Volume 3 – Le Héros a Soif de Sang

 

Volume 2

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Chapitre 20 : Tels des Soldats de Plombs

 

Edit : Exserra

 

Ignorant Pajou qui était silencieuse, les Chevaliers d’Orsongrande, ainsi qu’Alyssa de Vichy, Hifumi interpella Origa et Kasha.

« Bien, partons. »

Disant cela, Hifumi marcha en direction des chevaux, avant de se faire arrêter par une Alyssa en panique.

« A-Attendez une minute ! Vous partez comme ça ?! »

Elle reçue une réponse désintéressée.

« Aa ? Je me fiche des discussions. J’ai été attaqué. J’ai répondu. C’est tout. »

« Ne t’occupe pas de lui, il est juste comme ça … Tu viens de Vichy, n’est-ce pas ? Je suis un Chevalier d’Orsongrande, Pajou, et toi ? »

« Ah, je m’appelle Alyssa. C’est que, je n’ai pas de titre particulier …. »

Remarquant la différence de statut en eux, Alyssa se fit non-intentionnellement toute petite et parla timidement.

Pajou ria avec élégance, lui présentant sa main droite.

« Je suis heureuse de savoir que tu aies survécu à cet incident. »

Tandis qu’elles échangèrent une poignée de main, Alyssa reprit ses esprits.

Elle donne en quelque sorte un sentiment de femme adulte … (Alyssa)

« Bien, parlons de ce que nous allons faire après ça. Nous allons agir en tant que contrôle d’immigration pour notre pays jusqu’à ce que l’ordre soit établi. Puisque le criminel avait des liens avec notre pays, s’il vous plait veuillez nous laisser collecter son corps ainsi que ceux de nos soldats. »

« Aah, ou-oui. »

Alyssa acquiesça avec inadvertance au discours fluide de Pajou.

A la base, le côté de Vichy aurait dû prendre la charge des cadavres ainsi que des dommages causés, étant des outils importants de l’enquête. De plus, la scène de crime se trouve du côté de Vichy, tombant ainsi sous sa juridiction, peu importe les partis concernés.

Alyssa allait définitivement recevoir une punition pour ce faux-pas.

 

En attendant Hifumi, Origa avait entendu la conversation. Elle regarda Alyssa les yeux emplis de pitié, Alyssa ne s’était apparemment pas rendu compte du pétrin dans lequel elle se trouvait.

Pauvre fille … (Origa)

Voyant que Pajou venait avec soin de monopoliser l’enquête grâce à des méthodes sournoises, elle ria intérieurement.

Entrer dans Vichy aurait sinon était compliqué. Les Chevaliers de l’autre côté aurait causé pas mal de problèmes.

Dans tous les cas, Pajou fut soulagée qu’il n’y ait pas plus de situations complexes faisant leur apparition.

« D’ailleurs, Alyssa-san, n’y aura-t-il pas d’aide de la part de Vichy ? »

« C’est vrai ! Ah, mais …. C’est impossible, il n’y a plus que moi venant de Vichy ici. »

Des sceaux et signatures étaient nécessaires des deux côtés pour permettre aux marchands et voyageurs de traverser la frontière. Si ceux-ci ne sont pas présents, il s’agit alors d’une entrée illégale dans le pays.

Bien sûr, il y a aussi la défense du territoire à prendre en compte, évacuer l’endroit serait un problème.

 

Le camp de Vichy avait été totalement annihilé, ne leur laissant aucun moyen pour communiquer. Hifumi retourna à cheval près d’Alyssa qui réfléchissait à la suite des évènements.

« Pajou, occupe-toi des formalités de départ. »

Hifumi lui passa les documents ; Pajou les prit et y apposa les sceaux et signatures nécessaires. Pendant ce temps, le corps du soldat fut récupéré.

« Ne, ne~… »

Alyssa interpella Hifumi sans hésitation.

« Quoi ? »

« J’ai une petite requête … »

Alyssa demanda à Hifumi de relayer le message au premier poste de garde qu’ils rencontreront après être entré à Vichy.

« S’il vous plait faites leur un rapport de la situation actuelle et informez-les que j’ai besoin de renforts. »

Hifumi considéra un instant la demande, puis acquiesça.

« Mais en échange, tu dois me parler des villes de Vichy. »

« Super ! Merci beaucoup ! »

Croyant entièrement à la raison fabriquée d’Hifumi pour visiter une large ville Alyssa leur donna avec joie une explication détaillée.

« Alors la capitale est à 10 jours d’ici en véhicule ? »

Alyssa répondit à la question d’Origa en souriant.

« Tout à fait. D’ici, vous pouvez aller à la capitale, la route passe près de la frontière avec Horanten une large courbe. »

« Hee, la route passe à côté d’Horant, l’endroit d’où viennent ces outils démoniaques. »

Tandis que Kasha sous entendait quelque chose, Hifumi posa une question.

« Hm ? La frontière d’Orsongrande et celle d’Horant se touchent elle aussi, avez-vous pris délibérément un détour ? »

A sa question, Pajou expliqua.

A la base, quand le magicien de génie à établit Horant en tant que pays indépendant, une considérable partie d’Orsongrande a été envahie. Au final, il ne restait que quelques escarmouches et maintenant, il y avait assez peu d’interactions entre les deux.

« Alyssa-san, j’ai une requête. »

« Ah, je comprends. »

Alyssa reçut et signa le permis de voyage d’Hifumi et Pajou continua.

« C’est pourquoi, si un magicien d’Horant entre ‘légalement’, il a aussi la possibilité d’obtenir une permission officielle de quitter Vichy. »

Avec quelqu’un de Vichy en tant que guide, et avec le consentement du Vicomte Hagenti, il était possible d’entrer librement dans Orsongrande.

C’est pourquoi, même si impossible à discerner à ce niveau, il se peut qu’il y ait une personne de pouvoir dans Vichy connecté à Horant. Pajou conjectura.

« Maintenant que tu le dis, il y a de grandes chances que quelqu’un soit derrière Beirevura. »

Même si la situation est compliquée, Hifumi est ennuyé, mais pas irresponsable au point de refuser une requête lui permettant de quitter le pays.

« Très bien, de toute façon, il n’entre à Vichy que pour visiter. »

 

Hifumi, ayant récupéré son permis des mains d’Alyssa, annonça le départ à Origa et Kasha.

Ils avancèrent le long de la route, atteignant la ville d’Aroseru après environ 2 heures.

Comme expliqué par Alyssa, une ville entourée d’un mur entra dans leur champ de vision. Se situant prêt de la frontière, elle avait l’air d’avoir été créé d’une façon similaire à Fokalore, à Orsongrande.

« Ca n’a pas vraiment l’air différent de notre pays. » (Kasha)

Hifumi avait une impression similaire à celle de Kasha. Etait-ce parce que les deux villes étaient proches l’une de l’autre ? Culturellement, il n’y avait pas l’air d’y avoir de différence. Pour être franc, la nourriture à Orsongrande était très bonne, mais il s’inquiétait de savoir si c’était aussi le cas ici. Mais à nouveau, étant proche de Fokalore, il ne devrait pas y avoir de problème.

En montrant son permis à l’entrée de la ville, les soldats le redirigèrent vers la personne en charge au poste de garde.

« Vraiment sans défenses. Ou plutôt, comment dire, le garde à l’entrée donne une espèce d’impression mécanique. »

« Mécanique ? »

« Aucune émotion n’est visible. C’est comme s’il répétait un geste fixe. »

« Ah, mais les soldats sérieux ne sont-ils pas censés se comporter comme cela ? »

« …. Pas vraiment …. »

Même si sur ses gardes, il n’avait pas d’autre choix que d’entrer dans le poste. Il montra sa médaille dénotant son statut à la personne en charge.

Un homme en simple armure de taille et de musculature moyenne arriva, et regardant droit dans les yeux Hifumi, demanda ce qu’il comptait faire ici.

Ses yeux étaient vagues.

« Un soldat du nom d’Alyssa m’a demandé de faire passer un message. »

Hifumi expliqua que tous les soldats stationnés à la frontière avaient été tués, à l’exception d’Alyssa. Quand il expliqua qu’une assistance immédiate était requise, l’homme le remercia de sa coopération d’une voix monotone sans du tout avoir l’air reconnaissant.

« Restez-vous ici aujourd’hui ? Vous êtes-vous décidé sur un hôtel ? »

« Nous restons ici, oui, mais l’hôtel n’a pas encore été choisi. »

« Dans ce cas, en vous dirigeant vers le centre de la ville, vous trouverez un hôtel avec des chambres spacieuses et propres. Il n’existe pas d’autre endroit où vivre pour un noble. »

« Ah bon ? Dans ce cas nous ferons ça. »

Même si légèrement vigilant de l’apparence de l’homme, Hifumi décida de suivre ses conseils.

« Nous allons donc devoir nous rendre à la frontière, veuillez m’excuser. »

Après un salut négligé, l’homme partit avec ses subordonnés.

« En quelque sorte, la réaction de ces soldats et de leur supérieur m’a l’air légèrement étrange. »

Origa pensa qu’ils étaient plutôt impolis envers son maître, un noble.

« J’ai déjà vu quelqu’un dans un état similaire avant …. Où était-ce ? » (Hifumi)

« Est-ce que, comme à Fokalore, des personnes vont encore nous jouer un sale tour ? » (Origa)

 

Tout en parlant, ils atteignirent l’hôtel. Puisqu’Hifumi avait appris les lettres, il pouvait reconnaitre le nom.

« Ici ? »

Les chevaux furent laissés dehors, ils poussèrent la porte en bois et entrèrent à l’intérieur. Il y avait un petit comptoir dans ce qui paraissait être une salle à manger spacieuse.

« Bienvenue ! 10 pièces d’argent par chambre pour une nuit. Nous avons 17 chambres doubles. Il n’y a pas de chambres pour 3 ou plus. 3 pièces d’argent par cheval. Ils seront mis aux étables derrière le bâtiment. »

Il y avait un vieil homme, une expression peu sociable sur son visage, assis au comptoir.

« Une chambre simple, mes compagnons prendront une chambre double. »

Après qu’Hifumi ait déposé une pile de pièces d’argent sur le comptoir, le vieil homme sortit 2 clés de sous son comptoir.

« Voici pour la chambre simple, et la chambre double. Les chambres se situent à l’étage. Le diner sera préparé avant la tombée de la nuit, et servit dans ce hall. »

Le vieil homme tomba dans le silence après leur avoir donné les informations nécessaires et avoir noté les numéros de chambres.

Prenant les clés, le trio monta à l’étage.

« Reposez-vous un peu avant le diner. Il se peut que nous ayons à bouger cette nuit. »

« Est-ce que quelque chose va arriver ? »

« Après que le groupe aura confirmé la situation à la frontière, certains vont revenir faire un rapport. A ce moment, il fera certainement nuit. Si nous devons agir, c’est à cet instant. »

Après un léger repas, il avait été décidé qu’ils devaient se reposer et après le diner, observer la rue depuis leurs chambres.

« Nos ennemis ne seront pas des simples d’esprit sans stratégies comme Alyssa. »

Hifumi entra dans sa chambre immédiatement après avoir dit cela.

 

Kasha secoua la tête, résignée, tandis qu’Origa riait.

« Mais je pense que c’est une bonne chose qu’on puisse ne serait-ce que par hasard obtenir des informations sur Beirevura. »

Origa entra dans sa chambre, suivie par Kasha, perdu dans ses pensées.

 

 

 

« …… Ils sont vraiment faciles à comprendre. »

A l’étage de l’hôtel, Hifumi murmura, observant. La pièce était plongée dans le noir.

Plusieurs hommes armés passèrent dans la rue après la tombée de la nuit et le trafic pédestre s’était raréfié.

Hifumi, ayant complètement acclimaté ses yeux à l’obscurité, le vit clairement. Les mains attachées derrière le dos, une petite ombre était visible marchant d’un pas hésitant derrière deux hommes. Quand ils passèrent devant l’hôtel, il était clair que cette personne était Alyssa.

Sérieusement amochée, sa joue gauche était gonflée et du sang séché coulait de sa bouche.

Apparemment ils marchaient depuis longtemps, et de temps en temps elle ralentissait, seulement pour recevoir des coups de pieds la forçant à avancer.

Voyant la situation pitoyable, Origa et Kasha murmurèrent toutes deux ‘’Quel cruauté’’.

« Ils l’emmènent dans un lieu différent du poste de garde de cet après-midi. Bien, maintenant que faire, je me le demande … »

« Pourquoi est-ce qu’Alyssa s’est faite arrêter ? Un soldat de leur propre pays ….. »

Même si son visage n’était pas visible, d’après sa façon de parler et sa voix, il s’agissait d’Origa.

« Elle est la seule à avoir survécu sur la scène de crime, peut-être est-ce la raison ? » (Hifumi)

« Mais pourquoi justement ne pas en profiter ? Où peut-être est-ce l’occasion de liquider le témoin qui a vu ce qu’il s’est passé ? »

« Ce serait pour confirmer si le témoin sait quelque chose, et si oui prévenir la fuite de secrets pouvant causer du tort à quelqu’un. Torture, drogues ….. Drogues ? » (Hifumi)

Hifumi se souvint de l’état dans lequel se trouvaient les soldats en arrivant en ville.

« C’est ça, des drogues ! Si je me souviens bien, il existait des drogues permettant de stabiliser l’esprit et qui en cas d’addiction, fait perdre toutes émotions. Similaire à cette personne qui avait cet outil magique sur lui … »

Devinant, et remettant ses pensées en ordre, Hifumi leva tout à coup la tête.

« Quelque chose ne va pas ? »

« Avez-vous besoin de porter une armure ? Apparemment ils vont aussi essayer de nous capturer. Environ 10 personnes se dirigent vers l’hôtel. »

« Nous battre ici ? Je sors les outils de lumière …. »

« Non, pas besoin. Avant ça, je vais avoir besoin de trouver Alyssa, elle n’a pas l’air d’être trop loin. »

« Eeh ? »

« Kasha, pourquoi es-tu surprise ? »

« Non, sauver une fille tandis que des ennemis arrivent, ça ne ressemble pas à Goshujin …. »

Voyant Kasha être honnêtement surprise, Hifumifut plutôt vexé que sa réputation soit aussi mauvaise.

« J’ai déjà dit que je n’étais pas un tueur maniaque. Ce qu’Alyssa sait et ce qu’elle peut entendre dans le futur peuvent s’avérer être des informations importantes. De plus, 10 personnes, ce n’est pas si mal pour un échauffement, et vous deux n’avez pas encore appris à vous battre dans le noir. En tout cas, nous rencontrerons d’autres personnes comme cela dans le futur. A ce moment-là, il va falloir que vous les tuiez bien. »

Kasha était soulagée en entendant Hifumi parler de meurtre.

Apparemment Origa aussi, d’après son expression de soulagement, et un léger murmure ‘’Comme attendu de la part de Goshujin’’.

Elles ne se fichent pas de moi, n’est-ce pas ? (Hifumi)

Ressassant ces doutes, Hifumi sortit en vitesse son kusarigama, l’enfonça dans le plafond et grimpa sans bruit.

Tandis que Kasha et Origa regardaient la chaîne se balancer, elles entendirent la voix d’Hifumiau-dessus de leurs têtes.

« Attrapez la chaîne et montez. Une à la fois. »

Malgré la peur, elles réussirent à grimper non sans difficultés sur le toit. La porte de la chambre s’ouvrit. Il semble que le propriétaire ait un double des clefs avec lui.

« … Plus là huh. »

C’était la voix de la personne en charge du poste de garde. Après des bruits indiquant qu’ils fouillaient, les soldats partirent.

Dans l’obscurité de la nuit, les soldats se dirigèrent dans la même direction que le groupe qui avait emmené Alyssa.

 

Hifumi se tenait sur le toit, souriant, excité suite à l’apparition d’une nouvelle proie.

 

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