Chapitre 53 : C’est la Nouvelle Merde

 

Phyrinion vit des femmes et des hommes de tout âge étudiant frénétiquement dans la maison du Seigneur de Fokalore, accrochés à leurs bureaux.

De nombreux bureaux et chaises avaient été installés dans l’un des larges halls de réception de la maison. Il s’agissait en fait des représentants des villes ayant quitté Vichy pour prêter allégeance à Orsongrande, ainsi que les candidats aux places de fonctionnaires. Parmi eux se trouvaient aussi quelques employés veillant au bon fonctionnement de l’épreuve.  Tous travaillaient dur pour comprendre les textes qui leur avaient été remis, et de temps à autre une personne levait la main pour obtenir des détails de la part des employés supervisant l’épreuve.

« Uwa … » (Phyrinion)

Les fonctionnaires civils servant le château et les chevaliers étaient simplement désignés en fonction de leur naissance, et n’avaient pas besoin de passer le moindre examen. Ainsi, Phyrinion observait pour la première fois un tel spectacle, mais se sentait écartée.

A côté d’elle se tenait Brokra, qui l’accompagnait en tant que guide. Puisque Caim était trop occupé, il lui servait de substitut.

« Au départ, lorsque nous avons été achetés par Hifumi, il nous a demandé d’étudier les matières en rapport avec l’administration d’une terre. Nous avons réussi à être employés sans que l’on prenne en compte notre lignée ou rang social, alors ils devraient s’en sortir, ils ont juste à montrer qu’ils ont compris les choses étudiées lors de leur examen d’entrée. » (Brokra)

« Cela n’a rien à voir avec le statut social, et donc … » (Phyrinion)

« Oui, même les orphelins et anciens habitants des taudis peuvent être employés s’ils sont capable de montrer leurs capacités après avoir appris à écrire. Et s’ils ne pensent pas pouvoir apprendre, ils peuvent toujours entrer dans l’armée. Il ne faut pas oublier que les hauts fonctionnaires ici sont des esclaves. » (Brokra)

Brokra sourit avant de se mettre à rire.

« Maintenant que vous le dites …. » (Phyrinion)

Phyrinion se souvenait de ce qu’elle avait appris au château. Elle comprenait aussi la position des esclaves d’Hifumi.

Mais après comparaison, les personnes s’occupant des affaires de cette ville sont biens plus efficaces que n’importe quel fonctionnaire de noble, estima-t-elle.

« Comprenez que notre tâche est de gérer efficacement le territoire et de préparer un environnement où notre Seigneur pourra prendre ses libertés. Il faut que vous compreniez bien cela, Phyrinion. » (Brokra)

« Oui, je comptais de toute façon comprendre plus ou moins la situation du territoire Tono. » (Phyrinion)

« Ce serait parfait. Bien, par ici je vous prie. » (Brokra)

« Huh ? » (Phyrinion)

Brokra invita Phyrinion dans un coin du hall d’étude, où de splendides bureaux avaient été préparés.

« Veuillez commencer par mémoriser ces documents. Celui-ci résume les bases de la politique et des taxes, tandis que celui-là comprend toutes les entrées et sorties d’argents faites jusqu’à ce jour. » (Brokra)

« Eh ? » (Phyrinion)

« Vous pouvez utiliser le parchemin juste ici. Si cela ne vous suffit pas, n’hésitez pas à en demander d’autres. Vous pouvez aussi prendre ici de l’encre. Puisque la politique d’Hifumi-sama privilégie l’apprentissage par l’écriture, veuillez les mémoriser en les recopiant. » (Brokra)

« Quoi ? » (Phyrinion)

Brokra afficha un sourire chaleureux en direction de Phyrinion qui était assise, bouche bée. Elle ne savait pas quoi dire, et des documents furent placés rapidement devant elle.

« Faites de votre mieux, j’ai pour ordre direct d’Hifumi de vous renvoyer à la capitale si vous n’êtes pas aussi compétente que les autres fonctionnaires. Veuillez interpeller l’un des employés en charge de l’épreuve si vous voulez abandonner en plein milieu, d’accord ? » (Brokra)

Brokra partit rapidement pour terminer son travail, laissant Phyrinion abasourdie.

« … Krinola. » (Phyrinion)

« Oui Ojou-sama ? » (Krinola)

Tout comme elle, Krinola avait du mal à comprendre la situation, et fut surprise lorsque Phyrinion prononça son nom.

« Prépare-moi du thé. »

« Très bien. Je dois aller chercher de l’eau chaude, alors …. » (Krinola)

« Vas-y, je n’ai pas d’autre choix que de rester là. Si je fuis, je deviendrais la risée de tout le monde. » (Phyrinion)

Krinola se pencha vers Phyrinion, qui était prête à combattre la masse de documents devant elle.

 

Le capitaine de la Seconde Unité de Chevaliers, Stiffels, étaient maintenant seul dans le hall d’assemblée, et réfléchissait à la situation.

Après que le capitaine de la Première Unité de Chevaliers, Ribezal, se soit invité en plein conseil de guerre, la situation était devenue complètement inoffensive et sans-danger, car leur objectif était maintenant d’observer les mouvements d’Horant.

« Mais si Horant n’entre pas bientôt en action … » (Stiffels)

Selon les informations apportées par la Première Unité de Chevaliers, la guerre à Vichy s’était plus ou moins calmée. Des accords avantageux d’après-guerre allaient pouvoir être organisés grâce à la victoire écrasante d’Orsongrande, où plutôt la victoire d’Hifumi et de la Troisième Unité de Chevaliers.

Si cela continuait ainsi, l’armée d’Horant, qui se servait de sa coopération avec Vichy pour rester à la frontière, allait se retirer. Si cela arrivait, la Seconde Unité de Chevaliers serait contrainte de partir elle aussi, ayant perdue sa raison d’être là.

Partir, sans le moindre gain militaire.

« Si la situation continue, seuls cet homme et la princesse obtiendront des résultats. Et cela risquerait de rendre la collecte de soutiens difficile. Les nobles, attendant que le vent tourne, ont déjà commencé à changer leur loyauté pour la faction de la princesse … » (Stiffels)

Peu importe le coût, je veux conclure avec une situation telle que ‘’Le conflit avec Vichy a été réglé grâce aux efforts d’Hifumi’’ et ‘’Le conflit avec Horant a été réglé grâce aux efforts de la Seconde Unité de Chevaliers’’. Mais si Horant bat en retraite, Hifumi sera le seul à monter sur le devant de la scène.

« Ce sont tous des nuisances. » (Stiffels)

Il agita son sake en se plaignant.

Tandis que l’alcool lui brûlait la gorge, il eut tout à coup une bonne idée.

« Ah, c’est donc comme ça … Pas besoin de n’utiliser que la Seconde Unité de Chevaliers. De plus, capturer est toujours mieux vu que défendre en terme d’accomplissement … » (Stiffels)

S’il avait été calme, il aurait probablement prit en compte d’autres façons de faire. S’il avait consulté quelqu’un d’autre, il aurait peut-être pu trouver une meilleure stratégie.

Toutefois, son esprit aculé ne parvint pas à prendre de décision logique et raisonnée.

« Quelqu’un est là ? Faites venir le vice-capitaine ! »

Dans l’esprit de Stiffels, des scènes de la populace le remerciant et de Comte Biron mourant sur le champt de bataille apparurent.

 

« Hey ! Hey ! Je suis le Vicomte Kamoss … » (Kamoss)

« Ferme-la ! » (Hifumi)

Hifumi interrompit l’introduction du jeune noble recouvert d’une armure.

« F-Ferme-là ?! » (Kamoss)

« Clarifie tes intentions. As-tu quelque chose à me dire, ou souhaites-tu simplement te mettre en travers de ma route ? » (Hifumi)

Actuellement, Hifumi était parti en laissant ses troupes derrière. Accompagné seulement d’Origa, il avait ordonné
aux troupes de le suivre en laissant les pleins commandements à Alyssa.

S’il ne se rendait pas vite à Horant, la guerre allait prendre fin.

Hifumi qui était pressé ne fit pas le moindre effort pour dissimuler son irritation vers l’homme, qui barrait la route avec 30 soldats.

« J-Je suis avec le capitaine de la Seconde Unité de Chevaliers. La zone de conflit avec Horant appartient à la Seconde Unité de Chevaliers ! Même si vous êtes le favori de la princesse, n’essayez pas de voler les exploits des autres. De plus, je vois que vous n’êtes que deux. Vous ne pensez quand même pas vous frayez un chemin de force …. Hey, a-attendez … ! » (Kamoss)

Hifumi, fatigué du long discours de l’homme, provoqua le Vicomte Kamoss en faisant galoper son cheval.

Même si la route était bloquée par 2 gardes confus se trouvant de part et d’autre du vicomte, Hifumi sortit son katana et les tua en une attaque.

« Hi, Hii, pourquoi … » (Kamoss)

En regardant d’un œil froid le vicomte qui commençait à pleurer, Hifumi répondit sèchement,

« Parce que vous me gênez. » (Hifumi)

« Gyaa ! » (Kamoss)

Abattant son katana avant d’avoir terminé sa phrase, il coupa en diagonale la tête du Vicomte Kamoss. Tandis que du sang et de la chair giclaient, le cadavre tomba de son cheval. Il se mit à trembler un instant avant de finalement s’immobiliser.

« C-C’est … » (Soldat)

« Guwaa !! » (Soldat)

Les soldats, choqués après avoir vu Hifumi tuer le vicomte sans la moindre hésitation, furent assaillis par des lames de vent.

Origa pointait la paume de sa main droite vers eux, et trois autres personnes moururent de la même manière en plus des deux premières.

« Si vous souhaitez survivre, courez. Enfuyez-vous, ceux que je rattraperai mourront. Simple n’est-ce pas ? » (Hifumi)

« Bien, commençons la chasse ! »

Lorsqu’Hifumi s’exclama cela, les soldats jetèrent leurs armes et se mirent à courir.

« Origa, dépêchons-nous ! » (Hifumi)

« Oui. » (Origa)

Après avoir empalé quelques fuyards avec son katana sur la route, Hifumi continua à avancer vers sa destination.

Si je ne me dépêche pas, ma part de meurtre va diminuer !

Même Hifumi était impatient.

 

« Par ici. » (Beirevra)

Après avoir secrètement quitté le village, Ribezal fut amené près de la frontière par Beirevra. Ils arrivèrent au pied d’une falaise.

« N’est-ce pas une simple falaise ? Un tel endroit … » (Ribezal)

« Un instant, regardez. » (Beirevra)

Lorsque Beirevra souffla dans un petit sifflet, un morceau de la falaise bougea et un magicien en sortit. Il portait une robe bleue sombre. Son visage n’était pas visible, dissimulé par une capuche.

« Je me demandais de qui il s’agissait, mais c’est toi Beirevra. » (Magicien)

Ribezal se relaxa légèrement en entendant la jeune voix du magicien.

Il n’est probablement pas haut placé.

« Oui. D’après les rapports reçus, Vichy n’a plus la moindre chance de gagner. Après s’être fait vaincre, ils se sont enfuis aussitôt … » (Beirevra)

Beirevra pencha la tête à plusieurs reprises.

« Et cet homme … » (Magicien)

« Il s’agit du capitaine de la Première Unité de Chevaliers, Ribezal. » (Beirevra)

« Vous êtes de Horant ? Je suis ici pour les outils magiques et …. Oof ?! » (Ribezal)

Ribezal s’avança en poussant Beirevra. Il commença à parler au magicien, mais n’eut pas le temps de finir sa phrase.

Beirevra tenait dans sa main un outil magique, et Ribezal perdit connaissance.

« Beirevra, pourquoi n’as-tu pas fait ça plus tôt ? » (Magicien)

« Pardon. Je n’aurais pas pu transporter un adulte en armure jusqu’ici. De plus, je ne pouvais pas non plus le porter dans le village, j’aurais été sans aucun doute arrêté. » (Beirevra)

Avec un sourire amer, Beirevra attacha les mains de Ribezal et scruta les environs.

« D’ailleurs, est-ce que les autres ont terminé ? » (Magicien)

« Actuellement, ils sont tous partis s’occuper d’une autre affaire. Mais mettons ça de côté. Si vous m’acceptez à Horant, je vous serez d’une grande aide, j’en suis sûr. » (Beirevra)

Le magicien lui donna un décret en le jetant au sol. Celui-ci contenait un plan d’invasion de Münster en utilisant Ribezal comme un pantin grâce aux effets de l’outil magique.

« Maintenant que tu l’as ramassé, tu dois faire de ton mieux pour servir Horant. » (Magicien)

« …. Très bien. De toute façon si je vous trahis, vous me tuerez sans hésiter. Bon, j’aimerais installer l’outil magique avant qu’il ne se réveille. Retirons son armure. » (Beirevra)

« Oui. » (Magicien)

Après avoir retourné Ribezal pour le mettre sur le dos, Beirevra retira rapidement son armure tandis que le magicien sortit un outil magique de sa poche.

Il ressemblait beaucoup à l’outil magique utilisé sur les personnes précédemment tuées par Hifumi.

« Est-ce la version améliorée … ? » (Beirevra)

« Tout à fait, il peut renforcer le corps de l’utilisateur et celui-ci devient un pantin dénué de toute émotion. Nous avons réussi à retirer les excès de folie sur ce modèle. Si l’outil magique entre en contact avec du sang avant d’être utilisé, l’utilisateur suivra tous les ordres de la personne ayant versé le sang. » (Magicien)

« C’est incroyable. » (Beirevra)

« Verse ton sang dessus. Ainsi nous pourrons tous les deux utiliser cet homme. » (Magicien)

Après avoir reçu un couteau et l’outil magique, Beirevra fut surpris.

« Je peux vraiment ? » (Beirevra)

« Accomplis le plan en retournant à Münster avec lui. Je servirai de gardien. » (Magicien)

« Compris. » (Beirevra)

Au final, Ribezal ne se réveilla pas et l’outil magique lui fut attaché.

 

« Mets ton nom sur ce document, tout de suite. » (Hifumi)

« Que dis-tu après être à peine revenu ici ? » (Imeraria)

Hifumi, retourné rapidement au château avant de se diriger vers Münster, visita le bureau d’Imeraria sans le moindre tact.

Et après être entré dans la pièce, ces premiers mots furent un ordre.

« Nous avons été attaqués 4 fois par des soldats envoyés par des nobles en venant ici. De plus, ils étaient tous faibles. » (Hifumi)

« Mais donc cela ne devrait pas gêner quelqu’un comme Hifumi. » (Imeraria)

« C’est ennuyeux car ils viennent tous en nombre réduit. Je ne peux même pas m’amuser en les tuant. » (Hifumi)

« Oui, et c’est tout à fait normal. Alors, quel document veux-tu que je signe ? » (Imeraria)

Imeraria se résigna à compléter la demande d’Hifumi, avec qui elle n’arrivait absolument pas à sympathiser.

« Dis à tout le monde que tu as décidé d’être couronnée après que la situation avec Horant se soit calmée. Ecrit une large quantité de lettres aux nobles. Dis-leur de venir au château et de te démontrer leur allégeance. » (Hifumi)

« Pourquoi es-tu si pressé ? De plus, si je fais ça, n’y aura-t-il pas plus de personnes essayant de te gêner ? » (Imeraria)

« Demande à tous les nobles déjà ralliés à toi de le signer. Tu peux utiliser mon nom si tu veux. De plus, menace-les de confisquer leurs territoires s’ils refusent de signer. S’ils refusent toujours, nous pourrons juste les écraser. De plus, rajoute que ton frère se retire de la politique à cause de problèmes de santé. » (Hifumi)

« …. D’accord, si cet enfant comprend la situation et recule, sa vie pourra être …. » (Imeraria)

Les yeux d’Imeraria se tournèrent vers Hifumi comme pour s’accrocher à lui, tandis que celui-ci partait après avoir dit tout ce qu’il avait
à dire.

« Il s’agit de ton frère, alors espérons qu’il ne soit pas trop idiot. » (Hifumi)

Une servant entra avec du thé noir et croisa le chemin d’Hifumi.

« Toutes mes excuses. Le thé arrive trop tard … » (Servante)

Se tournant vers la servante, Imeraria, avec un sourire fatigué, lui demanda seulement sa propre part.

« Je vais écrire des lettres. J’aurai besoin de chevaliers pour les faire circuler, peux-tu les faire venir ? » (Imeraria)

« Certainement ! » (Servante)

Se plongeant dans son travail, Imeraria prévit aussi d’écrire une lettre à son frère.

Je suis sûre qu’il comprend sa position, il a lui aussi reçu une éducation à la royauté après tout.

Pensa-t-elle.

 

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Une pensée sur “Le Héros est un Démon – Chapitre 53

  • 21 juillet 2017 à 0 h 28 min
    Permalink

    Merde c que moi ou quoi, je veux de la sensualité entre hifumi et origa !

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