Horizon Zero Dawn

Guerrilla Games
Sony Interactive Entertainment

Le truc c’est de bien viser, même « à cheval »

Horizon Zero Dawn était certainement l’un des jeux les plus attendus avec The Legend of Zelda : Breath of the Wild en ce début d’année 2017. Sorti le 1er mars en Europe il s’agit pour ainsi dire, de la première propriété intellectuelle développée par Guérilla Games depuis Killzone en 2004, mais également de leur première expérience RPG. Dès l’E3 2015 Horizon Zero Dawn est élu « Meilleur nouveau jeu », des Game Critics Awards, rien que ça. Est-ce pour autant un pari réussi ? À vrai dire, oui. Le studio néerlandais entre avec ce nouvel opus dans ce que nous pouvons appeler « la cour des grands ». Par ailleurs, le titre en question est un véritable succès. Le site Jeuxvideo.com lui attribue l’excellente note de 18/20, tout comme Gameblog qui lui accorde un joli 8/10. Gamekult se montre néanmoins un peu moins généreux lui octroyant un léger 7/10, le jugeant « bon » tout en lui reprochant son manque d’implication quant à l’écriture. Dans l’ensemble le jeu est bien reçu par les critiques qui soulignent son originalité, son système de combat et sa cohérence.

Scénario

Des humains, moins intéressants que les machines donc

Dans Horizon Zero Dawn le joueur incarne une jeune femme dans un monde post-apocalyptique. Dans cet univers, la Terre ne comporte presque plus d’humains et la nature règne de nouveau en maître. Du moins, d’une certaine façon…En effet la plupart des grands mammifères et oiseaux semblent également avoir disparu. Les seuls animaux que vous trouverez sur votre chemin étant des dindes, des lapins, des rats, des sangliers et des renards. La biodiversité s’avère donc fortement touchée. Pourtant, une autre espèce dominante se dresse, celle des machines. Ces nouvelles créatures, composées de matériaux synthétiques et d’arsenaux de guerre, possèdent leur propre intelligence et évoluent librement comme le faisaient les spécimens vivants d’autrefois. Il y a un peu plus de mille ans. Ces machines vous rappelleront des animaux bien connus, tantôt des dinosaures, tantôt des tigres aux dents de sabre, tantôt des crocodiles…Que des bêbêtes accueillantes.

Néanmoins, dans un premier temps, le jeu vous présentera Rost, un paria exclu de la tribu des « Nora », élevant seul une orpheline, Aloy. Bien qu’elle soit également jugée comme étant une marginale, le bébé connaît une certaine cérémonie, une sorte de « baptême », afin de pouvoir un jour rejoindre le clan. Le joueur comprend très rapidement que les circonstances de sa naissance restent un important secret pour les Matriarches du clan. Après cette première cinématique, le jeu comporte un très long didacticiel, du moins un prologue, comptez plusieurs heures, dans lequel Aloy enfant tombe dans les ruines d’un laboratoire et y trouve un focus, dispositif miniature permettant d’analyser l’environnement et d’accéder aux différents systèmes des machines de l’Âge de métal. Vous apprendrez alors à utiliser ce mécanisme pour repérer les points faibles des machines, leur trajectoire, ainsi que les différents éléments aux alentours. Tels que les herbes médicinales, les cannes de rivage, et les petits animaux très utiles pour la suite de l’aventure. Mais également des indications pour d’éventuelles scènes de crimes.

Non Aloy n’est pas en haut d’une piste de ski

Une fois adulte, Aloy n’a de cesse de se préparer pour la Cérémonie de l’Ascension. Cérémonie pouvant la libérer de son statut d’exclue, et lui permettant par la même occasion de devenir une « brave » parmi le clan des Nora. Aussi, grâce à cette épreuve, Aloy espère pouvoir obtenir des réponses quant à ses origines. Durant toutes ces années c’est Rost qui la prépare, l’entraîne à chasser et à escalader. Bref, toutes les techniques nécessaires pour réussir le test. Le jour de la cérémonie vous rencontrerez Erend et Olin,  de la tribu des « Oserams ». À partir de ce moment, préparez-vous à quelques pertes humaines et matérielles au fur et à mesure que le scénario avance. Par ailleurs, le troisième clan des « Carjas » possèdera lui aussi un rôle assez crucial pour le reste de l’histoire. Afin d’éviter davantage les spoilers, disons que vous serez vite amené à devenir « Chercheuse » et libre de parcourir les terres sacrées pour combattre la corruption des machines. Vous découvrirez en parallèle les terribles secrets du passé. Commence alors pour Aloy un long voyage initiatique en quête de vérité, de vengeance au sein d’un monde merveilleux et dangereux.

Alors certes, le scénario principal est réussi sur de nombreux points. Nous pensons notamment à l’intrigue tournant autour de l’origine même des machines. Celle-ci permettant au joueur de rester en haleine suffisamment longtemps pour terminer l’histoire. Pourtant, nous nous perdons vite avec le fil narratif construit autour des conflits des différentes tribus. Cette partie du jeu est bien moins originale et se laisser aller à quelques facilités scénaristiques. De même, cette alternance entre ces deux lignes narratives prolonge inutilement des révélations qui se veulent pourtant clés et décisives. Ce qui est fort dommage pour un titre privilégiant la surprise et l’émoi. L’exploration est cependant fortement valorisée. Et il vous sera très difficile de terminer la quête principale en dessous du niveau 35. Les animations faciales restent également extrêmement pauvres et limitées, hormis pour Aloy. Cette limite ne permet pas de faire passer correctement les émotions des différents protagonistes. Ainsi, vous ne serez que très peu affecté par la mort de certains personnages. À noter également que la VF n’améliore pas l’expérience. Néanmoins, l’héroïne reste très attachante, curieuse et courageuse. Le joueur évolue avec elle, et décide, à certains moments, quelles décisions cette dernière doit prendre, selon son cœur, son âme de combattante ou encore son intelligence.

Concernant les quêtes annexes, bien que scénarisées, elles se résument surtout à des jeux de pistage et d’enquêtes comme il est possible de le faire dans The Witcher 3.  

Gameplay

Ces petits veilleurs vous sembleront presque sympathiques après quelques heures de jeu

Le jeu privilégie grandement l’interaction entre le personnage principal et les différentes machines. Grâce au focus, vous pourrez rapidement repérer les composants faciles à briser des nombreuses machines. Les créatures robotiques possèdent à cet effet certains points faibles, notamment des bonbonnes, des lances-disques, ou encore des lasers. Si des petits ennemis peuvent facilement être tués en un seul tir, comme les veilleurs, certains demanderont beaucoup plus de concentration et de patience avant de tomber. C’est le cas des Gueules d’orage, des Oiseaux tempête, des Brises-rocs ou encore des Mastodontes. En difficulté maximale, il vous sera très difficile d’anéantir certaines machines sans améliorer au maximum votre arc, et utiliser trois flèches en même temps. La lance sert aussi au corps-à-corps, pour donner de grands coups aux bêtes. Bien qu’Aloy puisse également posséder, en autre, une fronde et un lance-câble.

De la même manière, cette lance permet aussi de pirater les machines. Certaines pourront alors être chevauchées, comme les Galopeurs, d’autres se révéleront d’excellentes alliées contre leurs propres congénères. Pour obtenir les différents piratages, des creusets doivent être explorés. Ces lieux se présentent sous la forme de donjons, et sont plus ou moins faciles selon les machines que le joueur convoite. Des hautes herbes vous permettront de vous camoufler parmi les différents décors afin de ne pas vous faire repérer par les monstres. Le joueur sentira alors fortement la dimension « chasse » tournée autour des machines. Pour pouvoir repérer les différents lieux de la carte, des « Grands-Cous » arpenteront le monde en attendant d’être escaladés. En réalité, ces « girafes » mécaniques sont avant tout des tours radio.

Bien que le jeu propose certaines phases d’escalade, celles-ci sont à nuancer. Certaines zones étant prédéfinies, d’autres impossibles à accéder. Cependant, de nombreux points de sauvegarde sont à disposition. En conséquence, si vous mourrez très régulièrement, cela ne posera pas de problèmes majeurs. Pour le reste, ces points se présentent sous la forme de feux à allumer. Vous pourrez de ce fait vous téléporter grâce à ceux-ci, à condition seulement d’avoir suffisamment de packs de déplacement rapide. Vous devrez alors collecter des ressources pour les vendre, les échanger auprès de marchants ou tout simplement les transformer en munitions, pièges, potions, ou sacs. Aloy développe par ailleurs des points de compétences à chaque fois qu’elle monte de niveau. Ces aptitudes sont séparées en trois arbres distincts, comprenant la furtivité, le combat et les ressources.

Graphismes

Si une machine « voit rouge » c’est qu’elle vous a repéré(e)

Que dire que si ce n’est que la beauté des graphismes est très certainement la réussite majeure du jeu ? Les machines sont parfaitement animées. Celles-ci offrent au joueur une sensation de « vivant », lui faisant même oublier l’espace d’un instant leur cœur de ferrailles. Les décors, qui comprennent un cycle jour-nuit équilibré et agréable, constituent des paysages montagneux, désertiques et tropicaux somptueux. Des pluies, des tempêtes, des chutes de neige font partie intégrante des différentes environnements. Par ailleurs, des sons et des musiques mélancoliques sont intégrés aux nombreuses atmosphères. À noter que les changements d’ambiance sont parfois trop brutaux pour être totalement crédibles. Les dispositifs holographiques néon font également mal à la tête.

Plus + tableau Moins -
  • Une héroïne intrigante et intéressante 
  • Des combats nerveux et fascinants contre les machines
  • Des décors d’une beauté à couper le souffle
  • Un personnage principal féminin très peu sexualisé
  • Une animation et une navigation extrêmement fluides
  • Un véritable challenge pour les « hardcore gamers » en difficulté maximale
  • Peu de temps de chargements
  • Une incroybale direction artistique 
  • Un monde ouvert digne d’un Red Dead Redemption

 

  • Des éléments bien trop similaires aux jeux Far Cry 
  • Un doublage français peu convaincant 
  • Des expressions faciales quasi-inexistantes
  • L’IA castastrophiques des humains
  • Toutes les machines ne peuvent pas être chevauchées
  • Quelques facilités narratives 

Conclusion :

Un jeu est d’une grande beauté, et comprend un univers fascinant avec des machines particulièrement réussies. L’histoire s’ouvre de même sur une potentielle suite. Le titre présente néanmoins beaucoup trop de points communs avec la saga Far Cry, laissant imaginer à certains moments du « copiage » pur et dur. Les animations faciales sont médiocres, et le scénario un peu trop évident, bien qu’original sur certains points. Guerrilla Games propose néanmoins une nouvelle licence audacieuse, plaisante et artistiquement irréprochable, surfant sur les mondes ouverts désormais tant appréciés. Il est également intéressant de noter que dans ce monde les machines sont plus intelligentes que les hommes. Inutile donc de se demander pourquoi la quasi-totalité des humains ont disparu de la surface de la planète. Pour conclure, nous pouvons affirmer Horizon Zero Dawn offre pour ainsi dire un horizon d’une richesse visuelle époustouflante, bien que composé de quelques nuages.

Bonne chance pour cette bête là

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