Chapitre 52 : Fille des Quartiers Chics

 

« Humph~ » (Hifumi)

En mélangeant la viande d’ours sauvage jetée dans le ragoût, Hifumi rendit une réponse indifférente.

Après avoir été guidée par les soldats de l’armée territoriale et avoir rencontrée Hifumi, Phyrinion l’observait calmement tandis que le messager de Biron le suppliait à genoux en lui expliquant avec vigueur la situation de Münster.

Et la réponse d’Hifumi était le mot précédemment prononcé.

« Hifumi-sama, que dois-je faire avec les légumes ? » (Origa)

« Ah, jette-les dans le pot. Ne t’inquiètes pas de la quantité, ce n’est qu’un ragoût. » (Hifumi)

« Ca a l’air délicieux~ » (Alyssa)

Alyssa contemplait le ragoût en préparation tout en bavant à cause de la riche odeur de lard et de dashi émanant des os de monstres brisés bouillant dans le ragoût et flottant dans le pot, contrairement à l’atmosphère tendue du messager.

Près de l’unité de ravitaillement, au centre, plusieurs groupes se trouvaient autour de ragoûts similaires et imitaient Hifumi.

Tout le monde regardait ces ragoûts d’un air détendu.

« Erm … » (Messager)

« Ah, pour l’instant, venez manger avec nous. Nous parlerons après. » (Hifumi)

Phyrinion regardait le ragoût rustique tout en s’asseyant aux côtés du messager et commença à manger dans le bol venant de lui être distribué et contenant une large quantité de ragoût.

« C’est délicieux, Ojou-sama. » (Krinola)

Krinola, assise à côté d’elle avant qu’elle ne le remarqua, sourit joyeusement en direction de Phyrinion.

Pour Phyrinion, qui n’avait l’habitude de manger que ce qu’elle préparait elle-même, même en camp d’entrainement, elle considérait que la viande de monstre avait mauvais goût, mais ne put résister face à la délicieuse odeur.

Jetant un coup d’œil à Hifumi, celui-ci mangeait sa part et avait l’air d’en apprécier le goût, aux côtés du groupe d’Origa.

Il serait malpoli de refuser. Cela risquerait de les mettre en colère. (Phyrinion)

Sa faim amplifiée par la puissante odeur, elle décida de gouter le plat.

« Ah, délicieux … » (Phyrinion)

« C’est tout à fait naturel, puisqu’Hifumi-sama l’a préparé lui-même. » (Origa)

« Même en utilisant ainsi les ingrédients, il est possible de faire un plat délicieux. » (Hifumi)

Après avoir dévoré 3 bols en un instant, Hifumi parut enfin satisfait et repu.

« Alors, vous voulez que je vous aide en envoyant mes troupes, car les villes situées près de Horant sont en danger. » (Hifumi)

Le messager s’empressa d’acquiescer vers Hifumi qui avait tout à fait compris l’enjeu.

« Plutôt que des troupes, Comte Biron souhaite que Comte Tono vienne en personne. Tenez, une lettre écrite de sa main. » (Messager)

« Donne-la-moi. » (Origa)

Origa donna la lettre à Hifumi après l’avoir reçue. Hifumi ouvrit violemment la lettre et en survola brièvement le contenu, avant de se lever tout à coup.

« Le seigneur féodal de la région près de Horant s’appelle Comte Biron ? » (Hifumi)

« Ou-Oui. » (Messager)

« Il reste donc des individus intéressants dans ce pays. » (Hifumi)

Dans la lettre de Biron demandant des renforts, écrite dans une écriture stéréotypée, il y avait une seule ligne servant de message privé à Hifumi.

– Puisqu’il y a de nombreux ennemis, j’aimerais que Comte Tono les élimine sans la moindre exception. –

 

 Presque tous les membres de la Seconde Unité de Chevaliers, son capitaine Stiffels compris, étaient stationnés dans un petit village campagnard insignifiant près de la frontière.

Les blessés avaient été renvoyés à Münster afin d’y recevoir des soins.

Quelques membres avaient été envoyés en tant qu’escorte pour surveiller les mouvements du Comte Biron.

Plusieurs maisons avaient été réquisitionnées et servaient maintenant de quartier pour les chevaliers. Les soldats campaient quand à eux à l’extérieur du village.

Puisque les combats avec Horant s’étaient légèrement calmés, il ne restait plus que quelques personnes montant la garde à la frontière.

Et tandis que la Seconde Unité de Chevaliers était en plein conseil de guerre, la Première Unité de Chevaliers arriva au village.

Les membres de la Seconde Unité de Chevaliers s’empressèrent d’aller voir ce qu’il se passait en entendant les bruits de galop des chevaux. Au final, ils revinrent à l’endroit où se déroulait le conseil de guerre, mais cete fois-ci accompagnés par Ribezal.

« Stiffels, ça faisait longtemps. » (Ribezal)

« Je pensais qu’il s’attaquait d’une attaque ennemi. Ne me fais pas peur comme ça. » (Stiffels)

La Première et la Seconde Unité de Chevaliers n’étaient pas vraiment en mauvais termes. Mais puisque leurs lieux de travail étaient différents, ils ne se voyaient que rarement. Le plus souvent, il ne s’agissait que d’une simple rencontre entre capitaines et vice-capitaines au château.

« Alors, que fait ici, dans un partie si reculée du pays, la Première Unité de Chevaliers censée rester bien sagement dans le château ? » (Stiffels)

Ne pouvant pas dissimuler son irritation à cause de sa situation militaire disgracieuse, Stiffels regarda Ribezal droit dans les yeux.

« Je suis venu vous proposer un front commun. L’heure n’est pas aux actions solitaires. » (Ribezal)

« Front commun ? Vous ne venez pas en tant que renforts, mais en tant que force jointe ? Pourquoi ça ? » (Stiffels)

Lorsque Ribezal expliqua l’annonce d’héritage de la couronne d’Imeraria et les actes de brutalité fomentés par Hifumi au sein du château, la Seconde Unité de Chevaliers fut abasourdie.

« Impossible, de telles choses … As-tu informé le prince de tout ceci ? » (Stiffels)

« Non, je ne lui ai encore rien dit. Rentrer actuellement au château risquerait de porter préjudice au prince si nous nous y prenons mal. » (Ribezal)

« Tout à fait … » (Stiffels)

Stiffels secoua la tête, ayant du mal à croire ce qu’il venait d’entendre. Toutefois, Ribezal ne mentait pas et n’exagérait pas.

« Même toi tu dois le savoir. Cet homme est maintenant un noble, mais il n’est à la base qu’une personne invoquée dont nous ne connaissons même pas l’origine. Il est un rebelle ayant tué le roi ! Et tu ne penses quand même pas qu’il va se retenir de porter atteinte au prince, n’est-ce pas ?! » (Ribezal)

Tandis que Ribezal expliquait que le prince avait besoin de réunir la Première et Seconde Unité de Chevaliers afin d’arrêter la faction de la princesse, la réaction de Stiffels ne paraissait pas favorable.

« Ribezal, j’ai une simple question. » (Stiffels)

« Quelle est-elle ? » (Ribezal)

« Combien de chevaliers et soldats as-tu amené ? » (Stiffels)

« … 30 chevaliers et aucun soldats. » (Ribezal)

Stiffels éclata d’un rire méprisant en entendant la réponse de Ribezal.

« Il est ridicule d’appeler cela un front commun si tu viens avec un tel nombre de personnes. Cela ne peut même pas être considéré comme un potentiel de guerre. C’est nous qui sommes entrés les premiers en action afin de permettre au prince de récupérer quelques gains militaires. » (Stiffels)

Et pourtant tu te plaignais de la venue du prince ? était ce que disaient les yeux des membres de la Seconde Unité de Chevaliers écoutant derrière lui.

« Tsk … » (Ribezal)

« Tu comprends maintenant ? Ceci est le champ de bataille de la Seconde Unité de Chevaliers. Rentre au château, le défendre comme tu l’as toujours fait. » (Stiffels)

Malgré le refus de Stiffels, Ribezal décida de rester une nuit au village avant de rentrer temporairement à Münster le lendemain.

Après avoir logé ses subordonnés dans plusieurs maisons, Ribezal entra dans la maison du chef du village afin de passer la nuit dans une chambre. Beirevra, qui avait été jeté au sol à côté du chevalier montant la garde, s’adressa à Ribezal.

« Ribezal-sama. La Seconde Unité de Chevaliers surestiment leurs capacités et ne portent aucun intérêt à la persuasion de Sa Majesté. » (Beirevra)

« Ferme-la, tu m’énerves. » (Ribezal)

« La Seconde Unité de Chevaliers et la force d’expédition n’ont pas la moindre chance face à Horant qui possède un nouvel outil magique. Tôt ou tard, ils parviendront à traverser ma frontière. C’est pourquoi, je peux préparer un outil magique similaire avant ça. Si vous arrivez à repousser Horant à la place de la Seconde Unité de Chevaliers … » (Beirevra)

Il était devenu impossible à Ribezal d’ignorer le mots de Beirevra, qui continuait à raconter son histoire sans la moindre inquiétude.

« Un nouvel outil magique ? Est-il efficace ? » (Ribezal)

Beirevra afficha un sourire repoussant en voyant que l’intérêt de Ribezal avait enfin été piqué.

« Les soldats d’Horant ont presque tous été recrutés auprès de la population. Et pourtant, ils arrivent grâce à cet outil magique à dominer chevaliers et soldats entrainés. » (Beirevra)

« Sais-tu ce que cela veut dire ? »

S’exclama Beirevra tandis que Ribezal lui sommait de continuer à parler.

 

« Je suis content de te voir. Bienvenue. » (Biron)

« Cela faisait longtemps, beau-frère-san. » (Sabnak)

Arrivant à Münster à la tête d’un renfort de 500 soldas, Sabnak fut accueilli par un Comte Biron souriant.

« Je ne pensais pas que tu viendrais. » (Biron)

« Je sais, dommage que ce ne soit pas Hifumi-san. » (Sabnak)

« Non, pas du tout. Puisque je dois moi-même faire de mon mieux pour résister avec mon armée territoriale, tu nous aides vraiment. » (Biron)

De plus, puisqu’il était fatigué de voir des groupes étranges arriver dans sa ville, il eut encore plus l’impression d’être sauvé en voyant arriver un visage familier. Sabnak n’eut pas d’autre choix que de sourire amèrement.

« Aaah, je n’arrive pas à comprendre les troupes d’Horant et les ordres de chevaliers de notre pays. » (Biron)

« Je comprends, mais je ne pensais pas que la situation évoluerait en combat contre Horant. » (Sabnak)

« Moi non plus. Et je ne serais même pas surpris d’apprendre que la Seconde Unité de Chevaliers ait été la première à enclencher cette guerre. » (Biron)

Invité par Biron, Sabnak s’assit sur le canapé.

Après avoir reçu un thé noir chaud, Biron s’assit en face.

« Bien, quelle est la situation ? » (Sabnak)

« Elle n’est pas bonne. Selon les rapports de la frontière, ils luttent pour la suprématie, mais … Je pense qu’ils utilisent des produits identiques aux outils magiques dont tu m’avais parlé. Et puisqu’ils combattent des soldats sans la moindre expression, même après avoir reçu des blessures sévères, la fatigue mentale et spirituelle de nos soldats ne fait qu’augmenter. Ce n’est qu’une question de temps avant que l’ennemi ne parvienne à passer la frontière. » (Biron)

« Si cela arrive, l’ennemi va arriver à Münster en un clin d’œil. »

Estima Biron.

« Bien sûr, si la Première Unité de Chevaliers et la Seconde Unité de Chevaliers unissent leurs forces, elles pourraient peut-être gagner. Mais je pense que ce serait extrêmement difficile. De plus, il se peut qu’ils décident de se retourner contre nous deux et de nous éliminer. » (Biron)

« C’est … non, tu as raison. Après tout, ils nous considèrent comme appartenant à la faction de la princesse. » (Sabnak)

« Tout à fait. Si j’étais eux, je laisserais l’ennemi passer la frontière temporairement, je produirai une situation de mêlée en ville et profiterai de la confusion pour nous tuer avant de repousser l’ennemi. Je ne pense pas qu’ils souhaitent étendre la territoire du pays, même si Horant passe la frontière. » (Biron)

Selon l’analyse de Biron, l’objectif d’Horant était de tester les outils magiques.

« Si c’est le cas, ils vont battre en retraire une fois leurs résultats obtenus. »

S’exclama Biron.

« Ceci dit, je ne compte pas laisser la population de mon territoire devenir un sacrifice. C’est pourquoi, j’ai préparé un plan, et j’ai besoin de ton aide pour le réaliser, Sabnak. » (Biron)

« Si je peux t’aider. Quel est ce plan ? » (Sabnak)

« Tu le verras bien lorsque j’aurais terminé les préparations nécessaires. Bien, maintenant que tu as là, tu veux parler à ma femme ? et bien sûr, tu restes à diner ce soir n’est-ce pas ? » (Biron)

« Cela fait longtemps que tu n’as pas vu ta grande sœur, alors profites-en un peu. »

Biron montra un sourire rafraichissant.

 

Une fois le repas terminé, Hifumi répondit à Phyrinion qui venait de lui expliquer les directives officielles de la princesse.

« Oh, d’accord, ce n’est pas grave si ce n’est pas Sabnak, du moment que tu es utile. Demande tous les détails à Caim, qui se trouve à Fokalore. Je me dirige vers Münster sans plus attendre. » (Hifumi)

Selon lui, plutôt que de discuter paperasse, le champ de bataille l’attendait. Après les avoir confiés à sa petite directrice militaire même s’il s’agissait de ses soldats personnels, Hifumi monta sur son cheval et disparut au loin.

Naturellement, Origa le suivit.

Le messager de Biron devait maintenant se diriger vers Münster aux côtés des troupes territoriales d’Hifumi laissées derrière.

« Vous aurez un groupe d’escorte assigné. Puisque les soldats qui ont brisé le prototype de wagon seront privé de champ de bataille en punition, vous pouvez les accompagner. » (Alyssa)

Pointé du doigt par Alyssa, le trio baissa la tête et les épaules en entendant le contenu de la punition.

« M-Merci. Ummm, pourquoi sont-ils déprimés ? Ne devraient-ils pas plutôt être heureux de ne pas avoir à partir au champ de bataille ? » (Messager)

« Nous sommes les troupes d’Hifumi-san. Rater une bataille est pour nous un déshonneur. » (Alyssa)

Il avait du mal à comprendre ce que lui disait Alyssa. Plutôt que de rester en ville à s’entrainer, les soldats d’Hifumi préféraient largement joindre une force d’expédition et tester les nouveaux outils.

Ainsi, aux côtés du trio déprimé, ils arrivèrent dans la ville paisible de Fokalore le jour suivant.

« allons rencontrer Caim-san dans la maison du Seigneur. » (Phyrinion)

« D’accord. » (Messager)

Krinola en tête, ils quittèrent les chevaux et le véhicule pour marcher à travers la ville.

Cette ville est prospère … (Phyrinion)

De nombreuses boutiques étaient situées au centre de la ville. Chacune ventait les mérites de ses produits à haute voix.

Divers magasins, petits ou grands, étaient alignés et vendaient des articles de toutes sortes.

« On se croirait à la capitale Ojou-sama. » (Krinola)

« Oui, on dirait bien. » (Phyrinion)

Ce qui gênait Phyrinion était plus les sourires des résidents que les marchandises vendues.

Il est un sérieux criminel tueur de roi.

Il est un meurtrier génocidaire.

Il est une personne sans la moindre pitié.

On ne dirait pas qu’un tel homme gouverne cette ville. Les résidents ont plutôt l’air d’aimer leur vie actuelle.

Même après l’avoir rencontré, il m’a plus l’air d’un jeune noble innocent que d’un personnage effrayant.

« Oui ? » (Phyrinion)

Un large bâtiment attira son attention.

Il était inscrit sur la devanture ‘Centre de Commerce, Industrie et Guildes d’Artisanat de Fokalore’.

On dirait une sorte de bâtiment public, mais de nombreux marchands et nains y entrent et sortent. Il y a même de jeunes personnes y entrant avec des colis.

Une guilde n’est-elle pas faite pour donner des missions aux aventuriers et éliminer des monstres ?

Il s’agissait d’une organisation totalement mystérieuse pour Phyrinion.

« Que se passe-t-il dans cette ville … ? » (Phyrinion)

Je vais devoir m’informer sur tout ce qui se passe ici.

Phyrinion se dirigea vers la maison du Seigneur, à la recherche de Caim.

 

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