VolenKahn’s Reviews #2 : Bloodrayne

 

Fuyez, pauvres fous.
Fuyez, pauvres fous.

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma deuxième review cinéma. Et aujourd’hui est un jour à marquer d’une pierre rouge. Aujourd’hui, je vais parler d’un genre cinématographique que seuls les étudiants en fac de cinéma ou les cinéphiles hardcore (et maso ça va de soi) regardent : je parle du navet.

 

Alors soyons bien clairs : le navet est totalement différent du nanar. Un nanar, c’est un film tellement mal fait, tellement ridicule, tellement kitsch, qu’il en devient drôle. Un navet, c’est un film tellement mauvais et tellement mal réalisé qu’il vous donnera envie de faire du vélo à poil avec un bandeau sur les yeux et un concombre dans le cul en sens inverse sur l’autoroute un jour de départ de vacances. Mais attention ! Un navet n’est pas dénué de tout intérêt. Tout d’abord, en regardant un navet, vous relativiserez vite fait sur la nullité de certains films. À côté, Les nouvelles aventures d’Aladin passera pour le prochain Kubrick. Ensuite, ça donnera une superbe leçon à tous les niveaux pour tous les réalisateurs en herbe. Néanmoins certains réalisateurs se sont fait connaitre pour la médiocrité de leurs réalisations, comme Ed Wood, Godfrey Ho (Philippe!) ou Uwe Boll.

 

Et c’est une de ses… créations que nous allons disséquer aujourd’hui. Uwe Boll est un réalisateur allemand connu pour « l’échec critique » de ses films, et possédant malgré tout une forte popularité. Boxeur aguerri, il dit de lui : « I’m the only genius in the whole fucking industry » ; vous voyez le personnage. Ce qui est paradoxal, quand on connaît le surnom qui lui a été donné par les critiques de cinéma : le « nouvel Ed Wood ». Dans sa FORMIDABLE filmographie, quatre jeux vidéo ont été massacrés : House of the Dead, Postal (les fans de Crossed connaissent… les autres, allez regarder ça tout de suite sur YouTube), Far Cry et Bloodrayne.

 

Bloodrayne fut réalisé en 2005, et distribué pour la première fois en 2006 aux Etats-Unis. Il fut produit avec un budget de 25 millions de dollars, et n’en rapporta que 3 à travers le monde. Pour rappel, Terminator avait un budget de 4 millions de dollars…

Je hais ce film. À chaque fois que j’y pense, je me le décompose en deux parties : les deux premiers tiers en tant que navet, et le dernier tiers en tant que torture.

L’histoire reprend donc celle du jeu vidéo, à savoir suivre les aventures de Rayne, une Dhampire (en gros, un vampire mais en moins bien et en moins classe), travaillant pour le compte de la Brimstone Society, une société secrète enquêtant sur les événements surnaturels. Sauf que dans le film, Rayne, mi-humaine mi-vampire après le viol et le meurtre de sa mère par le roi des vampires Kagan, est élevée dans un cirque. Elle y découvre sa vraie nature, mais refuse de tuer des innocents pour étancher sa soif de sang : elle décide alors de se nourrir de vampires et devient BloodRayne. Approchée par Sebastian et Vladimir, deux chasseurs de vampires, elle rejoint Brimstone afin d’éliminer son père. Ce dernier convoite trois reliques légendaires, qui permettront aux vampires de régner sur la terre.

Avant de commencer le génocide, parlons des points positifs (il y en a ?). Tout d’abord, les costumes, d’assez bonne facture.

Le problème principal de ce film est son ton : c’est ennuyeux à mourir. Far Cry, même si l’humour était beauf et poussif jusqu’aux vomissements, possédait quelques moments drôles, il faut le dire. Dans Bloodrayne par contre, il n’y a aucun moment drôle ; pas un sourire, pas une blague, le néant. Ce ton se retrouve aussi dans le jeu d’acteur. Qu’il s’agisse de Michelle Rodriguez, qui est sous perfusion morphine du début à la fin, avec son regard de poisson mort et sa dynamique au combat d’une mollessse absolue ; de Michael Madsen (faut bien payer ses impôts hein), avec son mullet cancérigène et son sérieux (ou ennui) total, qui en font un personnage détestable, et peu intéressant ; et Ben Kingsley (la vie est vraiment une pute), en parfaite statue du musée de Madame Tussaut, avec son maquillage de vampire mal fait, son visage aussi expressif que Slenderman, et sa paralysie des jambes (vous pouvez vérifier : il ne bouge pas avant la fin de son foutu siège). Quant à l’actrice principale, Kristanna Loken… Arrêtons-nous un instant sur elle. Ancien mannequin, elle fut découverte dans cette suite parfaitement réussie qu’est Terminator 3 : le Soulèvement des machines (je déconne c’est pas si mal en fin de compte). Depuis, elle enchaîne les navets, bien que se tournant de plus en plus vers la production. Mais cela ne veut pas forcémenent dire que c’est une mauvaise actrice… Si ?

Autant être honnête : elle est dans la norme. Ni excellente, ni médiocre, elle fait son job, point barre. Et c’est bien ça le problème : elle n’arrive pas à relever le niveau du film. Ni à relever quoi que ce soit, d’ailleurs.

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Dire qu’elle était la seule raison pour moi de voir le film… Je devrais penser avec mon sexe moins souvent.

 

J’ai un problème. J’aurais aimé pouvoir parler de la musique, mais elle est si peu marquante, si peu importante aux retournements de situations ni même au récit que je ne m’en souviens pas. Ce qui prouve sa qualité par ailleurs.

Touchons maintenant au nerf de la victime : son scénario. Vous vous en doutez, c’est nul, si vous l’avez lu plus haut. Et les acteurs en sont conscients, vu le jeu dont ils font preuve. Les combats sont mous et mal chorégraphiés, les dialogues sont bateaux et clichés. C’est simple, la meilleure scène, c’est celle où l’héroine et un de ses compagnons font l’amour contre des barreaux. Pourquoi ? Eh, quitte à réveiller les spectateurs, autant exciter leur libido du même coup. Alors oui c’est un spoiler, mais franchement, si vous avez envie de le regarder même après avoir fini de lire cette critique, vous êtes… maso, j’ai pas d’autre mot. Mais cette scène ne vaut pas le plan final, qui est un gros doigt à la patience et à l’intelligence du viewer. C’est une des pire fins de l’histoire du cinéma, et je ne déconne même pas. Ce film est triste comme un lundi matin pluvieux. Il n’y a rien de percutant, rien d’original, ce n’est rien de plus qu’une misérable histoire de vampire, prévisible à des années-lumière à la ronde, et ridiculisant tous les films sortis su
r ce sujet jusqu’à présent.

 

J’ai pas encore parlé de la réalisation. Entre les plans enchainant les accélérés et les ralentis avec une rapidité qui donnerai le tournis à n’importe qui, les flash-backs avec une lumière et des couleurs à peine distinguables de l’action présente, les shots qui se répètent d’une scène à l’autre, tout est pitoyable. Pourtant Uwe Boll est un réalisateur confirmé, avec plus d’une quinzaine de films à son actif. Enfin confirmé : sa médiocrité l’est en tout cas.

Je ne peux effectuer de parallèle entre le jeu et son adaptation. Mais honnêtement, les producteurs ne comprendront jamais qu’adapter un jeu vidéo en film, c’est la pire des idées ; un peu comme faire le reboot d’une saga en fait (je parle de toi, Terminator Genisys).

Je vais raccourcir cette critique car sinon, je remplirai 20 pages, mais il y a tellement de choses à redire en même temps : les décors sont bidons, la lumière est pas géniale, les flash-backs sont inutiles, la romance est ridicule au possible, le combat final mérite un Razzie Award à lui tout seul, les personnages secondaires sont inutiles et peu attachants, et les figurants sont pire, c’est dire.

Vous l’avez compris, ce film est une purge. C’est une heure et demie d’ennui que vous allez passer, je vous préviens. Et le plus drôle, c’est que les avis sont très partagés sur ce film (du moins sur Allociné) ; d’un côté les défenseurs du bon goût et de la qualité cinématographique comme moi, et de l’autre les imbéciles qui adorent cette chose pour ses combats et son histoire. Pas possible. Bref, Uwe Bull est un mauvais réalisateur et ce film encore pire, allez plutôt voir un Carpenter ou un Kubrick, vous verrez la différence.

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Moi devant le film

 

Désolé pour les images de qualité moyenne, mais j’ai pas trouvé mieux.

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