Chapitre 6 : Le Chocolat est Sucré et Délicieux

Armée de Libération de la Capitale Royale, Réserve de Nourriture, Extérieur du Campement.

1 000 soldats réguliers avaient été assignés à la protection de l’endroit par l’Armée de Libération.

De plus, une large quantité d’argent avait été investie afin d’employer une force mercenaire de 3 000 hommes. Leur discipline était questionnable, mais ils représentaient une force d’infanterie très bien équipée. Le Tacticien Diener prévoyait un nouvel assaut. Toutefois, il ne pouvait pas diviser davantage les forces en les détournant du champ de bataille principal, et avait à peine réussi à stationner un tel effectif de soldats pour la défense des lieux.

—Dans tous les cas, ceux-ci avaient reçus ce qui pouvait se faire de mieux en termes d’équipement défensif.

« …….Officier Commandant, ces pourritures du Royaume arrivent vraiment. D’après le stratégiste, nous avions pourtant une chance sur deux. »

« Bien. Nous aurons juste à remplir nos fonctions. Lorsqu’ils arriveront, nous les tuerons jusqu’au dernier. Simple n’est-ce pas ? »

« Tout à fait ; ensuite, les chevaliers pourront peut-être être promus. Ainsi, vous rejoindrez vous aussi la noblesse, Officier Commandant ! »

« Du moment que je suis payé, tout me va. Je ne suis pas vraiment intéressé par la noblesse. Et j’ai du mal à comprendre pourquoi les autres le sont. »

S’exclama l’Officier Commandant Mercenaire, faisant soupirer les membres de son groupe.

« Quel gâchis. Avec vos compétences, vous pourriez facilement grimper les échelons, Officier Commandant. »

« Une trop grande avidité mène à la ruine. Les hommes ont des limites. Essayer de survivre est largement suffisant. »

« Oui ! Je comprends ! »

« Comprends-tu vraiment ? ……Bon, peu importe. »

L’Officier Commandant Mercenaire se leva après avoir terminé la maintenance de son épée. La puissance du groupe était légèrement insuffisante pour défendre la réserve, mais il n’était pas vraiment inquiet. Des pièges bruyants avaient été installés dans la zone, et leur carte maitresse, des Mines Terrestres Magiques, avaient été placées. Ces dernières, de nouvelles armes, allaient être utilisées lors de ce combat.

En fer et aussi grande qu’un enfant, l’arme ressemblait à un fût de vin.

Aux yeux d’un étranger, il s’agissait d’un objet ordinaire, voire d’un déchet inutile.

Toutefois, la puissance magique accumulée à l’intérieur était absurde, et en cas d’explosion, pouvait infliger de larges dégâts.

Les Sorciers étaient détenteurs d’un pouvoir de destruction immense, mais il y avait une raison pour laquelle ils n’étaient pas souvent employés sur le champ de bataille. Il était impossible d’en assembler un grand nombre, et ils nécessitaient énormément de temps et d’argent à entrainer. De plus, une personne sans talent, peu importe le temps d’entrainement consacré, était incapable d’utiliser la magie – Cela dépendait entièrement de la Capacité Magique décidée à la naissance. Il n’existait pour le moment aucun exemple de personne l’ayant obtenu après.

De plus, tout acte de sorcellerie nécessitait un chant considérablement long. Le temps de ce chant augmentait proportionnellement à la puissance du sort, et ne pouvait pas être maintenu continuellement. Ce pouvoir possédait aussi une faille fatale : une fois la puissance magique épuisée, la magie devenait inutilisable. En d’autres termes, lors de larges batailles, il était plus efficace de produire en masse des flèches et de les faire pleuvoir sur l’ennemi.

Le temps qu’un sorcier déchaine sa magie une seule fois, des soldats ordinaires avaient le temps de tirer 100 flèches. Il s’agissait là de la ‘’Force du Nombre’’.

La sorcellerie était ainsi inefficace, mais sa puissance de destruction était garantie. Toutes les nations conduisaient des recherches sur le sujet, cherchant un moyen de la rendre plus pratique. Grâce au Département d’Ingénierie Magique de l’Empire, et aux technologies excavées dans la Ville Labyrinthe, une arme possédant la puissance d’un Sorcier avait été créée.

Il s’agissait de la Mine Terrestre Magique. Mais sa création était longue : il fallait verser une puissance magique dans le baril en métal spécial, inscrire une incantation, puis être prudent en la manipulant.

Enfin, lorsque le Sorcier chantait un mot clé, ou que le baril détectait une action capable d’enclencher la détonation, la mine explosait.

—Ou plus simplement, elle pouvait exploser après une simple pression du pied.

« Une arme terrifiante a enfin été créée par l’homme. Un jour viendra où les hommes ne pourront même plus marcher librement. »

« Mais les personnes qui les installent doivent rester sur leurs gardes, au risque d’être mises en danger elles aussi. »

« Honnêtement, tout cela m’ennuie. Nous allons même devoir penser à les retirer du sol après cette bataille, au risque de nous faire voler notre technologie. »

« C’est vrai ! »

« —attends, woah !! »

Tout à coup, une puissante explosion fit trembler le sol tout près des soldats.

« —Qu-Qu’est-ce que c’était ? »

« Une mine terrestre a explosée en forêt ! »

« Oi ! Qui l’a déclenchée ? L’ennemi ? Un allié !? »

Quelqu’un venait d’activer une mine. Priant qu’il ne s’agissait pas d’un camarade, les soldats s’empressèrent d’aller voir.

« Le drapeau de la Troisième Armée du Royaume ! C’est une attaque de la cavalerie ennemie ! »

« Alors ils sont venus ! »

Les soldats mercenaires se levèrent.

« L’ennemi a activé les mines terrestres ; leurs hommes et soldats sont en panique ! »

Une première information arriva de la part d’un éclaireur.

« C’est notre meilleure chance ! Tout le monde est prêt ! »

« Allons-y Officier Commandant ! »

« Il est enfin temps de se faire de l’argent ! »

« Bien, les Réguliers, renforcez la défense du dépôt ! Mercenaires, suivez-moi ! L’ennemi panique, nous allons donc l’écraser en un assaut !! »

« Oui !! »

L’Officier Commandant Mercenaire sauta sur son cheval, sortit son épée, puis ordonna avec enthousiasme l’interception de l’ennemi.

La cavalerie du Royaume était plongée dans le chaos. Les soldats étaient sortis des bois pour entrer dans une grande plaine, et juste avant de charger le dépôt, ils avaient reçus une sorte d’attaque. Le sol s’était soulevé, les chevaux avaient été retournés, et de nombreuses victimes étaient apparues parmi les soldats. L’attaque semblait être l’œuvre d’un Sorcier. Toutefois, aucun Sorcier n’était visible aux alentours.

L’Officier Commandant de la Cavalerie cria ses ordres, le visage drainé de toute couleur.

« Heeeeyyyy ! Nous sommes arrivés aussi loin, nous ne pouvons plus rebrousser chemin ! Gardez votre calme et chargez !! Attaquez !! »

« M-Mais, Officier Commandant, n-nos chevaux ont été effrayés et ne nous écoutent plus ! »

« Vous ne pouvez même pas gérer vos propres chevaux !? A quoi sert votre entrainement !? »

« Même si vous nous dites ça… merde… vos ordres— »

« Bon sang ! Merde, des flèches— »

« O-Officier Commandant, nous nous faisons tirer dessus ! Nous sommes repérés !! »

De nombreuses flèches transpercèrent les soldats de l’unité qui essayaient désespérément de calmer leurs montures en tirant sur leurs reines. La garnison de l’Armée de Libération les avait repérés. Le moral de l’Officier Commandant de la Cavalerie remonta lorsque des cavaliers apparurent en direction de l’entrepôt. Leurs adversaires n’étaient pas nombreux. La simple force du nombre allait suffire.

Du moins, l’Officier Commandant de la Cavalerie le pensait.

« Nous n’avons aucune chance si nous restons ici !! Que ceux qui peuvent encore bouger me suivent !! En avant !! »

Il brandit sa lance, frappa du pied le flanc de sa monture, puis commença l’assaut. De nouvelles explosions retentirent derrière lui, mais il ne pouvait pas se permettre de se retourner. Il pouvait toujours entendre le bruit des sabots, alors son unité n’avait probablement pas été complètement annihilée. Peu importe les dégâts reçus, ceux-ci importaient peu du moment que le dépôt était détruit. Frapper puis fuir était le devoir de la cavalerie.

—Les deux cavaleries s’entrechoquèrent face à face.

« Ta tête est mienne ! »

« Silence, pourriture rebelle ! Péris sous ma lame ! »

« Essaye, chien du Royaume ! »

« HAAAAAA !! »

« TEYAAAAAAAAAAAAAA !!! »

L’Officier Commandant de la Cavalerie et l’Officier Commandant Mercenaire brandirent leurs armes et combattirent.

Et la personne à perdre le duel fut…

—l’Officier Commandant de la Cavalerie.

Les soldats mercenaires coururent vers son corps tombé de cheval. Ils savaient qu’en obtenant sa tête, ils allaient pouvoir recevoir une récompense supplémentaire.

« Le commandant ennemi a été tué !! Massacrez l’armée du Royaume !! »

S’écria avec puissance l’Officier Commandant Mercenaire. Cette action ne servait à rien d’autre qu’augmenter le moral de ses camarades, et réduire à néant celui des ennemis. Retirant le sang recouvrant sa lame, il leva celle-ci au dessus de sa tête.

« Ou !! »

« A nous la récompense ! »

« Tuez-les ! »

La cavalerie dont le commandant venait d’être tué était complètement découragée. Plusieurs de ses membres furent encerclés, blessés petit à petit, puis tués.

« M-Merde ! Hahh, n’approchez pas ! »

« —Woah ! Hehe, comme si cette lance allait me toucher ! »

« Tu es plein d’ouvertures ! Meurs ! »

Visant les intervalles entre les coups de lance ennemis, l’épée d’un mercenaire s’approcha dangereusement de l’un des soldats du Royaume. A cet instant…

« —eh ? »

Le visage du soldat du Royaume se recouvrit instantanément d’une couleur rouge vive. La tête du soldat ennemi essayant de l’attaquer avait été coupée et séparée de son corps, déversant une large quantité de sang sur le soldat.

« Si vos chevaux ne vous écoutent plus, alors descendez et combattez à pied. Allez, dépêchez-vous si vous ne voulez pas mourir ! »

« S-Sir !! »

« A partir de maintenant, je prends le commandement de l’unité !! Si nos adversaires perdent leur leader, ils ne seront plus que des mercenaires réguliers ! Calmez-vous et tuez-les !! »

« C-Compris. »

« Quelle voix misérable, vaut-il mieux que je te tue moi-même ? »

« Compris !! »

« Bien ! Ne faites preuve d’aucune pitié, écrasez l’ennemi !! »

Schera inspira la cavalerie d’une voix héroïque malgré son apparence incongrue. Même dans une situation aussi désespérée, sa large faux avait déjà récoltée les vies de trois mercenaires.

« —Je me demande si ce mercenaire est leur commandant. Ses mouvements sont différents. »

Elle remarqua la présence d’un homme barbu à cheval éliminant la cavalerie du Royaume avec une large épée. Léchant ses lèvres, elle fit tourner son cheval adoré dans sa direction et chargea.

Souhaitant obstruer sa charge, de nombreux mercenaires tournèrent leurs épées et lances dans sa direction.

Schera massacra ces proies faciles, faisant tournoyer sa faux comme un moulin. Des casques furent écrasés, des têtes coupées, et des fontaines de sang jaillirent de membres arrachés.

En un instant, le chemin de Schera devint rouge.

« Tu es le commandant de ce groupe de mercenaires !? Ta tête s’il-te-plait ! »

« Une gamine qui se surestime !! Meurs !! »

« HAAA !! »

Lorsque Schera brandit résolument sa faux, l’Officier Commandant Mercenaire sourit. Son épée allait être clairement plus rapide. Plus rapidement que cette énorme faux, son épée allait transpercer le corps adverse.

Il visualisa en un instant la trajectoire de son épée. Celle-ci était dirigée d’une main experte.

Une force satisfaisante parcourut son avant-bras. Il s’agissait d’une attaque simple. Son expérience au combat l’avait sorti de nombreuses situations délicates.

« Adieu !! »

« Trop lent. »

« —— !? »

L’épée de l’Officier Commandant Mercenaire fut facilement parée par la poignée de la faux, et son équilibre fut brisé. Schera abattit ensuite de toutes ses forces son arme.

Le corps de l’Officier Commandant Mercenaire fut verticalement coupé en deux. Son casque, son armure et la tête de son cheval furent tous scindés.

‘Impossible’ disaient ses yeux injectés de sang. Son corps s’ouvrit, et après qu’un faible souffle se soit échappé de sa bouche ovale, il mourut.

« Quelle magnifique œuvre d’art. Je plains la personne qui devra nettoyer. »

Après avoir jeté un dernier regard au cadavre ensanglanté qu’elle venait de créer, elle fit tournoyer sa large faux afin de la nettoyer, avant de la lever aux cieux.

« Le commandant ennemi a été tué !! Cavaliers, exterminez les chiens de l’armée rebelle !! »

L’ennemi était une force mercenaire. Maintenant que le commandant les ayant unifiés venait d’être tué, les rangs allaient facilement s’effondrer.

« L-Le commandant est mort ! »

« Courez ! Je ne veux pas mourir ici ! »

« U-Uwaaaaaa !! »

Les mercenaires ne trahissaient jamais leurs employeurs une fois la paie reçue, mais ils pouvaient fuir. Ainsi, accordant la plus grande importance à leur vie, ils commencèrent à fuir.

« Tuez-les ; n’en laissez aucun en vie !! Envoyez-les jusqu’au dernier dans les profondeurs de l’enfer !! »

« O-Ou !! »

« Suivez le Vice Commandant Schera !! »

« Cavaliers du Royaume, chargez !! Écrasez-les !! »

Le visage couvert de sang, Schera donna ses ordres d’un air heureux. Les membres de la cavalerie, le moral restauré de force, galopèrent en direction des mercenaires en fuite et les écrasèrent sous les sabots de leurs chevaux.

Le Commandant de la Garnison protégeant le dépôt, en voyant les mercenaires prendre leurs jambes à leur cou, décida d’évacuer. Il n’emporta avec lui que quelques armes, et s’échappa sans même combattre. Les biens qu’il était censé protéger étaient bien évidemment importants, mais il estimait ne pas pouvoir perdre ici ses précieuses troupes. De plus, il ne s’agissait pas du seul dépôt de nourriture. Celui-ci était simplement le dépôt le plus utilisé. Il valait donc mieux éviter de gâcher les vies de 1 000 soldats réguliers.

Ayant atteint la même conclusion, le commandant évacua sans même croiser le fer.

L’unité de cavalerie avait perdue moins de 500 soldats dans le chaos initial. La compagnie de mercenaires avait quant à elle été presque annihilée, et les survivants avaient fui en direction de la Forteresse Salvador. Il s’agissait de la victoire de Schera et de son unité, malgré la perte du commandant.

 

—Une heure plus tard.

Ayant gagné le contrôle du dépôt de nourriture, l’unité de cavalerie mena une inspection des biens que les rebelles avaient laissés derrière eux. Elle récupéra certains documents importants, et laissa derrière elle les larges quantités de nourriture, d’armes et les chevaux de guerre. Les Mines Terrestres Magique ayant causées la majorité des pertes de l’unité de Schera faisaient partie des objets récupérés.

Naturellement, l’unité ne savait pas de quoi il s’agissait, alors les mercenaires faits prisonniers allaient être interrogés.

 Plusieurs dizaines de mercenaires avaient été faits prisonniers. Leurs mains étaient ligotées derrière leur dos pour qu’ils ne puissent pas se débattre, et tous furent amenés devant Schera.

Chaque visage était recouvert de terre, mais aucun ne souffrait de blessure grave. Leur attitude était menaçante, prouvant qu’ils étaient prêts à s’échapper à la moindre occasion.

« Bien, j’ai des questions à vous poser, j’espère que ça ne vous dérange pas. »

« Heh, comme si nous allions répondre— »

Commença à répondre un prisonnier en crachant par terre, avant que sa tête ne s’envole. Abandonné derrière, le torse du mercenaire s’écroula vers l’avant. Les autres prisonniers furent abasourdis, mais aussi les soldats du Royaume.

En conséquence de sa conduite défiante, il avait été promptement réduit au silence. Ils étaient choqués de voir qu’une personne pouvait mourir aussi rapidement et facilement, comme s’il ne s’agissait pas d’un humain, mais d’un simple légume venant d’être récolté.

« Dommage. Suivant. »

La lame courbe brilla, placée devant le sacrifice suivant. Le prisonnier tordit son corps pour fuir, mais un soldat du Royaume l’attrapa fermement par les épaules.

« Hi, hiiiiii !! »

« A quoi sert cette chose ? Aurais-tu l’amabilité de me le dire ? »

Schera pointa du doigt le baril en métal placé derrière elle.

« Uh, c-c’est… C’est juste un baril ordinaire ! Pour préserver la nourri— »

L’homme n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Schera sourit et lui coupa la tête.

Celle-ci la dérangeait après être tombée au sol, alors Schera la frappa du pied. La tête roula violemment sur le sol en déversant partout un fluide rouge.

« Je n’aime pas trop les mensonges, d’accord ? Ils ne sont qu’une perte de temps. »

La large quantité de sang s’échappant de la tête peignit en rouge les autres prisonniers.

Schera se plaça devant le prochain sacrifice.

« Quelle est cette chose ? »

« A-Attendez. Nous sommes de simples mercenaires ! Ne nous tuez pas ! Nous pouvons combattre pour le Royaume et— »

« —Suivant ! »

Ses mots furent interrompus par la large faux. Il restait encore de nombreux sacrifices. L’homme censé être le prochain, incapable de supporter la terreur, révéla l’information classifiée.

« C-C’est une Mine Terrestre Magique. C’est une arme de l’Empire explosant lorsque quelqu’un marche dessus, ou qu’un Sorcier l’active. Je ne suis pas au courant des détails, vraiment ! N-Ne me tuez pas ! Pitié ! »

« H-Hey ! Qu’est-ce que tu fais !? N’as-tu pas la moindre fierté en tant que merce— »

« Merci de l’information. Tu seras le seul épargné. »

Après avoir massacré d’autres prisonniers, Schera libéra l’homme ayant répondu à sa question. Un large sourire de jeune fille était visible sur son visage, mais son corps était recouvert de sang.

« J-Je peux partir ? V-Vraiment ? »

« Dépêche-toi de partir. Tu as vraiment de la chance tu sais ? Tiens, de la nourriture et de l’argent. Je vais aussi te donner l’un des chevaux. Tu peux aussi prendre une arme de ton choix. Bien, prends soi de toi. »

Schera offrit à l’homme un petit sac rempli d’argent et de nourriture puis lui demanda de partir.

Celui-ci, ayant du mal à croire ce qui lui arrivait, se mit à pleurer et la tête baissée, monta sur un cheval avant de partir rapidement.

« Vice Commandant Schera ! Et le reste ? »

« Nous ne pouvons pas les prendre avec nous. Tuez-les tous. Je n’ai plus aucune question à leur poser. N’épargnez personne, exterminez-les. »

Schera fit glisser horizontalement son pouce sur sa gorge. En voyant cela, les soldats du Royaume tremblèrent.

« C-Compris. »

« Menez une exécution rapide et sans douleur. Si votre geste n’est pas assez confiant, vous risquez de les faire souffrir horriblement. Tuez-les donc rapidement. »

« Sir ! »

« Non, non ! Pitié ! »

« J-Je vais tout dire ! Attendez ! »

« Je ne veux pas mourir ! »

« Fermez-la ! Agissez comme des adultes ! »

« Vous devriez plutôt nous remercier pour avoir survécu aussi longtemps ! »

Les soldats du Royaume levèrent leurs épées, et en criant, commencèrent le jugement des prisonniers. Des voix en colère, des pleurs et des cris d’agonie résonnèrent à travers le dépôt.

Schera avait l’air enjouée par tous ces cris, examinant de fond en comble le dépôt et volant de la nourriture jusqu’à être satisfaite. Il s’agissait pour elle d’un buffet à volonté. ‘Est-ce le paradis ?’ pensa Schera. Elle plaça une quantité impressionnante de vivres dans un sac en tissu, puis accrocha ce dernier à son cheval.

« Nous devrions bientôt battre en retraite. C’est à contrecœur, mais conformément au plan, nous devons rapidement commencer à mettre le feu. Nous n’avons pas le temps de tout manger. C’est une tragédie, mais nous n’avons pas d’autre choix. »

S’exclama-t-elle l’air dépité, regardant la nourriture empilée près d’elle.

« Sir ! »

« Avez-vous récupéré le plus de nourriture possible ? Il faut éviter tout gâchis, alors n’hésitez pas à tasser. Il est impossible de se battre correctement le ventre vide après tout. »

Schera inspecta les chevaux de tous les membres du groupe. Chaque sac était plein à craquer.

« C-Comme vous nous l’avez ordonné, nous avons rempli au maximum les sacs. »

« Pas de problème dans ce cas. Ahh, emportons aussi l’une de ces Mines Terrestres Magiques, juste au cas où. C’est lourd, mais nous n’y pouvons rien. »

« Compris ! »

Les membres de l’unité versèrent de l’huile dans le dépôt, et commencèrent à préparer le feu. Schera prit une large inspiration, et sauta sur sa monture.

Tout à coup, un cavalier apparut, le visage blanc.

« —Nn ? »

« Vice Commandant Schera !! Mauvaise nouvelle !! »

Il s’agissait du cavalier chargé de surveiller les environs. Son visage était anxieux, et des sueurs froides dégoulinaient de son front.

« Pourquoi es-tu aussi paniqué ? Tu as l’air affamé. Si le pain te convient, tu peux manger celui-ci. Il a l’air dur de l’extérieur, mais est plutôt bon. Enfin, il reste quand même assez dur. »

Schera sortit de son sac un morceau de pain aussi dur que la pierre, mais le cavalier protesta.

« C-Ce n’est pas le moment pour ça ! »

« Tu n’aimes pas le pain ? Si c’est le cas, nous avons aussi de la viande séchée. »

« J-Je n’ai pas faim ! Cela concerne les P-Plaines Alucia. L’armée du Royaume a été vaincue ! Le Troisième Corps d’Armée a subi de lourdes pertes. Le Général Yalder bat actuellement en retraite ! »

La panique s’empara de l’unité. Les cavaliers avaient du mal à croire cela.

« Ridicule. La Troisième Armée compte 80 000 soldats ! Ils ne peuvent pas perdre face à l’armée rebelle ! »

« Je ne suis pas au courant des détails ! Mais c’est la vérité, l’armée du Royaume est poursuivie ! »

Le soldat reporta la défaite de l’armée du Royaume, le souffle saccadé. Il tomba de son cheval, les bras et jambes écartés, et se reposa. Sa monture était elle aussi sur le point de s’écrouler. L’homme et le cheval avaient probablement utilisés toute leur énergie pour parvenir jusqu’ici.

—Cette information que personne ne voulait croire, était véridique.

« Vice Commandant Schera, nous devons nous dépêcher de retourner au Château Antigua. La force de poursuite ennemie devrait bientôt arriver ici. »

« A l’heure qu’il est, ils viennent sûrement d’apprendre la prise de leur dépôt. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils n’arrivent ici ! »

« Calmez-vous. Il ne faut pas céder à la confusion. Dans de tels moments, il faut garder son sang-froid. »

Schera sortit du sac accroché à son cheval un article extrêmement coûteux : du chocolat, et mordit dedans à pleine dents. Une profonde joie l’envahit rapidement lorsque la saveur sucrée parcourut sa bouche.

« M-Mais— ! »

« H-Hey, quelqu’un arrive. »

Un cavalier porteur d’une information encore plus urgente apparut. Son armure était criblée de flèches, et du sang coulait de son visage. Il se dirigeait initialement vers le quartier général pour rapporter les résultats de la bataille.

Toutefois, sa destination n’était plus le Château Antigua.

« A-Antigua est tombé, le drapeau de l’Armée de Libération flotte au dessus du château ! N-Notre unité de cavalerie est c-complètement isolée ! »

« R-Ridicule… »

« —H-Hey, c’est une blague, n’est-ce pas ? »

« Si Antigua est tombé, alors où pouvons-nous rentrer !? »

Les membres de la cavalerie avaient cédés à la panique, abasourdis.

Cette zone était un territoire ennemi, le quartier général adverse, la Forteresse Salvador, se situant tout près. Et maintenant, la base de l’Armée du royaume, le Château Antigua, était occupé par l’ennemi. Cette unité, comprenant 2500 cavaliers, n’avait maintenant plus d’endroit où se replier.

« V-Vice Commandant Schera, nous… »

« Q-Que devrions-nous faire ? »

« Vice Commandant Schera ! »

Avancer dirigeait droit vers l’enfer. Reculer dirigeait droit vers l’enfer. De plus, la nouvelle de l’attaque du dépôt avait déjà probablement atteint l’ennemi.

L’Armée de Libération ayant participé à l’engagement arrivait sans le moindre doute afin de les encercler. La situation se rapprochait dangereusement et inexorablement de l’annihilation totale.

Allaient-ils jeter les armes, descendre de leurs montures et se rendre ? Ou allaient-ils mener l’assaut contre l’ennemi et mourir dignement au combat ? Même si cela risquait de s’avérer difficile, pouvaient-ils ouvrir un passage et fuir en direction de l’est et se rapatrier ?

Dans tous les cas, en tant que commandante de l’unité, la décision de Schera allait décider de leurs destins.

« ………Vous voulez du chocolat ? »

En réponse aux regards désespérés de l’unité de cavalerie dirigés vers elle, Schera ne paraissait absolument pas inquiète, et souriait innocemment comme une enfant.

Puis, après avoir brisé de force le chocolat présent dans sa main, elle enfonça chaque morceau dans la bouche des membres du groupe, avant de lécher passionnément ses doigts.

Devant Schera se trouvait une armurerie contenant l’équipement abandonné par l’Armée de Libération. Tout en envoyant des nutriments à son cerveau, elle se demanda s’il était possible de sortir vivant de cette situation avec le matériel disponible.

 

—Le Troisième Corps d’Armée du Royaume venait d’être vaincu dans les Plaines Alucia.

Actuellement, il battait en retraite, l’Armée de Libération de la Capitale Royale à ses trousses.

Les dégâts subis étaient énormes, et le Château Antigua était tombé.

 

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