7ème Histoire : Père et fille

 

Combien de temps s’est passé après que je me sois réveillé ?

Je n’ai fait depuis rien d’autre que de flotter dans la capsule verte.

 

You~hou, quand est-ce que je peux sortir~ ?

Depuis, un bon moment s’était écoulé, mais personne n’est revenu dans la pièce.

Même pas Astarte, la femme en blouse blanche, ou bien le vieil homme.

 

Est-ce que tout le monde m’a oublié après m’avoir laissé ici ?

Ce jour là, le monde a été détruit, et seul ce château a survécu …

Ou peut-être que les humains n’ont pas pu résister à la tyrannie des Démons et se sont rebellés, et qu’Astarte et tout le monde est …

 

J’en avais déjà marre de tuer le temps avec mes désillusions.

De plus, l’anecdote avec la tyrannie des Démons n’était que ma propre désillusion.

Je ne connais même pas la structure sociale de ce monde.

 

A ce moment, un changement se passa.

 

*Pshhhhh*

 

La porte automatique s’ouvrit.

 

« Rinne ! Plus vite, plus vite ! »

 

C’était Astarte. La femme en blanc, qu’Astarte pressait et appelait Rinne, entra elle aussi.

La femme en blanc commença à contrôler les machines à côté de moi.

*Tap tap tap*

 

Astarte ne faisait que la presser avec des ‘’Plus vite !’’

Mais ce n’était que de l’impatience, alors rien n’en résultait.

Elle avait l’air joyeuse, comme un enfant faisant la queue devant un magasin de jouets.

 

*Clac*

 

Je fus éjecté de la capsule, et posa le pied sur le sol sur lequel je n’avais pas été depuis un moment.

 

Oooh ….

Contrairement à la légèreté ressentie dans la capsule, j’étais témoins de la gravité plusieurs fois supérieure.

Le sentiment dans la capsule me manquait déjà.

 

« Bon, nous devons déjà commencer par t’introduire à otou-sama ! »

 

En disant ça, Astarte me mena hors de la pièce.

Elle m’emmena aux étages supérieurs du château.

 

D’ailleurs, nous nous sommes déplacés en ascenseur.

 

 Mais il était différent des ascenseurs dont j’avais l’habitude, le cabine étant exposée, et le mécanisme bruyant.

 

Les étages supérieurs étaient complètement différents des endroits où j’étais allé jusqu’à présent.

Je vois, ce n’est certainement pas un endroit où on accepterait d’y laisser trainer une goule.

 

Aux étages supérieurs, le sol, les murs et même le plafond étaient polis et brillaient, un lieu de la plus grande classe comparé aux étages inférieurs semblables à des cavernes.

 

Pendant que je m’émerveillais de ce spectacle, on m’amena dans l’une des salles.

 

Le vieil homme, qui avait dit que j’étais ‘’laid’’ et repoussant, était là.

Puisque cet endroit est, d’après ce que j’ai vu, le plus beau, je suppose qu’il s’agit du bureau du vieil homme.

 

« Otou-sama ! »

 

Astarte m’introduisit au vieil homme, qui n’avait pas l’air de se souvenir de moi, et il commença à m’évaluer.

 

« Fumu, cet individu est, hmmm … Je ne vois rien d’autre qu’une goule ordinaire …. »

« Nee, otou-sama ! J’ai envie que cet enfant devienne mon chevalier ! S’il te plait ! »

 

Chevalier ?

Je sentais qu’un mot s’accordant assez mal avec mon aspect en décomposition venait d’être prononcé.

 

« … Astarte, comprends-tu bien ce que tu dis ? »

« Je sais ! Un ‘’Chevalier des Enfers’’ est une personne servant le seigneur d’un château ! Pour cette raison ils subissent un ‘’Rang Supérieur’’, et reçoivent un pouvoir peu commun ! Sebastian me l’a appris ! »

 

« Exactement, tu as bien travaillé. Selon les livres, une note parfaite. »

 

Le ton du vieil homme changea légèrement après avoir félicité Astarte.

 

« Mais s’il y a quelque chose de faux, c’est que tu n’as pas pris en compte la règle orale des enfers, Astarte. »

 

« La règle o-ral-e ? »

 

Puis le vieil homme commença à parler d’un ton légèrement plus froid qu’avant.

 

« Choisir un chevalier, c’est comme donner une partie du pouvoir d’un château des enfers à un démon digne de confiance et prometteur, comme les liches, spectres, ou vampires, en utilisant la machine amplificatrice de pouvoir du château des enfers. Il s’agit d’une augmentation de rang. Je n’ai jamais vu ou entendu parler d’un seigneur choisissant une goule en tant que chevalier, encore moins la faisant augmenter de rang. »

 

Le vieil homme ferma tout à coup le livre qu’il était en train de lire à une main, et se leva de sa chaise tout en me regardant.

Puis avec un air sévère, il dit.

 

« Certainement, j’ai accepté que cette goule devienne ton cadeau d’anniversaire. Et honnêtement je ne le crois pas, mais si ton histoire s’avère fondée, cette goule est la bienfaitrice qui a sauvé la vie de m fille. Je l’en remercie. Mais faire d’elle un chevalier est autre chose. »

 

Le vieil homme posa sa main sur la tête d’Astarte afin de la prévenir.

 

« Je ne dirais rien de mal, mais tu peux avoir cette goule comme animal de compagnie. Mais faire d’une goule un chevalier, cela ne se dit pas, même en tant que blague. Si ca arrive, tu seras pour toujours la cible de moqueries de la part des autres seigneurs. Pour le choix de ton chevalier, j’y réfléchirais bien avant de le choisir dans le futur , alors tu n’as pas à t’en inquiéter. »

 

Après que son père lui ait dit ça, Astarte avait l’expression d’un enfant de 5 ans dont le jouet se serait cassé.

 

« … Bien sûr, si cet enfant devient un chevalier maintenant, le mana sera pris d’otou-sama. A propos de ça, je ne peux rien y faire. Mais … dans ce cas ! Si c’est moi qui donne mon mana à cet enfant- »

 

« Arrête de dire n’importe quoi Astarte. Tu es encore jeune, et tu as encore du mal à contrôler tes pouvoirs magiques. Si tu fais quelque chose de déraisonnable, vous en souffrirez tous les deux. »

 

« Je prends toute la responsabilité concernant cet enfant ! Alors s’il te plait utilise mon mana et fait de cet enfant un chevalier ! »

 

« ‘’Responsabilité’’ n’est pas un mot qu’un enfant a le droit de dire. Il est réservé pour nous, les adultes. »

 

Dans un sens, devoir refuser le souhait de sa fille Astarte avait l’air douloureux pour le vieil homme.

Une goutte  de sueur froide coula le long de sa joue.

Le vieil homme soupira et se remis droit dans sa chaise.

 

« Ca ne te plait pas … tu vas pouvoir être avec cette goule maintenant, alors contente-toi de ça pour le moment. »

 

« Je n’aime pas juste ça. »

« Astarte … »

 

Pourquoi est-ce qu’Astarte défie autant son père …

Certainement, elle se plaignait souvent de son père avec moi, mais je ne pensais pas que c’était au point de le détester autant.

 

Astarte se courba à nouveau devant son père.

 

« Otou-sama, quoi qu’il en soit, je ne pourrais pas avoir cet enfant devenir mon chevalier ? »

« Ahh, je n’accepterai pas. »

« Quoi qu’il en soit … ? »

« Quoi qu’il en soit. »

 

« Même si je te supplie autant ? »

« Peu importe le nombre de fois que tu me supplies, je n’accepterai pas. »

 

« Fu- … snif … snif …. Uuuu … »

« Uuu !? C-ca ne sert à rien de faire semblant de pleurer !! »

 

Il est en train de trembler …

 

« Nee, otou-sama. C’est une demande de ta fille chérie. Tu ne veux pas … quoi qu’il en soit ? »

« Même si tu me fais les yeux doux, quand je dis non, c’est non. »

 

Ton nez saigne vieil homme.

 

« Tu n’accepteras pas … quoi qu’il en soit ? »

« Je n’accepterai pas quoi qu’il en soit. »

 

« … »

« … »

 

A ce moment précis, je savais qu’Astarte avait perdu.

Après tout, c’est comme ça que marchent les relations parents/enfants.

Si le parent le désirait, l’enfant serait toujours perdant.

C’est la loi absolue de la personne soutenant, et de la personne qui est soutenue.

Si l’on déteste ça, il n’y a as d’autre choix que de devenir indépendant, et de se protéger par soi-même.

Et puis je ne pensai pas que ce vieil homme ait dit quelque chose de mauvais jusque là.

Apparemment je serais mieux traité, mais ce n’est pas comme si je voulais être traité mieux que ça.

Etre un animal de compagnie me va.

Je ferais de mon mieux pour remuer la queue.

 

Toutefois …

Sans que je sache pourquoi, je me sentais triste à l’intérieur de moi.

 

Avec tout les moyens utilisés, la conversation s’était arrêtée.

La pièce devint calme.

Seule l’inquiétude et la frustration d’Astarte étaient transmis.

Avec ça, le conversation est terminée – c’était l’atmosphère qui régnait dans le bureau.

 

Puis, Astarte lâcha tout à coup une bombe.

 

« Je dirais à maman que tu l’as trompé. »

 

« !!!! »

 

Elle avait parlé en chuchotant, mais cette phrase se grava dans mon esprit et dans celui du vieil homme.

 

« A-, a-a-a-a, Astarty … ou as-tu appris une méthode aussi sournoise ? E-e-e-e-et puis d’abord, je n’ai jamais trompé ta mère. »

 

Hey, tu n’arrêtes pas de trembler vieil homme !

 

« Si tu ne l’as jamais trompée … dans ce cas qu’est-ce que c’est que ça ? »

 

Astarte jeta plusieurs espèces de feuilles de papiers vers le vieil homme.

Apparemment il s’agissait des photos de ce monde.

 

« C-ce sont … !! »

« Ce sont les photos prises quand otou-sama est allé récemment à la capitale. Qui sont ces femmes ? »

 

Cela avait l’air d’être en plein diner de gala.

Tenant d’une main une bouteille de vin, le vieil homme, le visage rouge, était entouré de femmes démons à forme humaine.

Si l’on devait décrire cette scène en un mot, ce serait : harem.

 

« Les personnes ici, et les personnes là. En plus, qu’otou-sama fasse une telle tête alors qu’il a déjà okaa-sama (= mère) … »

 

En regardant de plus près, une femme avait sa poitrine pressée contre le vieil homme.

Et cela n’avait pas l’air de lui déplaire, au contraire, il souriait et avait l’air heureux.

 

Regardant son père d’un regard glacial, comme si elle regardait un tas de déchets, Astarte déclara.

 

« Pendant que je me faisais kidnapper par des humains, otou-sama s’amusait avec des femmes. »

 

« C-c’était parce que les personnes dans ce château étaient décevantes …. Et qui aurait pu se douter que des humains puissent arriver précisément à ce moment-là. »

 

« Tu essayes de te trouver des excuses ? Le seigneur d’un château. S’agit-il des paroles d’une personne se tenant au dessus des autres ? »

« Gunununu … »

 

Huh ?

Se pourrait-il qu’avec ça le vieil homme soit en mauvaise posture ?

 

« Je ne te laisserais plus me faire manger mon gâteau d’anniversaire en faisant ‘’ah-n’’. »

« Pas ça … pour l’amour de dieu, pas ça ! »

 

Qu’est-ce que fait ce vieil homme, il devrait être assez vieux pour mieux savoir …

 

« Dans ce cas est-ce que cet enfant peut monter de rang ? Est-ce que je peux faire de lui mon chevalier ? »

 

« Non, c’est … »

 

Le vieil homme n’avait toujours pas abandonné, et marmonna.

Mais Astarte coupa le chemin de fuite du vieil homme sans aucun remord.

 

« C’est bon, n’est-ce pas ? »

 

Un large sourire. Mais quelque chose était différent de d’habitude avec ce visage souriant.

L’existence définitive d’une pression écrasante.

 

Rapidement, l’esprit du vieil homme se brisa.

 

« D’accord … »

 

Complètement vaincu par sa fille, le vieil homme s’effondra, la tête penchée au dessus de son bureau.

Cette figue me faisait penser à un jeune homme affalé sur son bureau, prétendant de dormir durant la pause déjeuner.

Une tristesse sans nom régnait autour de lui.

 

Mais la fille frappa son père écroulé sans aucune forme de pitié.

 

« Dans ce cas otou-sama, s’il-te-plait monte le rang de cet enfant tout de suite. »

« Eh !? N’avais-tu pas dit que tu serais responsable … !? »

 

Astarte coupa froidement son père hébété.

 

« Et bien je ne peux pas contrôler ma magie, n’est-ce pas ? Dans ce cas, pour cette fois, en plus d’accepter de faire de lui mon chevalier, n’est-ce pas logique de la part d’otou-sama de s’occuper de ça ? »

« B-Bien sûr ! »

 

Tu t’es fait complètement écraser…

Jusqu’à quel point es-tu faible quand il s’agit de ta fille.

 

« Non, mais … »

« Un problème ? »

« Aucun … »

 

Le vieil homme s’était fait facilement vaincre, face à la souriante Astarte s’approchante.

Puis Astarte se tourna vers moi avec son sourire ‘’habituel’’.

 

« Bien ! Allons-y ensemble ! »

 

Les femmes sont des créatures effrayantes.

 

Mais à part ça, un sentiment étrange m’emplissait.

Un sentiment d’exaltation.

En mettant de côté les moyens utilisés par Astarte, elle venait de faire abandonner son père, en utilisant son propre pouvoir.

Il s’agissait d’une des choses que je n’avais jusqu’alors jamais réussi à accomplir.

J’avais abandonné dès le début, parce que cela m’avait paru plus facile.

Avant que j’aie pu le réaliser, j’avais arrêté d’espérer les choses que je voulais, ou les choses que l’on m’offrait.

Parce que j’avais peur d’être trahi si j’espérais quelque chose.

 

C’était la composition d’un enfant triomphant contre son parent.

Il s’agissait d’un échange trivial, mais à ce moment là, j’avais senti un petit, mais présent, sentiment d’exaltation, d’euphorie.

 


 

 

[Journal de recherche de Rinne]

Nom : Astarte-sama

Race : Race du Maou (=Roi démon)

Rang : /

Compétences : /

Remarque : ‘’Je peux vaincre mon père …’’ Il se peut que ce soit ce qu’elle se disait quand elle se faisait dominer.

 

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