Danganronpa V3 Killing Harmony

 

Développé par Spike Chunsoft et NIS America. Distribué par Koch Media le 29 Septembre 2017 en France sur Playstation 4 et Playstation Vita. 

 

La Psvita n’est pas morte en France.. pas encore ! Et Koch Media nous le prouve ici avec la sortie tant attendue d’un des opus d’une saga vidéoludique hautement estimée sur les terres nipponnes, il s’agit de Danganronpa V3 Killing Harmony.

Avec un premier opus sorti en 2010 au Japon, suivi d’une adaptation animé comptant à ce jour deux saisons qui reviennent sur les événements de Danganronpa Trigger Happy Havoc et Danganronpa 2 Goodbye Despair, les fans français peuvent se réjouir ! En plus de bénéficier d’un patch de traduction français pour une meilleure immersion,  ce jeu se révèle d’être un petit bijou en matière de divertissement. C’est avec plaisir que je vais vous lister quatre points positifs, et deux points négatifs c’est parti !

 

 

Plus + tableau

  • Le Design

L’un des points forts de ce jeu est avant tout son chara-design ainsi que son design des décors. Mêlant aspect 3D et 2D à la perfection, le joueur prend plaisir à identifier les différents protagonistes de ce jeu macabre. Bien défini autant par leur look que leur caractère, les créateurs offrent une vraie immersion via des scènes doublées et animés lors d’événements importants au scénario tout en offrant un aspect de mise en scène de théâtre lors de phases d’exploration. Chaque détail dans le paysage, dans les salles de classe sont vraiment mis en valeur autant par les couleurs que par la qualité du trait. Accompagné d’une bande son dynamique, tout est fait pour maintenir l’attention du joueur jusqu’au bout.

 

 

 

 

  • Le Scénario

Mêlant investigation, procès et visual-novel, ce jeu possède un scénario intéressant. Et c’est le cas ici. Les fans de la franchise Danganronpa ne seront pas déçus ni dépaysés. On reprend les ingrédients classiques du genre sous fond d’enquête policière, mystère et humour teenager. La tuerie digne d’un Battle Royal n’est pas nouveau mais à le mérite d’être prenant et intriguant de par la galerie de ses personnages et leur mystère autour de l’enlèvement des lycéens ultimes et les secrets que peuvent cacher nos héros. L’histoire ne cesse de surprendre de par l’inventivité des meurtres, mais aussi du suspense bien dosé. Dès le premier procès nous sommes surpris par le coupable. Novice comme connaisseur tout reprend de zéro avec de nouveaux héros tout aussi attachants que les anciens. On a un bel équilibre entre les personnalités optimistes, les renfermées, les exaltées, les ténébreuses et les illuminées. A l’image de l’inventeuse Miu Iruma, sans conteste l’un des personnages les plus vulgaires jamais vu. Imaginez une nympho-mytho arrogante et égocentrique qui ne s’exprime que par insultes et allusions sexuelles, mais qui n’a en réalité aucun répondant et pleurniche comme une gamine apeurée dès que quelqu’un hausse un peu le ton. On s’attache cependant à la bienveillante et sociable, Kaede la surdouée du piano ou au timide détective Shuichi. Dans un registre plus intriguant, on pourrait citer l’anthropologue masqué Shinguji ainsi que la mystérieuse Maki, la nounou qui n’aime pas les enfants.

  • Une version Française

Oui et je tiens à le surligner en gras ! C’est très jouissif d’avoir enfin un jeu comme celui-ci traduit en français. En plus d’être de bonne facture, cela rend hommage à l’écriture des dialogues qui participe amplement à l’appréciation du jeu. Les vannes fusent, les personnalités sont aussi caricaturales qu’attachantes et on croise les doigts à chaque nouveau chapitre pour que son ou sa petite protégée ne fasse pas les frais d’un meurtre… ou ne commette le crime à son tour. Voir ses favoris mourir les uns après les autres… pour mieux savourer ces moments épiques vaut mieux bien comprendre ce qui se joue. De même il est important de comprendre les enjeux, savoir comparer les indices pour réussir certaines phases de jeu. Pour les fortiches de Shakespeare, on peut garder le patch en anglais et aussi changer le doublage des voix en anglais ou japonais.

 

 

  • Une jouabilité riche…

De par son univers hybride, Danganronpa V3 permet à tout type de joueur de s’y retrouver. Mêlant réflexion, jeux de rapidité, de hasard, d’enquête et choix, on n’a pas le temps de s’ennuyer car il doit rapidement s’adapter en fonction des situations. Bien qu’à chaque procès le schéma recommence, l’histoire permet de bien jongler entre les différents partis pris de jouabilité.  Les bases du procès de classe reposent avant tout sur le débat non-stop, une boucle durant laquelle les protagonistes discutent de la situation en lançant des affirmations qui viennent danser devant l’écran sous forme écrite. Parmi ces répliques, certaines phrases en jaune peuvent représenter un point faible dans l’argumentation (un mensonge ou une erreur) qu’il faut donc réfuter en tirant dessus avec la « ballindice » appropriée, ce mot-valise étant la traduction française de ce qu’on a toujours appelé truth bullet (ou kotodama en japonais). Les phrases en bleu fonctionnent sur le même principe sauf que la ballindice n’est plus utilisée pour contrarier mais pour approuver ce que dit le débatteur. Sur ce schéma de base, Danganronpa V3 ajoute une troisième possibilité : transformer la ballindice en mensonge en pressant longuement la touche de tir. Il faut parfois trahir la confiance des autres pour se sortir d’une impasse dans l’espoir de faire éclater la vérité plus tard.

 

Moins -

  • mais vite indigeste.

Pour ceux qui ne sont pas habitués à ce type de gameplay, cela peut vite découra

ger par moment et surbooker par le flux d’informations pour le joueur débutant sur la franchise. Retenir toutes les touches et les différentes actions notamment durant le procès qui est riche en « mini jeux » : entre contredire ses camarades dans un discours qui défile à vive allure, retrouver un indice manquant en 20 secondes ou trouver vite la résolution d’un rébus on peut être vite perdu. Autant être familier à ce univers dès le départ ou prendre bien son temps en commençant par le mode facile pour savourer le scénario et mieux s’amuser par la suite une fois la mécanique digéré.

 

  • Un prologue et des phases d’exploration trop longues

Bien que j’apprécie ces moments de pause où on prend le temps de dialoguer avec les différents personnages pour mieux comprendre leurs histories et essayer de résoudre le mystère, on a parfois l’impression de perdre pas mal de temps. De plus pour ceux qui n’aiment pas trop les mini jeux de style casino pour acheter des cadeaux à chacun des personnages afin d’en apprendre plus sur lui ou les longs discours faut mieux être patient. Une partie du plaisir est d’être en total immersion bien que la récolte des indices et les phases d’interrogations soient particulièrement fastidieuses à fur et à mesure qu’on avance dans les chapitres.

 

 

Conclusion

On passe un excellent moment devant ce jeu ! Bien que les fans de la franchise remarqueront que l’opus ne prend aucun risque sur la forme, Danganronpa V3 n’en reste pas moins percutant sur le fond et a fait le nécessaire pour ne pas tomber dans la routine instaurée par ces deux précédents volets. Il ne laisse pas à part les fans de la série  animé en faisant des clins d’oeil à la saison 2 de l’animé sorti au Printemps 2016 tout en choyant aussi les nouveaux adeptes.  On a une audace d’écriture, ou de style de gameplay. La série de Kazutaka Kodaka reste ce mélange unique de folie, de tendresse, de complicité et d’amertume qu’on prend enfin plaisir à savourer en français. Espérons que cette ouverture via NIS AMERICA permettra de continuer sur cette lancée en matière de distribution en France.

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