Chapitre 86 : Hey Frangin

 

Le chef des homme-tigres prévoyait de combattre seul.

Les autres homme-bêtes se tenaient en cercle autour d’Hifumi et de leur chef, comme pour empècher quiconque de fuir.

« Tu vas regretter de t’être moqué des homme-tigres. Avec une arme aussi fine, tu ne pourras pas te défendre face à mes griffes. »

Hifumi ne paraissait aucunement intimidé par le chef qui riait avec arrogance en montrant ses crocs.

« Je commence à m’ennuyer, dépêche-toi d’attaquer. » (Hifumi)

Regardant calmement le chef devant lui, Hifumi s’adressa aussi aux homme-bêtes présents autour de lui.

« N’est-ce pas ennuyeux de simplement regarder ? Si vous avez la force et le désir de combattre, alors n’hésitez pas à m’attaquer. Je peux tous vous combattre en même temps. » (Hifumi)

En raison de l’évidente provocation, l’atmosphère se glaça.

« C’est ça, c’est cette atmosphère. La détermination de tuer votre ennemi. Et si s’ensuivent des actions, je ne pourrais pas me plaindre. » (Hifumi)

Pendant qu’Hifumi parlait, le chef lança une attaque en brandissant les griffes de chacune de ses mains, mais Hifumi n’était pas assez généreux pour recevoir une attaque aussi prévisible.

« Là ! »

Les mains du chef, s’abattant rapidement sur le visage d’Hifumi, furent frappées et repoussées à mains nues.

Hifumi se mit à rire en voyant le chef paraitre abasourdi et regarder la paume de ses mains qui commençait à gonfler.

« Même si vous avez des corps d’homme-bêtes, vous n’êtes pas bien différents anatomiquement des humains. Je le sais grâce à vos camarades que j’ai découpés hier. » (Hifumi)

Les personnes dont parlait Hifumi étaient les trois homme-bêtes l’ayant attaqués avant de mourir et de servir de repas aux animaux sauvages.

« Peu importe le type d’entrainement reçu, au final vos corps sont constitués de viande et d’eau recouverts de peau. Ainsi, le corps gonfle après avoir été vigoureusement frappé. » (Hifumi)

« Qu’est-ce que tu racontes !? Un simple gonflement tel que celui-ci n’est rien, et ne peut même pas être considéré comme une blessure ! »

Lorsque le chef, furieux, écarta les bras, Hifumi arriva devant lui et frappa cette fois-ci de toutes ses forces son plexus solaire avec la paume de sa main.

« Gubuu… Boeee. »

Sans rien ne pouvoir y faire, le chef se mit à vomir par réflexe naturel.

« Je n’ai même pas besoin de ça. », Hifumi plaça le katana sur sa hanche puis attrapa le bras du chef qui pleurait misérablement. Agrippant les griffes de la paume gonflée, il tira de toutes ses forces et les arracha.

« Gyaaaa ! »

Essayant d’agripper sa main droite de laquelle coulait abondamment du sang, le chef cria de douleur.

Les homme-bêtes présents étaient bouche bée en le voyant.

Voir leur chef être ainsi blessé avec aise était inconcevable.

« Même un humain peut utiliser ses ongles. Comme ça. » (Hifumi)

Sa main droite fendant le vent, l’extrémité de ses doigts frôla la gorge du chef. Sans même pouvoir émettre le moindre cri, le chef s’écroula et mourut d’une hémorragie à la gorge.

Hifumi, le regardant de haut, murmura calmement,

« Hmm. Même l’emplacement des veines est similaire à celui des humains, huh ? A ce niveau, les homme-bêtes peuvent simplement être considérés comme des humains légèrement plus puissants physiquement et possédant des oreilles et queues animales. » (Hifumi)

« Bien, » Hifumi regarda les homme-tigres figés autour de lui.

« Regardez ! Vous ne l’avez pas aidé alors il est mort. » (Hifumi)

« C-Comment oses-tu ! »

Un jeune homme-tigre, courant vers Hifumi en pleurant, fut coupé en deux par le katana. Au même moment, les autres homme-bêtes reprirent leurs esprits.

« Enfoiré ! Tu ne partiras pas d’ici vivant ! »

« C’est l’ennemi du chef ! Tuons-le ! »

Des homme-bêtes rugissant et bondissant, mâles et femelles, s’approchèrent d’Hifumi dans toutes les directions.

« Oh, vous vous êtes enfin décidés à attaquer !? » (Hifumi)

Décapitant deux ennemis en une seule attaque, Hifumi paraissait fou de joie.

Changeant la direction du katana en tournant sur lui-même, il planta la lame derrière lui, dans le ventre d’une femme.

Éliminant un nouvel ennemi devant lui, il se mit à bouger entre les homme-bêtes tout en découpant gorges et cuisses.

En même temps, il admirait les giclées de sang et confirmait tranquillement la structure anatomique des homme-bêtes.

Pendant que les propriétaires des lieux étaient transformés en cadavre, il parvint à terminer son inspection.

Nettoyant sa lame avec un papier, il la rangea ensuite dans son fourreau.

Revigoré, il aspira une large bouffée d’air par le nez puis exhala par la bouche.

« …J’ai envie de voir l’intérieur des autres homme-bêtes. » (Hifumi)

Hifumi partit ensuite chercher la source d’eau dont Reni, la fille-mouton, lui avait parlé.

 

Hifumi, ayant quitté le village constitué de huttes en peaux animales, feuilles et bois, découvrit facilement la source. Après tout, celle-ci mesurait la taille d’un terrain de football.

L’eau était si transparente qu’il était possible d’en admirer les profondeurs, et de nombreux petits poissons et créatures étaient visibles.

Surveillant ses environs, Hifumi remarqua les arbres entrelacés décrits par Reni. Une large quantité de fruits rouges pendaient des branches.

« C’est ça, huh ? » (Hifumi)

Arrachant l’un des fruits de la taille d’un poing, Hifumi mordit dedans sans la moindre hésitation.

Le fruit possédant une texture similaire à celle d’une poire, une saveur et une odeur sucrée similaires à celles d’une pèche envahirent son nez et sa bouche. Contenant une large quantité d’eau, le fruit descendit facilement le long de sa gorge.

« En effet, c’est délicieux. » (Hifumi)

Il mangea deux fruits successivement, puis jeta les noyaux.

« Un délice. Mais il y en a assez peu… » (Hifumi)

Après avoir mangé les fruits, les coins de la bouche d’Hifumi étaient couverts de jus de fruit rouge vif. Il paraissait avoir dévoré une personne.

Hifumi, examinant la source, regarda ses mains sales puis plongea dans l’eau tout habillé.

Au départ, un frisson parcourut tout son corps en raison de la température de l’eau, mais rapidement son corps s’y habitua et il s’immergea dans les eaux froides de la source, oubliant la chaleur des terres désolées.

Quittant la source avant que son corps ne refroidisse, Hifumi retira son hakama pour l’essorer. Ce faisant, deux enfants homme-tigres apparurent depuis la direction du village.

Même s’il ne savait pas comment déduire l’âge d’un homme-bête, il pouvait supposer qu’il s’agissait d’un garçon entre 7 et 12 ans, guidant une fille mesurant une tête de moins que lui, probablement sa petite sœur. Le garçon regardait Hifumi de ses yeux noirs. La fille baissait les yeux, l’air terrorisée.

« Humain… »

Voyant Hifumi, le garçon parut surpris, mais cette surprise se changea vite en colère, et il se mit à montrer ses crocs.

« As-tu tué nos parents, Humain !? »

Remarquant le visage du jeune garçon qui venait de se mettre à courir dans sa direction après avoir lâché la main de sa petite sœur, Hifumi le frappa avec son hakama mouillé tout en gardant une expression neutre.

« Hiii… »

Le garçon, venant de se faire frapper le côté du visage avec une puissance similaire à celle d’un fouet, se mit à pleurer en roulant sur le sol devant la fille qui, terrorisée, était incapable d’émettre le moindre bruit.

Hifumi remit son hakama en les ignorants. Il arrangea avec ses doigts les plis du vêtement qui commençait déjà à sécher en raison du climat aride des terres désolées.

« Alors, qui êtes-vous ? » (Hifumi)

Le jeune garçon paraissait à la fois en colère et à la fois effrayé après s’être relevé.

Sans recevoir la moindre réponse à sa question, Hifumi soupira.

« Peu importe, je me fiche de qui vous êtes de toute façon. » (Hifumi)

Approchant tout à coup son visage de celui du garçon, Hifumi le regarda droit dans les yeux.

« Si après avoir grandi un peu tu me détestes toujours, n’hésites pas à me retrouver. » (Hifumi)

Pointant du doigt la direction du village et des cadavres d’homme-tigres, Hifumi se mit à sourire joyeusement.

« Tu ferais bien d’être capable de te battre une fois le moment venu. Car si tu t’avères êtres plus faible que moi, tu risques d’avoir le même avenir. » (Hifumi)

Le jeune garçon, fondant en larmes suite aux paroles d’Hifumi, fut enlacé par sa petite sœur.

Hifumi, lui offrit de façon irresponsable un petit ‘’Bonne chance’’, puis l’ignora et cueillit tous les fruits présents avant de les jeter dans son espace de ténèbres.

Jetant un fruit au garçon puis à la fille, il partit rapidement.

Le garçon, séchant ses larmes, mordit dans le fruit après l’avoir longuement regardé. Même si le fruit était délicieux, il murmura un faible ‘’Ce n’est pas bon du tout’’ en pleurant.

La petite fille regarda elle aussi le fruit dans sa main avant de mordre dedans tout en pleurant.

Nous n’avons plus personne sur qui compter. Je dois devenir fort, le garçon retourna au village après avoir jeté le noyau de son fruit. Mais je dois d’abord enterrer les adultes.

 

Ensuite, Hifumi annihila plusieurs villages d’homme-loups et d’homme-lions, avant de se lasser des combats contre les homme-bêtes.

Et, au même moment, il perdit son chemin.

Les bois disparaissant devant ses yeux, il entra de nouveaux dans des terres désolées s’étendant à perte de vie.

« Je risque de me dessécher avant même d’atteindre le Pays Chevalier. » (Hifumi)

Il pouvait sentir que même les pas de sa monture s’étaient alourdis.

Réfléchissant un instant, il décida de revenir en arrière après avoir collecté ses pensées. Il en était venu à la conclusion qu’il allait avoir besoin d’un guide jusqu’à la prochaine ville.

Puisqu’il ne s’agissait pas d’un jeu, il ne voulait pas perdre son temps à errer tout en espérant croiser quelqu’un au hasard.

Changeant de direction, il retourna donc dans la forêt, et les pas du cheval redevinrent plus vigoureux.

Tandis qu’il s’avançait vers les bois, Hifumi détecta une ancienne présence.

« Yo, yo, ça faisait longtemps. »

« Toi, eh ? » (Hifumi)

Ce qui venait d’apparaitre devant Hifumi était la silhouette du Shinigami, maintenant réduit à une simple tête flottante.

« Pourquoi n’y-a-t-il que ta tête ? » (Hifumi)

« Oops, quelle impolitesse de ma part. »

Le Shinigami, exagérant une expression de surprise sur son visage, fit apparaitre le reste de son corps dans une épaisse brume.

« Lorsque j’apparaissais devant Premier Ministre-san, je me servais de l’excuse ‘mes forces ne me reviennent pas puisqu’Hifumi-san n’utilise pas sa magie de ténèbres’. »

« En vérité, dans un monde où le meurtre est aussi banal, je peux facilement me régénérer. » Hifumi ne regarda même pas le Shinigami et continuait à avancer.

« Alors, de quoi souhaites-tu me parler après avoir fait tout ce chemin ? » (Hifumi)

« La distance n’a pas d’influence sur moi, même si pour le moment, je n’ai pas assez de force pou traverser le monde tout entier. Pour pouvoir me déplacer en un clin d’œil, il me faudrait une magie ancienne n’est-ce pas ? »

Le Shinigami, restant à côté d’Hifumi en flottant dans les airs, acquiesça de la tête.

« Je me fiche de tout ça. Ne pourrais-tu pas plutôt me donner des nouvelles de la capitale ? » (Hifumi)

« Bon sang, comment peux-tu te servir d’un dieu comme simple messager. Le Premier Ministre-san a découvert cette même magie ancienne. Il n’en a pas parlé à sa reine bien-aimée, mais il risque d’utiliser cette magie dans un futur très proche. »

S’exclama le Shinigami d’un air satisfait.

« Dans tous les cas, je ne m’attendais pas à risquer de me faire tuer de nouveau. », le Shinigami dévoila un sourire amer.

En vérité, le Shinigami, souhaitant taquiner Hifumi tandis que ce dernier était seul, était apparu devant lui par le passé. Mais à cet instant, Hifumi l’avait tout à coup attaqué avec son katana, et le Shinigami s’était rendu après avoir perdu un bras.

Ainsi, actuellement le Shinigami servait de sous-fifre à Hifumi.

« Toutefois, grâce à la guerre que tu as déclenché et tous les meurtres que tu as commis, je ne peux m’empêcher d’être heureux. Pour le moment, je vais ainsi continuer à t’informer. Je vais coopérer avec toi, jusqu’à ce que la situation atteigne la conclusion que tu désires tant. »

« Ainsi, continue à tuer, d’accord ? » Sur ces mots, le Shinigami disparut.

Sans répondre, Hifumi continua à avancer sur son cheval, un sourire discret sur le visage.

 

« Alors, tu nous demandes de te montrer le chemin ? » (Helen)

« Pas question ! » Répondit violemment Helen à Hifumi.

Reni, située juste à côté d’elle, fut surprise.

« Tu ne le sais peut-être pas, mais les homme-bêtes ayant osé s’approcher des humains ont tous disparus. D’après une rumeur, ils ont été capturés et ont vécus d’horribles expériences. » (Helen)

« Pour les homme-bêtes les plus faibles, il est impossible et trop dangereux de s’approcher des humains. » Helen rejeta clairement sa demande.

« M-Mais, Hifumi-san a besoin de nous… » (Reni)

« Reni ! » (Helen)

Les attaques d’Helen se tournèrent vers Reni.

« Toi, tu as simplement reçus quelques gâteaux et tu fais déjà confiance à cet humain ! Certes, ils étaient sucrés et délicieux, mais… c’est différent ! » (Helen)

Apparemment, même Helen avait été conquise par les sucreries de Caim.

« Recevrons-nous une récompense ? » (Reni)

« En tant qu’humain, il va probablement nos proposer de l’argent n’est-ce pas ? Même si nous recevons cela… » (Helen)

Ce qu’Hifumi plaça devant le nez d’Helen était un fruit, le même fruit récolté près de la source d’eau un peu plus tôt.

« C’est le fruit dont je t’ai parlé ! » (Reni)

Face à l’excitation évidente de Reni, Helen croisa les bras et détourna le regard d’un air dédaigneux.

« Hu-Humph ! Nous ne pouvons pas risquer nos vies pour un simple fruit et… » (Helen)

Sortant les fruits uns par uns de son espace de ténèbres, Hifumi empila les fruits rouges et mûrs devant Helen et Reni. Ceux-ci émettaient une douce odeur.

Reni paraissait profondément intéressée.

« Alors ? Qu’allez-vous faire ? » (Hifumi)

Au final, même Helen abandonna lorsqu’elle reçut la promesse d’en obtenir davantage après avoir aidé Hifumi.

« Peux-tu attendre un instant ? Si nous partons loin toutes les deux, nous devons d’abord prévenir nos parents. » (Helen)

Partant les bras pleins de fruits, elles revinrent rapidement les mains vides.

« Je leur ai dit que nous partions collecter à manger un peu plus loin que d’habitude. A part ça, tu nous protégeras des autres homme-bêtes s’ils nous attaquent, n’est-ce pas ? » (Helen)

« Tout ira bien Helen. Hifumi-san est fort après tout. » (Reni)

Helen, voyant Reni offrir sa confiance absolue à Hifumi, ne pouvait s’empêcher d’être inquiète.

Ainsi, Hifumi trouva deux guides, et se dirigea de nouveau vers le Pays Chevalier.

 

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2 réflexions sur “Le Héros est un Démon – Chapitre 86

  • Avatar
    23 octobre 2017 à 21 h 29 min
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    Merci pour le chapitre.

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  • Avatar
    29 juin 2018 à 22 h 31 min
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    Tiens, le shinigami travaillait pour ce monomaniaque ? Je pensais qu’il chercher réellement une revanche contre Hifumi.

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