Chapitre 90 : Pas Une Mauvaise Chose

 

« La paix est effrayante. » (Sabnak)

« Chéri, qu’est-ce que tu racontes ? » (Shibyura)

Répondit Shibyura d’une voix agacée tout en plaçant une tasse de thé noir sur le bureau de Sabnak.

« Combien de jours se sont écoulés depuis le départ d’Hifumi-san de la capitale ? De ce que j’ai entendu, il s’est rendu dans les terres désolées ? Même si grâce à ça il ne pourra pas nous causer de problèmes, je ne peux m’empêcher d’être inquiet et de me demander ce qu’il fait actuellement à l’extérieur du pays. » (Sabnak)

Sabnak semblait avoir un regard distant tandis qu’il trempait ses lèvres dans le thé noir.

« Au lieu de penser à tout ça, continue de rassembler les documents et de les vérifier. Si tu ne termines pas avant le retour de Vaiya-san de sa lune de miel, tu risques de lui laisser ton poste de capitaine. » (Shibyura)

« …Pourquoi est-ce que Vaiya a le droit de prendre des vacances avant moi ? » (Sabnak)

« Parce que ta demande en mariage a été trop lente, mon chéri. » (Shibyura)

Sabnak, abandonnant la lutte, posa à contrecœur son regard sur les documents.

Jusqu’à maintenant, il n’avait encore jamais gagné le moindre argument contre Shibyura.

« Reprends-toi et rends-toi bien compte de ta position de Commandant des Chevaliers Royaux. Cesse de te rendre aux bars de la ville après chaque repas avec les chevaliers. » (Shibyura)

« A-Attends ! Je dois rester en contact avec mes camarades, et le dialogue avec les habitants est un devoir important… » (Sabnak)

« Si tu interagissais ainsi avec les autres nobles, je ne te parlerai pas de tout ça. Participe au moins à un banquet tous les 5 jours, s’il-te-plait. Si les choses continuent ainsi, nos enfants auront du mal à entrer dans la société noble. » (Shibyura)

« Mais, tu sais… », Sabnak hésita, mais Shibyura le regarda droit dans les yeux.

« Chéri, tu souhaites sûrement vivre aussi librement que le Comte Tohno, mais dans ce cas, tu dois récolter quelques exploits et démontrer un certain niveau de capacité qui ne seront pas considérés comme ambigus par ton entourage. » (Shibyura)

Empilant les documents devant lui, Sabnak répondit par un grognement.

« Même si tu sembles actuellement avoir du temps à perdre en buvant tranquillement ton thé, ne dois-tu pas t’occuper de tous ces documents dans la matinée avant de servir d’intendant à Sa Majesté la Reine cet après –midi ? Tâche de terminer rapidement et sans rêvasser, car tu es le seul à pouvoir y apposer ta signature. » (Shibyura)

« Haa… d’accord. » (Sabnak)

Soupirant tout en faisant danser son stylo sur les documents, les pensées de Sabnak se dirigèrent de nouveau vers Hifumi.

Qu’il s’agisse des terres désolées ou de Swordland, cette personne ne recevra probablement aucune blessure. Et si quelqu’un essaye de le combattre pour au final perdre la vie, ce sera mérité. C’est tout ce qu’il faut savoir. (Sabnak)

Jetant un document dans la boite ‘’Signé’’, il s’empara du suivant.

Le problème, c’est si des personnes choisissent de ‘’l’accompagner’’. Si leur situation ressemble à celle de Midas-san et moi, alors elles seront mêlées à ses affaires, même s’ils essayent de rester à distance. Et si elles décident de combattre à ses côtés, alors… (Sabnak)

Le visage d’Origa apparut à l’esprit de Sabnak.

Si le nombre de tels enfants augmente, ce serait un désastre, tout en tremblant, il apposa sa signature sur le document.

 

Hifumi, ayant mis la main sur des pièces d’or de Swordland, marchait tranquillement en dépensant son argent pour acheter de quoi manger aux étals alignés à gauche et à droite de la route.

Ces différents plats servaient de cadeau pour Reni et Helen, ainsi le groupe de trois se dirigeait vers l’auberge en mangeant des morceaux de fruits, du pain, du poisson grillé et des brochettes de viande.

« Les humains semblent aimer cuisiner différemment toutes sortes de nourritures. » (Helen)

Helen paraissait surprise et intéressée, regardant la vapeur s’échapper d’une brochette de viande entre ses mains.

« C’est incroyable n’est-ce pas !? Je me demande comment ils arrivent à créer de telles choses. C’est à la fois délicieux et moelleux ! » (Reni)

Reni, mangeant un pain à la vapeur en le déchirant morceau par morceau, semblaient aimer la sensation entre ses doigts.

 « De la bonne nourriture nait la bonne humeur. De plus, les humains sont fragiles, et ne sont pas capables de manger tout le temps la même chose. » (Hifumi)

« Certainement, si je pouvais manger plein de plats variés, moi aussi je me lasserai de manger tout le temps le même fruit. »

Arrachant bout par bout la viande de sa brochette, un large sourire apparut sur le visage d’Helen, tandis que la viande juteuse envahissait sa bouche.

Reni quant à elle, regarda avec regret le dernier morceau de son pain à la vapeur, avant de le jeter dans sa bouche.

« Nous y sommes. » (Hifumi)

Le bâtiment devant lequel le petit groupe venait d’arriver était une large structure de 4 étages, avec une épaisse double porte en entrée.

Les murs étaient d’un blanc immaculé et propre. Ainsi, même si l’endroit paraissait ancien, il offrait aussi une impression de grande propreté.

Sans même s’en rendre compte, les deux jeunes filles levèrent la tête pour admirer l’imposant bâtiment. Hifumi, sans leur prêter attention, s’empressa d’ouvrir la porte et de pénétrer à l’intérieur.

« Bienvenue. »

Un homme mince vêtu d’une chemise blanche offrit à Hifumi une large révérence.

Son corps se plia en un 45 degrés parfait, comme si le mouvement avait été soigneusement mesuré. Levant ensuite le visage, l’homme dévoila un large sourire.

« Souhaitez-vous une chambre ? »

« Oui, nous sommes trois. Une chambre simple, et une chambre double. » (Hifumi)

« Certainement ! Veuillez me suivre jusqu’au registre… »

Mais tout à coup, l’homme vit les deux jeunes fille-bêtes entrer dans l’établissement après Hifumi, et son sourire se figea.

« Excusez-moi mais… Ces homme-bêtes appartiennent à… ? »

« La chambre double leur est réservée. La chambre simple est pour moi. » (Hifumi)

« M-Mais… C’est la première fois qu’une telle chose… »

« Humph », Hifumi regarda l’homme d’un air désintéressé.

« De nombreuses personnes ont des esclaves homme-bêtes en ville, que font-ils d’eux lorsqu’ils réservent une chambre ? » (Hifumi)

« Normalement, les esclaves dorment dans la remise, ou dans l’étable à l’arrière du bâtiment… »

Hifumi se retourna, et vit la réaction des deux jeunes filles. Helen gonflait ses joues, outrée à l’idée d’être traitée comme un cheval, tandis que Reni ne semblait pas comprendre le terme de remise.

« Très bien. » (Hifumi)

L’homme laissa échapper un soupir de soulagement en entendant la réponse d’Hifumi, puis retrouva son sourire avant d’offrir un stylo à Hifumi. Toutefois, ce dernier se mit à empiler soudainement les pièces d’or sur le comptoir.

« Donnez-leur la chambre la plus coûteuse de cette auberge. Je prendrai la chambre voisine. » (Hifumi)

Hifumi prit enfin le stylo des mains de l’homme dont le sourire semblait étrangement forcé et tremblant, puis le rendit après avoir pris soin de préciser son titre de ‘’Compte d’Orsongrande’’ sur le registre.

« Qu’y a t-il ? Dépêchez-vous ne nous guider jusqu’à nos chambres. Ne s’agit-il pas d’une auberge de luxe ? » (Hifumi)

Les yeux de l’homme s’ouvrirent grand lorsqu’il aperçut le mot ‘’Comte’’ apposé par Hifumi, puis il baissa les épaules en signe d’abandon avant de les guider jusqu’à leurs chambres d’une voix fébrile.

« Et comme repas, nous prendrons les menus les plus coûteux. Pour trois personnes, évidemment. » (Hifumi)

L’homme semblait au bord des larmes tandis qu’Hifumi multipliait les demandes déraisonnables. Mais ce dernier se contenta de rire, un large sourire sur le visage.

 

N’osant pas approcher des portes principales, Salgu fit un large détour avant de s’approcher d’un certain endroit du mur.

« Si je me souviens bien, ça devrait être là… » (Salgu)

Après avoir prudemment surveillé les environs du mur pendant de longues minutes, il y découvrit une partie écroulée. Cet endroit avait auparavant été découvert par Salgu, sur une simple coïncidence. Et si l’endroit n’avait pas été découvert, c’était probablement parce qu’il était dissimulé derrière plusieurs couches d’herbes hautes. Ainsi, même si le trou était assez large pour laisser passer Salgu, l’endroit n’avait jamais été repéré.

Après avoir confirmé qu’il était la seule personne présente, Salgu fit passer son large corps à travers le trou. La traversée du mur le recouvrit de terre et de morceaux de mur, mais au final, il vit apparaitre devant ses yeux un lieu abandonné, où étaient alignées de nombreuses maisons écroulées.

Sortant enfin du trou, il se dissimula dans l’ombre d’une maison, continuant à surveiller les alentours.

« Quel est cet endroit… ? » (Salgu)

Bien sûr, Salgu entrait pour la première fois dans une ville humaine, alors l’endroit ne lui était pas familier. Tendant l’oreille, il entendit plusieurs voix au loin.

Il se dirigea vers les voix en question, continuant d’avancer dans la plus grande discrétion, puis sortit légèrement la tête afin de voir les propriétaires de ces voix.

« Quelle cruauté… » (Salgu)

Parmi les homme-bêtes discutant face à face d’un air sombre, aucun n’était indemne. Certains avaient une jambe ou un bras en moins, certains n’avaient qu’un œil, d’autres avaient la colonne vertébrale tordue, et tous étaient assis en cercle, vêtus de vêtements sales et déchirés.

Salgu, confirmant l’absence d’humains aux alentours, décidé d’apparaitre devant eux.

« J’aimerai vous parler de quelque chose. » (Salgu)

« Oui ? Qu’y a-t-il ? Tiens, un visage inconnu… »

« Je viens des terres désolées. J’ai réussi à entrer par un trou dans le mur. » (Salgu)

Regardant dans la direction pointée par Salgu, l’homme-chien venant de lui répondre se mit à rire d’un air de dédain.

« Hah, tu es entré par toi-même dans cet endroit maudit ? Tu t’es vraiment compliqué la vie. »

« Ours-niisan, que viens-tu faire dans les taudis ? »

Le visage d’une vieille femme-mouton se transforma en sourire tordu.

« Non, c’est que… Pourquoi restez-vous tous ici alors qu’il y a ici un trou pour partir ? Vous pouvez tous retourner dans les terres désolées. » (Salgu)

En entendant la question de Salgu, les homme-bêtes des taudis se regardèrent avant d’éclater de rire.

« Si l’endroit était rempli de personnes aussi optimistes que toi, les taudis seraient bien plus paisibles. »

« Quoi ? » (Salgu)

Voyant les oreilles de Salgu trembler à cause de sa réponse, l’homme-chien se mit à rire en ajoutant ‘’Ne t’énerve pas’’.

« Regarde bien autour de toi. Si nous quittons les terres désolées dans un tel état, nous risquons simplement de mourir de faim, incapables de pouvoir chasser. Au contraire, nous risquons même de mourir, persécutés par les autres homme-bêtes. »

« Mais si nous restons en ville, nous pouvons nous nourrir des restes des humains. Si l’objectif est de rester en vie, alors nous sommes bien mieux ici. »

La vieille femme-mouton souriait, montrant ses dents cassées.

« C’est… » (Salgu)

Salgu, venu dans le but de sauver les homme-bêtes kidnappés, était abasourdi face à la soudaine réalité inattendue.

« Es-tu entré ici afin de sauver les pauvres homme-bêtes capturés par les humains ? »

« Pourquoi penses-tu cela ? »

« Parce que de telles personnes apparaissent parfois. Des idiots, fonçant tête baissée afin de faire régner leur justice. »

« C’est vrai, et ils meurent rapidement après la contre-attaque des humains. Et puisque les homme-bêtes mêlés à tout ça sont eux aussi éliminés, c’est extrêmement ennuyeux pour tout le monde. »

« Voilà la vérité. »

Plaçant le poids de son corps sur son seul bras restant, l’homme-chien se leva et fit face à Salgu.

La différence de taille était de plus d’un mètre, mais les yeux de l’homme-chien semblaient capables de capturer l’intégralité de Salgu.

« C’est ton problème si tu souhaites lutter contre les humains, mais fais-le autre part. Honnêtement, ce sont les personnes comme toi qui sont les plus problématiques. »

Salgu ne parvint pas à répondre.

 

« Pourquoi sommes-nous dans des chambres différentes ? »

« Je n’arrive pas à dormir si je ne suis pas seul. Et je ne vois pas d’utilité à partager la même chambre. » (Hifumi)

Après avoir confirmé la situation, Hifumi jeta les fille-bêtes dans leur chambre et entra rapidement dans la sienne, à côté. Après avoir fermé la porte, le bruit d’un loquet se fit entendre.

« Qu’est-ce qui lui arrive ? » (Helen)

« Helen, regarde, regarde ! » (Reni)

Tandis qu’Helen se mettait en colère face à l’attitude nonchalante d’Hifumi, Reni se prélassait dans le large lit.

« C’est tellement doux~ Dire que les humains dorment dans de tels lits. » (Reni)

Reni enfonça son visage en extase dans l’oreiller.

Même Helen, la voyant, sauta sur le lit.

« C’est vraiment confortable. » (Helen)

Avant d’entrer dans la chambre, Reni et Helen s’étaient lavées dans un bain chaud, et avaient enfilés de nouveaux vêtements une-pièce préparés par les employés de l’auberge et également présentés à Hifumi.

Pour la première fois, elles avaient pu prendre un bain chaud et se coiffer les cheveux. Helen, se faufilant dans le futon, oubliait complètement l’inquiétude d’être dans une ville humaine et commençait à somnoler.

« Helen, tu ne peux pas t’endormir. C’est bientôt l’heure de manger. Hifumi-san nous a prévenues, tu t’en souviens ? » (Reni)

« Uh~ » (Helen)

Je ne pensais pas qu’un jour, Reni me sermonnerait, pensa-t-elle, incapable de résister au charme du futon.

« Ei ! » (Reni)

« Kyaa !? » (Helen)

Reni ayant tout à coup arraché la couverture du lit, Helen se recroquevilla sur elle-même par instinct.

« Hey, allons dans la chambre d’Hifumi-san. » (Reni)

« D’accord. Bon sang, pourquoi te comportes-tu aussi différemment tout à coup ? » (Helen)

« Je suis extrêmement excitée. J’attends avec impatience de pouvoir goûter à la cuisine humaine. »

Regardant Reni sortir de la chambre d’un pas rapide, Helen laissa échapper un long soupir.

Même si Reni et Helen étaient toutes deux des amies d’enfance depuis leur naissance, c’était la première fois qu’elle la voyait aussi heureuse. En quelques heures, elle avait exprimé bien plus d’expressions que ces dernières années de peur dans les forêts des terres désolées.

« Franchement, je n’arrête pas de te répéter qu’il s’agit d’une ville humaine… » (Helen)

Malgré ses dires, Helen savait qu’elle s’amusait elle aussi.

« La nourriture humaine, eh ? En tout cas, la nourriture des étals était délicieuse. Pareil pour le poisson. » (Helen)

Helen, le visage devenu rouge après avoir entendu son estomac crier, poursuivit Reni.

Lorsqu’elle pénétra dans le couloir, Hifumi venait de faire de même.

Quand Hifumi, Reni et Helen apparurent dans la salle à manger, un employé s’approcha d’eux, paniqué.

« Nous pouvons apporter vos repas jusqu’à vos chambres. Vous pourrez ainsi manger lentement et confortablement… »

« Non, je ne veux pas que l’odeur de la nourriture imprègne ma chambre. Nous sommes très bien ici. J’aimerai essayer différents plats, alors n‘hésitez pas à nous servir de larges portions de chaque. » (Hifumi)

Hifumi glissa une pièce d’or dans la main de l’employé, affirmant qu’il s’agissait d’un simple pourboire.

L’employé, surpris par la pièce scintillante dans sa main, se mit à rire bêtement puis les mena jusqu’à une table.

« Ce n’est pas un problème, nous pouvons manger dans notre chambre… » (Helen)

« Je me demande quelle nourriture ce sera ? J’ai hâte, Helen. » (Reni)

Le chuchotement d’Helen fut rapidement couvert par la voix excitée de Reni.

Peu importe, Helen abandonna, et décida d’attendre docilement son repas.

Même si les regards des clients présents dans la pièce étaient tous dirigés vers Helen et Reni, cela ne dérangeait pas ces dernières qui, en ville, s’y étaient habituées.

Quant à Hifumi, les regards lui importaient peu, du moment ‘’qu’ils n’émettent aucun désir de meurtre ou hostilité’’.

« La nourriture des étals était bonne, mais ici, une attention toute particulière est apportée à l’arrangement et à la couleur des plats. » (Hifumi)

« Pourquoi ? N’est-ce pas suffisant si le goût est délicieux ? »

« Les humains aiment bien ce genre de ‘’choses inutiles’’. »

« Vraiment… ? »

Helen semblait étonnée, tandis que Reni était admirative.

Puis, le serveur arriva avec le premier plat.

« Waaah… »

De la vapeur s’échappait du plat. Il s’agissait de viande de poulet à la vapeur.

Hifumi essaya d‘expliquer brièvement à Helen et Reni comment utiliser une fourchette et un couteau, mais les deux, étrangères à de tels instruments, déchirèrent la viande en petits morceaux avec leurs mains avant de les placer dans leur bouche.

« La viande est tellement tendre. »

« C’est la méthode de préparation qui la rend aussi tendre. Il est impossible d’obtenir une telle viande en la rôtissant. » (Hifumi)

Tandis qu’Hifumi se remplissait lui aussi l’estomac morceau par moreau, il répondait aux différentes questions des deux fille-bêtes.

Voyant l’humain et les deux homme-bêtes manger tranquillement leur repas, les autres clients virent disparaitre petit à petit leur curiosité.

Un client voulait même se plaindre des mauvaises manières et de l’odeur des fillettes à leur arrivée, mais avait vite changé d’avis en voyant les deux manger joyeusement après s’être lavé.

Plusieurs personnes parmi la clientèle féminine trouvaient même la scène plaisante. Ces mêmes femmes regardaient les visages souriants des deux fille-bêtes qui engloutissaient les plats uns par uns, des étoiles dans les yeux.

Lorsque Reni remarqua la situation autour d’elle, elle parut étonnée, et Hifumi s’arrêta de manger.

« As-tu remarqué ? » (Hifumi)

« Ah, oui. » (Reni)

« C’est le seul aspect plaisant chez les humains. Leur traitement d’une chose change en fonction des circonstances, même si cette chose reste la même. » (Hifumi)

Hifumi planta sa fourchette dans sa viande.

« Les cibles à tuer et les cibles d’admiration sont les mêmes. Moi-même je ne trouve pas cela étrange. C’est une simplicité à l’apparence compliquée. » (Hifumi)

« J’ai du mal à comprendre. Qu’essayes-tu de dire ? » (Helen)

Helen fit la moue, les oreilles tremblantes.

« Si observer de tels ‘’humains’’ vous amuse, je me demande si vous aimeriez faire d’autres choses intéressantes avec moi. » (Hifumi)

« Des choses intéressantes ? » (Reni)

Mordant dans un légume croustillant, long et fin similaire à un concombre et présenté dans une salade, Reni semblait curieuse.

« Oui, ce sera très intéressant. Dans mon pays d’origine, c’est un jeu très populaire. » (Hifumi)

Entendant parler d’un jeu, la curiosité d’Helen fut elle aussi piquée.

« Un jeu ? » (Helen)

« Ah, c’est un jeu amusant. Il s’appelle Kunitori, Prendre la Nation. » (Hifumi)

 

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3 réflexions sur “Le Héros est un Démon – Chapitre 90

  • Avatar
    18 janvier 2018 à 21 h 56 min
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    Merci pour le chapitre.
    PS:On savait déjà que pour lui la guerre est un jeu mais là il vient de le dire clairement…

    Répondre
  • Avatar
    19 janvier 2018 à 0 h 24 min
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    Merci pour le chapitre
    ps: se jeux va beaucoup me faire rire vivement la suite 😉

    Répondre
  • Avatar
    30 juin 2018 à 6 h 30 min
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    Y a t’il une version française du jeu pour mobile japonais Kinoturi mit en fin d’article ?

    Répondre

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