Chapitre 34 : La Star de la Route

 

Hifumi se tenait là, stoïque, attendant les soldats de Vichy dans son hakama et dougi.

Les ruelles et rues secondaires étaient bloquées, mais il se tenait là, sur la route principale – une route de plus de 8 mètres de large où un groupe pouvait encercler un homme avec aise.

Et pourtant, Hifumi se tenait en plein milieu.

Il n’exprimait pas la moindre inquiétude ; ses yeux ne reflétaient que la scène devant lui.

Et il se sentait heureux.

Regardez combien sont venus ! Combien il pouvait en en massacrer ! Cette scène, cette joie, il n’aurait jamais pu la vivre au Japon.

Tandis qu’un sourire apparaissait sur son visage, un katana apparut dans ses mains ; et avec la vitesse de la foudre tombant des cieux, ainsi que la douceur d’une feuille portée par le vent, le katana s’abattit.

« … Huh ? »

L’avant-garde enthousiaste cligna des yeux, dubitative de ce qui venait de se passer, mais au second clignement, il se rendit compte qu’il baignait dans le sang. Son visage venait d’être ouvert en deux.

A nouveau, encore et encore, le son de l’air se fendant se fit entendre, suivit de petits cris.

Un pas dans sa zone d’action, et la pointe du katana prenait votre vie.

Couper la gorge.

Percer les yeux.

Ouvrir une artère, là où l’armure n’était que peu effective.

Pas une seule fois la katana ne frappa d’os ou d’armure.

Mécaniquement, comme s’il travaillait, et d’une beauté comparable à un artiste, il sculptait les corps de chaque angle.

« Encerclez-le ! Encerclez-le et tuez-le ! »

Leur capitaine cria ses ordres, comme s’il venait de sortir de sa transe, et les soldats attaquèrent Hifumi des deux côtés et de l’arrière.

Et pourtant, personne ne parvint à le toucher.

Une épée coupa l’air près de lui, et une masse s’écrasa au sol.

« Comment peut-il esquiver ça ?! »

« Percez cette bête, merde ! »

« Je ne veux pas mourir … ! »

« L-Le sang ne s’arrête pas de couler … »

Hifumi était entièrement encerclé : certains essayaient désespérément de charger dans sa direction pour le tuer, d’autres étaient déjà réduits à l’état de cadavres, tandis que d’autres allaient sous peu le devenir.

La route était devenue rouge, et pour une personne étrangère à ce massacre, elle aurait pu lui paraitre magnifique.

« Tirer les flèches. »

« Huh ? »

« Je vous dit de tirer sur ce monstre ! »

Répondit fou de rage le capitaine à son adjudant, qui ne parvenait pas à comprendre un ordre aussi étrange.

« Mais nous allons toucher nos soldats si nous tirons maintenant. »

« Je m’en fiche. Si nous ne l’éliminons pas tout de suite, les pertes seront bien plus élevées. »

« … Compris. »

Répondant d’un ton sec, l’adjudant fit une prière avant d’ordonner aux archers de tirer.

Les flèches, fierté des archers, s’envolèrent toutes ensemble.

Sans attendre le résultat, la capitaine commença à donner de nouveaux ordres aux soldats restants.

Ils devaient démanteler les structures bloquant les routes, et attaquer l’ennemi par derrière.

Il envoya ainsi une centaine d’homme.

« Peu importe à quel point il peut être fort, personne ne peut combattre autant d’hommes à la fois. »

Ordonnant une nouvelle volée de flèches, le capitaine était sûr de sa victoire.

 

Une pluie de flèches entra dans le champ de vision d’Hifumi.

« Trop peu. Elles ne me toucheront pas. »

En faisant simplement un pas en arrière, des flèches atterrirent tout autour d’Hifumi.

Quelques soldats furent touchés, et tombèrent par terre en agonisant.

Ceux qui pouvaient toujours bouger, il s’en débarrassa, et ceux qui s’étaient fait fatalement blessés, il les ignora.

Il décapita les hommes s’étant fait blesser à l’épaule, puis remarqua que le commandant ennemi ordonnait à ses hommes de se fier un chemin par les ruelles.

« Alors ils ont enfin commencé. »

Après avoir coupé encore quelques soldats de Vichy, Hifumi confirma qu’une centaine d’hommes était partie vers les ruelles, et il sourit.

« Alors le massacre commence enfin ? Venez, soyez des hommes ! »

Un flash.

En voyant Hifumi décapiter 5 hommes en une attaque, même les soldats les plus entrainés ne purent s’empêcher de se figer.

Alors qu’il était couvert de sang, il sortit un tissu et nettoya la lame ensanglantée de son katana, avant de ranger celui-ci.

« Je devras peut-être faire un peu de nettoyage. »

Des ténèbres émanèrent de l’ombre d’Hifumi et avalèrent la terre autour de lui. Hifumi utilisa sa magie de ténèbres pour se débarrasser des cadavres.

Cela terrifia les soldats de Vichy, même si cela n’avait pas d’effet sur eux – car après tout, il était impossible de stocker des choses vivantes.

Hifumi au centre de cette mer de ténèbres, la myriade de cadavres s’enfonça dans le sol avant de disparaitre.

Comme si ce combat n’avait jamais eu lieu.

« Bien, maintenant je vais récupérer la tête de votre commandant. Veuillez ne pas vous mettre en travers de ma route. »

Tout à coup, le katana accroché à la hanche d’Hifumi fut remplacé par un bâton long de 130 centimètres.

« C’est la première fois que j’utilise cette arme. Dans ce cas j’espère que vous ne m’en voudrez pas si je n’arrive pas à vous tuer rapidement ? »

Ils lui en voudraient probablement, peu importe comment il les tuait ; les quelques soldats restants eurent ensuite leur tête explosée. Comme avant, ils continuaient à mourir les uns après les autres.

Mais contrairement à avant, Hifumi avançait lentement en continuant à massacrer les hommes autour de lui.

« Allez, restez en ligne. Préparez vos lames et .. Oh ? »

Une seconde pluie de flèche se dessina dans le ciel.

Hifumi tordit l’extrémité du bâton, et une chaîne en sortit.

Etant donné que tous les archers avaient tirés à l’unisson, il y avait plus de flèches cette fois-ci.

Et tandis qu’Hifumi parait les flèches avec la chaîne en s’approchant du capitaine, des cris au loin se firent entendre.

 

Même si les barricades étaient faites de matériaux durables, si de nombreuses personnes s’acharnaient à les enfoncer, elles allaient éventuellement tomber.

Cela arriva à divers endroit de la ville, et de nombreux soldats parvinrent ainsi à entrer dans les rues et ruelles secondaires.

Les premiers à entrer étaient les plus jeunes, ceux encore étrangers à la guerre.

Et après quelques pas, le sol sous leurs pieds disparut pour révéler des pics en bois et en métal.

Incapable de faire quoi que ce soit à part crier, leurs corps furent percés de toute part, et les personnes leur tombant dessus rendirent les blessures fatales.

Les seules personnes à crier plus longtemps étaient celles tombées par-dessus les jeunes soldats.

Ce piège fourbe avait été installé derrière chaque barricade, ce qui ne fit qu’augmenter le nombre de blessés et de morts.

Même s’ils choisissaient de passer par une autre route, ils ne feraient que tomber dans un autre piège.

Sûrement, le nombre de morts ne pouvait se compter qu’en dizaines, mais l’objectif de tels pièges n’était pas de tuer, mais d’arrêter leur avancée.

Les soldats s’étant arrêtés devant les pièges furent accueillis par des volées de lance projetées dans leur direction.

Les soldats étaient assez prêts pour que les lances n’aient même pas à retomber en l’air en suivant les lois de la gravité, et ainsi, de nombreux furent percés.

La garde d’Hifumi apparut dans les bâtiments, utilisant des projecteurs de lances pour massacrer les hommes de Vichy.

Il y avait peu de projecteurs de lances, alors les personnes ayant les mains libres suivirent avec arcs et flèches.

Les routes étaient étroites, et la garde d’Hifumi était située profondément dans ces mêmes routes ; alors ils pouvaient tranquillement tuer à distance les soldats de Vichy. Ainsi, de nombreuses vies s’éteignirent rapidement.

Et pour le capitaine, des messagers venant l’informer des pertes toujours plus grandissantes, et Hifumi s’approchant petit à petit de lui, il perdit le peu de calme qu’il lui restait.

Sans attendre d’ordre, l’adjudant ordonna à toutes les troupes restantes d’attaquer le monstre en approche. Mais, il ne pouvait pas s’attendre à ce que beaucoup répondent à cet appel.

Et, tenant un bâton étrange avec des chaînes, un homme continua à s’approcher en semant toujours plus de cadavres derrière lui.

« A cette vitesse … »

L’adjudant désirait sonner la retraite à ses troupes, mais il se tourna vers le capitaine.

Est-ce que cet homme, assoiffé de pouvoir, approuverait une telle décision ? Se retirer maintenant mettrait fin à sa carrière. Mais s’ils ne battaient pas en retraite maintenant, tout le monde allait mourir. Devait-il ordonner ux troupes de se retirer, même si cela voulait dire passer devant une cour martiale après coup ? L’adjudant hésita.

 

L’arme que tenait Hifumi était une arme Japonaise traditionnelle, de la famille des bâtons : le Chigiriki (Arbre de Promesse). Normalement, il était fait de bois, mais celui-ci était en métal, afin de supporter la force d’Hifumi.

Sa hauteur arrivant jusqu’à son torse, cette arme était aussi parfois appelée Chigirki (Arbre Eventreur), et possédait une chaîne à l’extrémité du bâton, sur laquelle se trouvait un poids. Il s’agissait de la version Japonaise du fléau.

L’arme avait ses avantages et inconvénients, et était assez dur à maitriser ; et même s’il ne s’agissait pas de la spécialité d’Hifumi, l’arme permettait une large variété d’attaques si l’on y mélangeait des techniques de Jojutsu.

Par exemple : écraser la gorge de quelqu’un puis marcher sur son torse afin d’arrêter son cœur ; ou bien briser sa mâchoire, le forcer à se mettre à genoux en pleurs, avant de lui briser le crâne.

Laissant derrière lui des cadavres encore plus grotesques et déformés que lorsqu’il utilisait sa lame, Hifumi pressa le pas vers un groupe de soldats.

Le massacre n’était pas encore fini.

 

« Capitaine, nous devons battre en retraite. »

« Un seul homme … Es-tu en train de me dire que nous avons perdu face à un seul homme !? »

Réprimandant son adjudant, la capitaine demanda désespérément à n’importe qui de tuer Hifumi, mais cela fit soupirer l’adjudant.

Et après s’être éloigné de quelques pas du capitaine, l’adjudant appela les soldats présents aux alentours afin de se préparer à quitter Rhone. Le capitaine dans sa hâte ne le remarqua pas, mais ce n’était pas le cas d’Hifumi.

Le départ de 30 hommes créa une ouverture.

Le capitaine, délaissé en sous-effectifs et sans protection, poussa Hifumi à charger.

« Qu-Qu…oi… ? »

La capitaine n’eut même pas la chance de sortir son épée. Au moment où il remarqua qu’il venait d’être abandonné, il était déjà trop tard.

« Meurs. »

Avec ce simple mot, Hifumi enroula la chaîne autour du cou du capitaine, et le fit tomber de son cheval.

Même si le capitaine se débattait de toutes ses forces, il ne pouvait rien faire, et les doigts d’Hifumi percèrent ses yeux.

Lorsqu’Hifumi retira sa main, le cadavre du capitaine avait une apparence des plus grotesques.

Témoins de la mort de leur capitaine, les soldats perdirent entièrement leur désir de combattre, et se mirent à reculer.

« Votre général est mort. »

Bien sûr, ils n’allaient pas prendre la peine de récupérer le cadavre.

« Si vous voulez fuir, je crois que c’est le moment ? Retournez désespérément à vos maitres, et racontez-leurs ce qui s’est déroulé ici. Enfin, c’est s’ils vous croient. »

Effrayés par le sourire sur le visage d’Hifumi, les soldats de Vichy s’éparpillèrent comme des bébés araignées devant un prédateur.

Ils abandonnèrent leurs armes, et même les blessés.

Hifumi se mît alors à se promener tranquillement, se débarrassant des blessés, tandis que ses gardes étaient occupés à enterrer les corps.

Ceux qui venaient de rejoindre sa garde vomissaient, les yeux sans vie, tandis que les vétérans continuaient méticuleusement leur travail.

Origa et Alyssa, après avoir fini de donner des ordres aux troupes, coururent vers Hifumi.

En voyant son apparence, Hifumi fit un sourire amer en se demandant comment il allait nettoyer tout ce sang. Il continuait à respirer régulièrement en rangeant le Chigiriki dans son Trou Noir.

La route ensanglantée accueillit bien assez vite un coucher de soleil pourpre.

 

Avec moins de 100 hommes, les gardes d’Hifumi étaient parvenus à écraser une force bien plus importante – en seulement 3 jours, de telles rumeurs atteignirent la capitale, et les bars étaient emplis de chansons vantant les mérites du ‘’Chevalier à la Fine Epée’’.

Ayant entendu de telles rumeurs, Kasha, venue pour récupérer la récompense de sa quête, errait maintenant dans la rue, illuminée par la lueur de la lune.

Elle était partie de son propre chef ; en tant qu’aventurière, il s’agissait d’un moment important de sa vie, et elle considérait s’en être bien sortie. Elle en avait marre de tuer des gens, et était maintenant satisfaites de sa vie de femme libre, elle dinait parfois dans des restaurants chics, et s’était même achetée récemment une nouvelle arme.

Et pourtant, Origa lui manquait par moments.

A sa surprise, elle pensait rarement à Hifumi, mais lorsqu’elle le faisait, elle se souvenait de son visage lorsqu’il ordonnait à un homme de mourir pour sa vengeance.

En retournant dans sa chambre, elle alluma l’outil magique que lui avait donné Hifumi.

Au sein de la petite chambre d’auberge, elle s’écroula sur le lit, la solitude la prenant tout à coup d’assaut.

« Ce n’est pas comme si je suis amoureuse ou quoi que ce soit … »

Cette phrase ne fit qu’accroire son désespoir.

Peut-être s’était-elle trompée. Peut-être aurait-elle dû rester avec Hifumi et Origa. Où peut-être aurait-elle dû pousser Origa à venir avec elle, mais si pour cela, elle aurait dû employer la force.

Tandis que de nombreuses pensées et regrets envahissaient son esprit, elle entendit quelqu’un frapper à la porte.

« … Qui est-ce ? »

Demanda-t-elle et attrapant son épée.

Elle entendit tout à coup une voix familière lui répondre.

« C’est Pajou. Nous avons besoin de discuter. »

« Que fais-tu là ? »

Après avoir été invitée à entrer, Pajou afficha un large sourire.

« Ce n’est pas dur de trouver où tu vis. Je suis une chevalier chargée de protéger la ville après tout. »

« Très impressionnant, mais que me veux-tu ? »

Etant donné qu’il n’y avait pas de chaises, elles s’assirent toutes deux sur le lit, et parlèrent sans même se regarder dans les yeux.

« Une requête t’est destinée de la part de la Couronne. »

« La Couronne ? Qu’est-ce que la Couronne peut bien vouloir à un simple aventurier ? »

Ne serait-ce pas mieux de poster une demande à la guilde, demanda-t-elle à Pajou, mais celle-ci se contenta de sourire.

« Il s’agit d’une chose que toi seule peut accomplir. »

Sans la moindre hésitation, Pajou émit une simple requête.

« Peux-tu surveiller Hifumi-san pour nous ? »

Kasha était silencieuse, se contentant de regarder Pajou sans la moindre expression. Le sourire sur son visage s’était déjà transformé en une expression sérieuse, et des yeux dorés et froids fixaient Kasha.

 

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7 pensées sur “Le Héros est un Démon – Chapitre 34

  • 12 mai 2016 à 13 h 02 min
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    Bon bah l’espion c’etait pas quelqu’un deja sur place. Merci pour le chapitre blastaf

    Répondre
  • 12 mai 2016 à 15 h 29 min
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    bon Kasha vas se faire manipulé par Pajou -_-
    Merci pour le chap vivement la suite 🙂

    Répondre
  • 12 mai 2016 à 17 h 35 min
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    je m’y attendais un peu. par contre
    « L’arme que tenait Hifumi était une arme Japonaise traditionnelle, de la famille des bâtons : le Chigiriki (Arbre de Promesse). Normalement, il était fait de bois, mais celui-ci était en métal, afin de supporter la force d’Hifumi.
    Sa hauteur arrivant jusqu’à son torse, cette arme était aussi parfois appelée Chigirki (Arbre Eventreur), »
    la différence de nom, c’est dans les caractères japonais ? car en Français, ça à aucun sens

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    • 12 mai 2016 à 18 h 03 min
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      Je comprends pas trop ta question, mais en tout cas je traduis depuis la version anglaise, donc je n’ai pas affaire auxcaractères japonais ^^
      Il est juste écrit dans la version anglaise comme je l’ai traduit, que l’arme possède 2 noms : Chigiriki (Promise Tree) et Chigirki (Chest-cutting Tree).

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      • 12 mai 2016 à 21 h 23 min
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        oh, juste moi, j’ai regardé plusieur fois et j’ai sauté un i, shame one me

        Répondre
  • 31 juillet 2016 à 20 h 28 min
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    Elle qui regrettait de s’être epare d’origa et d’hifumi elle va les revoir , s’est à mon avis pas une bonne idée vue comme elle pensait il est très probable qu’elle retourne dans les rang du démon et trahisse la couronne

    Répondre
  • 28 juin 2018 à 5 h 32 min
    Permalink

    Une autre faute signalé :

    Et après s’âtre éloigné de quelques pas du capitaine, l’adjudant appela les soldats aux alentours afin de se préparer à quitter Rhone.

    Répondre

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