Chapitre 26 : Silence

 

Edit : Exserra

 

Puisque la guerre qu’ils préparaient avançait à grands pas, Hifumi devint plutôt occupé. Il devait entrainer les troupes à la formation, préparer l’équipement, penser une stratégie, et en plus, lire tous les documents concernant Fokalore et ses environs suite à son investiture en tant que nouveau seigneur féodal de la région. Il devait aussi penser aux futures mesures politiques.

« Maa, qu’arrivera-t-il, qu’arrivera-t-il. Le problème réside dans les dépenses imprévues. La question est comment bien les gérer afin d’éviter la banqueroute … » (Hifumi)

Monopolisant l’une des nombreuses salles de conférence du château, Hifumi, restait enfermé dans la capitale, passait son temps à remplir ses fonctions là-bas.

Aujourd’hui, il se trouvait avec 5 esclaves qu’il avait achetés il y a quelques jours à Ular.

Les esclaves, tout à coup amenés dans le château royal, ne pouvaient qu’être anxieux après avoir été assignés à des chambres différentes divisés par sexe. Ces circonstances chaotiques et sévères étaient aussi la faute d’Hifumi, qui sans leur donner la moindre instruction, les avait laissés dormir et manger des repas luxueux.

Puis, le jour suivant, après avoir feuilleté le livre de compte du territoire du Vicomte délivré par Sabnak, qui avait été dispatché sur le territoire de l’ancien Vicomte Hagenti, Hifumi organisa une assemblée au petit matin.

« Tout d’abord, asseyez-vous. Ah, non, pas sur le sol, sur une chaise. » (Hifumi)

Il interpella les esclaves qui ne savaient pas s’ils avaient le droit et ainsi se tenait juste là, figés. Après avoir confirmé que tout le monde se soit assis, il leur distribua divers tas de documents en les jetant devant eux.

 

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« Bien, maintenant je vais vous expliquer le travail que vous aurez à faire pour moi. Enfin, même si je dis ça, je partirai sous peu en guerre. Pendant ce temps, vous apprendrez toutes les choses inscrites sur ces documents. » (Hifumi)

« Ano, goshujin-sama … qu’est-ce que c’est ? » (Esclave A)

A la question posée d’une petite voix par une des esclaves, Hifumi répondit d’un regard sérieux.

« Ce sont des manuels que j’ai fait pour vous. » (Hifumi)

Hifumi y avait inscrit les méthodes concernant les calculs par divisions et multiplications en utilisant les tables de multiplications, les calculs de pourcentages, et le calcul des tailles et volumes. Il avait aussi inclus une méthode facile pour tenir un livre de comptes.

Il s’agissait de matières qui n’étaient utilisées par personnes d’autres que les érudits dans ce monde.

Parce qu’ils auront principalement à s’occuper de calculs de taxes, tels que les impôts locaux, il n’était pas allé jusqu’à inclure des formes de calculs plus compliquées.

Les pourcentages venaient d’être introduits par Hifumi pour la première fois dans ce monde.

« Je veux que vous travailliez comme fonctionnaires civils dans mon territoire. Pour cette raison, voici le minimum de ce que vous devez savoir. »

Tapant de son doigt les documents, il leur expliqua cela en scrutant leurs expressions.

« F-Fonctionnaires C-Civils ? Alors que nous sommes des esclaves … » (Esclave B)

« Si je peux les utiliser, peu importe si ce sont des citoyens ou des esclaves. Je suis juste allé chez Ular car il s’agissait du moyen le plus facile et le plus efficace pour rassembler du personnel talentueux. Si je rencontre quelqu’un d’autre de qualifié, je prévois de l’employer si possible. » (Hifumi)

Après avoir attentivement écouté le discours consistant en une explication du contenu des documents, les esclaves ne quittaient pas ceux-ci des yeux.

Ils s’inquiétaient du type de traitement qu’ils subiraient en cas d’échec.

 

 

Toute la matinée fut consacrée à l’encadrement des esclaves. A la suite de quoi, ils étudièrent par eux-mêmes.

Finissant rapidement son déjeuner, Hifumi quitta le château et se dirigea vers l’école d’entrainement derrière les baraques.

Même si on l’appelait école d’entrainement, il ne s’agissait vraiment de rien d’autre qu’un terrain vague excessivement large que l’on ne s’attendrait pas à voir au sein d’une ville.

100 soldats et le groupe d’Origa attendaient là quand il arriva enfin.

« Unités, en ligne ! »

Soulevant par leurs mouvements un nuage de poussière, les 100 personnes raidirent leur dos.

Les soldats avaient déjà été informés de leurs unités par courriers officiels.

La première unité était constituée d’infanterie, la seconde d’ingénieurs, et la troisième d’éclaireurs.

Chaque unité consistait en un groupe de 30 soldats.

Les 10 soldats restants appartenaient au corps de ravitaillement.

Jusqu’à maintenant la division faite par Orsongrande ne séparait qu’infanterie et cavalerie, nobles et roturiers. Ainsi une telle organisation surprit les troupes.

Toutefois, Hifumi n’était pas inquiet et n’avait prononcé que quelques mots ‘’Ça marche bien, alors nous ferons comme ça.’’.

« En parlant franchement, parce que nous comptons utiliser le début de la guerre comme simple entrainement, vous n’avez pas à vous inquiéter. Puisque je tuerais les ennemis, vous aurez juste à vous rappeler de vos propres tâches durant les diverses manœuvres militaires. » (Hifumi)

Tandis qu’Hifumi donnait son discours en guise de salutation, cela causa une agitation parmi les soldats.

Même si un noble leur ordonnait de partir vers leur mort, il ne le ferait jamais d’une façon si décontractée.

« Hifumi-san, le moral des troupes ne va-t-il pas baisser dit comme ça ? » (Kasha)

Ayant été délivrée de son statut d’esclave, Kasha qui venait juste de s’habituer à sa nouvelle façon de s’adresser à lui souri amèrement.

Le rôle de capitaine menant la première unité d’infanterie lui avait été confié.

« Tout va bien. Comme on le dit souvent, qu’ils agissent sous la contrainte de la mort ou pas n’a rien à voir avec leur moral. Surtout puisque les ingénieurs et corps de transports seront positionnés au centre de la formation et seront protégés par les fantassins, ils auront pas mal de temps libre. » (Hifumi)

Rejetant ainsi Kasha qui se mit à bouder, il commença à expliquer à chaque unité ses tâches et méthodes. A cause de ça, la seconde unité s’avança tout près. Les autres unités eurent pour ordre de courir et creuser des trous en attendant leur tour.

Avec Origa à leur tête, la seconde unité était constituée d’ingénieurs, assemblés en ligne devant Hifumi.

« Y-a-t-il des personnes ayant déjà combattu parmi vous ? » (Hifumi)

Suite à la question d’Hifumi, plusieurs personnes levèrent la main. Ecoutant les circonstances de chacun d’eux, la situation était à peu près similaire pour tous. Tout simplement, le style de combat consistait en une confrontation avec l’ennemi sur une plaine, former les troupes en lignes et les laisser entrer en contact avec l’ennemi unes par unes.

Avant le combat, les commandants des deux camps décidaient d’une règle.

Parmi les ingénieurs, certains avaient participé à des combats contre les Hommes-bêtes. Les Hommes-bêtes les avaient encerclés, tandis qu’eux avançaient en ligne, et les attaquait en petits assauts rapides avant de battre en retraite entre chaque attaque afin de réduire leur nombre. (EN : Tactiques de guérillas ou hit and run en anglais)

Cela rendit Hifumi totalement perplexe.

Il n’imaginait pas que les combats n’étaient que de simples manœuvres de ce style.

En termes de combat, on pouvait probablement considérer la race des hommes-bêtes comme supérieure en tout point.

« Je comprends. Oubliez toute expérience de combat que vous avez pu acquérir jusqu’à maintenant. Votre devoir est maintenant de vous préparer afin de gagner facilement la guerre. Vous n’entendrez pas de ma bouche des mots tels que Mettez-vous en ligne et chargez. » (Hifumi)

« Se préparer afin de gagner facilement la guerre ? » (Origa)

Origa, se tenant à l’avant, demanda à la place des soldats déconcertés.

« Oui, je vais maintenant vous expliquer comment nous allons attaquer la première ville, alors écoutez attentivement. » (Hifumi)

Puis Hifumi expliqua à chaque unité quels étaient leur rôles et ce qu’elles devaient préparer. De plus, il leur communiqua le programme d’entrainement jusqu’à leur départ.

« Puisque je ne pourrais venir vous voir qu’occasionnellement, les capitaines vont devoir s’occuper fermement de tout. »

« A vos ordres ! » (Alyssa)

Même si Alyssa répondit vigoureusement, les soldats de l’unité d’éclaireurs dont elle avait le commandement n’étaient eux pas du tout calmes.

Leur travail était de promptement récupérer la formation et stratégie ennemie.

Cela paraissait la moindre des choses, mais ce n’était pas du tout habituel dans ce monde.

Ayant écouté leur récits de combats, Hifumi pensa que les Hommes-bêtes utilisaient sûrement des éclaireurs, mais étant donné que les ennemis cette fois-ci étaient humains, il repoussa ces considérations dans un coin de son esprit.

« Bien, je pars maintenant, je vous laisse vous occuper de tout. » (Hifumi)

Même s’il était un homme qui allait sous peu devenir officiellement un Vicomte, il partit seul sans aucun intendant en se dirigeant vers la ville.

 

 

 Les allers et retours à au sein du château n’incluaient pas que les fonctionnaires civils et les chevaliers, comme il s’agissait du centre politique de la nation, il y avait donc ainsi naturellement un grand nombre de nobles de haut rang.

La plupart d’entre eux savaient qui était Hifumi et ce qu’il avait fait en arrivant dans ce monde.

Ou plutôt, ils en avaient été témoins.

En entendant qu’Hifumi avait quitté la capitale, ils s’étaient tous sentis soulagés pendant un court moment. Mais immédiatement après avoir reçus des nouvelles de son retour, ils se demandaient tous quelle erreur avait été commise cette fois-ci pour qu’il reçoive un traitement de héros ainsi qu’un titre de Vicomte.

Pour les nobles, fiers de leur lignée, ils le considéraient tous comme un jeune opportuniste, même s’ils n’osaient pas le lui dire en face. Au contraire, ils avaient peur d’être les prochains à tomber sous la lame d’Hifumi s’ils parlaient sans réfléchir. Ainsi, les discussions concernant Hifumi étaient rares. Toutefois, il n’y avait nulle part une personne ne désirant pas recevoir des informations sur lui.

« Votre Majesté la Princesse, nommer l’homme du nom d’Hifumi à un poste plein de responsabilités est un peu trop exagéré, selon mon humble opinion … » (Debordo)

Visitant le bureau d’Imeraria, un homme courtois la salua d’une révérence tout en lui faisant part de sa pensée. Il s’agissait d’un homme appelé Debordo, le second fils du Marquis Munzer, gouvernant le territoire adjacent au sud de la capitale d’Orsongrande.

Une humble opinion, huh ? (Imeraria)

Imeraria faillit révéler le fond de sa pensée tandis qu’elle regardait Debordo critiquant ouvertement Hifumi juste devant ses yeux.

Par nature, Debordo avait une personnalité prenant les gens de haut. Puisqu’il n’avait pas les compétences nécessaires pour aider son père le Marquis dans son travail, il avait plutôt obtenu le rang de vice-capitaine du troisième corps de chevaliers, aggravant encore plus son attitude hautaine.

Ce n’était pas parce qu’il était doué au maniement de l’épée, ni parce qu’il était doué dans ce qu’il entreprenait. Plutôt, il avait été jeté à cet endroit afin de ne pas causer de problèmes à son entourage. Puisqu’il n’avait pas non plus d’expérience en tant que soldat, mais qu’il avait pourtant reçu une telle position, il avait l’illusion d’être là grâce à son talent…

« Ce gentilhomme est maintenant le héros de ce pays. Le recevoir froidement risquerait de provoquer une révolte de la part des masses. De plus, sa force nous est nécessaire dans les troubles actuels que nous avons avec Vichy. » (Imeraria)

« L’opinion des masses, sans oublier que nous sommes des nobles, il n’est pas nécessaire pour Sa Majesté la Princesse faisant partie de la royauté de s’en préoccuper et de leur faire de quelconques faveurs. » (Debordo)

Est-ce qu’il est vraiment sérieux quand il dit cela ? Pensa Imeraria.

Le Vicomte Munzer a vraiment de la chance de ne pas avoir Debordo comme premier fils.

Le premier fils, né d’une autre union, était le type à pouvoir s’occuper de tout sans aucun défaut et sans se faire trop remarquer.

Quant à Debordo, sa langue a tendance à bien trop s’agiter. (EN=proverbe pour il se vante trop)

« S’il vous plait, laissez-moi m’occuper de Vichy, auquel cas la guerre se finira pour sûr en un rien de temps. » (Debordo)

Ses intentions sont si faciles à comprendre. Jugea Imeraria.

En résolvant la friction avec Vichy, ayant été causée par les actions d’Hifumi, il souhaitait demander la main d’Imeraria en récompense pour un tel achèvement.

Son plus grand rival, le premier fils du Marquis Lagrain étant décédé. Apparemment, il se considérait ‘’de son propre accord’’ comme le meilleur candidat potentiel.

« Bien, dans ce cas laissez-le s’en occuper. » (?)

 Il ne s’agissait pas d’Imeraria interpellant Debordo.

Il s’agissait d’Hifumi, qui venait d’entrer dans le bureau avec un salut peu naturel, un large sourire sur son visage.

« Bâtard, qui penses-tu être ?! Je suis sur le point de recevoir une mission de la plus haute importance de la part de Sa Majesté la Princesse ! » (Debordo)

Debordo, faisant déjà arbitrairement avancer les choses, cria, ce qui fit soupirer Imeraria.

Alors qu’il venait de blâmer et critiquer Hifumi plus tôt, il ne connaissait même pas le visage de son ennemi.

« Je pense être Hifumi, la personne dont vous discutiez à l’instant. Et d’ailleurs, Imeraria. » (Hifumi)

« Qu’y-a-t-il ? » (Imeraria)

« La suggestion de ce type est une plutôt bonne idée, tu ne penses pas ? » (Hifumi)

« B-Bâtard ! Comment oses-tu parler sur un tel ton à Sa Majesté la Princesse ! » (Debordo)

Humilié pour ne pas avoir su qu’il s’agissait d’Hifumi, Debordo, devenu rouge vif à cause de la colère haussa la voix et tenta de pousser Hifumi. Mais la force utilisée pour pousser l’épaule d’Hifumi fut retournée contre lui et il finit par tomber au sol.

« Quel rude comportement envers un marquis ! » (Debordo)

« De quoi parles-tu ? Tu es tombé tout seul. De plus, tu n’es même pas le successeur alors tu ne devrais pas non plus utiliser le nom de famille du Marquis. » (Hifumi)

« Gu … Gu …. »

Atteignant finalement les limites de sa patience, Imeraria intervint avant que Debordo, dont tout le sang était monté à la tête crache ses prochains mots.

« Munzer, Hifumi-sama et moi parlons. Ne nous interromps pas. » (Imeraria)

« M-M-Mais … » (Debordo)

« Je ne me répéterais pas. » (Imeraria)

Ayant été clairement rejeté, Debordo quitta le bureau tout en fusillant Hifumi du regard.

« Alors, qu’avez-vous à me dire, Hifumi-sama ? » (Imeraria)

« J’ai besoin de ta signature pour ce document. » (Hifumi)

Avec ces mots, Hifumi sortit les documents de son Trou Noir et les fit passer à Imeraria, qui les prit en fronçant les sourcils.

« … Laissez-moi les inspecter. » (Imeraria)

Concernant les documents, il s’agissait d’une demande de réconciliation de la part d’Orsongrande avec la demande de leur livrer l’espion Beirevra en tant que suspect de l’incident. Cette action était demandée avant que tout type de négociation soit enclenché.

« …. Juste cette demande, ce document ne propose pas vraiment d’accord avec le parti adverse. » (Imeraria)

« Même si j’y ai réfléchi, je n’ai pas pu trouver d’idée pour que Vichy découvre et arrête Beirevra. Je pense que ce document permettra de coincer à un certain degré Vichy si nous l’envoyons au gouvernement central. » (Hifumi)

« Aussitôt qu’il sera délivré, cela donnera une occasion à Vichy de sauvegarder les apparences, vous ne pensez pas ? » (Imeraria)

« S’ils acceptent la demande oui, mais … » (Hifumi)

Hifumi s’assit sur la chaise préparée dans le bureau et jeta une l’une des friandises placée sur la table dans sa bouche.

Ce goût sucré se dissout doucement dans ma bouche, comme on pourrait s’y attendre de la part des cuisiniers de la princesse, c’est vraiment raffiné.

« Vous dites ça, mais vous comptez tout de même chercher Beirevra. » (Imeraria)

« Je suis un maître généreux, tu ne trouves pas ? » (Hifumi)

Il se mit à rire en affirmant cela.

« Chaque personne vit en tuant, que ce soit directement ou indirectement, tout au long de leur vie. Dans leur cas, elles ont été accidentellement mêlées à une arnaque entre divers partis, et ainsi ont décidées d’en conclure en tuant l’autre partie. Mais il s’agit là d’un ennemi compliqué à trouver. En considérant cela, j’ai pensé que nous pourrions en faire une tâche populaire, si une récompense attirante était proposée. » (Hifumi)

Regardant Hifumi jetant une nouvelle sucrerie dans sa bouche, Imeraria prit une plume et signa les documents.

« Dans ce cas, je coopère avec joie avec vous. » (Imeraria)

Tout en secouant doucement les documents afin d’en faire sécher l’encre, elle murmura dans une voix si basse qu’il n’était pas certain qu’il puisse l’entendre.

 

 

Puis 10 jours passèrent et les préparations prirent fin. L’expédition militaire d’Hifumi quitta la capitale en direction de Vichy.

Normalement, il aurait dû quitter la ville en fanfares en attirant l’attention du public. Toutefois ses intentions étaient différentes, il divisa les troupes en plusieurs équipes qui quittèrent la ville sans éveiller les soupçons, avançant sur la route principale avant que la nuit ne soit remplacée par l’aube.

La nourriture et le matériel avaient été transportés à la ville de Fokalore se situant près de la frontière. Les bagages étaient principalement constitués des armes des soldats et de nombreux wagons tirés par le Corps de Ravitaillement transportaient une large quantité de nourriture.

Dans le premier véhicule, Hifumi, Origa, Kasha et Alyssa étant les trois capitaines, se trouvaient aux côtés de Pajou, agissant comme la représentante et témoin de la Princesse.

« … J’ai sommeil. » (Alyssa)

« Le soleil ne s’est même pas levé … » (Kasha)

Apparemment Alyssa et Kasha n’étaient pas encore tout à fait réveillées.

Etant donné que ça aurait donné un mauvais exemple aux troupes, j’ai bien fait de les mettre dans le premier chariot, constata Hifumi.

« En entrant à Fokalore, nous nous arrêterons pour une nuit puis nous partirons à nouveau tôt le matin. Revoyez bien la stratégie. » (Hifumi)

« Um … C’est la première fois que j’entends quelque chose comme une ‘’stratégie’’ mais … » (Pajou)

Pour le chevalier Pajou, les méthodes d’Hifumi étaient étranges.

« Tu n’auras pas besoin d’agir. De plus, concernant la populace, je ne suis pas vraiment intéressé de devenir une sorte de chef d’état. Même si j’ai provoqué dès le début une sorte d’animosité, j’ai réalisé qu’il n’y a pas d’obstacles contre mon mode de vie, seulement que nous pourrions être poursuivi et traqués en un clin d’œil comme cela. » (Hifumi)

« Mais … » (Pajou)

« Pajou~ » (Hifumi)

Arrêtant ce qu’elle allait dire, Pajou regarda Hifumi dans les yeux.

Il n’y avait aucun sentiment amical à l’intérieur.

Juste comme la nuit où ils s’étaient rencontrés pour la première fois, il n’y avait que des ténèbres noirs et profonds, les mêmes présents lorsqu’il tuait.

« Je ne te dirais jamais que je me bats pour ce pays ou pour ses habitants. Juste qu’il n’y a rien de mieux qu’un territoire abondant pour satisfaire mes désir de combat. Même si cela ne me dérange pas que vous visiez à un tel état, si vous devenez une gêne, je vous tuerais. » (Hifumi)

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus été témoin de la soif de sang d’Hifumi. Pajou ne parvint même pas à transpirer. La gorge sèche, elle tentait tant bien que mal de respirer.

Mais elle parvint toutefois à susurrer quelques mots sans détourner le regard.

« … Je, je suis juste là pour témoigner de la bataille. » (Pajou)

« C’est très bien comme ça, et c’est comme cela que ça devrait être. » (Hifumi)

La discussion terminée, Hifumi sauta du véhicule encore en mouvement, et courant en parallèle monta avec grâce sur son cheval.

Après le départ d’Hifumi, la lourde atmosphère dans le chariot s’adoucit.

« Pajou-san. » (Origa)

Origa l’interpella tandis qu’elle buvait de l’eau d’une flasque en cuir.

« … Qu’y a-t-il ? » (Pajou)

« Pajou-san, vous n’avez encore jamais été hostile envers Hifumi-sama, n’est-ce pas ? » (Origa)

La question était en elle-même un avertissement.

Sans hésitation, Pajou répondit.

« Etant un chevalier d’Orsongrande, je me dois d’accomplir mon devoir. »

« Vraiment ? Au cas où ce devoir devient une gêne pour Hifumi-sama …. Soyez bien consciente du fait qu’Hifumi-sama ne sera pas le seul à devenir votre ennemi. » (Origa)

Se situant entre d’Alyssa et Kasha qui dormaient, Pajou voulait elle aussi monter sur un cheval.

 

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2 pensées sur “Le Héros est un Démon – Chapitre 26

  • 31 juillet 2016 à 15 h 14 min
    Permalink

    Kasha deviens une hifumi petit à petit XD

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