la 3ème phase… Quand tous les joueurs ont joué leurs actions, et si personne n’a atteint ou dépassé 20 points, on envoie la carte machine la plus à droite du tapis roulant au broyeur (la défausse). Puis on complète le plateau, et c’est reparti pour un tour de planification et tout ce qui s’ensuit.

Le mode deux joueurs modifie un peu les règles de mise en place, mais surtout la sensation du jeu. En plus de votre figurine absolument magnifique, vous avez un jeton en bois: un saboteur qui vous permettra de contrecarrer les plans de l’autre joueur en bloquant un emplacement à la phase de planification. La mécanique 2 joueurs, avec 2 personnages chacun, est une mécanique très bien huilée, adaptée au jeu et à son univers. Nous sentons bien la patte Cathala.

Sous l’oeil torve de la machine poule, passons aux 4 points positifs et 4 négatifs

 

  • Un univers passionnant

 

  • Une très bonne ergonomie

 

  • Des règles claires et limpides

 

  • Un très bon mode 2 joueur

  • Un jeu complexe pour des joueurs néophytes

 

  • L’accélération de fin de partie qui est difficile à prévoir sur les premières parties

 

  • Le thème peut paraître plaqué à certains joueurs.

 

  • La durée d’une partie à 5 qui pourra en rebuter certains.

 

Est-ce que je recommande Imaginarium?

Oui, un grand oui. C’est un jeu extrêmement intéressant sur le fond et la forme. Il a une grande rejouabilité, car plusieurs stratégies sont possibles pour marquer les 20 points. Il est un peu compliqué sur les premières parties car on ne sait pas où l’on va, et quand on commence à comprendre quelle stratégie il vaut mieux privilégier, c’est la fin. Ça crée une frustration qui donne aussitôt envie de faire une autre partie. Si vous avez aimé Abyss et que vous souhaitez un jeu légèrement plus complexe, aucune hésitation à avoir : foncez.

 

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