Review : PVRIS – White Noise


 

La dernière fois que nous avons vu PVRIS c’était avant… la belle vie, quand les concerts existaient encore. Après un excellent live-stream commémoratif  de leur premier album le 21 Novembre dernier. Le groupe nous annonce déjà la prochaine date cette fois-ci pour se remémorer leur deuxième album All We Know of Heaven, All We Need of Hell.
Cela fait déjà 6 fois 365 jours que White Noise, le premier album qui a propulsé leur carrière, est sorti. Je vous propose un retour sur cet album.

– PVRIS – 6 ans de White Noise

La dépression, aussi réelle soit-elle, n’est pas une maladie si tangible comme d’autres maladies physiques. Et là tient tout le thème de White Noise. Aucun de nos démons ne sont tangibles. Ce sont des chimères auxquelles peu de gens y croient, encore aujourd’hui.

A travers cet album, le groupe explore cette tension morose et mystérieuse. Nous pouvons remercier ici le talentueux duo composé de la frontwoman Lynn Gunn et le producteur Blake Harnage. Cet album nous offre un savant mélange entre électro, pop-rock, ambiant, alternative et même… de la tristesse (oui vous ne pouvez pas vous en échapper avec PVRIS). Le duo nous a donné un projet musical bizarre, une amulette du passé, une carte postale d’antan. 

L’ambiance sinistre en est presque palpable tout le long de l’album. Cette ambiance sinistre atteint son paroxysme pendant Eyelids (et Mirrors). Le « tapping » à la fin du refrain, le tendre son des draps et des souvenirs qui se mixent parfaitement bien avec les synthés pendant les couplets, et le message vocal d’une vulnérabilité rare à la fin.

Une chanson qui va suivre PVRIS durant toute sa carrière comme une sorte de fil rouge. On la retrouve dans You and I – un titre adoré des salles et des streams -. On sent son désir nostalgique dans Anyone Else qui reste un des meilleurs titres composé par la talentueuse Lynn Gunn. Et même dans Old Wounds, le petit dernier trésor du dernier album Use Me du groupe.

Holy est toujours une de mes chansons préférées live et à écouter. Ce “slow burner” à prit une place spéciale dans le cœur des fans de PVRIS. Faites attention au volcan qui sommeil et faites encore plus gaffe à son éruption.  “You’re empty, shallow, filled with regret. I think that chest must be heavy from that cross in your neck…Don’t think I didn’t notice” sont des paroles dont Gunn peut être fière, et me motiveront pour des années à venir.

L’uniformité et le thème/métaphore de l’album, ne risque pas de plaire à tout le monde bien évidemment. Cependant, pour moi fan de concepts album, projets bizarres etc.. , j’ai été ravi par cet opus

 

 

Chronique : Sólstafir – Endless Twilight Of Codependent Love


Trois ans après la sortie de “Berdreyminn”, Sólstafir reviennent le 6 novembre avec “Endless Twilight of Codependent Love”. Nom en anglais, une première ! Est-ce annonciateur d’un album tourné vers la langue de Shakespeare ? Nous y reviendrons plus loin. 

Notons d’abord la sublime cover : “la dame des montagnes” de Johann Baptist Zwecker. Cette version colorée a récemment été découverte dans un musée au Pays de Galles alors que jusqu’à présent seule une version noire et blanc était connue du public.

Cette cover sera la seule touche mythologique de l’album qui aborde le thème de la santé mentale. Thème très personnel auquel les membres du groupe sont sensibles, ayant tous traversé des phases plus sombres au cours de leur vie.

Dès les premières notes, nous sommes transportés dans l’univers “Sólstafir” si reconnaissable. 

La barrière de la langue n’est qu’un détail tant Aðalbjörn ‘Addi’ Tryggvason nous transmet facilement ses émotions et sa souffrance par sa voix éraillée.

Une profonde mélancolie se dégage de l’entièreté de l’album, nous faisant ressentir le désespoir de cette souffrance. 

Drýsill (dont l’animation du clip a été réalisée par Kim Diaz Holm qui avait également dessiné la cover de Svartir Sandar -2011-), illustre bien la longue et douloureuse descente aux enfers de quelqu’un souffrant de ce qui semble être des démences… Ainsi que des proches qui y assistent sans pouvoir intervenir jusqu’au moment où la situation devient incontrôlable. Cela tout en douceur malgré la violence du sujet abordé.

En parlant de douceur, nous retrouvons donc un titre en anglais : “Her Fall From Grace”. Accompagnée d’un joli clip collant tout à fait au style du groupe, cette chanson rend hommage à un proche de Addi ayant sombré dans la spirale infernale de la dépression.

Douceur de courte durée car Dionysus renoue avec l’époque Black Metal du groupe et se démarque donc par une plus grande brutalité. Mais quel plaisir!

Til Moldar (qui m’a tiré quelques larmes à la première écoute) calme les hostilités pour de bon et nous guide doucement vers la fin de cette heure d’écoute plus qu’agréable.

Tout en gardant leur style musical qui ne ressemble à aucun autre, Sólstafir nous émerveillent toujours par la beauté et l’intensité de leurs compositions. Cet album est définitivement un must have qui fera du bien à écouter en cette période troublée!

 

Tracklist :

  1. Akkeri (10:10)
  2. Drýsill (08:52)
  3. Rökkur (07:06)
  4. Her Fall From Grace (06:36)
  5. Dionysus (05:31)
  6. Til Moldar (04:29)
  7. Alda Syndanna (04:30)
  8. Ör (06:58)
  9. Úlfur (08:49)

Kronik : Bring Me The Horizon – Post Human : Survival Horror


Bien le bonjour amis ! Il y a maintenant deux mois que nous nous sommes quittés sous de joyeux auspices, en vous souhaitant la bonne santé et un prompt retour des concerts. Alors, comment trouvez-vous ce rétablissement du monde ? Oui vous avez bien raison, la prochaine fois je ferais mieux de souhaiter qu’une météorite nous tombe dessus, ça augmenterait peut-être nos chances de partir en festival l’été prochain. Mais alors que la société s’écroule, que tout est chamboulé, que nous sommes une fois de plus assignés à résidence et que les Etats Unis sont définitivement en train de prouver à la Terre entière qu’ils sont un pays sous développé, certains choisissent de prendre le revers de cette médaille. La scène musicale actuelle foisonne comme jamais, les artistes étant bloqués à la maison sans possibilité de tourner, et les EP produits en quelques mois en réponse à l’actualité fusent. Je vous propose de découvrir l’un de ces enfants de l’épidémie, Mesdames et Messieurs, pour la dernière Kronik avant la fin du monde, Bring Me The Horizon nous emporte par-delà l’apocalypse avec une sortie tombant à point nommé, Post Human : Survival Horror.

 

Le moins qu’on puisse dire c’est que cet EP aura su se faire attendre. Il avait été tacitement annoncé par la sortie de son premier single Ludens il y a un an déjà puis suivi d’une période de noir total pendant plus de sept mois jusqu’à la sortie du génialissime Parasite Eve en juin dernier. Mais le voici enfin, avec pas moins de quatre singles déjà disponibles à une semaine de sa sortie (soit ni plus ni moins que la moitié de l’EP).

La sortie d’Amo en 2019 avait globalement été bien accueillie, BMTH continuant la paisible transformation entamée au début de sa carrière d’un groupe de Deathcore sale au possible en la formation plus pop que l’on connait aujourd’hui. Mais l’arrivée surprise d’un second album en 2019, le très mal compris Music to listen to […] GO TO (vous saurez me pardonner de ne pas avoir inséré le nom entier ici), avait décontenancé le public. Ce patchwork expérimental à mi-chemin entre à peu près tout et en même temps rien nous avait tous laissés avec un gigantesque « what the fuck » tatoué sur le front. Peut-être BMTH avait-il un brillant avenir dans la musique concrète, nous n’en saurons fort heureusement jamais rien car le groupe est bien vite rentré dans le rang avec la sortie de Ludens (mais réécoutez-le quand même, ça vaut le coup).

Mais même si ce premier single restait dans la veine d’Amo, on a bien vite découvert une nouvelle facette du groupe avec les suivan

ts. Mais alors, PH:SH, retour aux sources ? nouvelle étape dans la carrière du groupe ? compilation de hits ? Et bien, un peu tout ça à la fois, mais développons voulez-vous ?

Tracklist :

  1. Dear Diary,
  2. Parasite Eve
  3. Teardrops
  4. Obey
  5. Itch For The Cure (When Will We Be Free ?)
  6. Kingslayer
  7. 1×1
  8. Ludens
  9. One Day The Only Butterflies Left Will Be In Your Chest As You March Towards Your Death

 

Cet opus a été conçu comme une émeute sonore, afin de faire écho aux évènement récents liés à la pandémie et aux mouvements de contestation qui fleurissent un peu partout dans le monde depuis des mois. Il s’agit en fait du premier volet d’une future tétralogie intitulée Post Human ayant pour ambition de réfléchir sur les changements brutaux que traverse actuellement notre société et qui devrait voir le jour dans les temps à venir.

Cette sortie sonne presque comme une confidence, une des œuvres les plus authentiques de BMTH. Enregistré en grande partie à la maison pendant le confinement, c’est un cadeau fait aux fans, une nouvelle manière de produire la musique, et il ne faut pas creuser bien loin pour deviner que les membres du groupe se sont fait plaisir à écrire ces morceaux. J’en veux pour preuve l’impressionnante liste d’invités avec pas moins de quatre featurings. La moitié de la tracklist bénéficie donc de la présence d’une voix extérieure, et quelles voix ! Dans l’ordre nous avons donc le jeune mais néanmoins extrêmement talentueux Yungblud, MK-METAL de Babymetal, Amy Love des Nova Twins et, revenue d’entre les morts spécialement pour nous crever le cœur, Amy Lee d’Evanescence.

Musicalement l’ensemble se montre très riche et varié. On a droit à un retour bienvenu du scream d’Oli dès les premières mesures de Dear Diary,. A côté de cela des synthés pratiquement indus parfois viennent agrémenter à peu près toute la tracklist qui oscille entre hymnes metalcore assez classiques comme 1×1 et échantillons de groove teintés de sauvagerie à peine voilée. Dans cette catégorie on retrouve les singles Obey dont la simple section rythmique du refrain me donne envie de faire tout un tas de choses que la loi réprouve, et Parasite Eve.

Premier single de cet EP (en excluant Ludens sorti tout de même un an auparavant et qui a sûrement été mis là parce qu’on ne voulait pas laisser un morceau se perdre dans la nature comme ça), Parasite Eve est inspiré du jeu vidéo du même nom, mais difficile de ne pas voir dans son texte un parallèle avec la pandémie que nous traversons actuellement. Je n’ai pas réussi à déterminer si le morceau dénonçait avec cynisme la situation actuelle ou s’il soutenait ouvertement la thèse d’un complot gouvernemental, et en même temps je ne suis pas sûr de vouloir connaître la réponse à cette question, alors je me contenterai de vous parler de ses montées aux accents prédateurs, de ses explosions monumentales, le tout entrecoupé de moments groovy sortis de nulle part.

Les guests apportent aussi leur pierre à l’édifice, renforçant encore le côté hétéroclyte de l’œuvre. Le tant attendu Kingslayer ayant bénéficié de la participation de MK-METAL, l’influence du Japon s’y fait clairement ressentir. Je veux dire par là que le refrain est digne d’un morceau de J-Rock et donne envie soit de poser son cerveau pour aller sautiller joyeusement dans tous les sens comme un demeuré, soit de prendre un abonnement à ADN sur le champ.

De la même manière, Amy Lee vient conclure cet album avec un morceau totalement hors du canon qu’on avait cru suivre jusque-là. One Day The Only Butterflies Left Will Be In Your Chest As You March Towards Your Death (reprenez votre souffle) est une balade commençant par un très bel arrangement, puis devenant de plus en plus sombre à mesure que l’instru perd de son harmonie et que les voix se déchirent. Une conclusion bien loin de tout ce qui la précède, sauf sur son côté magistral qui vient apporter une touche de douceur pour finir cet enchaînement frénétique.

 

Vous l’aurez compris, PH:SH n’est ni plus ni moins qu’une compilation de tubes. Absolument rien n’est à jeter dans sa tracklist. J’ai parlé plus haut d’émeute auditive, et l’analogie est on ne peut mieux choisie. Dans toute la progression on ressent la colère, mais aussi la détresse, le dégoût, et par-dessus tout le cynisme, les paroles d’un survivant désabusé regardant le monde s’écrouler pièce par pièce autour de lui, attendant simplement la fin en maudissant ceux qui récoltent désormais le fruit de leur orgueil.

Bien loin de ce à quoi on pouvait s’attendre après des années passées à adoucir de plus en plus son son, BMTH revient à un Metalcore plus violent, n’hésitant pas à donner la part belle à des instrus rappelant les plus grandes heures de sa carrière. Les synthés utilisés se marient parfaitement avec le son des guitares, le tout porté par la basse afin de créer un mur sonore diaboliquement efficace et totalement jouissif.

Le groupe de Sheffield frappe fort avec cette sortie venant du cœur. Des morceaux exprimant l’état d’esprit des membres du groupe face à un monde qui se délite de plus en plus, un pamphlet politique parlant autant de présent et de passé que d’avenir. BMTH revient à un son plus brut, plus sauvage, mais toujours aussi travaillé et même parfois beau. Vous l’aurez compris, ce bijou est à considérer comme une des meilleures sorties de 2020, et même de la discographie de BMTH. Pour les plus curieux d’entre vous, deux petites séries de vidéos sobrement intitulées BMTH8 et BMTHS2.mp4 relatant la production si particulière de musique en plein confinement est disponible sur la chaîne youtube du groupe. Comme quoi, même un arrêt quasi-total du monde peut pousser à la créativité, je vous souhaite donc de survivre au votre et peut-être même de réussir à en tirer quelque chose ! Même si rester à glander en se reposant est une option tout à fait valide. Alors à très bientôt pour un nouvel épisode de l’apocalypse, et d’ici là portez-vous bien !

Crédit photo : site internet de Bring Me The Horizon

Kronik : Avatar – Hunter Gatherer


Ah, chers amis, quel plaisir de vous savoir en bonne santé ! Ainsi vous aussi avez survécu à l’épidémie qui ravage le monde depuis des mois. Enfin l’épidémie, ce n’est pas le pire… Tout le monde semble avoir perdu la tête ces derniers temps. Les théories les plus folles s’amoncellent sans aucune forme de cohérence ni même de plausibilité, mais qu’importe, il faut bien que les gens s’occupent n’est-ce pas ? N’ayez crainte, tôt ou tard tout sera revenu à la normale et nos vies reprendront leur cours immuable. Tout le monde n’aura pas cette chance, fort malheureusement. Et bien oui, vous n’avez pas entendu parler de la chute du Pays de l’Avatar ? Malgré la poigne d’acier de son roi, les émeutes n’ont pas tardé à tout emporter. Peu importe l’esprit original de la protestation aujourd’hui, la population s’est dispersée, et la terreur règne maintenant. Tout le territoire tremble désormais à la seule mention du clown et de son groupe de renégats, usant de technologies interdites pour s’en prendre à quiconque croise leur route. L’information vous a échappé ? Et bien laissez-moi donc vous expliquer toute cette affaire en détails…

 

Le 7 Août dernier paraissait le dernier opus du quintet suédois Avatar, Hunter-Gatherer. Faisant suite, après deux ans de tournées quasi ininterrompus et un long-métrage, à Avatar Country, ce nouvel album arrivait avec la lourde tâche de redresser le niveau après le passage mitigé de son prédécesseur. Celui-ci avait en effet quelque peu déçu, souffrant forcément de la comparaison avec son propre prédécesseur, le mastodonte qu’avait été Feathers & Flesh, lui aussi un album concept mais présentant un récit bien plus captivant et dense (en retirant les interludes et instrumentaux d’Avatar Country on descendait à seulement six morceaux narratifs, assez pour présenter un univers, trop peu pour y construire une intrigue intéressante). La carte de l’album concept n’était donc pas forcément gage de qualité chez Avatar, et ce nouvel album adopte donc une forme plus classique, un enchaînement de titres vaguement liés, mais nous y reviendrons.

      Tracklist :

  1. Silence in the Age of Apes
  2. Colossus
  3. A Secret Door
  4. God of Sick Dreams
  5. Scream Until You Wake
  6. Child
  7. Justice
  8. Gun
  9. When All But Force Has Failed
  10. Wormhole

A la première écoute cet album déroute. C’est une constante dans la carrière d’Avatar, dès que l’on pense avoir réussi à cerner leur style l’album suivant se charge d’un mélange d’influences complètement aléatoires et d’innovations personnelles et laisse l’auditeur un peu perdu dans un maelstrom en apparence incohérent. On avait vu ça sur Feathers & Flesh et la charge de cavalerie venue tout droit du far west de House of Eternal Hunt, la country de The King Welcomes You to Avatar Country, ou encore la musique circassienne dispersée de-ci de-là un peu partout depuis Black Waltz. Mais il est important de savoir dépasser les premières impressions, et cet album en particulier se bonifie grandement au fil des écoutes.

L’album débute sur un sound design futuriste que l’on retrouvera un peu partout en ouverture/clôture de morceaux dans une tentative peut-être un peu artificielle de lier l’ensemble. Puis vient le premier single, Silence in the Age of Apes. Le morceau n’est pas si mal, une rythmique effrénée interrompue seulement pour être dédoublée dans les refrains, un break/solo hautement accrocheur, mais je m’interroge tout de même sur sa place en introduction. L’ensemble manque un peu de substance pour parvenir à accrocher l’oreille instantanément. Difficile de dire précisément où est le problème, l’ensemble du morceau semble avoir un goût de pas assez. Peut-être que le refrain trop en rupture avec le reste du titre et bien moins catchy brise un peu l’entrain, ou peut-être est-ce le manque d’épaisseur du son de guitare sur ce même refrain qui manque de punch et fait retomber le soufflé. Quoiqu’il en soit, même si Silence in the Age of Apes reste tout à fait écoutable on l’aurait plutôt vu en milieu de tracklist qu’en introduction où il peine à créer l’intérêt à partir de rien.

Mais bien heureusement la tendance s’inverse bien vite avec le second titre et second single, Colossus. Le fameux sound design futuriste trouve bien plus sa place ici, dans cette espèce d’ersatz de metal indus, une marche régulière et ininterrompue croisée avec la patte distinctive d’Avatar et ornée d’un refrain plus lyrique menant à une retombée brutale. Ce titre s’agrémente de la présence de Corey Taylor, que je n’hésiterai pas à appeler COUrey Taylor désormais (nan mais sérieux, regardez-moi cette nuque ! On dirait un genre de Corpsegrinder en moins difforme) malheureusement relégué aux chœurs du refrain.

Une vie de headbang, ça forge une nuque

Difficile de dire ce que sa voix aurait pu faire d’autre ici, mais quand on voit ses dernières collaborations (comme l’excellent Drugs de Falling in Reverse, où l’entrée de son couplet compte bien pour 50% de l’intérêt du morceau à elle seule) on est tout de même en droit de regretter qu’il n’ait pas eu droit à sa place ailleurs dans l’album. Quoiqu’il en soit Colossus reste tout à fait efficace et relève sans problème le niveau du morceau d’introduction. Le son de guitare qui péchait sur Silence in the Age of Apes est toujours présent ici mais bien plus adapté au ton du morceau et même simplement aux riffs, globalement beaucoup plus dans les graves. L’alternance couplet/refrain, avec une montée puis une redescente toutes aussi brusques, s’avère parfaite dans l’aspect martial et mécanique de ce morceau, et le tout est encore sublimé par le solo. Les parties solistes sont en effet un gros point fort de cet opus, parvenant à donner un intérêt même aux titres les plus oubliables.

Et puis vient le troisième titre, A Secret Door, et la plaisante perplexité qui agite forcément à l’écoute d’un album d’Avatar. Débutant sur une partie sifflée pouvant rappeler le classique Wind of Change de Scorpions, la tranquillité apparente est vite brisée par l’entrée d’un riff death mélodique ultra efficace faisant penser à du Amon Amarth période Jomsviking. Le morceau tout entier est un patchwork de riffs sans trop de rapport apparent, cette partie sifflée et ce riff donc, des riffs en guitare clean devenus partie intégrante du style d’Avatar depuis Feathers & Flesh, une montée épico/dramatique en guise de refrain aboutissant à une version encore plus efficace du premier riff, le tout enveloppé par une mystique nappe de clavier assez inédite… A Secret Door est une preuve de plus qu’Avatar sait encore innover et s’aventurer dans des styles inconnus, le tout donnant un genre de power ballad revisitée, à la fois mélancolique et inquiétante, de l’Avatar pur jus parvenant tout de même à mêler de nouvelles influences à sa musique déjà assez hétéroclite.

Cette patte Death Melo/Amon Amarth continue d’avoir la part belle sur la plupart des morceaux suivants, jusqu’à presque devenir la quintessence du style de cet album. Dommage alors d’avoir débuté l’album sur deux titres qui, au-delà de leur qualité intrinsèque, sont finalement en rupture avec le ton général de l’album. God of Sick Dreams continue sans soucis de relever le niveau, une influence Feathers & Flesh très marquée, notamment sur le refrain entraînant mais agrémenté d’harmonies quasi dissonantes, juste assez pour créer un début de malaise sans jamais briser le plaisir de l’écoute.

Venant clore cette première moitié de tracklist, Scream Until You Wake est l’une des pépites de cet opus. Comme une version améliorée de Silence in the Age of Apes, une rythmique effrénée jamais interrompue, des riffs toujours plus efficaces s’enchaînant sans faille, même les riffs principaux semblent étrangement similaires (et très inspirés de choses entendues avant chez Avatar, come A Statue of the King). Le point culminant de toute cette frénésie est le refrain en chant clair montant en intensité pour finir dans un hurlement, l’ensemble appuyé par les coups de caisse claire marquant chaque temps. Le seul moment où le morceau s’autorise une pause est le solo, illustration parfaite de ce que je disais sur Colossus, rythmé par un riff donnant envie d’envoyer ses rangers à hauteur de mâchoire, avant de reprendre sur un ultime refrain sans jamais perdre d’énergie dans les transitions. Ce titre est un tube instantané, au-delà de sa place au sein de l’album ou même de la qualité générale de celui-ci, et frappe presque aussi fort que l’avait fait Paint Me Red à son époque, présageant des performances lives dantesques.

Le morceau suivant pourrait être l’hymne du groupe tant il est à la fois dérangeant et efficace. Le titre alterne entre plusieurs composantes toutes très différentes. Le couplet entraînant façon Disney est entrecoupé de moments dont la violence détonne totalement et finalement conclu par un refrain plus lent, majestueux. Celui-ci fait la part belle aux chœurs et réussit à donner l’illusion qu’un orchestre symphonique entier est en train de vous rouler dessus alors qu’il ne s’agit que des 5 membres du groupe accompagnés d’une discrète nappe de clavier en arrière-plan. La structure même du morceau est conçue pour surprendre (du moins au début) avec ces changements brutaux, mais rien de bien surprenant venant d’Avatar. Le texte n’est pas en reste avec une histoire sordide décrivant une mère enterrée vivante dont les appels à l’aide sont cachés par la liesse populaire due à ses funérailles, et l’enfant de cette mère laissé livré à lui-même, devenant progressivement fou connaissant le sort de sa mère. On peut supposer que la voix tentatrice du refrain est entièrement située dans sa tête, alors que la folie le gagne entièrement. Ce morceau est une grande réussite de l’album, passionnant de bout en bout, à la fois efficace dans ses riffs et prenant dans ses parties lyriques.

La suite de l’album reste globalement dans la même veine, revenant aux origines Death Melo du groupe avec un son plus gras qu’à l’ordinaire tout à fait délectable. Mention spéciale cependant au morceau de clôture, Wormhole, semblant très inspiré de l’album The Stage d’Avenged Sevenfold, tant dans son texte que dans son instrumental.

Surprise également une fois arrivé au titre Gun, tout à fait inédit dans la discographie du quintet. Un piano/voix sans artifice, à part une légère distorsion du chant, bien plus doux que ce qu’Avatar avait pu nous montrer jusqu’ici. Et ça marche, contre toute attente, la voix fragile de Johannes peine parfois à trouver sa justesse, mais cela ne fait qu’ajouter au côté déchirant de la chose.

 

Mais alors que dire de cet album ? Le résultat reste tout de même inégal. Certains morceaux sortent clairement du lot, Scream Until You Wake et Colossus sont des tubes instantanés, Gun accroche immédiatement l’auditeur malgré la surprise qu’il suscite. Et globalement même si tout l’album n’est pas immédiatement accrocheur, il se bonifie sans aucun problème au fil des écoutes, comme tous ses prédécesseurs. Avatar n’a jamais fait de musique immédiatement efficace mais plutôt des expérimentations. Et cet opus ne déroge pas à la règle, même on constate un certain retour en arrière dans son son très Death Melo, plutôt caractéristique des débuts du groupe.

Mais malgré ces qualités, le vrai problème de cet album, c’est que je n’ai pas eu l’impression d’écouter un album. Je l’ai signalé plus haut, la présence de Silence in the Age of Apes en introduction me laissait dubitatif, et même si Colossus vient relever le niveau juste après, il reste quand même à part dans la tracklist, avec un son très différent du reste. De même, Child se démarque totalement par son ampleur, pour notre plus grand plaisir, mais sa sortie en fade out au beau milieu de l’album casse totalement le rythme d’enchaînement des morceaux. La tendance est tout de même inversée avec Gun placé suffisamment tard, et Wormhole remplissant parfaitement sa fonction de morceau de clôture.

Hunter Gatherer est donc plus un enchaînement de titres qu’un véritable album. Peut-être cette impression est-elle due au fait que ce ne soit pas un album concept, contrairement à ses deux derniers prédécesseurs ? Probablement, mais pas que. Le fait que de nombreux morceaux définissent un style mais que les autres s’obstinent à en sortir laisse une impression étrange. On a réellement l’impression qu’en réarrangeant l’ordre des morceaux aléatoirement (à l’exception notable de Gun) on aurait toujours l’impression d’écouter le même album. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faudrait bouder son plaisir, cet opus contient de véritables perles que j’ai citées plus haut, et même ses morceaux plus oubliables restent parfaitement au niveau que ce à quoi Avatar nous avait habitués au fil des sorties.

Hunter Gatherer est en fait probablement une manifestation d’une manière plus moderne de sortir de la musique, et nous pose une question : à l’heure où la plupart des gens écoutent leur musique en jouant un mix aléatoire sur spotify, est-il encore pertinent de voir les albums comme des œuvres plutôt que comme des collections de titres ? Oui, certainement, mais il est aussi bien possible de s’affranchir de cette notion sans problème. Peut-être l’industrie musicale moderne est-elle en train de paisiblement revenir à son fonctionnement de base de la même manière qu’Avatar revient à ses sonorités premières, préférant une multitude de singles à quelques albums. Avec le développement des home studios et de la diffusion par internet on voit beaucoup de petits artistes indépendants diffuser leurs titres un par un avant de les compiler dans des ersatz d’albums, il n’est donc pas inenvisageable que les gros labels s’emparent de ce mode de fonctionnement, laissant les albums aux artistes les plus ambitieux, portant un concept. Difficile de se projeter si loin évidemment, mais depuis l’avènement d’internet notre manière de consommer de la culture ne cesse d’évoluer, on est donc en droit de se demander à quoi ressemblera ce paysage d’ici quelques années.

Quoiqu’il en soit et malgré ce facteur Hunter Gatherer reste un album d’Avatar digne de ses prédécesseurs, sachant réinventer son style tout autant que puiser dans ses origines. L’ensemble des morceaux semble se bonifier au fil des écoutes, et nul doute que certains d’entre eux figureront bientôt parmi les résidents permanents des setlists des lives toujours aussi dantesques du groupe. Alors en attendant que lesdits lives ne reviennent, lavez-vous bien les mains, mettez des masques, prenez soin de vos proches, et rendez-vous très bientôt pour la reprise des concerts !

Crédit photos : chaîne youtube d’Avatar et Entertainment One Music

Kronik : Trivium – What the Dead Men Say


Aaaaaah, vous avez donc réussi à braver le confinement et vous voici arrivés dans mon humble demeure. Il y a bien longtemps que je ne vous avais pas conviés pour parler musique il est vrai, mais quelle plus belle occasion que cette immobilisation forcée pour découvrir ensemble ce que l’année 2020 a à nous offrir de bon au milieu de tout ce chaos ? Vous l’avez compris, le vieux Kärscheras relance la machine à Kronik. Et pour bien redémarrer, en avant-première, nous allons parler d’une des sorties les plus attendues de cette année : What The Dead Men Say de Trivium.

Le quatuor floridien a su, au fil des ans, se tailler une place de choix dans le cœur de la communauté metal internationale. Il y a presque exactement deux ans et demi sortait leur précédent opus, The Sin and the Sentence. Avec cet album, Trivium affirmait une fois de plus la tendance globale qui régissait sa musique depuis quelques années, le metalcore des débuts se muant de plus en plus en le thrash mélodique caractéristique du groupe depuis plusieurs années. Car c’est bien là l’un des points forts de Trivium, sa capacité à se renouveler sans jamais se trahir, comme une déclinaison cachant toujours une nouvelle facette. Trivium surprend rarement, et pourtant chaque album reste parfaitement singulier et identifiable.

Après 20 ans de carrière certains pourraient prétendre que Trivium n’a plus rien à dire, ou que l’esprit du début a disparu, ou d’autres lieux communs dérivés du sempiternel « c’était mieux avant ». Mais les procès d’intention n’ont jamais été ma tasse de thé, et j’ai eu la chance de pouvoir découvrir cette sortie en avant-première. Alors poussez le volume à 11 et installez-vous bien au fond de votre siège, car je vous emmène aujourd’hui parler aux morts, et l’autopsie ne sera pas de tout repos.

       Tracklist :

  1. IX
  2. What the Dead Men Say
  3. Catastrophist
  4. Amongst the Shadows and the Stones
  5. Bleed Into Me
  6. The Defiant
  7. Sickness Unto You
  8. Scattering the Ashes
  9. Bending the Arc to Fear
  10. The Ones We Leave Behind

L’album s’ouvre sur une intro quasi-acoustique assez sombre. Le titre IX est évidemment une référence au fameux XIX de Slipknot (non) (genre vraiment pas). Le morceau se découpe en trois parties : une première assez douce et reverbérée, la seconde reprenant le thème de la première en dégainant les guitares saturées, et enfin la dernière plus groovy, juste avant d’attaquer en trombe le morceau éponyme de cet opus.

What the Dead Men say est un exemple typique du style des albums récents de Trivium. Des riffs assez lourds entrecoupés de refrains à peine plus mélodiques, mais sans jamais devenir lyriques. Ce morceau reste globalement très thrash et ne surprend pas beaucoup, bien situé dans la lignée du précédent album. On y retrouve cependant quelques belles utilisations de tremolo picking, notamment l’intro émulant une sirène. Trivium place le premier morceau de cet album dans la continuité de l’évolution récente de son style. Et pourtant, on pourrait difficilement être plus éloigné de la réalité.

Le premier single de cet album, Catastrophist, est un bond dans le temps instantané. Presque tout dans ce morceau, dans sa structure, son esprit, rappelle l’album Shogun. Le parallèle n’est pas évident à la première écoute, mais après s’en être bien imprégné on retrouve bien vite une vibe semblant tout droit sortie de Down From the Sky avec ce refrain en escalade changeant de tempo à chaque nouvel échelon avant d’arriver à l’explosion lyrique du refrain. Le parallèle se retrouve même dans les textes, les deux morceaux faisant office de critique sociétale.

Mais il ne s’agit pas d’une copie conforme pour autant, loin de là. Catastrophist est innovant dans son écriture, surtout sur les couplets dont la dynamique est plus large que Down From the Sky qui restait violent de bout en bout. Le refrain est la partie la plus semblable, mais celui de Catastrophist, servi par une montée en puissance plus progressive, est bien plus efficace à l’oreille, bien plus groovy. Le morceau dans son intégralité dégage une énergie incroyable, semblant ne jamais s’arrêter dans une escalade continue.

Et à ce stade vous avez probablement déjà saisi la dynamique globale de la suite. Cet album est un véritable retour aux sources pour Trivium. On y retrouve de nombreux emprunts à Shogun, un certain nombre de morceaux étant complètement ou partiellement dans le style de cette période. On a déjà cité Catastrophist, mais le titre suivant Amongst the Shadows and the Stones est aussi très inspiré du plus japonais des albums de Trivium jusque dans son solo en shred effréné si typique de cette période, croisant son style avec celui de The Crusade, ainsi que Sickness Unto You plus tard sur l’album.

Mais même si l’ombre de Shogun est bien présente, le parallèle n’est pas forcément évident, et peut-être passerez-vous à côté sans le sentir. En revanche, même en le voulant, vous n’échapperez pas à Ascendancy. L’album regorge de moments de pur metalcore des origines, l’auditeur a sans cesse l’impression de se retrouver perdu en 2005, comme sur le tube instantané qu’est The Defiant.

Cet ovni, complètement impensable en 2020 et pourtant bien présent, aurait très bien pu être un bonus track d’Ascendancy tellement tout est là. Le riff gras en quasi palm mute entrecoupé de bouts de phrases mélodiques harmonisées, Matt Heafy qui revient se casser la voix dans des aigus abandonnées depuis plusieurs albums, et le refrain, mais quel refrain ! Une montée épique en chant clair à l’image de tout le morceau, appuyée par une marche mid-tempo portée par la batterie.

The Defiant incarne à lui seul toute la démarche de l’album, un retour aux sources inespéré et jouissif. Trivium allie à la perfection nostalgie et nouveauté avec des riffs thrash plus récents et des éléments metalcore totalement désuets mais remis au goût du jour par un style de jeu moderne. Le tout est appuyé par une production incroyable faisant la part belle à la basse, bien plus marquée que dans la plupart des albums du genre.

L’ensemble forme des murs de sons massifs et portés par des mélodies donnant une sonorité épique à l’ensemble. Ce sentiment est renforcé par le fait que l’album ne respire jamais. Les morceaux sont complexes et enchaînent des breaks toujours plus inattendus, What the Dead Men Say n’échoue jamais à surprendre son auditeur, chaque morceau se dépliant en plusieurs parties bien distinctes, en conservant toujours son rythme effréné.

Mais ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit, What the Dead Men Say n’est pas un album tourné vers le passé. Les morceaux, bien que fortement inspirés par les précédents opus du groupe, parviennent à innover, et certains titres échappent même presque totalement à cette démarche de retour aux sources, apportant des sonorités jamais entendues chez Trivium. Je pense notamment à Bending the Arc to Fear situé quelque part aux alentours du death mélodique, croisant les influences, ou encore à Bleed Into Me. Cette « valse » est ce qui se rapproche le plus d’une power ballad dans tout l’album, bien que la comparaison soit hasardeuse. Cette piste au rythme plus lent que la plupart des autres de l’album reste pourtant entraînante grâce à son rythme ternaire et sa batterie réglée au millimètre et la mélodie est ici encore plus prépondérante que sur le reste de l’album pourtant déjà très axé sur ses refrains quasi-lyriques.

 

Le groupe reste parfaitement fidèle à lui-même, revenant sur ce qui a fait son succès et s’en servant comme d’un tremplin pour s’élever plus haut. Cet album emprunte beaucoup à ses prédécesseurs, mais le mélange produit par tous ces croisements d’influences finit par produire quelque chose de neuf, de jamais entendu avant. Le mixage est d’une qualité époustouflante, formant des murs de son et laissant parfois beaucoup de place à la basse, parti pris peu courant mais toujours agréable. Et bien évidemment les autres membres du groupe de sont pas en reste, la batterie produisant une impressionnante démonstration technique tout le long des morceaux, et les guitaristes explorant des sonorités du Trivium old school comme les solos en shred de Corey Beaulieu, complètement dans le style de ceux de Shogun.

Trivium revient au top de sa forme avec ce nouvel opus. What the Dead Men Say est un enchaînement de tubes instantanés comme on en voit rarement et se hisse instantanément au sommet de la carrière de la formation. Cette sortie saura toucher même les plus nostalgiques d’entre vous, un album presque épique tant il semble inarrêtable, ne reprenant presque jamais son souffle au milieu de ses riffs effrénés et de ses refrains lyriques incroyablement efficaces. Le résultat dépasse de loin toutes les attentes qu’on pouvait avoir à propos de cet album, et nul doute qu’il s’agit là d’une des meilleures sorties de 2020. Reste à le laisser mûrir pour déterminer si, oui ou non, nous avons affaire à un nouveau Shogun, mais cet opus reste sans conteste uniformément excellent.

Et quant à moi je vous laisse pour aujourd’hui et vous retrouve bientôt. En attendant restez chez vous, prenez soin de vos proches, et écoutez Trivium les enfants, parce que profiter des bonnes choses c’est important.

Crédits Photographie : Trivium/ RoadRunner Records /// Illustration : Ashley Heafy & Micah Ulrich

 

Kronik : Mrs. Yéyé – Electrochoc


Le monde change mes oisillons, il change vite pour le meilleur et pour le pire, et je suis venu vous parler du meilleur. Au sortir d’une année mouvementée où la parole des femmes s’est encore un peu plus libérée, où le nombre de féminicides a atteint des niveaux records mais n’a en même temps jamais été autant dénoncé, où la question « Faut-il séparer l’homme de l’artiste ? » trouve de plus en plus une réponse négative, où des jeunes désespéré.e.s du monde entier s’échangent des memes dépressifs sur les réseaux sociaux en guise de thérapie, il est une artiste qui a décidé de se faire la voix de tou.te.s les meurtri.e.s de la vie. Les dernières années ont été particulièrement chargées pour elle également, et elle nous offre un regard sur ce qu’est sa vie aujourd’hui, sept ans après le début de son projet, alors que de profonds changement se produisent partout, dans sa personne comme dans sa musique. Mais trêve de bavardages, Kärscheras est de retour en ce début d’année et en écriture inclusive pour vous parler d’Electrochoc, le nouvel album de Mrs. Yéyé.

Il s’est écoulé un peu plus de deux ans depuis Hybride, mais on croirait qu’une éternité a passé. Entre-temps le projet électro-rock Mr. Yéyé est devenu Mrs. Yéyé, le jour même où sa meneuse a annoncé à sa communauté sa transidentité via une touchante vidéo sur sa chaine youtube. L’artiste traversait alors, de ses propres dires, une très mauvaise phase de sa vie déjà entraperçue dans des titres comme Sous la Surface ou Chute Libre sur le précédent opus.

Puis vint le concert du 8 juin 2018 au Flow, un tournant de ses propres dires. Exit la dépression, exit les mauvaises ondes, cette expression de tout le spectre émotionnel de l’artiste (du brise-cœur Ton heure viendra au puissant et alors inédit Rage, tout y est passé) a eu l’effet d’une catharsis sans pareille. Tout pile 4 mois après sortait le single Dans la Pierre écrit en collaboration avec Christophe Mali de Tryo, véritable tournant plein d’espoir face à la noirceur de la vie.

Et nous voici, plus d’un an et un financement participatif plus tard, avec ce nouvel album entre les mains. Le premier changement majeur se situe dans la production puisque Mrs. Yéyé redevient à l’occasion de cette sortie un projet solo et indépendant. La chanteuse a en effet choisi de se séparer d’un même coup des musiciens qui l’accompagnaient aussi bien en studio et de son label, le tout sans conflit aucun. Tout cet album a donc été entièrement écrit, composé, enregistré et mixé dans une chambre, comme à l’époque maintenant lointaine d’Eclore, l’expérience en plus.

 

Playlist youtube de l’album

Tracklist :

  1. Coups de sang
  2. Bonhomme
  3. Ultimatum
  4. Comme personne
  5. Tragédie
  6. Tout le monde n’aime pas le sexe
  7. Crève
  8. Ma chair
  9. Femme
  10. Si seulement le vent
  11. Dans la pierre

 

Coups de sang

Dès l’ouverture de l’album on s’attaque à un sujet bien gras : les relations toxiques. Ce titre électro-rock décrit un couple de ce type du point de vue de sa victime avec une précision et une exactitude presque douloureuses. Dans la musique comme dans le texte on s’enfonce de plus en plus dans la violence, à l’image de la spirale décrite, passant de petites concessions à un véritable enfermement sans qu’on parvienne à s’en apercevoir sur le coup. Le texte est parfois entrecoupé du témoignage, probablement réel, d’une ancienne victime ayant réussi à s’extraire de ce carcan.

L’auditeur.trice qui suit Mrs. Yéyé depuis longtemps ne sera pas dépaysé.e par ce titre introductif. On y retrouve tous les ingrédients de Cabaret Noir et Hybride, avec peut être un son plus électronique et des guitares moins agressives, plus modernes. Mais l’important n’est pas tant dans la forme que dans le fond. Ce morceau s’attaque à un sujet dur, d’autant plus qu’il est d’actualité pour de nombreuses personnes encore aujourd’hui, et comme vous allez le voir ce ne sera pas le seul.

Bonhomme

Après la gravité de Coup de Sang on est presque soulagé de tomber sur ce morceau à l’allure plus légère. Bonhomme n’est pas exactement joyeux, mais il aborde son sujet avec moins de gravité et une pointe de moquerie. En même temps, pour s’attaquer à la masculinité toxique le meilleur angle reste encore la dérision. Le texte se fiche ouvertement des adeptes de cette philosophie de vie et attaque sur tous les fronts : « drague » de rue intempestive, dick pics non sollicitées, homophobie banalisée, tout y passe. Le break est d’ailleurs une satire (ou peut-être pas ?) du discours tenu par ces gens terriblement sûrs d’eux à la virilité finalement pas si solide.

On abandonne presque le rock ici en adoptant une structure plus proche de celle de l’électro (build up/pré drop/drop/repeat) tout en gardant un instrumental de type guitare/batterie. Mais point de guitares bien grasses ici, le son s’allège, l’essentiel étant en réalité mené par la section rythmique. Les guitares servent presque exclusivement de lead sur les parties non-chantées. L’ensemble prend un tour très moderne qui, pour le coup, risque fort de laisser en plant les fans des précédents opus mais ravira les amateur.trice.s de rock plus moderne.

 

Ultimatum

Changement radical de point de vue sur ce troisième titre, Mrs. Yéyé abandonne le point de vue de la victime pour rejoindre celui de l’oppresseur.e. Le thème abordé ici est celui de Murmures, tube iconique d’Hybride. Il parle du passé de notre narratrice, et d’un comportement nocif envers d’autres qu’elle regrette amèrement aujourd’hui. Mais ce morceau porte un message bien différent ; là où Murmures était un combat schizophrénique mené par une haine de soi profonde et dévorante, Ultimatum est passé au-dessus de tout ça. Le texte est ici tourné vers l’avenir : le passé est ce qu’il est, mais l’avenir peut le racheter.

Depuis deux titres on s’éloigne de plus en plus du rock, et la rupture se fait encore plus nette ici. Plus aucune trace de guitare à part pour quelques légers leads, à peine une basse, des claps en guise de percussions, une batterie synthétique à souhait, le côté électro-pop de l’album est enfin pleinement assumé sur ce morceau encore plus personnel que les deux précédents. Mrs. Yéyé commence à nous dévoiler ici une nouvelle part de sa personnalité, prépondérante sur cet album : le magma bouillant d’émotions négatives a fait place à un optimisme à toute épreuve.

 

Comme Personne

Et rien de mieux pour incarner ce flux optimiste que le morceau suivant. Sa sortie s’est accompagné d’un clip touchant, mi-chanté mi-parlé, où des fans ont été invité.e.s à venir raconter leur histoire face caméra. Des gens qui ont traversé des périodes troubles de leurs vies et s’en sont sortis le jour où ils ont osé franchir un pas. Des gens qui pensaient n’avoir rien pour eux et ont pourtant trouvé tout un monde ouvert à leur portée le jour où ils s’y sont autorisés. Comme Personne glorifie la différence, la singularité en chacun de nous que nous apportons au monde qui nous entoure, le fait que chacun.e a le droit de vivre comme iel l’entend, selon ses propres désirs, et qu’il est important de savoir s’écouter soi-même avant de céder à la pression externe.

 

Tragédie

Nous voici arrivés à ce que je considère comme l’un des meilleurs morceaux de l’album, à la fois le plus dur et celui qui fait le plus de bien. Nous allons ici parler de suicide. Et ça fait un bien fou d’avoir un regard frais sur cette question. Mrs. Yéyé s’adresse ici à un.e proche parti.e de son propre choix, mais il n’est pas question ici de culpabilisation, de colère, de tristesse. Bien sûr ces émotions sont présentes, mais elles sont éclipsées par le vrai sujet du morceau : la compréhension. Il ne s’agit pas de pleurer une mort mais de respecter le choix qu’a fait une personne qui nous est chère, entre continuer à vivre une existence qui la faisait souffrir ou choisir de tout abandonner pour faire taire la douleur une fois pour toute. C’est un point de vue qui est très rarement adopté, la plupart des gens ne pouvant simplement pas se mettre à la place de quelqu’un dans cette situation et souhaitant donc le.a maintenir en vie en lui promettant un avenir meilleur (souvent à raison, quoique). Mais pas ici. Ici pas de dénonciation de l’« égoïsme » caché derrière un suicide, ou d’autres clichés cachant plutôt l’égoïsme de la personne qui les prononce.

Cette power-ballad électro (une originalité sans aucun doute) est une véritable épreuve pour la chanteuse autant que pour son auditeur.trice. On le sent parfaitement dans le tous derniers vers du morceau, qui synthétise le propos de tout le texte alors que la musique se coupe nette et que la voix de la chanteuse vacille :

« Je sais que t’as pas abandonné tu voulais juste plus avoir mal »

 

Tout le monde n’aime pas le sexe

Et sans transition retour à un morceau beaucoup, beaucoup mais alors BEAUCOUP plus léger sur un thème également bien moins pesant. Le titre dit tout, on est ici devant une apologie de l’asexualité. La chanteuse nous raconte son choix de ne plus continuer à avoir d’activité sexuelle alors que cela ne l’intéresse pas le moins du monde, et comment la seule difficulté qu’elle rencontre est l’incompréhension des gens qui l’entourent et voient en cela un problème. Une fois encore, un message assez peu diffusé dans l’industrie musicale, à l’heure où il est encore parfois difficile pour un.e artiste d’avouer appartenir à la communauté LGBTQI+, on imagine parfaitement qu’une orientation sexuelle consistant en l’absence total de désir sexuel peut laisser pantois beaucoup de gens jamais ne serait-ce que mis au courant que c’était possible.

Encore un texte porté presque exclusivement par Mrs. Yéyé auquel beaucoup de gens pourront sûrement s’identifier. Pour ce qui est de l’instrumental… mon avis est plus partagé. Il me fait l’effet d’un trip sous champignons, quelque chose de très coloré, sautillant, joyeux, avec une mélodie entêtante. Cela semble plutôt cohérent avec l’idée première du morceau, qui est de se libérer des pressions sociales pour vivre sa vie sans se soucier du regard du monde, mais autant le texte est bon, autant la mélodie me laisse assez dubitatif.

 

Crève

Fort heureusement tout ceci est contrebalancé par un nouveau retournement de situation totalement inattendu. Vous avez cru que Mrs. Yéyé s’était adoucie ? Mes chéri.e.s… Toute la violence et l’agressivité que l’on ne retrouve pas dans cet album se sont en fait concentrées dans ce discret titre d’à peine plus de trois minutes prenant le contrepied de toute l’œuvre. On retrouve ici les vieux démons auxquels on était familier, un besoin impérieux d’éclater des têtes digne du Break Stuff de Limp Bizkit, mais en bien plus noir. Il ne s’agit pas ici d’une colère aveugle mais bien d’une pulsion qu’on cherche à refreiner et qui n’en est que plus violente quand elle se libère.

Ce retour brutal à un rock presque metal vient se croiser avec un chant rappé du plus bel effet, avec des traces d’Horrorcore à la Ghostemane. Un des textes les mieux écrits d’un point de vue stylistique qui tranche avec tout le reste de l’album, ainsi qu’une structure inédite à base d’une évolution du couplet plutôt que d’une banale alternance couplet/refrain. En bref on ne comprend pas vraiment ce que ce morceau fout là, mais wow, on n’a vraiment pas envie qu’il en parte.

 

Ma chair

La positivité qui caractérisait l’album jusqu’ici semble en avoir pris un sacré coup avec Crève, et on croirait presque la voir peiner à se relever sur Ma Chair. Ce morceau nous parle d’acceptation de soi, et plus précisément d’accepter son propre physique tel qu’il est. Le morceau est découpé en trois parties notables : tout d’abord la dissociation du corps et de l’esprit où la narratrice dit ne pas se reconnaître dans son corps, puis un genre de paradoxe la poussant à faire le plus de mal possible à son corps via divers excès (le rendant encore plus détestable à ses yeux), et enfin un début d’acceptation au moment où elle réalise que son corps est le seul qu’elle aura jamais et qu’il vaut mieux travailler dessus plutôt que de chercher à l’user le plus vite possible.

Les complexes physiques sont quelque chose d’omniprésent dans l’humanité, et bien qu’il soit de plus en plus accepté aujourd’hui d’avoir un physique « atypique » (ne rentrant pas parfaitement dans les canons de beauté) il n’en reste pas moins que de nombreuses personnes s’identifieront sûrement à ce texte. Pas le meilleur morceau donc, mais peut-être le plus universel de cette tracklist.

 

Femme

Peut-être un des morceaux les plus personnels jusqu’ici, Femme nous parle de beaucoup de choses. Tout d’abord des dualités et contradictions imposées aux femmes dans notre société patriarcale, ainsi qu’aux hommes dans une moindre mesure également victimes de ces idées, mais aussi très vite de quelque chose de plus profond : « C’est quoi être une femme ? ». Mrs. Yéyé aborde dans ce morceau le sujet en apparence délicat de la transidentité, sa transidentité. Le questionnement est soulevé, est-ce que le genre se détermine par des critères physiques, biologiques, par des comportements, par une apparence ? Aucune réponse n’est apportée, à part celle-ci : « je sais que je suis une femme ». Et c’est là tout le message de ce morceau, peut-être qu’il est impossible de définir la notion de genre et que la seule chose qui définit celui d’une personne, c’est celui qu’elle s’attribue d’elle-même parce qu’elle le sait en son for intérieur comme une évidence.

Bien évidemment le titre ne tourne pas qu’autour des femmes trans mais bien de toutes les femmes. On y retrouve un clin d’œil au débat sur le voile, la condition déplorable des femmes n’étant évoquée dans le débat public que pour être instrumentalisée au profit de pensées racistes ou islamophobes.

Musicalement parlant cette composition n’est pas non plus en reste. On a affaire à une marche électro presque martiale, l’alternance kick/snare portant tout pendant ces trois minutes d’une puissance délectable. Femme ne nous parle pas de la femme des années 80 de Sardou tout juste bonne à être sexy et rouler des pelles à ses subordonnés, il nous parle d’une battante avançant implacablement à travers les difficultés que le monde lui impose uniquement sur le critère biologique de sa naissance.

 

Si seulement le vent

L’optimisme nous aurait-il donc vraiment quitté avec Crève ? On est en droit de le craindre, mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Avec ce titre sorti il y a maintenant presque un an, Yéléna touche encore son auditoire au plus profond de son âme. On nous parle ici de dépression, au sens le plus clinique du terme. Pas une douleur constante, pas une tristesse accablante, rien qu’un vide insatiable si dévorant qu’on en vient à souhaiter de souffrir juste pour ressentir quoique ce soit.

La musique est à l’image du texte, une nappe presque post-rock, mélancolique à souhait. Les percussions, éléments normalement marquant du mix, sont ici mise en retrait et filtrées à l’extrême comme si elles perçaient à peine à travers un mur épais, à l’image des sensations émoussées de notre narratrice.

Mais alors, est-ce vraiment ainsi que tout finira ? Parti sur de si bonnes bases, cet album va-t-il s’éteindre dans les affres de la tristesse et de l’oubli ?

 

Dans la pierre

Et bien NON cher.e lecteur.trice, bien loin de là, car voici le bouquet final de ce voyage, celle qui a été le premier single de cet album il y a plus d’un an et vient le clôturer aujourd’hui : Dans la pierre.

Ce morceau est à lui seul le condensé de tout cet album. Un hymne électro-rock à la fois aérien sur son couplet et écrasant sur son refrain portant un message fort et infiniment positif, voilà ce qu’est la nouvelle essence de Mrs. Yéyé. Le texte est parsemé de référence à d’anciens morceaux de la chanteuse (Sous la surface et Ton heure viendra pour ne pas les citer), tous deux centrés autour d’émotions négatives (le premier traitant de l’acceptation résignée de la dépression et le second de l’attente désespérée d’une vie meilleure), bien qu’il ne s’agisse pas ici de leur donner un écho, mais bien de les enterrer.

Cette poussée vers l’avant est parfaitement transcrite par cet instrumental triomphal qui englobe le tout, et appuyée par une voix narrative, un genre de témoignage parfaitement dans l’axe du morceau. Dans la pierre conclut parfaitement cet album en réussissant l’exploit d’être à lui seul plus positif que le reste de l’œuvre réuni, un final magistral à mi-chemin entre l’ancien style de Mrs. Yéyé et le nouveau.

 

 

Les plus audacieux d’entre vous ont peut-être tenté l’écoute de la version Deluxe de l’album contenant une série de versions acoustiques ainsi que le bonus track Impunis éternels abordant le sujet délicat (encore un oui) du harcèlement scolaire, ainsi que le tube instantané Rage déjà présenté en live avant même la sortie de Dans la pierre (sûrement hors de la tracklist principale parce que le mood avait évolué, ou à cause d’une possible redite avec Crève, mais tout de même trop bon pour être laissé de côté). Ces deux morceaux s’inscrivent parfaitement dans le reste de l’album, mais j’ai choisi ici de me focaliser sur la tracklist principale que nous venons de découvrir ensemble, me frappez pas please.

Mrs. Yéyé a changé. Dans son état d’esprit déjà, son point de vue est plus positif, il lui reste certes de la noirceur mais elle est bien plus diluée et canalisée que par le passé. Stylistiquement ensuite, sa voix se fait plus haut perchée, plus « féminine », une voix qu’elle assume enfin maintenant que sa transidentité n’est plus un secret. Enfin dans la production, plus de label, plus de groupe fixe, tout est fait main et la diversité parfois surprenante des compositions en témoigne. Mais loin d’offrir un résultat amateur, cet album est au contraire encore plus léché que les précédents et offre une authenticité mêlée à une production de niveau professionnelle. Ce disque est un véritable pamphlet porté au nom de tant de causes, et je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un œil au travail de Mrs. Yéyé dans sa globalité.

D’ici là portez vous bien, remettez-vous au sport, et soyez heureux les enfants, c’est le plus important.

Artworks : Chaîne youtube de Mrs. Yéyé

 

Top 2019 d’Error404


Hello à tous !

L’année touche à sa fin. Il s’en est passé des choses en 2019 ! Le site a continué sur sa lancée en renforçant son équipe musicale, et en accueillant une équipe jeux de société (qui vous a d’ailleurs concocté une petite liste des meilleurs jeux de 2019 !)

Comme l’an dernier, on va vous proposer nos top 4 sur les critères de notre choix. Chaque rédacteur du site qui aura participé à ce petit Top 4 pourra mettre les sections qu’il choisit, alors lisez bien jusqu’à la fin, peut être que quelqu’un vous aura proposé son Flop 4 des romans politiques ou son Top 4 Lego Star Wars… Qui sait !

Maximilien/Maximilange

Top 4 Concerts 2019 :
  • Sans hésiter Bring Me The Horizon au All Points East Festival. Un show hors du commun vécu depuis le premier rang !
  • Ice Nine Kills au Backstage : Si le groupe ne m’avait pas marqué plus que cela en première partie de Motionless In White en 2018 (même si déjà sympa), le dernier album The Silver Scream et leur dernier live a été une vraie révélation. Morceaux impeccables, mise en scène, communication, costumes. Tout était là. Le concert mérite très clairement sa place sur ce top.

  • Enter Shikari : Paris, Hellfest, Bordeaux. On a pu voir le groupe deux fois dans la même journée (à 1h du matin au Hellfest puis à 20h à Bordeaux). Un groupe ultra complet en live qui squatte mes top chaque année. Il y a du metal, du rock, de l’electro, de la pop, des balades, de l’acoustique, de la trompette, du piano, des lights, des pogos… Bref, il y a absolument tous les éléments possibles pour un concert dans les live d’Enter Shikari. Leur scénographie (en salle) était magnifique et c’est clairement le groupe à aller voir en live, même si vous n’êtes pas particulièrement fans de l’album. Vous en ressortirez convaincus !

  • Crossfaith + Of Mice & Men : le top concert le moins objectif de tous. Mes deux groupes préférés sur la même scène. Que demande le peuple ?

En plus, voici une petite anecdote sur ce dernier concert. Je devais aller à la Gamescom le lendemain dès 9h et j’ai gentiment eu l’accord de mon supérieur qui connaît ma passion pour les concerts de partir seulement le matin de Paris… Résultat réveil à 4h pour enchaîner sur un départ en Allemagne express et des tonnes de rdv. Il est frais mon poisson, il est frais !

Mention spéciale à mes premiers Knotfest/Hellfest 2019 et Slam Dunk UK  également !

En vrai, il y a tellement d’autres concerts qui mériteraient d’être sur ce top. Allez donc jeter un oeil à nos reports de 2019, il y a eu tellement de choses formidables !

Top 4 Albums 2019 :
  • Bring Me The Horizon : Amo (EDIT : Voilà pourquoi ce top DOIT sortir le dernier jour, on est pas à l’abri d’une bonne surprise… Bring Me a sorti un second album en 2019 et on en parle ici !)

  • Being As An Ocean : PROXY : An A.N.I.M.O. Story : Je n’aimais pas trop le groupe avant et cet album néo-rock sauce BMTH a été une nouvelle révélation. Comme quoi, beaucoup de personnes râlent quand les groupes changent trop de style, mais pour ma part, ce style neo-rock me convient totalement !
  • Fever 333 : STRENGTH IN NUMB333RS : La révélation scénique 2018 a sorti son premier album en janvier 2019. Fever continue de casser la baraque avec un album sans fausse notes !

  • Motionless In White : Disguise

Mention spéciale aux titres de Falling In Reverse sorti cette année : Que ce soit Popular Monster ou Drugs, le prochain album de Falling In Reverse s’annonce plus que prometteur ! Vivement de les découvrir en live !

Top 4 Jeux Vidéo 2019 :
  • Baba Is You : Putain. Jouez à ce jeu. Eclatez vous la tête contre un mur. J’ai testé le jeu il y a un moment et j’y reviens encore parfois pour essayer de le finir. C’est dur, c’est extrêmement bien pensé et on ne peut qu’admirer le talent logique de son concepteur.
  • Pokémon Bouclier : Même s’il ne révolutionne pas le genre fondamental, la modélisation en 3D fonctionne bien et l’histoire se suit toujours avec grand plaisir !
  • Slay The Spire : MON jeu indépendant de l’année. J’y jouais déjà sur PC, mais la sortie PS4 et Switch m’a fait replonger !
  • Borderlands 3 : le péché mignon interdit : toujours

Je n’ai vraiment pas eu le temps de beaucoup jouer cette année, à mon grand regret car il y a eu beaucoup de jeux incroyable… Vu l’année 2020 qui arrive on risque d’être encore très gâté, donc il va clairement falloir s’y remettre !

Top 4 Films 2019 :
  • Jumanji : Next Level : Aussi bon que le premier. Je l’ai vu juste avant d’écrire ce top, donc c’était le premier qui me venait en tête…
  • Joker, bien évidemment.
  • Toy story 4 : le tant attendu !
  • Et … j’en ai pas vu beaucoup cette année en vrai. J’avais un pass annuel de cinéma et un cinéma à 2 pas de chez moi avant. Je m’y rendais donc chaque semaine (voir plusieurs fois par semaine) pour suivre les sorties et l’actu mais cette année a pas mal changé de choses pour moi et je n’ai plus eu l’occasion de beaucoup y aller 🙁

Je me note tout de même d’aller voir Parasite au plus vite puisque tout le monde parle du chef d’oeuvre de cette décennie. A tel point que notre photographe Romain avait pris la parole dessus ici !

Top 4 Séries 2019 :
  • Daybreak : Une série qui casse le 4ème mur assez décalé. Dommage qu’elle ne sera pas renouvelée 🙁
  • The Boys : La première série que je regarde sur Amazon Prime. Un Anthony Starr méconnaissable (en tant que fervent défenseur de Banshee) et une série qui apporte un nouveau regard sur les super héros toujours trop lisses. Vivement la seconde saison !
  • Stranger Things Saison 3, bien évidemment.
  • Final Space, parce que f*ck Rick & Morty et vive Final Space !
Top 4 des attentes de 2020 :
  • Le Hellfest !
  • Cyberpunk 2077  & Watch Dogs Legions 3 ! Hail the Cyberpunk!
  • Nouvel album de Crossfaith (fingers crossed) et leur concert parisien ! 🙂
  • Finir les travaux de mon appartement récemment acheté en 2019 pour emménager au plus vite en 2020 !

 

Kärscheras

Me voilà arrivé sur 404 depuis à peine plus d’un mois qu’on me demande déjà de faire un résumé global de mon année 2019. Allez roule, voici les œuvres tous supports confondus qui ont rythmé mon année 2019, rien que pour vos yeux.

Top 4 concerts 2019 :

Dur dur de se limiter à seulement 4 occurrences dans cette catégorie, mais j’ai finalement réussi à me fixer (mais Manowar au Hellfest c’était cool).

  • Architects – Hellfest : Aucune hésitation possible sur celui-là, un concert bien trop court à mon goût mais dans des conditions parfaites (Mainstage de nuit, peu de public, et le son particulièrement bon du Hellfest cette année), un must.

  • Moscow Death Brigade – Xtreme Fest : Entrer dans une salle de concert en se disant « le nom a l’air cool mais j’ai faim et c’est mon seul créneau de libre ce soir, j’écoute un ou deux morceaux pour me faire une idée et je décale » pour finalement en ressortir 45 minutes plus tard en se disant « Merde, déjà fini ? », ça méritait bien sa place dans ce top.
  • Krav Boca – Xtreme Fest : Avez-vous déjà vu un groupe de punk rap mandoline jouer dans une cage et la détruire avec l’aide du public tout au long du concert ? Moi oui, et j’en veux encore.
  • Avatar – Motocultor : Un de mes groupes préférés jouant un empilement de tubes eux-mêmes placés dans un plus grand tube, j’ai pas hésité longtemps sur celui-là.
Top 4 albums 2019 :
  • Rammstein – Rammstein : Retour des titans du Metal Industriel en grande pompe avec des tubes instantanés comme Deutschland, Zeig Dich ou encore le dément Puppe, 10 ans de silence n’ont pas entamé la puissance du groupe, pour notre plus grand plaisir.
  • We Are Not Your Kind – Slipknot : Une autre légende vieillissante de retour, cet album tente des choses sans révolutionner la musique du groupe pour autant. Slipknot ne tombe pas dans l’auto-caricature et, s’il manque peut-être la rage profonde et noire des débuts, le punch est toujours là.

  • Triumph & Disaster – We Lost The Sea : Je ne vais pas m’étendre sur cet album, mais n’hésitez pas à jeter un œil à ma Kronik sur le sujet !
  • One Fire – Combichrist : Electro indus extrêmement efficace en live, les créateurs de la BO de Devil May Cry ont fait du chemin depuis.
Top 4 Jeux Vidéo 2019 :

Je vais tricher un peu par ici parce que je n’ai malheureusement pas joué à beaucoup de sorties récentes cette année, mon set-up étant parfois limité. Voici donc le top 4 des jeux vidéo ayant rythmé mon année 2019, mais pas sortis en 2019.

  • Doom (2016) : Fast FPS ultra violent, ce remake du jeu original est un véritable exutoire porté par une BO exceptionnelle electro/metal, ainsi qu’un très bon reboot. Il me tarde de mettre la main sur sa suite parue en novembre dernier !
  • Warhammer 40.000 Dawn of War (2004) : Un RTS légendaire pour tous les fans de la licence Wh40k, le jeu n’a pas pris une ride et s’accompagne toujours très bien de ses trois extensions et de son milliard de mods (au bas mot) pour des centaines d’heures de jeu inoubliables.
  • Star Wars Kights of the Old Republic (2003) : Pour oublier cette inégale nouvelle trilogie, plongez-vous dans un RPG à l’ancienne pour découvrir le seigneur sith le plus classe de tout l’univers étendu : Darth Revan. Seulement quelques petits euros sur Instant Gaming, pourquoi hésiter ?
  • Medieval Total War 2 (2006) : Dans la série Total War je demande l’opus permettant dans la même partie de conquérir Moscou à dos de chameau et de déclencher une croisade sur Mexico. Envie de rendre sa splendeur à l’Empire Romain ? De finalement reprendre la Terre Sainte ? De savoir ce qu’il se passerait si les mongols avaient effectivement tout conquis de Bagdad à l’Ecosse ? Vous savez désormais à, quoi jouer.
Top 4 Films 2019 :

Et c’est ici que je réalise que je suis très peu allé au cinéma en cette année 2019, bien malheureusement, voici donc ce que j’ai retiré de mes visionnages même si cette liste est sujette à révisions quand j’aurai rattrapé mon retard sur cette année.

  • Parasite (Bong Joon-ho) : Un film capable de passer en deux plans d’une comédie burlesque à un film d’horreur à un drame social à une comédie brulesque, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue.
  • Spider-Man Far From Home (Jon Watts) : Après la déception qu’a été Endgame pour moi (un avis revu cent fois depuis le premier visionnage, mais Infinity War reste bien mieux), j’ai été ravi de voir que le MCU savait se relancer avec ce nouvel opus de l’homme araigné touchant, drôle, triste et spectaculaire, tout ce qu’on attend de ce héros. Mention spéciale à Jake Gyllenhaal qui campe un Mysterio digne des comics et dont la mort sera regrettée.
  • Joker (Todd Phillips) : Retirez les deux ou trois références au comics et vous avez ici un film qui se suffit à lui-même, sans avoir besoin de références geeks à tout va. Un film à la hauteur de sa réputation, dont on espère ne jamais voir la suite, sérieux les gars, ce stand-alone se suffit parfaitement à lui-même, merci.
  • Derrière la Faille (Tim Miller) : Court-métrage d’animation issu de la série anthologique Love, Death, Robots de Netflix, il y a bien longtemps que je n’avais pas vu un twist aussi puissant sur petit écran, et ce en seulement 15 minutes.
Top 4 Séries 2019 :
  • The Boys : Karl Urban au top de sa forme, un scénario oscillant dangereusement entre humour et horreur en permanence, Amazon réussit parfaitement le lancement de sa nouvelle plate-forme de streaming avec ce chef-d’oeuvre. Vivement la saison 2.
  • The Mandalorian : Un retour aux sources bienvenu après une trilogie en demi-teinte, je reparlerai de cette série en détails dans un article prochain.
  • Dark Crystal, le temps de la résistance : Ayant découvert coup sur coup le film et original et la série à la fin de l’été, j’ai eu un véritable coup de coeur pour cette méthode d’animation tout à la marionnette. La saison 2 n’est encore qu’hypothétique, mais la fin de saison laisse le spectateur sur sa faim et ne permet pas le lien avec le début du film, espérons donc que la machine Netflix saura prendre le projet en main !
  • Peaky Blinders Saison 5 : La descente aux enfers des Shelbys se poursuit, mais cette saison est la première qui ne se termine pas sur une résolution, bien au contraire. Toute la fanbase retient son souffle jusqu’à la saison 6, je suis actuellement en sueur rien que d’y penser.
Top 4 des attentes de 2020 :
  • Altered Carbon Saison 2 : La saison 1 de cette adaptation présentait une esthétique et un univers cyberpunk du plus bel effet, si la direction artistique est la même dans cette saison 2 je me jetterai dessus sans hésiter.
  • Moscow Death Brigade – Nouvel Album : Un véritable coup de coeur pour ces antifas moscovite en tracksuit portant des cagoules et jouant du rap sur des instrus punk/metal/drum n’ bass (selon l’humeur), un nouvel album est annoncé pour début 2020 avec une date au Gibus, et soyez sûrs qu’on m’y verra.
  • My Chemical Romance : LE groupe de mon adolescence se reforme pour embrayer sur une tournée mondiale, alors album, concert, bloc-note, album panini, je prends TOUT.
  • Motocultor 2020 : Après l’édition catastrophique de cette année j’attends beaucoup de ce festival qui ne m’avait jamais déçu jusqu’à lors.

Journaliste Jenkis/Werepillar

 

L’année 2019 a été riche en terme de découvertes musicales, séries et jeux vidéos. Voici mes tops personnels de l’année 2019, probablement les tops les plus importants de cet article (en toute modestie, bien sûr). Allons-y !

Top 4 concerts 2019 :
  • I Don’t Know How But They Found Me – La Maroquinerie : ce concert à Paris était très attendu, et je n’ai pas été déçue. J’ai été particulièrement impressionnée par l’autorité naturelle de Dallon Weekes, bassiste et frontman du groupe, qui a très bien su comment gérer son audience, nous récompensant en descendant dans la foule et en chantant à 30cm de moi. Autant vous dire que mon âme a quitté mon corps pendant toute la durée de la chanson. Je voudrais également faire une mention spéciale à Ryan Seaman, qui était malade ce soir-là mais qui a quand-même tout déchiré à la batterie.

 

  • Royal Republic – Forum de Vauréal : au moment où j’écris ce top, Club Majesty de RR est en train de jouer sur ma platine. Je suis arrivée au concert en ayant écouté leur discographie d’une oreille. Mais même sans connaître leur musique sur le bout des doigts, il est très facile d’apprécier ce groupe suédois en concert. Les mélodies entraînantes et l’énergie débordante des membres étaient très communicatives et m’ont rendue bouche-bée. Leur première partie, Blackout Problems, était excellente aussi et je recommande vivement d’aller les voir en concert.
Ouais, c’est une photo de la date à Paris, mais chut.
  • The FAIM – Cologne : J’ai vu ces zigotos trois fois en l’espace d’une année (c’est beaucoup), et je dois admettre que malgré les avoir vu deux fois à Paris, leur meilleure performance fut à Cologne, et je dis pas ça parce que leur tour manager a foiré son crowdsurf et s’est explosé la tronche à 5cm de moi parce que personne ne l’a rattrapé. Bon après je ne les connaissais ni d’Ève ni d’Adam la première fois, et quand ils sont passé à La Maroquinerie, les flashs m’éblouissaient tellement que j’ai passé tout le concert à regarder mes pieds sous peine de faire une crise d’épilepsie. Mais j’ai des beaux pieds, du coup ça va.

 

  • Panic! at the Disco en Facetime – Zénith : Ouais, je pouvais pas être là ce jour-là et j’étais très triste de ne pas pouvoir assister au concert, mais ma super amie a eu l’excellente idée de m’appeler en facetime pour que j’assiste à 40 minutes du concert. En prime j’ai eu un coucou du photographe officiel du groupe. Coucou Jake !
Certains de l’équipe y étaient en vrai, par contre.
Top 4 albums 2019 :
  • WHEN WE ALL FALL ASLEEP, WHERE DO WE GO? – Billie Eilish : j’ai un avis très mitigé quant à la musique de Billie Eilish. J’aime particulièrement ses chansons, mais je dois avouer que certaines me rebutent particulièrement. J’ai beaucoup de mal avec ses chansons qui renvoient un sentiment menaçant. J’aime particulièrement l’utilisation du silence dans ses compositions, comme si c’était un instrument à part entière. J’apprécie également la netteté de sa voix et du son, qui rendent son travail si particulier et unique. Très différent de son EP intitulé dont smile at me, qui lui est plus vivant et clair dans ses sonorités, je suis très curieuse et impatiente de découvrir ses prochains sons.

 

  • FANDOM – Waterparks : grosse claque dans ma petite tête blonde. Alors que je suis très fan du frontman Awsten Knight pour son humour et l’image de tête à claques qu’il montre sur les réseaux sociaux, j’avais énormément de mal à apprécier sa musique. Il est vrai que pour un groupe à l’apparence très pop-punk, les sonorités sont bien plus pop que punk, et destiné à un public plutôt adolescent. Mais FANDOM est bien différent de Entertainment, leur précédent album. Basé sur le thème d’une rupture amoureuse douloureuse, les petites touches électroniques de l’album le rendent plus intéressant à écouter. Il faut plusieurs écoutes pour bien apprécier cet album, mais il vaut quand même le détour.

  • State of Mind – The FAIM : je suis très rarement frappée par un coup de foudre musical, surtout quand il s’agit d’une première écoute d’un album. Mais en entendant les premières notes de Tongue Tied, je n’ai pu m’empêcher de crier « AH OUI » dans toute ma maison (pardon maman). Pour un premier album, je trouve qu’il est très réussi et cela me met donc extrêmement en joie pour ce qu’ils ont dans leur petite poche de kangourou (ok j’arrête les blagues sur l’Australie). Si vous faîtes de la trottinette (pas électrique) dans Paris pour échapper aux grèves, écoutez cet album. Il vous mettra dans un mood, et vous irez beaucoup plus vite. Info scientifiquement prouvée par moi. On a fait une interview plutôt cocasse avec eux d’ailleurs, et si vous ne l’avez pas encore vu, elle est là.

  • Fine Line – Harry Styles : cet album fut une grande surprise pour moi. Je n’ai jamais vraiment été fan des One Direction et le premier album du chanteur britannique ne m’avait vraiment pas intéressé. Mais il faut quand même bien admettre que Fine Line est une bombe. Une légère vibe des années 70 tout en restant très pop rend l’écoute très facile. Harry Styles répand une vague de bonnes ondes et de messages positifs qui font du bien dans cette atmosphère un peu nulle qu’est le monde en ce moment.
Top 4 séries 2019 :
  • Dark pt.2 : la seconde saison de la trilogie allemande produite par Netflix a changé ma vision des choses. J’avais fortement apprécié la première saison, mais la seconde saison est un mastodonte. Alors que la première partie mettait toute la trame en place, la seconde saison fait avancer les choses et t’explose le cerveau sans relâche. Pour remettre dans son contexte, Dark parle d’une petite ville allemande frappée par une disparition mystérieuse qui va mener à la découverte des voyages temporels. Je ne peux en dire plus sans vous dévoiler les secrets de la série, alors je vous conseillerai juste de la regarder.

 

  • Umbrella Academy : cette série était l’une de mes plus grosses attentes de 2019, et j’ai été servie. L’adaptation du comics de Gerard Way (My Chemical Romance) et de Gabriel Bá est très réussie et le casting est au point : Ellen Page, Robert Sheehan, Tom Hopper,… Une famille d’anti super-héros devant oublier les problèmes de leur enfance chaotique pour sauver le monde à la mort de leur père, tout ça mené par un enfant de 13 ans. L’adaptation Netflix est très différente du comics que je recommande également de lire. Le ton est plus sombre, l’humour plus subtil et les designs plus apocalyptiques.

 

  • Good Omens : passons aux programmes originaux d’Amazon Prime video. Comme Umbrella AcademyGood Omens est une adaptation d’un livre du même titre, écrit par Terry Pratchett et Neil Gaiman en 1990. Il raconte l’histoire de la relation étrange et légèrement illégale entre un ange (Michael Sheen) et un démon (David Tennant), liant leur force pour s’occuper de l’antéchrist, petit garçon de 11 ans sensé provoquer l’apocalypse. Cette mini série est du même registre que H2G2 de Douglas Adams, tant dans l’atmosphère que dans le sens de l’humour.

 

  • Carnival Row : ceci est un ajout de dernière minute car j’ai fini de regarder la série deux jours avant Noël. Sortie en août 2019, cette production signée Amazon Prime est plutôt sympathique (euphémisme). Même si le rythme est un peu étrange à certains endroits, je trouve que l’immersion dans un univers fantastique avec une grande présence steampunk est totalement réussie. De plus, la plupart des thèmes abordés dans la séries sont très actuels et mettent bien les choses en perspective. Philo est un inspecteur de police chargé d’enquêter sur des meurtres de fées, mais il va s’embarquer dans une de ces galères mon pote, woalalaaaa je te raconte pas, tu vas devoir regarder par toi-même ! Niveau casting, c’est du lourd : Orlando Bloom, Cara Delevingne, Indira Varma (GoT).
Top 4 découvertes 2019 :
  • Error404 : je dois remercier Dallon Weekes d’avoir fait une interview avec ce magnifique webzine qu’est Error404, car franchement c’est du feu de dieu, j’ai eu des opportunités et j’ai fait des rencontres dont je ne me serais même pas douté. Merci Max pour cette année riche en rigolade et en musique !

 

  • Tamino : Ce chanteur belge d’origine égyptienne est une petite pépite de la musique. Sa voix envoutante et l’influence égyptienne incorporée dans sa musique rend ses chansons incroyables, notamment Habibi, qui me hante jour et nuit. Si vous aimez le soft rock et que vous voulez avoir une petite claque musicale, écoutez-le, vous en serez changé.

 

  • David Brian Gilbert et sa série Unraveled : Ce youtuber américain travaillant pour la chaîne Polygon est vraiment une perle. Son concept est « simple » : prendre un petit détail ou une faille d’un jeu vidéo connu et essayer de l’expliquer et de l’exploiter du mieux possible. Ses vidéos sont chaotiquement hilarantes et vous feront vous poser la question plusieurs fois : »mais que se passe-t-il dans son cerveau ?! » Si vous êtes à l’aise avec l’anglais, je vous recommande vivement de regarder Unraveled, car il est toujours bon de connaître en détails la hiérarchie militaire de Bowser.

 

  • The FAIM mais ça c’est juste parce que je suis une fangirl.
Top 4 des attentes de 2020 :
  • Le nouveau jeu Animal Crossing, j’ai si hâte et je commence à en avoir marre de jouer sur mon petit téléphone, mais bon mon camping il a grave la classe et vous pouvez pas test.
  • Une tournée de My Chem en Europe parce que bon, c’est bien de jouer au Japon et en Australie, mais l’Europe c’est coolos aussi hein
  • 1M d’abonnés sur Instagram 😉 😉 😉 😉  je vous attends les coupains
  • Je quitte l’Europe pour quelques mois et je vais dégommer des iguanes au Mexique, ça va être chanmé

 

Vathana / koalavath

Heyoooooo! Comment ça on arrive déjà à la fin de 2019? Vous n’auriez pas trafiqué l’horloge à tout hasard? Cessez donc cette blague, et que ça saute! Non mais sérieusement, je n’arrive pas à réaliser que cette année est passée à toute allure. Remarque, c’est passé d’autant plus vite depuis que j’ai rejoint les gens merveilleux de la team 404. Si je ne devais donner qu’un seul highlight, alors forcément, avoir rejoint ce projet a rimé avec de jolies rencontres, de belles opportunités et des calembours à tout bout de champ. Et puis, comme quoi, rires et développement personnel peuvent aussi s’allier sur le même plan, alors encore merci pour ça! Maintenant cessons le blabla et passons aux choses sérieuses…

Top 4 concerts 2019 :

Avec près d’une vingtaine de concerts cette année, s’il y a une chose à retenir, c’est que les tourneurs ne sont pas allés de main morte en termes d’affiches! On a eu affaire à des tournées de dingue avec des groupes vraiment géniaux cette année. On ne peut qu’espérer que l’an prochain soit encore plus prometteur! En attendant, voici un petit TOP des concerts de cette année, et quelle chance pour vous, chacun des concerts a également son petit livereport écrit by yours truly, histoire que vous (re)viviez l’instant 😉

  • Stand Atlantic / In Her Own Words / Shaded : 3 de mes groupes préférés au même endroit? Que demander de plus? C’était de loin le concert préféré de toute mon EXISTENCE. Grosse ambiance et des sets absolument incroyables.
  • Story Untold / Between You & Me / Two Trains Left : Un concert en petit comité certes, mais pas pour le moins déplaisant. Une foule bien unie et ENFIN le premier passage des très attendus Story Untold en France, et également celui de Between You & Me !!

 

Top 4 attentes 2019 :

Nous avons quitté 2018 avec des attentes pour 2019 et pour ma part, je n’ai été déçue par aucune d’elles! (C’est pas comme si j’étais super picky aussi après…)

  • Sleep On It – Pride & Disaster : MAIS DITES DONC, QUAND EST-CE QU’ON FAIT ARRÊTER SLEEP ON IT POUR LEUR CAPACITE A N’ECRIRE QUE DES SUPERBES CHANSONS???? Si le titre inclus le désastre, ce n’est pas le cas de leurs chansons qui elles, sont loin d’être désastreuse. Il y a plutôt de quoi en être fier!
  • Grayscale – Nella Vita : Sur la même longueur d’onde, Grayscale continuent également de nous régaler avec leurs chansons aux tons colorés.
  • Citizen Soldier – Relentless : Après un joli premier EP en 2017, j’étais également curieuse de voir ce que la suite réserverait pour Citizen Soldier. Résultat? On continue dans la profondeur avec de belles chansons qui redonnent espoir. C’est un gros ouiiiiii.
  • Holding Absence – Holding Absence : Bien entendu, Holding Absence, qui d’autres? Une voix hors du commun, des compositions qui transpercent l’âme, et des personnalités qui touchent de nombreux cœurs, Holding Absence a tout d’une agréable révélation.

 

Top 4 albums 2019 :

Impossible pour moi de mettre un top album, il y en a bien trop! Je vais donc mettre un top album selon les chansons que j’ai beaucoup écouté. Mais forcément, cette année a été rythmée par de nombreuses merveilles. De fait, je laisserais quelques mentions spéciales ci-dessous!

  • In Her Own Words – Steady Glow : J’étais bien loin de m’attendre à ce que ce groupe revienne, bien que cela faisait deux bonnes années que j’écoutais leurs albums en boucle. Et honnêtement? Album of the year. L’album est sublime du début à la fin. Je n’ai rien à ajouter. Si ce n’est que vous feriez mieux d’aller écouter maintenant. Vous ne savez pas ce que vous êtes en train de rater hehe.
  • I Prevail – TRAUMA : Eh oui, un peu de I Prevail n’a jamais fait de mal à personne. Le retour de ce groupe était également très attendu et ce dernier a exploré beaucoup de possibilités dans ce nouvel album. Tandis que certains éléments peuvent tendre à la surprise, il n’est pas rare de voir beaucoup de gens déçus par ce que leur musique est devenue. Mais bon, je ne vous rejoindrais pas sur cet avis. Certes, ça ne sonne pas tout à fait comme leurs anciennes chansons, mais on sent très bien que les membres se sont dépassés, que ce soit dans l’honnêteté des paroles ou encore la composition musicale variée qui apporte une grosse touche de fraîcheur. Pas du tout déçue et très hâte de les voir en mars prochain!
  • Modern Error – Lost In The Noise : Un premier album profond avec un univers singulier et une poésie à tomber. Très prometteur! Hâte de voir ce que la suite leur réserve. Si vous ne vous y êtes pas encore mis, n’hésitez pas à passer le pas, vous risquez à votre tour de succomber sous son charme.
  • Acres – Lonely World : Après avoir saturé en boucle la chanson Lonely World, j’avoue que j’avais très très hâte que cet album sorte. Et je n’ai pas du tout été déçue! On se laisse facilement emporté dans ce monde partagé entre violence et douceur.

Mention très spéciale à Dayseeker, Rarity, Capstan, The Bottom Line ou encore Red Handed Denial qui ont également sorti des gros monstres cette année!

 

Top 4 EPS 2019 :
  • Shaded – tempory fix : Mais qui donc est surpris par ce choix? Qui? Oui ok je suis une grosse forceuse avec ce groupe, on a compris haha. Oops. Non plus sérieusement, je suis super heureuse d’avoir pu voir l’évolution de ce groupe entre 2017 et 2019. Comme toujours, beaucoup de gens sont déçus par ce basculement musical qui semble fréquent en 2019 pour passer vers un côté plus indie. Tout de suite, les gens vont crier au « sellout wannabe » qui font du commercial, alors que pas du tout. Et je ne dis pas seulement ça parce que j’aime bien le groupe. Si on tend bien l’oreille, on peut très clairement sentir la maturation du groupe quant à la musique. Il y a là une musique finement composée avec des harmonies travaillées qui viennent peaufiner le tout. Rien à voir avec votre commercial! Oui, c’est beaucoup plus indie et avec des vibes qui tendent même vers le rnb, mais c’est un EP qui reste vraiment bien travaillé et qui mérite d’être écouté au-delà de la surface du « C’est nul c’est pas pop-punk ». Ce qui est beau avec la musique, c’est justement que c’est un art vivant, un art qui change avec le temps, un art qui évolue surtout. Apprenez donc à sortir de votre catégorisation systématique, vous verrez que c’est plutôt sympa l’ouverture! 🙂

  • Yours Truly – Afterglow : Si votre âme dansante recherche plutôt une ambiance festive qui fait ressentir tout le peps, alors Yours Truly sera vôtre. Le sourire va se dessiner sur vos lèvres à 100%. Désolée, je ne fais pas les règles.
  • Bellevue – Picking Up The Pieces : Un premier EP très ensoleillé de la part de ce groupe, susceptible de plaire aux fanas de Broadside! Respirez donc ce soleil à pleins poumons.

  • Victory Lane – Barebones : Forcément, il a fallu que je les mette… L’année 2019 a été révélatrice de beaucoup de comebacks d’anciens groupes mais énormément de nombreuses ruptures… Joke’s on me d’aimer autant de groupes locaux. Victory Lane était un de mes groupes préférés de la scène UK et je suis super triste qu’ils se séparent déjà et que je n’aurais donc jamais l’occasion de les voir R.I.P. En tous cas, ils ont pondu un super second EP avant leur séparation!

En parlant de nouvel EP qui s’accompagne de séparation, un gros shoutout à mes potos (et non pas lampadaires hein) de Rivertied qui ont sorti leur tout premier EP cet été avant d’annoncer leur séparation très récemment… Avis aux fans de State Champs, Neck Deep et compagnie, les Portugais vous ramènent de chaleureuses vibes!

 

Top 4 titres addictifs 2019 :

Parce que oui, cette année, il y a quelques titres que j’ai pu tourner des bons milliers de fois sans jamais m’en lasser. Il y en a eu énormément d’ailleurs, mais je n’en citerai que 4 pour me coller au principe 404. (En essayant d’en mettre 4 qui ne rentrent pas déjà dans d’autres catégories, car sinon forcément, la tentation de nommer Novelists, Polaris ou encore Our Mirage est très forte. Oops)

  • Holygood – « Oh No! » : Selon mes statistiques j’ai écouté la chanson plus de 3000 fois dans les deux semaines qui ont suivi la sortie de la chanson, donc j’imagine que j’en suis addicte oui haha. Holygood est un groupe que j’écoute depuis le temps où ils s’appelaient encore Light You Up, et depuis quelques années, il n’y avait plus aucune nouvelles de la part du groupe. J’étais assez triste je vous l’avoue, et je me demandais s’ils n’avaient pas d’autres plans. Quand 2019 a débuté avec un compte vide et un teaser d’une nouvelle chanson, vous ne pouviez pas vous imaginer la grosse hype d’enfin pouvoir écouter quelque chose de ce groupe à nouveau!!
  • Alazka – « Dead End » : Alazka, aka un des groupes que j’adore  extrêmement. Pas de nouvelles chansons depuis le dernier album. Alors, forcément, leur retour si soudain avec un nouveau titre et l’annonce d’une headline était ENORME! Malheureusement pour les fans de Kassim, leur chant clair n’est plus dans le groupe bien qu’il va poursuivre d’autres projets persos dans la musique. Je me demande ce que ça va donner… En tous cas, je me souviens que l’annonce de leur headline m’a tellement rendu heureuse que j’ai passé la journée entière à sourire comme une débile partout, tout le temps. Et cette chanson est de loin un gros tune!
  • Heartist – « Pages » : CETTE CHANSON EST UNE TUERIE.
  • Inertia – « Savoir » : Les groupes australiens ne cesseront jamais de m’étonner, et ceci est un fait. Il y a du gros lourd par ici, donc si jamais vous voulez aller y jeter une oreille, FONCEZ!!!

 

Top 4 découvertes 2019 :

On dit un gros merci à Spotify qui permet de faire des découvertes hors du commun! C’était bien dur de se limiter à 4 sur une année entière honnêtement.

  • Kitsune : Une découverte extra! Typiquement le genre de musique que je pourrais écouter sans aucune limite. La musique est super entraînante et rappelle des sonorités de groupes japonais. Donc si c’est votre dada, vous allez très probablement aimer à votre tour! 🙂
  • Sunsleeper : Une alliance entre poésie profonde qui coule dans leurs veines et des compositions sereines.
  • Reliance : Un peu plus de peps et d’énergie avec une composition musicale absolument phénoménale. J’ai absolument saigné leur EP. Attention, risque d’addiction!
  • Dreamhouse  : Une petite touche de légèreté pour finir cette sélection de découvertes avec un groupe qui peut plaire aux nostalgiques de Tonight Alive ou encore Paramore.

 

Top 4 attentes 2020 :

Avec le retour de nombreux groupes qui se sont séparés depuis des dizaines d’années, vous savez, ces groupes que vous écoutiez durant vos années collège, eh bien cette nouvelle année s’annonce riche en émotions. My Chemical Romance, Evanescence, We Are The In Crowd, et j’en passe! Tous ces concerts et festivals s’annoncent plutôt prometteurs, ma foi. Mais comme je ne suis pas du tout originale, la plupart des attentes que j’ai pour l’année prochaine résident toutes chez Sharptone Records… à l’exception du dernier. Pour la top sélec’ d’albums que j’attends avec impatience, c’est par ici:

  • NOVELISTS !!! (Ils vont faire un comeback de malade, personne n’est prêt)
  • Polaris
  • Alazka
  • Our Mirage

(Mamie) Emma

 

Top 4 – Albums

 

  • Holding Absence – Holding Absence : Il est enfin arrivé ! L’album d’Holding Absence, qu’on attendait tous, a vu le jour. 11 titres tiré d’un post hardcore éthéré qui se suivent et se marient parfaitement. L’univers créer par le groupe se retrouve aisément dans cet opus, cette ambiance à la fois aérienne et douloureuse prend aux tripes, c’est un fait. C’est beau, c’est mélodique et tortueux, si bien arrangé et harmonieux. Ce premier album laisse sans voix.

  • MIKA – My name is Michael Holbrook : Je n’avais pas écouté MIKA depuis longtemps, pourtant sa musique a bercé ma vie entière. A l’approche de son concert à Bercy, je me suis décidée à le réécouter…et je n’ai pas du tout été déçue ! L’ensemble de l’album est en parfaite osmose. Chaque titre est unique et s’accorde aux autres dans un univers toujours aussi fantaisiste, propre à MIKA. Mais pas de chichis, on sent le travail derrière les chansons, c’est créatif et pointilleux à la fois, ça donne le sourire et des envies d’évasions…c’est du MIKA et c’est encore un coup de maître !
  • Lewis Capaldi – Divinely Uninspired To A Hellish Extent : Notre Beyoncé nation…écossaise sort son premier opus, et quel album nous sert-il ! De sa voix (presque) grave et mélancolique, Lewis Capaldi enchaîne les balades qui me feront frissonner plus d’une fois. C’est entêtant et si envoutant. Du piano, un timbre si triste et feutré, et d’une justesse incomparable, la formule ne pouvait que fonctionner.

  • Sleep Token – Sundowning : Après avoir sorti nombre de singles, Sleep Token les compilent enfin pour en sortir un album, intitulé Sundowning. Un univers bien particulier, à la fois sombre et dreamy, le groupe interroge et fascine. Gardant cette part de mystère, avec une voix si versatile, le groupe passe de titres lents à quelque chose de plus saccadé et prenant, toujours en y incorporant une touche d’électro qui les rend si intéressant et déconcertant et qui m’en fait ma révélation de cette année.


Top 4 – Concerts

 

  • MIKA – Bercy, France (22.12.19) : Après 13 ans à écouter l’artiste, j’ai enfin eu l’occasion de le voir sur scène ! Autant vous dire que toutes mes attentes ont été comblées et même dépassées bien au delà de mes espérances. Je ne pensais pas autant danser et chanter à en perdre la voix, dans une ambiance si chaleureuse et bonne enfant. Entre lancées d’avions en papiers et de ballons, on pouvait assister aux démonstrations acrobatiques et vocales hautes en couleurs de MIKA, qui nous fera même le plaisir de descendre dans la fosse le temps d’une chanson ! Absolument i-nou-bli-able.
  • All Points East – Victoria Park, Angleterre (31.05.19) : Imaginez, un set de 2h de Bring Me The Horizon, reprenant des titres qu’on avait presque oubliés, des featurings avec leurs potes, une scénographie de génie, des lights à en perdre la tête, tout ça sur une Main Stage immense, accompagnée d’une fosse reprenant en cœur chaque morceaux. Ca c’est la cerise sur le gâteau, certes. Mais, All Points East, c’était aussi un festival avec un line up plutôt alléchant… : entre Architects, While She Sleeps, Sleeping With Sirens, Lotus Eater ou encore Yonaka… On était fin mai, le soleil était présent, les copains aussi, la musique battait son plein, mes groupes préférés jouaient à un même festival…il y avait de quoi être heureux.
  • Holding Absence – Scala, Angleterre (12.12.19) : Holding Absence, ce groupe gallois dont je suis tombée amoureuse il y a bientôt 2 ans, après les avoir découvert en ouverture de We Are The Ocean en mars 2017. Un coup de foudre qui m’a valu de retourner les voir mi décembre, jouer l’intégralité de leurs titres. Ce fut un concert prenant, et émouvant. L’intensité qui émane de leur musique se ressentait dans chaque vibrations, chaque notes, et chaque larmes versées. C’était un show presque historique et il aurait été dommage de le rater. Si vous ne connaissez pas Holding Absence, je ne peux que vous conseiller d’aller jeter une oreille sur leur musique…vous me remercierez plus tard !
  • Parkway Drive – L’Olympia, France (04.02.19) : C’était en tout début d’année, je n’ai pas tout les souvenirs en tête, mais je me souviens encore des flammes, de la performance des australiens sur scène, d’une belle setliste, d’une fosse déchaînée, entre mosh pits et crowdsurfs, et même d’un orchestre de violons présents sur scène le temps de quelques morceaux. Je me souviens avoir sauté de partout, heureuse comme un poisson dans l’eau, sortant de la salle, le sourire aux lèvres pour un concert qui m’avait coupé le souffle.

 

Chronique : Cigarettes After Sex – Cry


Cigarettes After Sex, c’est ce groupe américain créée il y a plus de dix ans, dont l’univers musical se veut planant dans une ambiance feutrée. Après un album éponyme sorti en 2017, le groupe revient avec un opus, intitulé Cry, qui suit les pas de son prédécesseur.

Plongée à nouveau dans cette ambiance dream-pop si particulière, pour seulement 9 titres au total, assez semblables dans leurs structures harmoniques. Mais, si la redondance musicale est présente, cela n’en est pourtant pas si dérangeant. On se laisse volontiers happer dans cette sensualité artistique qu’a crée le leader du groupe, Greg Gonzales. Avec sa voix androgyne, il susurre des hymnes au désir, entre un Kiss It Of Me vibrant, ‘If you’re gonna break my heart, this is a good start‘ et le doucereux Hentai et son ‘I’ve been waiting for you to fall for me, and let me in your life‘.

L’envie, la sensualité, tels sont les thèmes recoupés au sein de Cry, en faisant la ligne directrice de l’album. Rien qu’à la tracklist, entre Heavenly, Touch ou Pure, le ton est donné, Cigarettes After Sex n’a pas prévu de changer sa recette. Des morceaux tout en douceur, un rythme lent, qu’on pourrait même qualifier de ‘langoureux’ dans sa progression, pour des titres que ne font jamais moins de 4 min. Cette notion d’attente vers l’être attendu, maintes fois évoquées, se mue en musique.

Pourtant, dans ce concept, il y a une part sombre qui se reflète. D’un certaine manière, elle commence au travers de l’artwork. Sobre, un noir et blanc d’un orage tombant sur une mer presque déchaînée, avec pour titre d’album Cry, telle est la vision d’approche. A l’écoute des chansons, le tourment décelé auparavant, se dévoile au travers de la musique, il prend l’aspect de la mélancolie. On peut l’entendre, discrète dans son emprise, mais néanmoins transparaissant par une certaine tension au fil de l’album, comme un pleur inavoué.

Cry est beau, mais Cry ne se réinvente pas. Des titres qui se suivent et se ressemblent presque, c’est bien dommage. On l’écoute cependant avec plaisir même si on aurait aimé une prise de risque de la part des américains. Cry ne marque pas les esprits, mais Cry nous enchantera malgré tout.

Tracklist:

1. Don’t Let Me Go
2. Kiss It Off Me
3. Heavenly
4. You’re The Only Good Thing In My Life
5. Touch
6. Hentai
7. Cry
8. Falling In Love
9. Pure

Kronik : Blind Guardian Twilight Orchestra – Legacy of the Dark Lands


Salutations chers amis ! Bienvenue à vous dans mon antre, entrez donc, mais ne vous installez pas trop confortablement cette fois, car notre voyage du jour ne sera pas de tout repos. Je vous emmène dans une fantastique épopée à travers une terre dévastée en proie à une guerre sanglante, vous l’aurez compris, pour cette Kronik on s’attaque à un très gros morceau, alors chaussez vos bottes, affutez vos rapières et graissez vos mousquets, aujourd’hui les enfants, c’est Blind Guardian.

Blind Guardian: Twilight Orchestra n’est en réalité pas Blind Guardian mais nous est présenté comme un side-project fortement lié au groupe. Ce projet est l’œuvre de Hansi Kürsch et André Olbrich, respectivement chanteur et guitariste au sein de la formation originale, et son premier (et peut-être unique) album Legacy of the Dark Lands est l’accomplissement d’un rêve remontant à plus de vingt ans.

L’idée d’écrire un album symphonique est venue aux deux compères après la parution de l’album de Blind Guardian Nightfall in Middle Earth en 1998, une adaptation partielle du Silmarillion de Tolkien dans le Power Metal du groupe, et encore aujourd’hui acclamé par de nombreux fans comme le pinacle de leur carrière. Le concept est ici quasiment similaire, l’ouvrage adapté étant cette fois-ci le roman Die Dunklen Lande de Markus Heitz paru en février dernier en allemand et traduit en anglais en octobre pour pouvoir coïncider avec la sortie de l’album. Les deux œuvres nous plongent dans la Guerre de Trente Ans, conflit qui déchira l’Europe au début du XVIIe siècle, et suivent l’histoire d’Aenlin Kane (fille du célèbre Solomon Kane de Robert E. Howard) à travers l’Allemagne de cette époque.

https://www.youtube.com/watch?v=K4tp4As_5_8&t=4541s

Tracklist :

  1. 1618 Ouverture
  2. The Gathering
  3. War Feeds War
  4. Comets and Prophecies
  5. Dark Cloud’s Rising
  6. The Ritual
  7. In the Underworld
  8. A Secret Society
  9. The Great Ordeal
  10. Bez
  11. In the Red Dwarf’s Tower
  12. Into the Battle
  13. Treason
  14. Between the Realms
  15. Point of no Return
  16. The White Horseman
  17. Nephilim
  18. Trial and Coronation
  19. Harvester of Souls
  20. Conquest is Over
  21. This Storm
  22. The Great Assault
  23. Beyond the Wall
  24. A New Beginning

Le pari était de taille, produire un album concept narratif de près d’une heure et demie entièrement basé sur l’idée de la voix de Kürsch menant un orchestre symphonique ne semble pas au premier abord être une tâche aisée. Mais le terrain avait déjà été préparé par certains morceaux des précédents albums comme Sacred Worlds, Wheel of Time ou encore la quasi-totalité de l’album Beyond the Red Mirror, paru en 2015, qui possédaient déjà une patte symphonique importante. L’aspect « adaptation » a également beaucoup été pratiqué par le groupe depuis Nightfall in Middle Earth en empruntant à des œuvres comme La Roue du Temps de Robert Jordan ou bien au Multivers de Michael Moorcock. La capacité d’Hansi Kürsch à pratiquer le chant lyrique n’étant plus à prouver depuis longtemps, tous les ingrédients semblaient réunis pour que cet album soit une réussite. C’est ainsi qu’après nous avoir emmenés voir ce qui se cachait de l’autre côté du Miroir Rouge, Kürsch et Olbrich se sont concentrés sur la production de cet album concept un peu particulier, jusqu’à l’amener à portée de nos oreilles le 8 novembre dernier.

 

Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’effet est saisissant. Presque une heure trente d’un voyage épique à travers ces Sombres Terres™, l’album est saupoudré des thèmes chers à Blind Guardian tournant autour de l’occultisme, des mondes parallèles et de la démonologie sous toutes ses formes (avec une apparition de Satan en personne, rendez-vous compte !). Les morceaux sont tous séparés d’un interlude parlé faisant intervenir un certain nombre de personnages, probablement dans le but de clarifier la narration.

Evidemment part belle est faite aux envolées lyriques de Kürsch qui se fait plaisir comme jamais sur toute la durée de l’œuvre, exploitant la totalité de sa tessiture et menant avec brio l’orchestre qui l’accompagne. La partie instrumentale est également grandiose à souhait, d’entrée de jeu avec le titre instrumental 1618 Ouverture la patte de Blind Guardian est parfaitement perceptible, nous rappelant les meilleurs moments de Beyond the Red Mirror. L’absence de parties metal dans ces compositions peut déstabiliser, les afficionados de Sacred Worlds ou Beyond the Red Mirror regretteront peut-être au premier abord leur absence, mais force est de constater que, même si l’effet rendu est un peu différent, l’orchestre symphonique dégage quand même une puissance équivalente, comme par exemple sur des titres comme In the Underworld ou sur le refrain de The Great Ordeal.

Paradoxalement, on pourrait reprocher cet aspect un peu monolithique à l’album. L’histoire décrite semble plus ésotérique qu’épique, Aenlin Kane à la recherche des secrets de son père à travers l’Allemagne du XVIIe siècle, mais même certains morceaux comme In the Red Dwarf’s Tower ou Point of no Return s’essayant à des mélodies plus calmes et mystérieuses finissent invariablement par sonner comme les explosions lyriques de Wheel of Time.

Ou peut-être est-ce justifié ? Impossible de le savoir, et c’est le gros reproche que j’ai à faire à cet album, et qui était déjà valable pour Nightfall in Middle Earth : si vous n’avez pas lu le livre, impossible pour vous de comprendre ce que l’album vous raconte. Les interludes parlés supposés clarifier le propos ne sont en fait que des namedrops de noms de personnages dans des situations en apparence aléatoires entre lesquelles il est parfois difficile de faire le lien. On pouvait s’y attendre, l’album est plus un complément du roman qu’une œuvre indépendante (à l’image du 2001 de Stanley Kubrick ne pouvant être pleinement compris qu’avec l’aide de celui d’Arthur C. Clarke) et il est évident qu’on ne peut adapter un roman de 560 pages en album sans en tronquer une partie, mais il faut bien avouer que j’aurais préféré un récit compréhensible de bout en bout sans trop d’apports extérieurs.

On a également parfois une impression de déjà-entendu, certaines mélodies ressemblent à s’y méprendre à des morceaux présents sur les deux précédents albums. Ce n’est pas vraiment dérangeant en tant que tel, cela ne fait que confirmer que cet album a connu une longue période de gestation et qu’il emprunte donc à toute la discographie du groupe des vingt dernières années. En revanche cela devient nettement plus déstabilisant sur Harvester of Souls dont l’instrumental est pratiquement une copie note par note d’At the Edge of Time, morceau du précédent album, cette nouvelle version rajoutant seulement quelques passages la rendant sensiblement plus longue. Ce recyclage est assez surprenant de la part d’artistes aussi inventifs, on avait déjà noté par le passé des similarités troublantes entre morceaux de Blind Guardian (Fly et Dead Sound of Misery par exemple, tous deux issus de A Twist in the Myth), mais jamais à ce point. Impossible de dire d’où vient cet étrange phénomène, mais ce qui est sûr c’est que la découverte de cette similarité sort immédiatement l’auditeur de son écoute, le laissant perplexe quand il devrait être transporté.

 

Le tout est finalement assez mitigé et hétéroclite. La réalisation de l’album est une réussite, cela ne fait aucun doute, la voix d’Hansi est parfaitement taillée pour ce genre d’exercice, le style de Blind Guardian est parfaitement perceptible tout le long sans jamais dénoter, et le tout est une épopée grandiose comme le groupe sait en produire. Les quelques bémols sont situés dans la seconde moitié du concept : l’adaptation. Die Dunklen Lande n’est certainement pas une œuvre aussi décousue que le Silmarillion, et pourtant ce Legacy of the Dark Lands souffre du même écueil que Nightfall in Middle Earth en ce qu’il est presque incompréhensible sans le support du livre. Evidemment, il est totalement impossible de retranscrire un roman complet dans un album d’une heure trente, pas plus que dans un film, mais en ce cas peut-être eût-il mieux valu abandonner l’idée d’adapter un roman et développer un concept original, comme pour Beyond the Red Mirror (voire même prolonger le concept de ce dernier), ou bien de remplacer les cryptiques dialogues des interludes parlés par un unique narrateur relatant les faits non explicités dans les morceaux.

Néanmoins cet ovni reste une très bonne écoute et la preuve que Blind Guardian n’a pas fini de faire parler la puissance épique de sa musique. Si l’on met de côté la narration on a affaire ici à un album unique en son genre trouvant parfaitement sa place dans le prolongement de la discographie du groupe. A partir de là l’avenir est ouvert, cette œuvre restera-t-elle unique ou d’autres albums dans ce style sont-ils prévus ? Cette sortie marque-t-elle l’apogée de l’ère symphonique de Blind Guardian, amenant peut-être avec elle une tournée symphonique ? Autant de questions pour l’instant en suspens. Quoiqu’il en soit nos allemands préférés semblent bien loin d’en avoir fini avec nous, et montrent une fois encore une capacité à innover qui n’annonce que du bon pour l’avenir.

Kronik : We Lost The Sea – Triumph & Disaster


Amis, soyez les bienvenus dans mon antre, ne faîtes pas vos timides, c’est sûrement la première fois ici pour vous aussi, alors installez-vous confortablement, et écoutez la voix du vieux Kärscheras. Aujourd’hui je vous propose de me suivre dans un voyage à travers les plaines, les océans, et peut-être même les cieux, mais surtout à travers vous-mêmes. Vous l’avez compris, aujourd’hui, je vais vous parler post-rock.

En Octobre dernier le groupe australien We Lost The Sea a dévoilé au monde son dernier opus intitulé Triumph & Disaster. Celui-ci fait suite à Departure Songs paru en 2015, album ayant marqué le début de l’envol du groupe en le faisant connaître à l’international, s’imposant comme une sortie majeure de l’année au sein de la scène post-rock mondiale. Comme son prédécesseur, T&D est un concept album, racontant un voyage tourmenté et post-apocalyptique s’étirant jusqu’à la fin de toute chose, alors que l’humanité observe sa propre chute.

      Tracklist :

  1. Towers
  2. A Beautiful Collapse
  3. Dust
  4. Parting Ways
  5. Distant Shores
  6. The Last Sun
  7. Mother’s Hymn

 

Avec T&D, le quintet se voit rejoint par un troisième guitariste, Carl Whitbread, illustre inconnu officiant habituellement dans le groupe Lo! (brutal sludge). On pouvait donc s’attendre à un changement assez marquant par rapport à Departure Songs, d’autant que le premier single Towers suggérait déjà en juillet dernier une rupture, un son moins aérien, presque martial par endroits, tout en gardant l’évanescence caractéristique du genre. Mais qu’en est-il finalement ? Cet album est-il le digne successeur de la pièce onirique et mélancolique ultime qu’était Departure Songs ? Un triomphe ou un désastre ? C’est pour répondre à cette question que je me suis plongé une fois de plus dans la musique irréelle de We Lost The Sea, et voici ce qu’elle m’a légué.

  • Towers :

L’album commence par cette pièce pharaonique de plus de 15 minutes à la structure labyrinthique que je n’hésiterais pas à qualifier de progressive. Dès les premières notes on sent une rupture nette avec Departure Songs. On a ici affaire à un drone anxiogène, bien loin de la plénitude procurée par le début de A Gallant Gentleman, vite rejoint par un riff de guitare qui ne dépareillerait sans doute pas dans un morceau de stoner. Et cet esprit alternera tout au long du morceau avec des passages plus planants, plus mélancoliques, restant plus fidèles au style du groupe.

Le ton de l’album est donné dès cette pièce introductive : il sera bien plus sombre que le précédent. Adieu la douce mélancolie parfois anxiogène, on a ici affaire à une ambiance bien plus lourde, plus noire, le morceau s’achevant par un crescendo martial aboutissant à une explosion mélodramatique, comme si le monde lui-même s’écroulait majestueusement sous nos yeux.

 

  • A Beautiful Collapse :

Et quoi de mieux que cet effondrement pour passer au second morceau, A Beautiful Collapse. Bien plus doux au premier abord, ce crescendo va vite reprendre les caractéristiques de Towers, transformant d’un seul coup sa petite mélodie minimaliste en mur de son massif et continu. Ce morceau s’avère bien plus rock dans ses riffs que le précédent. Une forme d’agressivité s’en dégage, comme s’il exprimait une colère sourde s’échappant d’un coup pour tout réduire en cendre, tout en effaçant totalement la quiétude du début de morceau qui reparaît parfois subrepticement sous forme d’une plainte douloureuse. A Beautiful Collapse, je vois ici l’effondrement d’un esprit soumis à des émotions intenses dont la nature est laissée à la discrétion de l’auditeur, et finissant par perdre tout repère pour ne plus voir qu’un voile rouge.

 

  • Dust :

Après toute cette urgence, ce déferlement, cette chute majestueuse et effrénée, l’album semble reprendre son souffle sur Dust. Bref interlude de 4 minutes (bref à l’échelle des autres morceaux, évidemment), ce morceau nous livre une douce mélodie de guitare agrémentée de quelques notes de trompette par moments. Le paysage qui nous est décrit ici est désolé, triste, froid, un bruit continu de vent venant accentuer cette impression en arrière-plan. L’humanité s’est effondrée d’un coup sec, il ne lui reste à ce moment-là plus d’espoir.

 

  • Parting Ways :

Et une fois ce moment de calme passé, le voyage continue paisiblement avec Parting Ways. Introduit par un riff assez neutre émotionnellement, ce titre se révèle vite bien loin de l’esprit vindicatif du début d’album. La mélodie est ici de retour, évoquant un genre de quête salvatrice. Ce morceau cherche quelque chose, il tente de faire table rase du passé, à mettre fin au regret, puis reprend du poil de la bête environ à sa moitié, se faisant violence pour avancer à travers la tourmente et les souvenirs, l’histoire d’une séparation douloureuse en somme. Le mur sonore revient, mais cette fois-ci ne se défait pas de sa mélodie, renforçant encore le torrent d’émotion, pour finalement s’achever sur une sonorité apaisée, comme si l’on avait finalement trouvé la paix, et que le passé appartenait enfin au passé.

 

  • Distant Shores :

Ce titre est exactement ce que l’on pouvait attendre du groupe, une mélodie aérienne au lapsteel, quelques accords de guitare afin d’agrémenter le tout, et le tour est joué. Il n’y a pas à épiloguer trop longuement sur ce morceau, il est finalement assez simple et répétitif du point de vue technique, mais incroyablement efficace dans sa manière de passer son message. Il n’y a qu’à fermer les yeux, se laisser porter par la mélodie, et tout apparaîtra sans effort devant vos yeux, le rivage, le soleil couchant, le cabanon sur pilotis où couler le restant de vos jours. Distant Shores est un havre de paix, une accalmie bienvenue dans un album finalement bien plus violent que ce à quoi on pouvait s’attendre.

 

  • The Last Sun :

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le début de cette ultime (ou pas ?) pièce est à la hauteur de son pendant introductif. Là où Towers semblait partir en tous sens, cet ultime soleil reste fidèle à sa mélodie et la développe dans un lent crescendo ternaire, s’étirant sur de longues minutes. Rien de révolutionnaire ici, on a déjà entendu cela des dizaines de fois partout dans les albums du genre, mais cette odeur de fin du monde m’est toujours aussi agréable après toutes ces écoutes. L’ascension continue sans cesse, jusqu’à une fin des plus brutales. Au beau milieu d’une mesure, le crescendo est brutalement interrompu pour laisser place à une reprise de la mélodie au synthé. Bémol pour moi, j’aurais préféré un silence complet à ce moment, ou une fin triomphale, mais on parvient quand même à ressentir le vide laissé par le frénétique voyage qui vient de s’achever.

 

  • Mother’s Hymn :

Mais même s’il avait toutes les qualités pour occuper cette place (jusqu’à son nom), The Last Sun n’est pas le dernier titre de l’album. Il est suivi par Mother’s Hymn, un morceau… de pop à chanteuse. Choix assez décontenançant ma foi, ce titre n’aurait pas dépareillé quelque part dans la tracklist d’un album d’Alicia Keys, de par son style de chant (il s’agit d’ailleurs du seul morceau non-instrumental de l’album), sa production, même son instrumental (avec cuivres, claquements de mains en guise de percussions, départ au piano seul…). Ce titre final se clôture sur un duo voix/piano, accompagné de chœurs gospel, achevant de me perdre totalement. Bien que pas désagréable à écouter, ce morceau dénote tant avec le reste de l’œuvre qu’il n’y trouve pas vraiment sa place musicalement parlant.

 

Mis à part ce titre final qui n’a pas fini de me faire remettre en question la notion de cohérence au sein d’un album, ce Triumph & Disaster est pour moi une flambante réussite. Le concept est prenant, ce voyage d’une mère et son enfant dans une journée vers l’anéantissement de l’humanité est parfaitement perceptible. « Are we really too late ? » se demande la chanteuse de Mother’s Hymn (seul morceau non instrumental de l’album), la seule issue est-elle réellement la destruction ou pouvons nous encore sauver notre espèce de l’auto-destruction ? La question reste en suspens, mais la musique instrumentale du groupe laisse la liberté à chacun d’y coller les mots et les images qu’il souhaite, s’affranchissant du concept pensé par le groupe, et on peut ainsi interpréter chaque morceau et même l’album dans son ensemble de bien des manières.

Cette sortie est un incontournable de cette fin d’année pour ceux d’entre vous qui aiment voyager sans bouger de leur fauteuil. Le groupe reste en cela fidèle à lui-même, et réussit son pari. Triumph & Disaster n’aura pas une aussi grande résonnance que Departure Songs, mais il reste quand même parfaitement à la hauteur de la réputation que s’est forgée le groupe et les pousse un peu plus vers une place prépondérante au sein de la scène post-rock internationale. Et qui sait si d’ici quelques années le sextet australien ne jouera pas aux côtés de titans du genre comme God Is An Astronaut ou Mogwai ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant la vie est courte, alors écoutez du post-rock, et n’oubliez surtout pas de rêver.

Source photos : We Lost The Sea

Artworks par Matt Harvey

Pone Illustrations par Posuka Demizu


Aujourd’hui, parlons peu, parlons bien, parlons manga ! Enfin, pas exactement car aujourd’hui je vais vous présenter Pone Illustrations, un artbook pour lequel je n’ai pas pu résister dès que j’ai vu ce dernier arriver jusque dans nos contrées.

Pone est un artbook signé Posuka Demizu, un artiste japonais dont le nom ne vous est probablement pas inconnu. Il s’agit d’un illustrateur s’étant fait connaître récemment pour une oeuvre connue répondant au doux nom de… The Promised Neverland. C’est l’un des premiers mangas auquel j’adhère autant personnellement et pour lequel j’achète tous les tomes dès leur sortie depuis que je vous en ai parlé sur Error404. Si le manga est excellent, c’est autant pour son scénario qui tient en haleine depuis déjà 10 tomes maintenant, c’est aussi sa patte graphique qui lui a permis d’obtenir cette renommée.

Pone Illustrations est sorti en 2016 au Japon et le 18 septembre dernier chez nous.  J’imagine que cela a pris autant de temps pour attendre que la notoriété du manga se matérialise aussi ici (Au Japon, le manga en était déjà au tome 17 quand j’y suis allé l’été 2019)

Le style de Posuka est assez unique au Japon. Il diffère beaucoup de ce que l’on voit souvent. On est plus proche de l’esprit des films des studios Ghibli. Les dessins sont extrêmement détaillés, surtout sur les décors. On a vraiment l’impression qu’il s’agit de concept arts pour le jeu vidéo ou le cinéma, avec tous les détails représentés dans les moindres recoins. D’ailleurs les thématiques évoqués dans ces artworks sont nombreux. On retrouve souvent des illustrations se rapprochant de l’univers steampunk, mais on trouve aussi des animaux, des pizzas (oh yeah !), des personnages, des paysages, de la décoration de noël et j’en passe !

Que dire de plus ? Il faut dire qu’il s’agit d’un recueil d’illustrations et qu’il n’y a pas du tout de texte si ce n’est une page à la fin qui explique pourquoi cet artbook a vu le jour. Posuka nous donne quelques petites anecdotes sur ces dessins. En hiver, il dessine plutôt dans des tons rouges, lui rappelant le coin du feu et la chaleur. En été en revanche, les dessins sont plutôt dans les tons bleus pour penser à la mer. Aussi, on comprend que l’artbook s’intitule Pone car c’est en fait le premier pseudo de Posuka sur lequel il a commencé ses dessins.

Si je ne devais avoir qu’un seul regret, ce serait que l’ouvrage ne soit pas doté d’une couverture rigide. C’est quand même plus quali en général pour un artbook.

 

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