[CRITIQUE] Les Aventures d'Hercule

                                                  VolenKahn’s Review #5 : Les Aventures d’Hercule

 

Voilà un Hercule qui a déjà un peu plus de charisme que notre Musclor du jour… Pour notre plus grande joie de cinéphile nanardeur.

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et aujourd’hui, nous allons parler d’un nanar, mais celui-là contrairement aux autres, était destiné à en devenir un depuis le début. En effet, une malédiction semble planer sur le personnage mythique d’Hercule. Déjà incarné par un Schwarzy sous acide âgé alors de 24 ans dans son premier film, Hercule à New York est sorti directement en VHS en 1974, et est un nanar extrêmement cheap à l’unique morceau insupportable. Et vous savez la meilleure ? Je l’ai en DVD. C’est un des miracles de la vie, je suppose. 11 ans plus tard, sort le film d’aujourd’hui. Et croyez-moi, ça vaut son pesant de pièces de bronze.

 

J’ai eu la chance de voir ce monument nanardesque sur grand écran (pas à l’époque hein) : Dieu que ce fut drôle. Je n’ai clairement pas vu beaucoup de classiques, comparés aux professionnels du milieu, ni même à mes parents, mais franchement, quand je vois ce genre de créations, je ne peux m’empêcher de me dire que j’ai de la chance d’aimer les nanars. Des fois, il faut regarder des films pour ce qu’il est : un divertissement pur et simple, quand bien même, et surtout, s’il a été réalisé avec les pieds. Les Aventures d’Hercule en fait partie, et ce fut un des moments les plus drôles de ma vie de cinéphile. Attendez, c’est pas souvent que la salle applaudit un personnage à l’écran !

 

Donc, Les Aventures d’Hercule (Poirot !) est un film péplum/fantasy réalisé par Luigi Cozzi. Et avant même de parler du film en lui-même, précisons deux choses. Premièrement, il s’agit de la suite de Les 12 Travaux d’Hercule, un étron filmique comparable aux deux autres cités auparavant. Deuxièmement, l’acteur principal avait cru signer pour 2 films, dont Les Sept Gladiateurs de Bruno Mattei, un célèbre réal de nanars aussi ; mais au final, a tourné dans le film de cette chronique sans être payé ! Entre lui et le réalisateur, l’amitié fut rompu à ce moment là.

L’affiche mensongère du film. Mis à part les muscles de Hulk, tout est faux !

 

Le film s’ouvre ainsi sur un résumé du précédent film à la Spider Man 2, qui dure 10 FOUTUES MINUTES, agrémenté de dessins du système solaire, d’une musique épique qui est trop bien pour ce film, et d’une police d’écriture qui ferait passer celle de Saturday Night Fever pour ringarde. Ainsi, on découvre qu’Hercule a affronté des animaux mécaniques en guise de ces douze travaux, qu’il a grandi pour cliver une falaise en deux grâce à la magie de la post-production, et qu’il a battu le Roi Minos dans un combat qui semblait très chiant. Mais je digresse.

Hercule, afin de contrer le plan des « dieux malveillants » (attention originalité : il veulent battre Zeus), est renvoyé sur Terre par Zeus son père, afin de retrouver les sept flèches d’airain de ce dernier. Pendant ce temps, un dangereux sorcier sacrifie toutes les filles de son village pour amadouer une créature de dessin animé. Les deux dernières filles du village, Uranie (Milly Carlucci) et Glaucia (Sonia Viviani) demandent de l’aide à notre culturiste barbu, ce dernier accepte de les aider tandis qu’elles l’aideront dans sa quête.

Et oui, contrairement au premier film, il s’agit d’un scénario original !  Mais rassurez-vous, vous n’en aurez très vite plus rien à foutre, tellement le film vous submergera d’images psychédéliques et de répliques cultes.

 

J’aime beaucoup ce film. C’est ce genre de film que l’on ne peut pas détester, tellement c’est kitsch et ringard. Très franchement, après cette chronique je supplierai mes parents d’acheter le film, rien que pour voir leur têtes devant l’affiche. Parce qu’il existe un blu-ray de ce chef-d’oeuvre du cinéma, réjouissez-vous.

Hercule en pleine action.

 

Avant de laisser déverser ma joie dans le reste de cette chronique, je vais faire ressortir ses défauts. Car n’oublions pas la définition du nanar : un film tellement mauvais qu’il en devient drôle.

Tout d’abord, son intro. Si vous avez vu Spider Man 2, vous savez à quel point elle est inutile et longue. Mais elle a tout de même sa place dans l’introduction ; en effet, je ne pense pas que beaucoup de gens ai vu ce semi-navet.

Ensuite sa B.O. Je n’ai rien contre, elle est même plutôt bien par moments, avec quelques envolées lyriques : mais malheureusement, ça tombe vite soit dans l’oubli, soit c’est submergé sous la qualité sonore des divers bruitages grand-guignolesques, qu’il s’agisse des coups de poings, des téléportations (oui, dans un récit mythologique, il faut le voir pour le croire) ou des apparitions des monstres.

Et enfin… rien d’autre ! Franchement, je vois pas comment on peut détester ce film. Après, je conçois que les gens dés avant ou pendant Mai 68 trouve ça inintéressant ; après tout, rien ne vaut un bon Meliès n’est-ce pas ! Mais si jamais vous prenez le temps de vous plonger dans cet univers, où merde rime avec bijou, alors vous en ressortirez heureux.

Entre le costume à peine vulgaire de Miss Poisson et la halo vert vintage, on se demande quel est le plus ridicule.

 

Mais je philosophe, alors que je n’ai même pas encore abordé le moment que vous attendiez tous : pourquoi ce film est une pure merveille ! Je sais pas si je pourrais contenir ma joie. Vite, du Slayer pour me calmer. En fait non. 

Ce qui ressort en premier de ce film, ce sont les acteurs, leur total manque d’implication, mis à part Midas (William Berger) qui s’amuse comme un petit fou, en éclatant de rire et en montrant ses 3000 dents à chaque apparitions ; la drogue fait vraiment des merveilles sur le troisième âge. Le grand prêtre aussi (Venantino Venantini, c’est vraiment son nom) est excellent, avec sa tignasse digne de la meilleure des drag queen, et ses peintures tribales (rappelez-vous, on est en Grèce !). 

Les amies de notre barbu national ont elles définitivement décidées de rester de marbre (pigé ? Car on est en Grèce ! Et y’avait plein de statues à l’époque ! Tuez-moi.) devant la caméra, ou même devant. Elles en ont clairement rien à carrer de jouer dans ce film. Même le réal devait en avoir rien à carrer de son film.

Bref tous les acteurs sont merveilleux de p
aresse et d’outrance, mais la cerise sur le Nutella, c’est bien évidemment Lou Ferrigon, aka notre demi-dieu du jour ! Son impressionnante musculature lui ayant ouvert les portes des plus grandes compétitions de culturisme, il était évidemment qu’il devait comme son compère Conan rejoindre le Syndicat des acteurs ! Mais malheureusement, il ne restera vraiment gravé dans les esprits que grâce à son rôle de Hulk dans la série L’Incroyable Hulk, dans les eighties.

Vous vous doutez donc qu’un homme ayant incarné Hulk doit être un formidable acteur. Eh bien… non, c’est tout le contraire. Dès lors que sa peau n’est plus verdâtre, il devient littéralement un sac de muscle et de chair barbu, se trimbalant et frappant tout ce qui bouge dans divers décors, le tout avec une expression aussi neutre que celle d’un boeuf. C’est très simple : ses pectoraux recouverts d’huile d’olive jouent mieux que lui.

Sentez cette intelligence dans cette toison capillaire, cet air rusé dans le regard… Shercule Holmes est là, faites place !

 

Là, vous vous dites : si les jeux d’acteurs sont aussi pourris, le reste doit l’être tout autant… Et bien oui ! C’est extrêmement jouissif que même dans les décors, c’est pourri. Si vous avez vu Kalidor, la légende du talisman, les décors sont du même niveau. Sinon, pour les (tristes) autres, imaginez le sentier pédestre qui est à 30 minutes de chez vous, mais cette fois avec des statues en carton et des poupées un peu partout : ça y est, vous êtes transporté dans le film. Les décors tiennent plus de ceux d’un documentaire que d’un film de fantasy : on passe de la plage à une grotte à une forêt à l’espace. Sans cesse. 

Parlons des costumes maintenant, et quels costumes ! Certes la plupart d’entre eux font vraiment antiquité grecque (heureusement), mais pour certains, le design est plus… alternatif ; mais attention, je ne parle ici que des vêtements des personnages humains ! Dès lors qu’on parle de ceux des monstres, c’est le festival : entre costumes de carnaval et animaux informes, on ne sait plus ce qu’affronte Hercule. 

Mais ce qui est vraiment le plus impressionnant, le plus délirant, le plus nanardesque dans ce film, ce sont les effets spéciaux. On passe des fées jumelles en images de synthèse aux boules de lumière flashy, en passant par les fonds verts de l’espace mal foutus. Plus le film avance, plus la drogue vous frappe violemment. Car oui, regardez ce film équivaut à une bonne séance d’aqua dans un garage, un samedi soir après avoir soigné sa fièvre ! Mais le point culminant, le moment ou ce nanar devient un vrai chef-d’oeuvre, c’est lors du combat final. Je ne vous dirai pas les tenants et les aboutissants de ce combat, seulement ceci : on voit un dinosaure affronter un gorille de dessin animé, dans l’espace sous les regards des dieux. UN DINOSAURE DANS UN PEPLUM. QU’EST-CE QU’IL VOUS FAUT DE PLUS FRANCHEMENT ? J’estime pouvoir mourir heureux, après un tel apothéose cinématographique.

Evidemment, le film est merveilleux sous bien d’autres rapports : les doublages sont hallucinants de mauvaise volonté dans l’intonation, mais aussi dans l’acting ; Hercule donne des coups de poings à la caméra, pour simuler une attaque sur un monstre ; ils disent tout le temps des conneries ; les couleurs font mal aux yeux ; la lumière est nulle ; le montage, je sais pas si ils connaissent ça ; le scénarii est bourré d’incohérences ; etc.

Zeus possède une puissance divine si élevée, les étoiles lui passent à travers.

 

Verdict : Allez voir ce film. C’est tout. J’ai rien à ajouter. Les images parlent d’elles-mêmes je crois.

Et puis surtout, j’ai la flemme de faire une conclusion. 

 

 

 

 

 

[CRITIQUE] Sexcrimes

                                                            Volenkahn’s Reviews #4 : Sexcrimes

 

Alors : l’aile ou la cuisse ? (perso, l’aile)

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma quatrième review cinéma. Et aujourd’hui mes fidèles ouailles, nous allons parlons de sexe, de jolies filles et d’armes. Oui je sais, on a l’impression que je vais parler du 25ème opus de Fast and Furious. Et pourtant… C’est d’une pépite dont je vais vous parler aujourd’hui ; un thriller qui vous renversera plus encore que Space Mountain. Le film que je m’apprête à disséquer aujourd’hui s’appelle Sexcrimes.

 

Ce film est un des trois films faisant partie de ce que j’appelle la « Trilogie Denise Richard » (si vous vous demandez vraiment pourquoi, vous êtes un cas deséspéré… et désespérant), avec Starship Troopers et Le monde ne suffit pas. Certes Starship Troopers est un classique de la SF, mais c’est le 19ème opus des aventures de James Bond qui la propulsera vers la gloire. Neve Campbell quand à elle, était déjà connu du grand public grâce à la sortie de Scream deux ans plus tôt. Certes, elle n’a pas la popularité de Drew Barrymore, mais au moins, elle ne meure pas en gueulant comme je ne sais quoi au début du film.

 

Sexcrimes (Wild Things dans sa version originale, pourquoi changer les titres anglais ça n’a pas de sens, sauf si c’est vraiment pas parlant pour le public francophone) donc, est réalisé par John McNaughton, (ayant par ailleurs réalisé en 1986 Henry : portrait d’un serial killer, que je n’ai pas vu donc ne me demandez pas NE ME HARCELEZ PAS AVEC CE FILM S’IL VOUS PLAIT) et sorti en 1998, pour un budget de 20 millions de dollars ; soit 5 fois plus que celui de Terminat— Bref.

En Floride, le professeur de sport sur le campus de Blue Bay Sam Lombardo (Matt Dillon) est très populaire auprès de ses élèves, notamment sa gente féminine, tels que Kelly Lanier Van Ryan (Denise Richards, c’est quoi ce nom enfin) et Suzie Marie Toller (Neve Campbell, c’est pas mieux) . Un jour, Kelly l’accuse de l’avoir violée. Mais lors du procès, les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent. Dès lors, l’affaire fait des émules, et l’inspecteur Ray Duquette (Kevin Bacon) inspecte. Enquête, pardon.

Promis, je savais pas qu’il y avait ce genre de scènes. Mais c’est pas comme si ça me dérangeait, hein

Sexcrimes fut nominé deux fois, d’abord pour le prix de la meilleure musique, mais surtout pour le prix du meilleur baiser par MTV Movie Awards. Oui, il y a un prix pour le meilleur baiser. Je ne comprends pas vraiment l’industrie du cinéma, des fois.

Anyway, parlons tout de suite des points positifs, en commençant par le plus évident : sa mise en scène. Les révélations et les coups de théâtres s’enchainent comme autant de shots de vodka lors d’un after à Arcachon : plus ça avance, plus on se surprend à se retrouver la bouche muette de surprise. Nombres de ces retournements de scénario reposent parfois sur un simple élément de décor, ou même sur une parole. La mise en scène est tout simplement incroyable. Les acteurs aussi sont excellents, chacun révélant une autre partie de leur identité avec force et subtilité. Ils jouent tous bien, particulièrement Neve Campbell en gothique tourmentée. L’alchimie qui se dégage de ce trio alambiqué, notamment lors de la torride scène de la chambre d’hôtel, est mystique. La B.O quand à elle est très bonne, quoique peu transcendante. Les dialogues aussi sont savoureux, et l’humour est très présent, même dans les moments les plus dramatiques.

 

Les points négatifs, maintenant : tout d’abord le scénario. Oui, car malgré sa richesse, sa résolution peut paraître invraisemblable. De plus, certaines scènes paraissent inutiles dans le déroulement de l’intrigue.Le récit repose sur un élément par rapport à un des personnages, qui dès qu’on le sait, le rend tout de suite paradoxal. Mais je n’en dirais rien (MERCI QUI MERCI MOI).

 

Oui je sais, il y a peu de défauts, mais que voulez vous ! On se laisse facilement importer par ce thriller violent, sexy, sentant bon le crime et le paradis, prouvant que même les anges les plus magnifiques possèdent une queue de démon. Sexcrimes est donc un film passionnant, avec un suspense à couper au couteau, et à la photographie impeccable. Il mérite clairement d’être plus connu que cela. Rien que pour les lèvres de Denise.

ça donnes envie, hein ? C’est pas comme si elles se ressemblaient parfaitement… Aah, les suites inutiles, ça me rappelle celles de Psychose.

[EXPO] Blue Sky – Musée d'art ludique

Blue Sky – Musée d’art ludique
25 mars au 18 septembre

Bonjour/Bonsoir ! Avec Margaux, on a eu la chance d’aller à la nouvelle expo du musée d’art ludique !
Après les studios Ghibli, Aardman, les super-héros marvel, pixar ou encore l’art dans le jeu vidéo dont je vous parlais ici.

Compte-rendu de Margaux  : 

Le Musée Art Ludique nous ouvre ses portes pour découvrir l’univers du studio d’animation « Blue Sky » du 25 mars au 18 septembre 2016 ! Le prochain film du studio, L’âge de Glace 5 (et oui déjà !) sort le 22 juillet 2016. Cette exposition est donc, pour ainsi dire, l’occasion parfaite, enfants comme adultes, de découvrir ou de redécouvrir les dessins, les peintures, les essais, les sculptures et même l’histoire des différents films et du studio. L’exposition dévoile près de 800 œuvres (rien que ça) issues de la création de leurs films, dont certains ont connu, et connaissent encore actuellement, un succès planétaire. Ces présentations permettent de découvrir la naissance et l’évolution des différents personnages comme le célèbre Scrat l’écureuil que l’on peut revoir avec la projection inédite de « Il était une noix ».

Inspirations pour le film « Rio »

L’exposition se compose de plusieurs pièces distinctes regroupant, pour chacune d’entre elles, une thématique particulière (un film, un personnage, une inspiration, ou une technique artistique et créative). Pour comprendre cette ampleur cinématographique il est important de préciser que les années 1990 annoncent l’arrivée en force de l’image de synthèse. Cette nouvelle amorce est un tournant décisif pour le cinéma, et tout particulièrement pour le cinéma d’animation. Les courts et les longs métrages qui fleurissent à cette époque suscitent la curiosité, ainsi que l’engouement des spectateurs qui bénéficient d’un tout nouveau panel de couleurs au service de leur imagination, et de leurs rêves. Cette exposition permet donc au spectateur de comprendre comment le studio Blue Sky trouve naturellement sa place dans ce nouveau concept artistique.

Oh ! De beaux oiseaux bleus !

La première salle est consacrée à l’histoire personnelle de « Blue Sky Studio ». C’est en effet en 1987 que six membres issus de MAGI (Mathematical Applications Group, Inc.) fondent le studio Blue Sky. Dès 1992, le studio réalise de nombreux travaux de commandes ainsi que des spots publicitaires. Une publicité, réalisée en images de synthèse, pour un simple rasoir électrique, semble tellement réelle qu’un jury d’expert pour un grand concours d’images en 3D pense qu’il s’agit d’un véritable appareil électrique, disqualifiant ainsi l’équipe par simple erreur de « réalisme ».

En 1996, Blue Sky crée les effets spéciaux du film Bienvenue chez Joe pour la scène dans laquelle des cafards dansent et chantent. Un an plus tard, soit en 1997, le studio réalise les effets spéciaux pour Alien, La résurrection, (n’ayez pas peur ils sont réglos !). En 1998 le studio est même récompensé par un Oscar (Oscar présent dans l’exposition même !), pour son premier court métrage Bunny. Bien que ce dernier soit très émouvant, voire trop triste pour un enfant (et pour les adultes également, et oui qui a dit que les films d’animation étaient réservés aux plus petits ?), il faut bien reconnaître que pour l’époque il est plutôt agréable à regarder malgré le fait qu’il soit difficile de ne pas pleurer face à la solitude poignante de cette lapine veuve et très âgée. Mais c’est pourtant bien en 2002 que le studio réalise un carton planétaire avec la sortie de L’Age de Glace. A partir de cette date, le studio ne cessera de se faire connaître à travers le monde entier que ce soit avec Epic : La Bataille du royaume secret, Rio, ou encore Robots.  

Pour une ville robotique…

Indéniablement, les films d’animation du studio s’inspirent de nombreux artistes du XIXe siècle comme Winsor McCay, l’inventeur de Little Nemo in Slumberland, de Gustave Doré, Edward Gorey ou encore de John Randolph Bray. Que ce soit au travers des dessins, des caricatures, des peintures, ou encore des œuvres caractéristiques de l’art figuratif américain, tout peut être utile au brouillement créatif du studio. Au-delà de l’héritage de ces grands illustrateurs le studio s’intéresse également la technologie contemporaine, technologie, la plus sophistiquée possible évidemment. En effet, les ordinateurs et l’ensemble des différentes technologies ne remplaçant pas les artistes pour autant, les différents membres du studio doivent acquérir un savoir faire exceptionnel du dessin ainsi que de l’image de synthèse. Éléments qui confèrent aux différents univers une authenticité tout à fait unique. Pour ainsi dire, toute l’équipe possède une immense culture visuelle que ce soit les réalisateurs, les illustrateurs, les animateurs ou encore les directeurs artistiques. C’est grâce à cette diversité d’esprit et de d’originalité que nous pouvons affirmer qu’il n’existe pas à proprement parlé de « style standard Blue Sky » mais bien un style unique par film.

L’ingéniosité de studio s’exprime donc avant tout à travers une très bonne maîtrise de la lumière, des couleurs, et des environnements, aussi différents soient-ils, (glace, forêt tropicale, ville robotique…), et d’un fourmillement créatif qui se compose de nombreux styles graphiques aussi variés que complémentaires qui offrent non seulement un véritable hommage au génie artistique de leurs prédécesseurs mais également une multitude d’inspirations pour les générations actuelles et à venir. C’est ainsi que nous découvrons l’univers de Robots, qui comprend des espaces géométriques simples et des immeubles constitués de modules en acier empilés ou encore celui du monde microscopique d’une certaine civilisation qui incarne toute la grâce et la force des forêts avec Epic : La Bataille du royaume secret.

Pour conclure nous pouvons dire, que des héros poilus de L’Age de glace, des personnages mécaniques de Robots, ou des oiseaux multicolores de Rio, les humains et les animaux qui peuplent les films de Blue Sky assurent un style artistique et graphique très différent. Bien que le prix soit un peu élevé, l’exposition est un ravissement pour les yeux et le cœur (humour et émotions garanties) et offre aux visiteurs des images exclusives pour le prochain film du studio L’Age de glace 5 : Les lois de l’univers (ce qui n’est tout de même pas négligeable !). Et au-delà de la certaine nostalgie, ou de l’admiration que nous pouvons porter à ces films d’animation qui ont, ou pas
par ailleurs, bercés notre enfance, l’exposition nous offre une possibilité de comprendre la conception de ces univers, qui n’ont assurément pas fini de nous étonner !

Mais si vous savez le chien Snoopy !

 

Le mot de Zora : 
Pour ma part j’ai apprécié cette exposition mais sûrement pas autant que les fans du studio Blue Sky. En parcourant l’exposition j’ai réalisé que je n’avais vu que les films L’âge de glace et Robots
 Les salles sont biens aménagées, une par film ou presque, mis à part pour L’âge de glace que l’on retrouve tout au long de notre visite. 

Certains tableaux sont très très beaux, de bonne qualité d’impression et d’autres.. eh bien on voit les gros pixels, c’est dommage. Cela dit, les maquettes ainsi qu les sculptures qui ont servis à la numérisation des personnages sont impressionnantes par leurs détails. Les vidéos qui les accompagnent (où l’on retrouve les scénaristes, créateurs, réalisateurs,…) nous apprennent beaucoup sur la création d’un tel film. 

Le petit plus ce sont les deux courts-métrages que l’on peut visionner : celui qui a reçu un oscar (dont j’ai oublié le nom, désolée !) et un autre avec Scrat, toujours aussi drôle et adorable ! 
Aussi, je ne suis pas trop du genre à prendre les audio-guides, mais ici c’est une mine d’informations qui vaut le détour ! 

Mandarines

Mandarines, un film de guerre, encore… Oui Zaza Urushadze nous parle de guerre dans son film, mais il en parle d’une façon particulière, à la fois belle, intelligente, triste et très forte. Suite à l’avant-première diffusée au cinéma « Le Lincoln » mardi 29 mars, je vous propose cette critique signée Reizak, le Mouton de 404 !

Présentation et Synopsis

Mandarines est un film géorgien réalisé par Zaza Urushadze et qui sortira le 6 avril prochain en France. Il a été élu meilleur film étranger aux Oscars et a reçu le Golden Globe du même nom. Le synopsis est assez simple : pendant la guerre en Abkhazie, opposant les géorgiens et les tchéchènes, deux hommes habitent un village désert. Le plus jeune, Margus, cultive des mandarines, l’autre, Ivo, s’occupe de fabriquer des caisses pour transporter les agrumes. Ensemble, ils tentent de sauver l’énorme récolte de mandarines qui occupe le verger de Margus. Un jour, suite à un échange de tir entre une camionnette géorgienne et un pick-up tchéchène, Ivo recueille et soigne un blessé de chaque camp. Les deux ennemis devront vivre sous le même toit.

Parlons architecture…

Ce film est extrêmement intéressant sur beaucoup de points et on va commencer par l’architecure scénaristique : il n’y a aucun raté, tout est parfaitement minuté : la mise en place du décor est précise et rapide sans être précipitée, le panel de personnage, assez réduit, est très bien introduit, tout comme les enjeux que l’on pourra comprendre après 20 petite minutes de film. Le film se termine assez rapidement sans que ça soit non plus trop brusque.

Il faut dire ce qui est, ce n’est pas une œuvre très joyeuse. Pourtant, on aura tout au long du film, jusque dans ses dernières minutes, quelques notes d’humour qui allège le tout. Encore une fois, cette facette du film est extrêmement bien gérée : elle procure un sentiment de soulagement en faisant apparaitre des sourires sur le visage des spectateurs –parfois même des éclats de rire-, mais elle n’éclipse en aucun cas le but profond du film.

Le but du film, venons-en : quel message veut-il faire passer ? On parle ici de la guerre territoriale d’Abkhazie, mais on comprend très vite que le message est universel et il est très connu : la guerre c’est mal, ça n’a aucun sens, personne n’a le droit de prendre la vie d’autrui, etc. Beaucoup d’œuvres tentent de faire passer ce message, beaucoup y arrive, et Mandarines fait sans aucun doute parti des meilleurs. Plusieurs méthodes seront utilisées pour faire ressentir au spectateur toute l’ampleur et l’importance du problème sous plusieurs angles.

La Guerre des Agrumes

« C’est le nom qu’ils donnent à la guerre », ça semble innocent n’est-ce pas ? Absurde même ! Tout comme la question que tout le monde se pose : Pourquoi risque sa vie pour des mandarines ? Cette absurdité, elle vous frappe avant même de rentrer dans le cinéma, dès que vous voyez le nom du film. Pourtant elle est assumée car elle fait partit intégrante de l’essence du message du film.

Bien que la récolte de ses fruits soit importante pour Margus, on ne peut le nier : risquer chaque jour sa vie pour un verger de mandarines situé en pleine zone de guerre, c’est complètement fou ! L’absurdité de la situation, rappel le message –absurdité de la guerre- pendant tout le film. Bien que le procédé soit assez classique, c’est une des grandes forces de ce film car c’est extrêmement bien fait.

Plus qu’avec la guerre, le problème sera mis en parallèle avec les idéaux des soldats qui ne cesseront de s’envoyer à la figure. L’un revendiquant le territoire comme géorgien, l’autre clamant la légitimité de l’Abkhazie tout en affirmant que ses ennemis ne savent pas se battre, ce à quoi répond le premier que les tchéchènes n’ont aucune éducations… Querelle de gout, de morale… bref, que de futilité fasse à l’énormité qu’est la mort de tant d’hommes.

La trinité musicale

« Bof, c’est sympa, mais y’a pas grand-chose à dire de cette BO ». C’est ce que je me suis dit depuis le milieu du film jusqu’au générique. Mais c’est précisément là que tout prend forme, et c’est là que c’est génial. A mon sens, la bande originale de ce film est l’un des meilleurs éléments du film, si ce n’est LE meilleur. Mais avançons pas à pas. Tout au long du film, on entendra régulièrement une mélodie, très simple, jouée avec un instrument à corde (que je suis incapable d’identifier, désolé). La première fois, on la trouve agréable, elle accompagne bien ces trois hommes qui progressent à travers un village désert. La deuxième fois, on la remarquera à peine. Puis après la troisième, la quatrième fois, on comprendra que c’est bien l’hymne de l’œuvre, sans pourtant percevoir sa réelle signification.

Vers le milieu du film, la radio du vieil homme diffusera un air aux tonalités tchéchènes que Nika ne supportera pas. Au milieu de toutes les chamailleries puériles des deux soldats, cette scène passe inaperçue. C’est une fois rendu à la fin du film que l’on comprend.

Mais n’allons pas trop vite. A partir de la première fois ou le géorgien s’assoit, jusqu’à seulement quelque minutes avant sa mort (dont on reparlera plus loin), on le voit réparer sans cesse une cassette audio qu’il avait dans ses affaires. Cette même cassette sera écoutée par Ahmed alors qu’il quittera le village dans le même pick-up avec lequel il est arrivé au début du film. C’est une très belle musique géorgienne qui est diffusée pendant ce générique, donnant un sens à toute la bande originale du film.

La première mélodie représente par son omniprésence les deux estoniens, le village, la neutralité et le message de paix qu’ils essaient de transmettre aux deux soldats. Le fait qu’elle passe après le bombardement de la maison de Margus, ou encore la mort de celui-ci et de Nika, rappelle que dans la vie comme dans la mort, les hommes sont tous fait de chair et de sang, que chaque vie a autant de valeur.

La musique qu’Ahmed apprécie à la radio représente le conflit entre les deux hommes. C’est lui qui a provoqué en premier les hostilités en promettant de le tuer dans son sommeil ou en le menaçant. Même si le géorgien répondra rapidement, on appose rapidement sur le tchéchène une étiquette d’homme violent, agressif. Lorsqu’il écoute la radio, il apprécie la musique certes, mais s’il refuse de changer de station c’est principalement pour provoquer Nika. On est donc bien dans une situation de provocation.

Enfin, l’air géorgien qui est diffusé pendant le générique représente la réconciliation entre les deux hommes. Il est beaucoup plus doux que l’air tchéchène. Elle sonne comme une amitié naissante entre les deux ennemis. Avant de mourir, Nika a pris d’énormes risques pour sauver Ahmed. Il aurait pu tout simplement le laisser se f
aire tuer, mais il refuse et tire sur les agresseurs du tchéchène. Ils finissent par se battre ensemble pour protéger Margus –en vain- et Ivo. Ahmed ira même jusqu’à creuser la tombe du géorgien alors qu’il a proposé de laisser pourrir les cadavres de ceux qu’il a tué au début de film. Tout ceci montre bien qu’Ivo a réussi à leur faire comprendre la valeur de la vie.

On pourra également noté que Nika est occupé tout au long du film par la réparation de sa cassette. Cette réparation représente la haine mutuelle des deux hommes qui s’efface. Durant tout le film, on se demande à chaque fois qu’on la voit ce qu’elle peut contenir. Pourtant après le choc de la mort des deux hommes, on l’a presque oublié. Le fait qu’Ahmed la sorte de ses affaires quelques secondes avant la fin du film signifie qu’il n’a pas oublié cette réparation : alors qu’il pourrait haïr le monde d’avoir pris ces deux vies et repartir à la guerre pour déchainer sa rage, il va plutôt rentrer pour voir sa famille et simplement se souvenir de son ami géorgien.

Oui papa…

Après l’échange de tir, Ivo emmène Ahmed chez lui, un mercenairetchéchène qui a perdu son ami d’enfance dans la bagarre. Il le soigne, puis repars enterrer les autres avec l’aide de Margus. Alors qu’ils sont tous placé au fond de la tombe, l’un des géorgiens remue : il n’est pas mort. Ivo le ramène également chez lui. Quand Ahmed le voit, il promet de le tuer dès que possible. De plus, Nika, le géorgien promettra la même chose quand il reprendra conscience. C’est là qu’est l’enjeu principal du film : comment Ivo les en empêchera.

Le viel homme utilisera la parole d’honneur des hommes qui promettront de ne pas s’entre-tuer sous son toit, par respect pour celui qui les a sauvé. A partir de là, Ivo prend une place paternel face aux deux combattants qui ne cessent de se provoquer, de se chamailler, réellement comme des gamins. Bien sûr, cet aspect est renforcé par la grande différence d’âge qu’ils ont avec Ivo, mais pas seulement. A plusieurs reprises, on aura vraiment l’impression d’entendre parler un père à ses enfants, comme s’il leur disait de finir leur soupe, de ne pas bouder… Cette mise en scène sera perturbée par quelques moments de tension qui rappelleront qu’on a affaire à deux hommes qui ont promis de s’ôter la vie. Enfin, on apprendra quelques minutes avant le générique que la raison qui pousse Ivo à ne pas quitter le village est en fait la tombe de son fils, mort au début de la guerre. Il aura en fait vu Ahmed et Nika comme ses propres fils pendant tout le temps qu’à durer leurs séjours chez lui.

Conclusion

Mandarines, que dire de ce film à part qu’il faut absolument le voir ? Il traite d’un sujet très dur, il vous remuera, mais vous en sortirez avec une très bonne impression. Vous découvrirez des acteurs que vous n’avez jamais vu, une très belle langue que l’on entend que rarement au cinéma (à part dans la bouche des méchants communistes malheureusement). De plus, le fait qu’il ne s’agisse pas d’une grosse production américaine apporte beaucoup. L’oscar du meilleur film étranger n’est pas distribué à la légère, il est là pour rappeler que le monde entier produit de très bon film. J’espère sincèrement que ce film recevra l’accueil qu’il mérite lors de sa sortie française.

[CRITIQUE] Turbo Kid

                                                                 VolenKahn’s Reviews #3 : Turbo Kid

 

Et dire que je n’ai pas pu le voir au cinéma… TRISTESSE INFINIE

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma troisième review cinéma. Et aujourd’hui, nous allons parler d’une film barré, punchy et trashouille tout droit sorti de Nouvelle-Zélande : Turbo Kid.

 

Si ce nom vous dit quelque chose, c’est… étonnant, car il ne peut y avoir que trois moyens de le connaître : ou bien vous êtes nantais (salut), et vous êtes allé le voir à l’absurde séance ; ou bien grâce à zone-telechargement ; ou bien vous arpentez internet avide de films en tous genres, comme un mendiant à la sortie de la messe (je sais pas si ça passe comme blague). Sinon, ce n’est pas grave.

 

Sorti en 2015, il fut réalisé par Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell. Des films barrés, je n’en ai pas beaucoup vu, mais je peux quand même citer Crank par Neveldine-Taylor, Bad Taste par Peter Jackson (son premier film, parfaitement à l’image de son titre), Crazy Stone par Ning Hao, Snatch de Guy Ritchie, Captain Orgazmo par le créateur de South Park (UN MUST), et quelques autres… Turbo Kid n’est pas aussi fou que ceux-là, mais l’innocence et le courage de ses protagonistes face aux vilains pas beau renforce l’absurdité des situations.

Elle est aussi folle qu’adorable. Et surtout, elle ne fait pas ses 28 (au moment du tournage)

L’histoire se déroule dans un désert apocalyptique nommé les Terres Désolées, où la société n’existe quasiment plus, et où règne en maître le maléfique Zeus (Michael Ironside). Cet homme n’a pourtant rien à faire avec notre jeune héros (Munro Chambers), vivant dans un bunker et fan d’un super-héros (dont je ne dévoilerais pas le nom), jusqu’au jour où son amie Apple (Laurence Leboeuf) se fait enlever par un des sbires de Zeus. Notre jeune homme fera alors tout pour tenter de la sauver.

 

Turbo Kid est passé pour la première sous les yeux du public au Festival du film de Sundance 2015, ce qui est toujours un bon signe. Le principe de ce festival, rendu célèbre grâce à Robert Redford, est de présenter des films indépendants, réalisés hors des normes hollywoodiennes. Certains réalisateurs sont devenus célèbres grâce à Sundance, comme Tarantino, Rodriguez ou Singer. Mais malgré tout, ce sont des exceptions, et la plupart des films et court-métrages restent sur le continent américain, et surtout dans les esprits des connaisseurs.

 

Pour une fois, je vais commencer par les aspects négatif, car malgré ses défauts, ce film ravira le coeur des fans des années 80 et des poursuites endiablées. Tout d’abord, le film est assez gore. C’est pas non plus A Serbian Film, mais ça peut rebuter. Ensuite, certains personnages secondaires sont assez clichés. Mais surtout, le scénario est… banal. En gros : méchant enlever copine du héros ; héros sauver copine. Ce qui est dommage, pour un bon divertissement comme ça. Ca ne veut pas dire qu’il est dénué d’intérêt, avec notamment un twist scénaristique vers la fin du film plutôt savoureux.

 

En effet, ici exit les voitures customisées de Max Rockatansky, et bonjour les vélos du futur ! Vous l’aurez compris, l’esprit du film respire le fun. Les personnages sont à l’image du héros typique de film américain : jeunes, dynamiques, innocents et pleins de courage. Le réalisateur a réussi à montrer positive d’un monde désert, écorché, où l’espoir réside dans la jeunesse, qui dépoussierera les idées préconçues et archaïques de la vieillesse. Les acteurs jouent tous très bien, surtout Laurence Leboeuf, en ado survoltée et déjantée, mais aussi Michael Ironside, aficionados des rôles de méchants, qui apparait comme la vraie menace du film, avec son regard terrible et ses cheveux grisonnants. Mais il est temps de parler du point principal (enfin ! Disent les impatients) : sa bande-son. Divinement rétro, elle ravira les oreilles des nostalgiques de l’époque de la coupe mullet. C’est LE point fort du film.

Un duo dynamique, qui ne vit malheureusement pas à Gotham

Turbo Kid, c’est donc un film cool, avec plein de sang, d’action, d’humour et de tendresse, qu’elle soit dans le traitement de ses personnages ou dans sa musique. Si vous voulez passez un bon moment, regardez ce film. Si vous vous demandez à quoi ressemblerai le futur dans un monde post-apocalyptique, regardez ce film. Et surtout, si vous n’avez plus l’espoir dans la jeunesse, regardez ce film.

[INTERVIEW] Dieumerci! avec Baptiste Lecaplain et Lucien Jean-Baptiste

Aujourd’hui, nous avons retrouvés Lucien Jean Baptiste, réalisateur et acteur de Dieumerci !, au cinéma le 9 mars, en compagnie de Baptiste Lecaplain pour une table ronde entre blogueurs et réalisateur/acteurs. Ils ont donc répondus à quelques unes de nos questions, et on vous les partage donc avec grand plaisir !

 

Une photo publiée par Error404 (@error404fr) le

Pour le réalisateur, était-il conscient de faire une feel good movie ? C’était un choix ou bien ça s’est fait tout seul en quelque sorte, c’était un moyen de communication ?

(Lucien était absent au moment du début de l’interview, Baptiste a donc répondu pour lui d’après ce qu’il savait)

Baptiste Lecaplain :  Après son film 30° couleur qui n’avait pas marché du tout, il n’avait plus du tout envie de réaliser de film. En fait, après avoir lu un scénario de Farid Lahouassa (= producteur de Dieumerci!) qui s’appelait Interim  et qui voulait nous faire bosser tous les deux sur un projet, Lucien lui a dit que le scénario était assez proche de son histoire, mais qu’il n’avait pas envie de jouer un sans papier en interim comme cela devait être le cas sur ce scénario. L’intention de faire un feelgood movie c’est pas du tout ce truc là, il s’est laissé aller sur le côté autobiographique du film. Après c’est la patte de Lucien, c’est à dire qu’il raconte une histoire, mais il ajoute un peu de comédie, car on ne peut pas faire que du drame. C’est plus une comédie dramatique qu’une feel good movie en fait.

Lucien voulait avant tout raconter son histoire perso avant de faire une feel-good-movie ou bien une comédie dramatique.

Baptiste, tu te retrouves dans ton personnage de Clément ?

Alors là non pas du tout ! Clément c’est typiquement le genre de mec que je détesterai être dans la vie ! Quand j’ai eu envie de faire du one-man show j’avais 19 ans et je m’ennuyais à la fac, je suis jamais parti dans les cabarets à faire le fanfaron et t’es payé juste avec un repas quoi. J’ai travaillé avant 3 ans et demi en tant qu’animateur pour rassurer mes parents avant tout, alors que c’est clairement pas l’objectif de Clément qui lui s’en fout de tout, qui flâne et fait les choses comme ça vient. Je suis bien plus angoissé que lui !

Le challenge qui était intéressant pour moi par contre, c’est que j’allais jouer un mec que j’aimerai clairement pas dans la vie, mais du coup, comment faire pour le rendre sympathique à l’écran ? C’était un challenge sympa à faire que j’aurai pas pu faire si j’avais joué quelqu’un d’autre, genre Hitler, car un Hitler sympathique, c’est pas trop possible *rires*

Baptiste, comment as-tu rejoint le casting ?

En fait, j’étais le premier au courant d’un projet entre Lucien et moi ! C’était sur le tournage de Nous York en 2011 où Farid Lahouassa était déjà le producteur. C’était vraiment un mec qui sentait les bonnes rencontres, qui misait sur les jeunes acteurs… Il a quand même lancé des gens assez cool, et il m’avait dit sur le tournage « J’aimerai bien que tu fasses un film avec Lucien Jean-Baptiste un jour ! ». Du coup moi j’étais ravi et je lui ai demandé s’il avait déjà une idée de scénario. Il m’a alors répondu que non pas encore, mais que dès qu’il aurait un projet, il me recontacterait… C’est ce qu’il a fait quand il a eu l’idée d’abord d’Interim. Puis finalement, Lucien l’a repris et adapté à son histoire pour faire Dieumerci!

Pourtant j’avais tourné qu’un mois de Nous York, ça m’étonnait un peu cette demande. Je suis plutôt soucieux du rendu que ce que je fais va donner. Autant un One-man-show tu vois très vite si ça marche, tu balances une vanne, t’as des rires en retour ou pas. Mais là, tant que le film n’était pas sorti je ne me voyais pas du tout acteur et je ne savais pas du tout si ce que je faisais était bien et si je pourrais me lancer dans d’autres projets. J’avais besoin qu’on me dise une fois Nous York sorti « Ouais c’est pas trop mal, tu peux en faire d’autres » quoi, mais en tout cas, ça m’avait vraiment touché cette proposition.

Comment s’est passé ta rencontre Baptiste avec Lucien ?

En fait, après qu’il m’ait repéré sur le Grand Journal pendant la promo de Bref, il m’avait dit qu’il avait vachement aimé ce que je dégageais et tout, et il est venu voir mon spectacle au Bataclan et on devait se rencontrer après pour discuter du film.

(lucien arrive)

Baptiste : Ah bah enfin ! T’es venu en pirogue ? *rires*

Lucien : Bonjour, bonjour ! 

Baptiste : Alors, comment tu m’as repéré Lucien du coup ? C’était bien au grand journal ou c’était Farid qui t’avait parlé de moi ?

 Lucien : Oui c’est ça c’était au grand Journal. Je t’avais vu et je me suis dit « Tiens, ce mec il me plaît bien ». Non pas que je pourrais être moderne… Je suis plutôt classique sur ce coup là, mais ouais tu me plaisais, et Farid m’a ensuite parlé de toi.

La première rencontre a eu lieu à Venise c’est ça ?

Baptiste : Oui, en fait je savais que Lucien ré-écrivait Interim. Du coup j’attendais, puis un soir Farid m’avait dit que Lucien serait au Bataclan pour voir mon spectacle et qu’on se verrait après, mais il n’est pas venu me voir après, du coup j’ai pensé d’abord qu’il ne voulait plus faire le film, ou qu’il n’avait pas aimé …

Lucien : Non, j’avais une nounou ! Rires

Baptiste : Et du coup, c’est en partant en vacances à Venise que je l’ai croisé avec sa famille. On a donc mangé ensemble et on en a parlé directement là bas, c’était bien sympa ! On avait d’ailleurs fait un selfie dégueulasse devant une petite pizzeria, il faudrait que je le retrouve *rires*. Du coup la première rencontre physique entre Lucien et moi, c’était sur un pont à Venise.

Baptiste, ça t’as fait quoi de passer de la scène au cinéma ?

Baptiste : C’est assez cool ! C’est un autre métier totalement différent… J’avais peur que ce soit un handicap au début car j’avais jamais pris de cours de théâtre. Du coup j’arrivais sur les tournages comme une page vierge, je me mettais totalement
au service du metteur en scène et j’essayais vraiment de faire au mieux. Le One-man-show t’es vraiment tout seul, et tu peux faire ce que tu veux, mais parfois moi j’aime bien pouvoir me reposer sur les épaules de quelqu’un. Au cinéma à la fin d’une scène t’as quelqu’un qui vient te taper le dos en te disant que t’as bien joué, c’est cool, ça te motive. Tu peux partager des trucs avec l’équipe. Moi ça me boostait vraiment de pouvoir partager son temps avec une équipe et ne pas devoir toujours compter que sur soi comme sur le one-man-show.

Lucien, le thème du film est celui de vivre ses rêves, est ce que tu vis le tien à travers tes films ?

Lucien : Oui, on vit notre rêve en réalisant ces films, en jouant dedans. On aurait jamais imaginé un jour pouvoir faire ça comme métier. Mais après, le plus dur, c’est de garder ce métier, ne pas tomber dans l’oubli, et c’est pour ça qu’on essaye d’en parler un maximum, et c’est votre responsabilité ! C’est pour poursuivre nos rêves ! 

Baptiste : Enfin après, si on faisait des films de kung-fu avec des nains je suis pas sûr qu’on les poursuivrait longtemps non plus… 

Moi je voulais faire des sketchs, et j’adorais faire du cinéma. Du coup, combiner les deux c’est top ! Le matin en me levant je me dis pas que je vais travailler en fait, c’est une passion avant tout.

Lucien, ce film a une bonne partie autobiographique, qu’est ce qui se rapproche de ta vie ?

Lucien : C’est clairement ma vie à 90.. non 80.. ou 77,8 %, enfin bon, en tout cas c’est vraiment basé sur ma vie réelle. A la base le scénario venait de Farid Lahouassa , et je l’ai entièrement ré-écrit. Tout est basé sur ma vie, à la base je bossais dans l’événementiel, puis il m’est arrivé un événement tragique dans ma vie… Bon alors, non, j’ai pas fait de prison, mais c’est en fait une métaphore avec l’enfermement de la banlieue, qu’on renferme toujours avec les mêmes clichés… J’ai également glissé quelques éléments et anecdotes de ma vie, comme au début du film, un flic antillais qui m’appelle tonton flingueur… J’avais vraiment un oncle antillais qui m’appelait comme ça ! Je raconte mes histoires, donc je m’inclus toujours c’est normal. Comme Baptiste, son spectacle est basé sur lui car c’est ce qui est plus intéressant.

Baptiste : Oui, moi mon spectacle est à 90% de moi, c’est toujours plus drôle de parler de soi, les gens s’intéressent toujours plus. Si je faisais une vanne sur la batterie de l’iPhone 6, le lendemain la blague aurait été oubliée. Les anecdotes de notre vie, ça donne des tonnes d’idées pour faire rire par la suite car ce sont des situations parfois anodines et vraisemblables !

Lucien : Le film résume bien mon passage aussi au Cours Libre. Dans le film au cours Florent, y’a vraiment le même type de profil, des gens qui erre, d’autres qui m’aidaient pour les alexandrins… C’est vraiment ça quoi, et c’est pour ça que ça me plait ce film

Lucien, tu comptes un jour te consacrer seulement à la réalisation ?

Non, moi je fais tout, j’en suis à mon quatrième film réalisé, mais j’aime aussi jouer et doubler. Là samedi par exemple je vais sur le doublage de la saison 2 de Fear The Walking Dead. Je fais en fonction de mes envies tant que j’en ai la possibilité même si c’est vrai que l’on me propose moins de doublage car je suis assez contraignant à cause de mes tournages et tout. Pourtant c’est ce qui m’a lancé et j’aime vraiment bien ça ! C’était Cousin Skeeter qui m’avait vraiment lancé d’ailleurs dans ce milieu là.

Baptiste, tu penses un jour passer derrière la caméra ?

Baptiste : Noooooooon ! J’ai bien trop de respect pour les réalisateurs pour m’y mettre. Je trouve ça tellement dur, non, c’est pas pour moi.

Lucien : Mais tu dis ça tu as 30 ans, t’as cru qu’à 30 ans je me disais que je réaliserai des films aussi ?

Baptiste : Non mais vraiment, je pense pas que je le ferai un jour. Faut avoir une putain d’équipe, faut bien s’entourer et tout ça…

Lucien, quel genre de réalisateur êtes-vous sur un tournage ? Plutôt cool, strict ? Tu laissais pas mal de libertés de jeu ?

Lucien : Baptiste va vous le dire mieux que moi je pense… Après ça dépend des gens aussi !

Baptiste : Sur ce tournage pas trop de libertés, fallait pas trop traîner car on avait pas un budget extensible, mais vraiment après Lucien il gueule jamais, c’est une super bonne ambiance, bienveillant. Après tout le monde faisait bien son boulot c’est peut être pour ça aussi. J’ai tout eu moi, des réalisateurs qui hurlait, des réalisateurs drôles… Lucien est super pro, et il a pleins de casquettes : il est devant, derrière, il a pas trop de temps à lui sur le tournage. Il veut absolument toujours nous montrer les scènes après le tournage. Il nous disait « Allez viens voir, viens voir allez ! » en nous chopant et nous forçant presque à nous regarder après la scène pour voir que c’était bien fait ou voir ce qui allait pas *rires*

On va finir là dessus, pourquoi un hôtel géré par des indiens ?

Lucien : C’est un reste d’ « Interim » ça en fait. Quand je suis parti de chez moi, j’étais chez ma soeur sur un canapé, puis en coloc à 33 balais après. J’ai voulu mettre beaucoup d’obstacles dans le film en fait pour mettre les personnages dans la galère, avec ce côté on repart à zéro depuis la chambre d’étudiant en gros. Les indiens j’adore en fait car quand j’avais fait un voyage en Inde, ils ont toujours le sourire, et j’avais pas envie qu’on tombe sur le cliché de l’hôtel un peu chicos parisien et tout. J’avais envie d’un truc un peu plus original et rigolo.

Merci à Baptiste Lecaplain et à Lucien Jean-Baptiste pour avoir répondu à toutes ces questions durant la table ronde à laquelle nous avons pu participer !

Dieumerci! Au cinéma le 9 mars 2016

 

[CRITIQUE] Dieumerci! On a tous un rêve de gosse

 

 

 Suite à son beau succès public et critique avec son premier film La première étoile, le comédien Lucien Jean-Baptiste nous livre ici une nouvelle comédie touchante et sympathique par sa mise en scène et sa galerie de personnages attachants. Inspiré du scénario Intérim co-écrit par Grégory Boutbou, mais possédant une grande part d’autobiographie, le film nous trouble par sa sincérité et son réalisme à l’image de son héros Dieumerci, repenti de prison qui décide de changer sa destinée en réalisant son rêve d’enfant, celui de devenir comédien. Accompagné de l’acteur Baptiste Lecaplain, pétillant et convaincant dans le rôle de Clément, étudiant boulet et capricieux qui cherche aussi sa place.

 

Synopsis : A sa sortie de prison, Dieumerci, 44 ans, décide de changer de vie et de suivre son rêve : devenir comédien. Pour y arriver, il s’inscrit à des cours de théâtre qu’il finance par des missions d’intérim. Mais il n’est pas au bout de ses peines. Son binôme Clément, 22 ans, lui est opposé en tout. Dieumerci va devoir composer avec ce petit « emmerdeur ». Il l’accueille dans sa vie précaire faite d’une modeste chambre d’hôtel et de chantiers. Au fil des galères et des répétitions, nos deux héros vont apprendre à se connaître et s’épauler pour tenter d’atteindre l’inaccessible étoile. 

 

Quand on veut on peut ou Seconde chance : tels sont les mots résumant le thème principal de ce film. Ne voulant pas tomber dans les clichés de la comédie populaire, le réalisateur Julien Jean Baptiste souhaitait transmettre une vague d’émotions diverses à travers une histoire simple et accessible. A partir de ce fil conducteur « si on croit à son rêve de gosse, on peut l’atteindre », il filme avec bienveillance ceux que la vie n’a pas vraiment aidés au départ mais qui, animés d’une grande volonté, franchiront tous les obstacles. Jouant le personnage de Dieumerci, ancien prisonnier déjà un peu âgé et qui ne sait pas quoi faire de sa vie. Revenant vivre chez sa mère,  il ne peut que sur elle afin de l’aider à rebondir. La pièce cinématographique commence avec l’introduction de l’ascenseur : il y a longtemps qu’il ne monte plus nulle part dit-elle « c’est comme l’ascenseur social, il ne fait que descendre ».

Mais le véritable enjeu du film, c’est de mettre en scène la rencontre de nos deux héros solitaires qui, pour être admis au fameux concours, doivent préparer ensemble un passage de la pièce de Roméo et Juliette Shakespeare. Le problème, c’est qu’ils sont à l’opposé l’un de l’autre, thématique source de malentendus et d’incompréhensions. 

On comprendra que les raisons de sa présence en prison étaient fiscales, afin que le propos ne tombe facilement dans le pathos, afin que le spectateur puisse aussi s’identifier facilement à ce personnage. S’inscrivant à des cours de théâtre, il prend alors son destin en main afin d’être repérer par des futurs grands noms du milieu. Dieumerci doit bosser comme un dingue pour rembourser ses dettes et payer ses cours de théâtre. Presque dans la misère, il vit dans dans un hôtel de passe dans le quartier de la Goutte d’Or tenu par une famille d’Indiens loufoques ( lieu où le réalisateur y laissera échapper le plus de moments comiques). 

Face à lui, un jeune homme arrogant et propre sur lui, qui vient d’une classe sociale aisée et qui prétend pouvoir obtenir ce qu’il veut quand il veut. Clément est le stéréotype du parfait fils à papa, et qui par fierté et par peur d’affronter son père ira jusqu’à squatter chez Dieumerci ; endossé par le convaincant Baptiste Lecaplain. Avouant avoir pris du plaisir à  jouer à un tel mec qu’il n’aimerait pas dans la vraie vie, il réussit à insuffler à son personnage une vague de sympathie; lui permettant d’évoluer et de prendre ses responsabilités. Le film a donc aussi la volonté de nous faire passer ce second message : l’amitié ne s’explique pas, n’a pas de frontière sociale ou culturelle et nous permet à tous de mûrir et d’avancer. 

 

Bien qu’on puisse reprocher au film d’être politiquement correct dans certains de ses propos et de jouer sur des ressorts de déjà-vu, le légèreté des dialogues permettent une prise de recul, afin d’aborder de manière plus subtil des sujets plus sérieux tels que le racisme, les difficultés à percer dans le métier de comédien, surtout si on n’est pas tout jeune (décrivant la vie et les cours dans une école de théâtre et brosse les portraits réalistes peu flatteurs de professeurs peu enclins au changement). 

Les seconds rôles ne sont pas en reste et permettent de donner au film un certain équilibre entre le rire et l’émotion : avec Michel Jonasz dans la peau de l’avocat peu ordinaire ou le secrétaire loufoque jouée par Delphine Théodore. 

 

Servi par un duo d’acteurs très touchant, cette comédie douce-amère saura toucher le spectateur par la simplicité de son histoire, par l’implication sans faille de chaque comédien et par la force de son message : croyez en vos rêves d’enfants, chacun peut le réaliser. 

[CRITIQUE] [Mini-Spoil] Bloodrayne

                                                                 VolenKahn’s Reviews #2 : Bloodrayne

 

Fuyez, pauvres fous.

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma deuxième review cinéma. Et aujourd’hui est un jour à marquer d’une pierre rouge. Aujourd’hui, je vais parler d’un genre cinématographique que seuls les étudiants en fac de cinéma ou les cinéphiles hardcore (et maso ça va de soi) regardent : je parle du navet.

 

Alors soyons bien clairs : le navet est totalement différent du nanar. Un nanar, c’est un film tellement mal fait, tellement ridicule, tellement kitsch, qu’il en devient drôle. Un navet, c’est un film tellement mauvais et tellement mal réalisé qu’il vous donnera envie de faire du vélo à poil avec un bandeau sur les yeux et un concombre dans le cul en sens inverse sur l’autoroute un jour de départ de vacances. Mais attention ! Un navet n’est pas dénué de tout intérêt. Tout d’abord, en regardant un navet, vous relativiserez vite fait sur la nullité de certains films. À côté, Les nouvelles aventures d’Aladin passera pour le prochain Kubrick. Ensuite, ça donnera une superbe leçon à tous les niveaux pour tous les réalisateurs en herbe. Néanmoins certains réalisateurs se sont fait connaitre pour la médiocrité de leurs réalisations, comme Ed Wood, Godfrey Ho (Philippe!) ou Uwe Boll.

 

Et c’est une de ses… créations que nous allons disséquer aujourd’hui. Uwe Boll est un réalisateur allemand connu pour « l’échec critique » de ses films, et possédant malgré tout une forte popularité. Boxeur aguerri, il dit de lui : « I’m the only genius in the whole fucking industry » ; vous voyez le personnage. Ce qui est paradoxal, quand on connaît le surnom qui lui a été donné par les critiques de cinéma : le « nouvel Ed Wood ». Dans sa FORMIDABLE filmographie, quatre jeux vidéo ont été massacrés : House of the Dead, Postal (les fans de Crossed connaissent… les autres, allez regarder ça tout de suite sur YouTube), Far Cry et Bloodrayne.

 

Bloodrayne fut réalisé en 2005, et distribué pour la première fois en 2006 aux Etats-Unis. Il fut produit avec un budget de 25 millions de dollars, et n’en rapporta que 3 à travers le monde. Pour rappel, Terminator avait un budget de 4 millions de dollars…

Je hais ce film. À chaque fois que j’y pense, je me le décompose en deux parties : les deux premiers tiers en tant que navet, et le dernier tiers en tant que torture.

L’histoire reprend donc celle du jeu vidéo, à savoir suivre les aventures de Rayne, une Dhampire (en gros, un vampire mais en moins bien et en moins classe), travaillant pour le compte de la Brimstone Society, une société secrète enquêtant sur les événements surnaturels. Sauf que dans le film, Rayne, mi-humaine mi-vampire après le viol et le meurtre de sa mère par le roi des vampires Kagan, est élevée dans un cirque. Elle y découvre sa vraie nature, mais refuse de tuer des innocents pour étancher sa soif de sang : elle décide alors de se nourrir de vampires et devient BloodRayne. Approchée par Sebastian et Vladimir, deux chasseurs de vampires, elle rejoint Brimstone afin d’éliminer son père. Ce dernier convoite trois reliques légendaires, qui permettront aux vampires de régner sur la terre.

Avant de commencer le génocide, parlons des points positifs (il y en a ?). Tout d’abord, les costumes, d’assez bonne facture.

Le problème principal de ce film est son ton : c’est ennuyeux à mourir. Far Cry, même si l’humour était beauf et poussif jusqu’aux vomissements, possédait quelques moments drôles, il faut le dire. Dans Bloodrayne par contre, il n’y a aucun moment drôle ; pas un sourire, pas une blague, le néant. Ce ton se retrouve aussi dans le jeu d’acteur. Qu’il s’agisse de Michelle Rodriguez, qui est sous perfusion morphine du début à la fin, avec son regard de poisson mort et sa dynamique au combat d’une mollessse absolue ; de Michael Madsen (faut bien payer ses impôts hein), avec son mullet cancérigène et son sérieux (ou ennui) total, qui en font un personnage détestable, et peu intéressant ; et Ben Kingsley (la vie est vraiment une pute), en parfaite statue du musée de Madame Tussaut, avec son maquillage de vampire mal fait, son visage aussi expressif que Slenderman, et sa paralysie des jambes (vous pouvez vérifier : il ne bouge pas avant la fin de son foutu siège). Quant à l’actrice principale, Kristanna Loken… Arrêtons-nous un instant sur elle. Ancien mannequin, elle fut découverte dans cette suite parfaitement réussie qu’est Terminator 3 : le Soulèvement des machines (je déconne c’est pas si mal en fin de compte). Depuis, elle enchaîne les navets, bien que se tournant de plus en plus vers la production. Mais cela ne veut pas forcémenent dire que c’est une mauvaise actrice… Si ?

Autant être honnête : elle est dans la norme. Ni excellente, ni médiocre, elle fait son job, point barre. Et c’est bien ça le problème : elle n’arrive pas à relever le niveau du film. Ni à relever quoi que ce soit, d’ailleurs.

Dire qu’elle était la seule raison pour moi de voir le film… Je devrais penser avec mon sexe moins souvent.

 

J’ai un problème. J’aurais aimé pouvoir parler de la musique, mais elle est si peu marquante, si peu importante aux retournements de situations ni même au récit que je ne m’en souviens pas. Ce qui prouve sa qualité par ailleurs.

Touchons maintenant au nerf de la victime : son scénario. Vous vous en doutez, c’est nul, si vous l’avez lu plus haut. Et les acteurs en sont conscients, vu le jeu dont ils font preuve. Les combats sont mous et mal chorégraphiés, les dialogues sont bateaux et clichés. C’est simple, la meilleure scène, c’est celle où l’héroine et un de ses compagnons font l’amour contre des barreaux. Pourquoi ? Eh, quitte à réveiller les spectateurs, autant exciter leur libido du même coup. Alors oui c’est un spoiler, mais franchement, si vous avez envie de le regarder même après avoir fini de lire cette critique, vous êtes… maso, j’ai pas d’autre mot. Mais cette scène ne vaut pas le plan final, qui est un gros doigt à la patience et à l’intelligence du viewer. C’est une des pire fins de l’histoire du cinéma, et je ne déconne même pas. Ce film est triste comme un lundi matin pluvieux. Il n’y a rien de percutant, rien d’original, ce n’est rien de plus qu’une misérable histoire de vampire, prévisible à des années-lumière à la ronde, et ridiculisant tous les films sortis su
r ce sujet jusqu’à présent.

 

J’ai pas encore parlé de la réalisation. Entre les plans enchainant les accélérés et les ralentis avec une rapidité qui donnerai le tournis à n’importe qui, les flash-backs avec une lumière et des couleurs à peine distinguables de l’action présente, les shots qui se répètent d’une scène à l’autre, tout est pitoyable. Pourtant Uwe Boll est un réalisateur confirmé, avec plus d’une quinzaine de films à son actif. Enfin confirmé : sa médiocrité l’est en tout cas.

Je ne peux effectuer de parallèle entre le jeu et son adaptation. Mais honnêtement, les producteurs ne comprendront jamais qu’adapter un jeu vidéo en film, c’est la pire des idées ; un peu comme faire le reboot d’une saga en fait (je parle de toi, Terminator Genisys).

Je vais raccourcir cette critique car sinon, je remplirai 20 pages, mais il y a tellement de choses à redire en même temps : les décors sont bidons, la lumière est pas géniale, les flash-backs sont inutiles, la romance est ridicule au possible, le combat final mérite un Razzie Award à lui tout seul, les personnages secondaires sont inutiles et peu attachants, et les figurants sont pire, c’est dire.

Vous l’avez compris, ce film est une purge. C’est une heure et demie d’ennui que vous allez passer, je vous préviens. Et le plus drôle, c’est que les avis sont très partagés sur ce film (du moins sur Allociné) ; d’un côté les défenseurs du bon goût et de la qualité cinématographique comme moi, et de l’autre les imbéciles qui adorent cette chose pour ses combats et son histoire. Pas possible. Bref, Uwe Bull est un mauvais réalisateur et ce film encore pire, allez plutôt voir un Carpenter ou un Kubrick, vous verrez la différence.

Moi devant le film

 

Désolé pour les images de qualité moyenne, mais j’ai pas trouvé mieux.

[CRITIQUE] MoonWalkers

Comédie psychédélique aux charmes délicieusement rétros, avec un scénario inspiré de la légende urbaine autour de la mission Apollo II, Moonwalkers possède tous les atouts pour séduire un large public mêlant humour british des années 70 et parodiant les codes du style polar. Jouant sur le choc des cultures et des générations entre artistes hippies drogués et policiers conservateurs, le tout est emmené par un casting alléchant : Ron Perlman (Sons of Anarchy), Rupert Grint (Harry Potter), Robert Sheehan (Misfits) et, aussi James Cosmo (Game of Thrones).

A l’occasion de la sortie du film en France, une petite critique s’imposait après que nous l’ayons vu en avant-première.

Synopsis: Nous sommes en Juillet 1969.Tom Kidman, l’un des meilleurs agents de la CIA de retour du Vietnam, est envoyé à Londres pour rencontrer Stanley Kubrick et le convaincre de filmer un faux alunissage au cas où la mission Apollo 11 échouerait. Kidman ne trouve pas Kubrick, mais il tombe sur Jonny, le manager raté d’un groupe de rock hippie. Tout les oppose, mais ils n’auront pas d’autre choix que de travailler ensemble, remplacer Kubrick, tromper la CIA, éviter les drogues hallucinogènes et sauver leur vie en montant la plus grosse supercherie de l’histoire.

 

Sans doute l’oeuvre la plus déjantée de ce début d’année 2016, c’est un réalisateur français Antoine Bardou-Jacquet qui signe ici son premier film avec brio et audace. La présence de gangsters patibulaires, de pseudo-rockeurs avides d’argent et de gloire, de hippies défoncés et de réalisateurs délurés fournit ainsi un contrepoint irrésistible au contexte très sérieux de complot personnifié par Ron Perlman, jouant l’agent de CIA Tom Kidman. Trop peu présent à l’affiche de longs métrages, il semble s’épanouir dans la peau de cet agent secret en proie à des hallucinations saignantes du à son expérience militaire durant la guerre du Viêt Nam et qui s’ouvre au contact de gentils dingos. Rupert Grint, ayant bien du mal à trouver sa place dans le milieu cinématographie depuis son départ de la saga Harry Potter, trouve ici un rôle à la hauteur de son jeu d’acteur et illumine à lui-seul tout le film : dans les chemises à fleurs ébouriffantes de ce manager pas très chanceux, mais opiniâtre, il apporte une innocence assurance rafraîchissante. Le duo formé entre le rouquin et le vétéran badass est l’une des plus réjouissantes qualités d’un film qui en compte beaucoup.

Le premier gros atout du film réside dans son esthétisme : Soutenu par une photographie colorée sortie d’un polaroïd, rappelant la fin des années 60-70, ainsi que des décors surréalistes, de costumes multicolores et de lumières somptueux, le réalisateur a su alterner de façon équilibré tout un panel d’émotions et de registres parsemés de références au cinéma d’action et de science-fiction. Les scènes où nos héros se retrouvent dans les studios du réalisateur loufoque du film « Rebonds » sont les plus belles au niveau de la mise en scène ; car tous les registres s’y retrouvent bien qu’on soit parfois perdu au milieu de cette farce psychédélique. 

L’humour potache est également au rendez-vous, contrebalancé par des scènes d’actions savoureuses, d’une violence graphique inattendue où les poches de sang affluent tout en conservant le registre comique du film ( proche d’un style d’un film à la « KingsMan« ).  C’est sans compter grâce au soutien de la bande son du film. Bien qu’elle ne restera pas dans les mémoires, la BO renforce cette ambiance décalée, que ce soit grâce aux accords de Jimi Hendrix ou avec des références sonores aux films de Kubrick.  Le schéma narratif reste cependant prévisible dans son dénouement, mais Moonwalkers reste une excellente comédie qui fera sourire et sollicitera la curiosité du spectateur jusqu’au bout. 

 

 

Le scénario reste amusant et original bien qu’il reste classique dans son écriture, respectant bien les codes de la comédie potache à la sauce anglaise : inspiré par les rumeurs sur le programme Apollo selon lesquelles les vaisseaux ne se seraient jamais posés sur la Lune et qu’il s’agirait en fait d’une mise en scène réalisée sur Terre, on apprécie aussi l’hommage rendu aux films de Kubrick mais aussi à l’art cinématographique en général. Le spectateur aura le loisir de voir les différentes étapes de la fabrication d’une scène de film : confection des costumes, fabrication des décors, répétitions… avec humour.

Cependant, certains spectateurs pourront reprocher au film de trop se disperser et de ne pas assez s’ajuster sur un style bien précis : pas assez drôle pour être une comédie désopilante, pas assez sérieux pour être une fiction historique alternative, et certains personnages secondaires peu exploités relayés sur l’autel de l’humour potache mais qui pourtant possèdent un potentiel intéressant dans le scénario ( notamment le personnage de Leon, acolyte drogué de Jonny joué par Robert Sheehan qui possède un charisme fou à l’écran mais qui n’aide en rien à l’avancée de l’intrigue). 

Mais le film doit se savourer pour ce qu’il est : un divertissement bien mené et très rythmé (la séquence de trip sous acide est réussie et inventive – mention pour les astronautes globuleux !). 

Délicieusement drôle et inventif, Moonwalkers est généreux en gags visuels, comme en dialogues, et fort de la subtilité grâce à son humour so british. Une découverte cinématographique hilarante à savourer sans modération.

[CRITIQUE] Halloween, la nuit des masques

VolenKahn’s Reviews #1 : Halloween, la nuit des Masques

Bonjour et toutes mes condoléances, ici VolenKahn, et ceci est ma première review cinéma. Je parlerai de toutes sortes de films : cultes, nanars, séries B, pierres angulaires, navets, oeuvres passables, incompréhensibles, bizarres, terrifiantes, hilarantes, etc. Mais surtout de films peu connus ou pas vraiment tout public. Et aujourd’hui, nous allons parler d’un film d’horreur culte, un des fondateurs d’un sous-genre que l’on connait tous sans en connaître le nom exact : le slasher movie (slash = taillader en anglais).

Le slasher movie repose sur un synopsis simple mais terriblement efficace : un tueur, incarnation du mal et souvent increvable, va tenter de tuer tout ce qui se trouve sur son chemin.

Il y a certains éléments scénaristiques qui permettent de déterminer si un film est un slasher movie ou non. Les principaux sont : un tueur vide de toute émotion, souvent ayant accompli un meurtre dans sa jeunesse et / ou subi un traumatisme (cela allant surtout dans les premiers films du genre), un lieu iconique (ex : Crystal Lake dans Vendredi 13), une / des screaming queen(s), et surtout un code vestimentaire reconnaissable et immédiatement mémorable pour le tueur (ex : le masque humain de Leather Face dans Massacre à la Tronçonneuse).

Halloween, réalisé en 1978 par John Carpenter, est considéré comme le film ayant popularisé le genre. Mais Black Christmas de Bob Clark, est le véritable précurseur (Noël Tragique au Québec, nom de Dieu j’adore leurs traductions), sorti en 1974. Dès sa sortie, Halloween fit un carton au box-office, et devint un des films indépendants les plus rentables de tous les temps, avec 47 millions de dollars de recettes pour un budget de 325.000 a peu près (je vous laisse faire le calcul).

Commençons par le commencement : faut-il voir ce film ? OUI, PUTAIN OUI. Je vais vous dire bientôt pourquoi, mais parlons un peu de moi avant (enfin, si vous le voulez…).

A l’heure ou j’écris cette review, je n’ai vu que 3 films d’horreur / épouvante : Massacre à la Tronçonneuse, Alien et Halloween. Je n’ai donc qu’une très petite expérience de ce genre, car ayant toujours été réticent face à la peur et l’angoisse au cinéma ; mais surtout à cause des jumpscares. Je les hais… JE LES HAIS ! Quelque soit le film ! Bref, chaque visionnage est pour moi une épreuve psychologique, et avec Halloween, la tension n’a jamais été aussi présente à mes côtés, pour me faire sursauter et frémir à chaque instants.

L’histoire commence par un flash-back en 1963. Michael Myers (Nick Castle), âgé de 6 ans, tue un membre de sa famille lors de la nuit d’Halloween, et est dès lors transféré dans un hôpital psychiatrique. 15 ans plus tard, la même nuit, Michael arrive à s’échapper, et décide de continuer sa sanguinaire croisade en revenant sur le lieu du crime. Le docteur Loomis (Donald Pleasance), son psychiatre, part à sa recherche ; en parallèle, Laurie Strode (Jamie Lee Curtis, dont la carrière sera lancée grâce à ce film), une baby-sitter, devient la proie principale du tueur.

Par où commencer… Ce film m’a mis une claque. Pas autant que certains, mais au moins une petite gifle. Tout dans ce film transpire le malaise, l’angoisse, la terreur. Dans ce film, aucun lieu n’est sur. Le lieu de l’action est une banlieue pavillonnaire banale, comme les fans de Desperate Housewives connaissent. Et c’est là qu’intervient la magie Carpenter. En situant le massacre dans un lieu censé être tranquille, John Carpenter brise cette apparente sécurité qu’est le domaine familial.

Il ne fait pas bon être une baby-sitter le soir d’Halloween…

Une scène mémorable : le meurtre d’une jeune fille vu par les yeux du tueur sous son masque. Masque qui, limitant l’angle de vue de la caméra, cloisonne le spectateur, et le force à visionner un meurtre de sang-froid depuis le point de vue d’un enfant instable. Plus le film avance, et plus vous regarderez chaque plan avec attention, cherchant où pourrait se cacher le tueur masqué. Les plans fixes montrant une maison en plein pied sont terrifiants.

Mais comment parler de ce film sans évoquer ses musiques ! Angoissant, entêtant, le thème principal d‘Halloween se marquera au fer rouge dans votre esprit. Il revient, lancinant, arrivant sans crier gare dans les oreilles des spectateurs, afin de mieux le terrifier.

Et enfin, le clou du spectacle : Michael Myers. Une combinaison d’électricien, un couteau de cuisine, et un masque blanc dénué de toute émotions, et voilà une icône du cinéma qui est crée. Pour l’anecdote, le masque est une reproduction de celui de William Shatner, ayant interprété le Capitaine Kirk dans la série culte Star Trek. Silencieux, au contraire de la virginale baby-sitter, une screaming queen aux cordes vocales bien fournies, mais n’égalant malgré tout pas le niveau de Marylin Burns (Massacre à la Tronçonneuse).

Michael est un assassin parfait, quoique limité dans son intelligence, qui ne s’arrête et ne meurs jamais, avant d’avoir atteint son but. Incarnant le mal, il est normal de le voir surgir de n’importe où, un peu comme un animal dans les bois.

Comme vous le voyez, ce film possède de nombreux atouts. Parlons maintenant des défauts (enfin, si j’en trouve)… On peut reprocher le peu d’informations sur la vie de Michael Myers, ainsi que de sa relation avec le docteur Loomis. En général, on ne sait pas grand-chose des personnages. Aussi, avec la quantité de films d’horreur et de slasher sortis depuis, les proies de ces tueurs sont devenus immédiatement identifiables, comme le couple découvrant les joies de la bête à deux dos, ou des jeunes filles.

De plus, toujours à cause de son ancienneté, les jeunes générations pourraient reprocher au film sa lenteur dans le jeu de cache-cache de Michael, et la stupidité des protagonistes, qui décident de rester dans le noir quoi qu’il arrive. Sérieusement, ils détestent la technologie. Voilà (peut-être) les défauts de ce film.

Dans son genre, ce film est un chef-d’oeuvre, qui effrayera quiconque voudra le regarder. La photographie et les plans fixes durent jusqu’à devenir insupportables renforçant la fin inéluctable pour chaque protagoniste. A regarder seul dans le noir, le soir d’Halloween. Si vous avez le courage.

[LA SELEC'] [CINEMA] Les transexuels au cinéma

Les transsexuels au cinéma

Bonjour/Bonsoir ! Suite à l’excellent film The Danish Girl avec la performance d’Eddie Redmayne, vous trouverez ma critique ici. Du coup, je me suis dit qu’il serait intéressant de vous faire une petite sélection de films mettant en scène des transsexuels, d’autant qu’Error 404 a signé la charte des médias contre l’homophobie (article ici, j’y citais d’ailleurs le film Romeos, je n’en reparlerai pas en détails mais il a toute sa place dans cette sélection !) il me semblait important de vous en faire une piqûre de rappel.

 

The Danish Girl
 De Tom Hooper, 2016

Ce film m’a inspiré cet article. C’est un petit bijou à tout point de vue ! Le jeu des acteurs est parfait car tout en subtilité, l’histoire est extrêmement touchante sans en faire des caisses (on aurait facilement pu tomber dans le mélodrame à coups de larmes et des cris déchirants en plus de scènes d’humiliation). Enfin les décors, le travail de sur la lumière… sont magnifiques et donnent envie d’aller y faire un tour ! C’est vraiment un film à voir, accessible à tous et qui permet d’introduire ce thème délicat qu’est la transsexualitée. 

 

Priscilla Folle du désert
 De Stephan Elliot, 1995

Alors là, si vous avez vos parents pas très loin de vous ils connaissent forcément ce film qui a marqué leurs esprits lors de sa sortie. Si vous êtes des adeptes de la trilogie Matrix vous reconnaîtrez sûrement celui qu’on appelle l’agent Smith, ça vous fait un choc hein ? 😉
Au-delà de ce « choc » visuel, Priscilla Folle du désert vous fait (un peu) découvrir le milieu du show business qui n’est pas forcément tout rose (humiliations, insultes…) c’est aussi un milieu porté sur la tolérance, la solidarité et LE KITSCH mes enfants !!! Alalalala, ce n’est pas pour rien que ce film à reçu l’oscar des meilleurs costumes en 1995 (et celui du meilleur film à Cannes l’année précédente). Les acteurs son extravagants, c’est drôle, sans drama (encore une fois) la seule chose qui pêche c’est le scénario qui perd un peu le spectateur par moments.

 

Tangerine
De Sean Baker, 2016

Tangerine, Mandarine vous choisissez la langue de Shakespeare ou de Molière pour ce titre, sachant qu’il se passe aux pays des anges : Los Angeles (USA). Sin-Dee, transsexuelle, sort tout juste d’un mois de prison et son amie Alexandra lui apprend que son petit-ami Chester, qui est aussi leur mac, la trompe avec une « petite blanche avec une chatte ». Hors d’elle, Sin-Dee part à la recherche d’explications. 
Au-delà de la réalisation atypique (3 smartphones, acteurs amateurs, tournage en 1 mois), la mise en scène de vrais transsexuels au cinéma est presque une première, le premier homme transsexuel à avoir été vu sur les écrans est Laverne Cox dans la série Orange Is The New Black. Original, drôle, osé, c’est une expérience cinématographique qui vaut le détour !

 

 Laurence Anyways
 
 De Xavier Dolan, 2012

 Xavier Dolan n’est plus à présenter. Ses films sont connus et reconnus dans le monde entier, originaux, pleins d’émotions sur des thèmes aussi variés que forts. Aussi son premier film Laurence Anyways ne déroge pas à la règle en mettant en scène cet homme, professeur, qui se revendique femme aux yeux de tous.
Je n’ai pas encore pu le visionner mais soyez sûrs que je reviendrai vous en parler dès que possible. Fortes émotions sont à attendre au cours de ce long visionnage (2h47).

  

Petit bonus : l’expo Bettina Rheims à la Maison Européenne de la photographie jusqu’au 27/03/16 qui met en scène des transsexuels ou des personnes qui se cherchent (entre autres), c’est une très bonne expo en dehors de ça : http://www.mep-fr.org/

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