Chapitre 65 : Porcs de Guerre

 

Le soldat manchot, voyant apparaitre devant lui l’entrée de la capitale, ne fut que légèrement soulagé après avoir couru plus de 30 minutes.

En voyant l’homme courant sur la route d’un air effrayé, les gardes d’Adolamelk parurent surpris.

« A-Arrêtez-vous ! » (Garde)

« Aidez-moi ! Je suis poursuivi par un ennemi ! » (Soldat)

Pleurant en s’accrochant aux habits du garde, l’homme portait l’uniforme de soldat régulier d’Horant. Les gardes tentèrent immédiatement de le mener vers la salle de garde.

Toutefois, le soldat manchot affirma que cela était hors de question.

« Ces personnes d’Orsongrande arriveront bientôt ! Je dois contacter Yugu-sama et le château tout de suite ! » (Soldat)

Ainsi, un soldat seul, le visage pâle comme un linge, décida de se diriger à toute vitesse vers le château.

Tandis que celui-ci était enfin soulagé d’avoir fait passer le message, il entendit derrière lui la voix qu’il voulait entendre le moins.

« Merci pour ton travail. Ne cours-tu pas étonnamment vite ? » (Hifumi)

Lorsque le soldat tourna timidement la tête en un mouvement similaire à un robot mal huilé, il vit Hifumi s’approcher derrière lui en riant.

Incapable de fuir sous la pression de la peur, la scène autour de lui entra dans son champ de vision.

Des deux côtés d’Hifumi gisaient les gardes. Les flaques de sang s’élargissaient petit à petit sous les cadavres qui ne bougeaient plus.

« Ce n’est pas si facile de fuir. Mais je dois avouer que tu m’as surpris. » (Hifumi)

Lorsque la katana s’abattit, une longue giclée de sang se forma sur le sol.

« Urgh … » (Soldat)

Sa surprise fut rapidement interrompue par le tranchage de sa gorge.

« Bien, maintenant c’est au tour du château … oh ! » (Hifumi)

Lorsqu’il confirma au loin le château, il vit 10 magiciens en sortir et se diriger vers lui.

« Cette fois-ci, c’est une unité entière de magiciens huh ? » (Hifumi)

En plein milieu de sa phrase, Hifumi se mit à courir vers eux.

Voyant la cible s’approcher, les magiciens s’empressèrent de démarrer leurs incantations. Ils purent à peine les terminer en entrant dans la zone d’attaque d’Hifumi.

Mélangeant feu et vent, des boules de feu enveloppées dans des lames de vent jaillirent. Elles s’approchèrent rapidement d’Hifumi en émettant une haute température.

Toutefois, Hifumi se mit à rire sans même diminuer sa vitesse de course.

Au dernier moment, lorsque les boules de feu furent sur le point d’entrer en contact avec lui, Hifumi baissa son corps et passa en dessous des boules de feu.

Seules quelques mèches de cheveux furent brulées et coupées. Et, sans changer d’expression, Hifumi fit un grand pas afin d’arriver entre les magiciens.

En un instant, le katana fit tomber 4 têtes.

Les magiciens ouvrirent grands les yeux, choqués en voyant les têtes de leurs camarades tomber comme la pluie.

Et pendant ce temps, incapables de faire quoi que ce soit à courte portée, ils perdirent uns par uns la vie de la même façon que leurs camarades.

« Bien, le château maintenant. » (Hifumi)

En baissant la lame de son katana, Hifumi se mit à courir afin de commencer son siège à une personne.

 

 

Actuellement, 5 soldats en armure se tenaient devant Yugu.

Il s’agissait de la pièce du château où restaient les soldats en attente.

Tous les soldats alignés regardaient des directions différentes. Leurs dents jaunes et mal espacées étaient visibles à travers leurs bouches à moitié ouvertes.

Il s’agissait des soldats physiquement améliorés contre leur gré et obéissant à Veldore après avoir été la cible d’expériences visées à tester les outils magiques et potions magiques.

La plupart des sujets d’expériences avaient ‘’cassé’’, mais 5 pouvant obéir aux ordres avaient été obtenus.

« Je vois. On dirait qu’ils sont déjà dans le château. S’ils sont si peu nombreux, nous n’avons pas à nous inquiéter. » (Yugu)

Un soldat amélioré possédait la force de 10 soldats. De plus, tous les soldats améliorés portaient d’énormes armures en métal qu’une personne normale ne pourrait porter.

Si le plan se déroulait comme prévu, ces 5 soldats étaient plus qu’assez.

« Pour le moment, ne mourez pas jusqu’à ce que le cas du roi soit réglé. » (Yugu)

Le contenu de la suggestion de Yugu à Veldore était simple : laisser l’ennemi envahir le château puis l’éliminer avec le roi.

Même si les envahisseurs n’atteignent pas le roi, nous pouvons toujours gérer la situation rien qu’avec le fait que l’ennemi ait envahi le château, jugea-t-il.

A cet instant, un soldat sous les ordres de Yugu entra en trombe dans la pièce.

« Yugu-sama ! L’ennemi a passé le portail du château ! » (Soldat)

« … Ils sont plutôt rapides … » (Yugu)

 Selon l’estimation de Yugu, l’ennemi n’allait arriver que dans la soirée au plus tôt. Il pensait même que l’ennemi allait arriver le lendemain dans la matinée.

De plus, il restait actuellement de nombreux individus sans rapport avec la faction du prince. En restant dans le château, ils allaient probablement voir les soldats améliorés.

« Nous n’avons pas d’autre choix. En vous occupant de la mobilisation de tous les magiciens disponibles, faites évacuer les servants et les nobles par la sortie de derrière sous prétexte d’une évacuation, peu importe leur faction. » (Yugu)

En entendant que les soldats améliorés allaient entrer en action sous peu, le soldat servant de messager quitta la pièce afin de compléter sa mission.

« Bon, même s’ils sont vus, nous pouvons toujours faire disparaitre les témoins. » (Yugu)

Afin de faire part à Veldore de la situation, Yugu quitta lui aussi la pièce en y laissant les soldats améliorés.

Toutefois, il y avait une chose que Yugu n’avait pas confirmée et que le messager ne lui avait pas dit.

Il ne lui avait pas dit qu’il n’y avait qu’un seul envahisseur, et que cet envahisseur avait annihilé à lui seul les soldats de la ville.

De plus, la position des autres ennemis au nombre de 10 était inconnue, faisant ainsi grandement dérailler les plans de Veldore et Yugu.

 

Lorsque les cris en provenance du château devinrent audibles, les citoyens d’Adolamelk cédèrent à la panique. Ils se dirigèrent tous vers leurs maisons afin de s’y enfermer, et furent surpris en voyant Hifumi marcher dans la direction opposée.

Il y avait de nombreux citoyens dans la capitale, mais actuellement tous avaient une expression sombre sur le visage. Comparé aux autres villes, la capitale hébergeait de nombreux riches. Ces personnes riches pouvaient être visibles dans la rue, se déplaçant avec leurs gardes.

Les allers et venues des chariots évoluèrent rapidement en gigantesque embouteillage des rues, mais cela permettait au groupe d’Origa de se déplacer sans trop attirer l’attention.

« Maintenant, d’après l’information obtenue par Hifumi-sama, l’institut de recherche devrait se trouver juste à côté du château. Dépêchons-nous. » (Origa)

Les soldats territoriaux de Fokalore suivaient désespérément Origa qui avançait d’un air excité après avoir reçu une mission importante de la part d’Hifumi.

Plus ils s’approchaient du château, plus le nombre de passant diminuait. Lorsqu’ils arrivèrent enfin devant l’institut de recherche, personne n’était visible aux alentours.

En direction du château où se déchainait Hifumi, des cris étaient parfois audibles.

Sont-ils partis en renforts ? Même les gardes censés protéger l’endroit avaient disparus.

Même si le portail en bois menant à l’institut était fermé, il s’ouvrit facilement après une petite poussée.

Origa surveilla l’intérieur avec sa magie de vent à travers l’entrebâillement de la porte.

Maintenant complètement habituée à utiliser l’écholocalisation, elle repéra 2 personnes armées.

Puisque ces deux personnes étaient alignées de façon parfaite, elle leur coupa la gorge avec des lames de vent sans la moindre hésitation.

« Les personnes se mettant en travers de ma mission confiée par Hifumi-sama mourront. » (Origa)

S’introduisant dans le terrain de l’institut de recherche, le groupe d’Origa laissa 2 sentinelles à l’entrée puis avança jusqu’à découvrir un bâtiment dont l’énorme porte était fermée de l’extérieur par un loquet.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » (Origa)

En réponse à la question d’Origa, l’un des soldats murmura,

« Si le bâtiment est fermé de l’extérieur, cela veut probablement dire que quelqu’un est enfermé à l’intérieur ? Ou peut-être ne s’agit-il que d’un entrepôt ? » (Soldat)

« Nous ne le saurons pas si nous restons là à rien faire n’est-ce pas ? S’il s’agit d’un entrepôt, nous pouvons peut-être y trouver ce que nous cherchons. » (Origa)

Retirant prudemment le loquet, Origa ouvrit la porte en prenant garde à ne pas rester devant.

De nombreux grognements émanaient de l’intérieur du bâtiment.

« … Des monstres ? »

Murmura l’un des soldats, mais ils n’allaient pas le savoir sans y entrer.

Origa jeta un coup d’œil à l’intérieur du bâtiment et trembla un instant en voyant la scène se déroulant devant ses yeux.

« … Origa-san ? » (Soldat)

« Entrons. On dirait qu’il s’agit d’une prison. » (Origa)

Les soldats pensaient n’avoir rien à faire ici s’il s’agissait d’une prison, mais lorsqu’Origa entra, ils n’eurent d’autre choix que de la suivre.

« Uwaa ! » (Soldat)

L’intérieur du bâtiment consistait en un simple étage sans la moindre cloison. De nombreuses personnes étaient alignées contre les murs, attachés par des chaines.

Tous bavaient, les yeux ayant apparemment perdus toute raison, et menaçaient les soldats en montrant leurs dents. Même si leurs membres étaient attachés, ils essayaient de se libérer de leurs chaines en se débattant telles des bêtes sauvages.

Tous étaient nus, et possédaient un outil magique inséré dans le torse.

« Ce sont probablement les personnes ayant perdu la raison après avoir essayé les outils magiques. » (Origa)

Origa se souvint des personnes devenues ainsi.

« Dans ce cas … » (Soldat)

« Les outils magiques se trouvent probablement dans un autre bâtiment. Cet endroit n’est qu’une prison pour les cobayes. » (Origa)

Contrastant avec Origa qui les examinait calmement, les soldats regardaient les cobayes, le visage pâme et se demandant s’ils avaient un jour vraiment été humains.

Tout à coup, Origa vit plusieurs chaines ouvertes.

En regardant de plus prêt, les bracelets en métal étaient encore couverts de sang.

« On dirait que plusieurs cobayes ont été déplacés, mais … » (Origa)

Origa se perdit dans ses pensées, réfléchissant à la façon dont elle allait transporter ces cobayes qui n’arrêtaient pas de se débattre.

Réalisant tout à coup quelque chose, Origa chanta une incantation en direction de l’un des cobayes.

Après quelques secondes, le visage du cobaye fut recouvert d’une énorme bulle d’eau.

Même s’il se débattit au départ, il perdit connaissance après une minute.

Une fois l’eau retirée, les yeux d’Origa brillèrent d’une lueur froide lorsqu’elle confirma sa survie.

« Je vois. Nous pouvons les suffoquer. » (Origa)

Origa se tourna vers les soldats de Fokalore complètement terrifiés et leur ordonna avec un large sourire,

« Utilisons ces cobayes. Pour Hifumi-sama. » (Origa)

Les soldats de Fokalore n’eurent d’autre choix que d’accepter.

 

« Mon roi, un ennemi a envahi le château. » (Veldore)

Veldore, menant Yugu ainsi qu’un soldat amélioré équipé d’une énorme épée, leva les yeux vers le roi assis sur son trône dans la salle d’audience.

Les mots de Veldore déclenchèrent une panique chez les nobles et les soldats présents, mais le roi les contrôla en levant simplement la main.

« … Et alors ? Pourquoi es-tu là, alors que tu devrais laisser les gardes s’en occuper ? Et quel est ce monstre derrière toi ? » (Suprangel)

Veldore ne put s’empêcher de sourire en entendant le roi.

« Il s’agit de mon soldat amélioré. Celui-ci possède une force rivalisant avec 10, non, 20 soldats. » (Veldore)

« Si c’est le cas, pourquoi l’as-tu amené ici ? Il devrait plutôt défendre le château. » (Suprangel)

« Fufufu … » (Veldore)

« Qu’y a-t-il de si drôle ? » (Suprangel)

Le roi ne put dissimuler son déconfort en voyant Veldore rire en montrant ses dents blanches.

« Vous ne comprenez pas ? On dirait que votre grand âge vous a finalement rendu sénile … » (Veldore)

« Veldore-sama, c’est assez … » (Noble)

« Ferme-la. » (Veldore)

L’un des nobles essaya de remettre Veldore à sa place, mais se fit rapidement taire.

« Je vais vous demander de me laisser le trône. Et, en tant que nouveau roi, je vous montrerais comment régler cette crise. » (Veldore)

Tout à coup, un soldat se tenant près de la sortie plaça une planche de bois dans la poignée de lap orte sous les ordres de Yugu.

« … Tu as perdu l’esprit huh ? » (Suprangel)

« Pas du tout ! De nombreuses personnes sont fatiguées du règne bien trop long du roi actuel. Répondant à ces voix, je ne fais qu’améliorer Horant. » (Veldore)

« Es-tu sûr qu’il ne s’agisse pas simplement d’un désir égoïste ? » (Suprangel)

En voyant le roi se lever en s’exclamant ‘’Très bien’’, Veldore pensa qu’il allait se rendre sans la moindre résistante, mais la situation s’avéra différente.

« Soldats, arrêtez Veldore ! Cette personne est un traitre ! » (Suprangel)

Veldore secoua la tête, déçu, tandis que les gardes présents dans la pièce s’approchaient lentement de lui. Toutefois, le soldat amélioré se plaça en travers de leur chemin.

Les gardes royaux eurent le temps de trembler en voyant son visage, puis perdirent tous la vie sous les coups de l’énorme épée.

« Pendant que tu y es, débarrasse-toi de ces témoins gênants. » (Yugu)

Sous les ordres de Yugu, le soldat amélioré venant de massacrer la garde royale s’attaqua aux nobles en officiers civils présents.

Ils tentèrent de s’enfuir, mais un tas de cadavre se forma rapidement.

Ce personnage abattant son épée comme un bâton sans la moindre trace de technique fit sourire Veldore, mais le roi contemplait un tel spectacle d’un air sombre.

On dirait bien que ce pays touche lui aussi à sa fin … (Suprangel)

Pensant à sa propre mort atroce, il soupira, se demandant ce qui avait mal tourné dans l’éducation de Veldore. Il se rassit sur le trône, ce siège sur lequel il s’était assis tant de fois.

Quand j’y repense, même moi j’ai dû désespérément acquérir quelques exploits lors de mon ascension au trône, se rappela calmement le roi.

Incapable de réfléchir pendant ma jeunesse, je considérais les gains militaires comme la seule méthode d’acquérir des exploits. En reconsidérant tout cela aujourd’hui, cela avait causé de nombreuses guerres inutiles.

En conséquence, la richesse de ce pays a diminuée. Même aujourd’hui, le peuple est forcé de supporter ce lourd fardeau.

Je ne sais pas si j’ai été un bon roi, mais si je me suis fait trahir au final, cela signifie probablement que j’ai commis d’énormes erreurs.

Lorsqu’il réalisa enfin cela, tous les nobles et officiers civils présents avaient été massacrés, leurs cadavres méconnaissables.

L’odeur du sang envahissant la pièce, Veldore parut sur le point de vomir.

« Pitoyable … » (Suprangel)

Lorsque le roi murmura ce simple mot, Yugu s’approcha de lui, un chiffon sur la bouche.

« Mon roi, préparez-vous. » (Yugu)

Tandis que le roi regardait Veldore sans même répondre à Yugu, la porte censée être fermée s’ouvrit tout à coup. Elle avait été ouverte avec une telle force, que les gonds furent projetés et frappèrent Veldore en pleine tête, lui faisant ainsi perdre connaissance.

« Ah, il fallait l’ouvrir dans l’autre sens ? » (Hifumi)

Hifumi entra dans la pièce, son corps recouvert de traces de sang et tenant son katana dans sa main droite et son kodachi dans la gauche.

Même si son dougi était désordonné et que son torse était exposé, il n’avait pas la moindre trace de blessure.

« Oh, c’est l’un des hommes utilisant l’outil magique. Bien, voyons s’il est un peu plus fort que les autres. » (Hifumi)

Crachant son mécontentement face à la faiblesse des soldats du château, il décida de sa prochaine cible.

 

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