Oshi no ko, de Aka Akasaka et Mengo Yokoyari


Oshi no ko ou le nouvel ovni manga ! Édité par les éditions Kurokawa et parus en janvier dernier, Oshi no ko m’intriguait par son résumé très particulier (psttt, il ci-dessous). Les deux premiers volumes de la série – qui en compte pour le moment 7 au Japon – sont sortis en simultanée en librairie. Cela m’a permis de me faire un avis plus complet sur ce titre hors-norme.

Le docteur Gorô est obstétricien dans un hôpital de campagne. Il est loin du monde de paillettes dans lequel évolue Ai Hoshino, une chanteuse au succès grandissant dont il est “un fan absolu”. Ces deux-là vont peut-être se rencontrer dans des circonstances peu favorables, mais cet événement changera leur vie à jamais !

Réincarnation(s)

Sous un résumé fantasque (qui au final ne donne le ton que du tout début du premier tome) et un ton qui semble léger, Oshi no ko se révèle une série qui vaut le détour. Oubliez les paillettes, à travers ce premier tome, Aka Akasaka et Mengo Yokoyari présentent un titre intriguant. Dans Oshi no ko, nous allons rapidement découvrir les dessous peu glorieux du show business – loin d’être rose et pailleté – : hypocrisie, management douteux, salaires (très) bas et conditions de vie difficiles…

Le premier tome, comme souvent, est un peu introductif mais ça ne m’a pas du tout gêné, et ça n’a pas ralenti le rythme de l’intrigue. Les jumeaux (d’abord bébés puis enfants, et enfin jeunes adultes sur les tomes 1-2), tous deux des humains réincarnés, et leur façon d’être et de s’exprimer fonctionne à merveille et crée un décalage original dans la narration. Le personnage d’Ai est également intéressant – loin d’être creux et inutile.

Le titre ne plaira pas à tout le monde, tant la façon d’aborder le sujet des idoles est étonnant. Et si j’ai redouté ma lecture lors des premières pages, c’est passé vite et j’ai maintenant hâte de lire le troisième tome, dont la sortie est prévue mi-mai !

PS : si le nom Aka Akasaka vous dit quelque chose, c’est sans doute car il s’agit du mangaka de Kaguya-sama: Love is war (éditions Pika) dont l’anime est disponible sur Crunchyroll.

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Catwoman à Rome, Jeph Loeb et Tim Sale


À l’approche de la sortie du prochain film The Batman, Urban annonce la sortie de plusieurs comics qui ont aidé à la conception du film. Parmi eux, Catwoman à Rome de Jeph Loeb et Tim Sale.

Rome. Une destination de rêve, dont le simple nom évoque autant la grandeur de l’Histoire et ses secrets que la légendaire mafia italienne. Remontant la piste du Romain – Carmine Falcone – depuis Gotham, les pas de Selina Kyle la mènent jusqu’à la ville éternelle. Un voyage à double usage pour Catwoman qui voit un moyen de suivre la quête personnelle de ses origines tout en cherchant à fuir Batman, qui prend de plus en plus de place dans ses pensées…

Searching for me

Même sans être au parfum dans (toutes) les histoires de Batman, on peut profiter de Catwoman à Rome et ce n’est pas négligeable, quand on pense à l’univers foisonnant du chevalier noir.

La couverture de cette nouvelle édition, aux accents minimalistes (Selina y apparaît en partie cachée) et aux tons tricolores (uniquement noir, blanc et rouge), est particulièrement réussie. Le duo Jeph Loeb et Tim Sale (Un long Halloween) était assez pour me donner envie d’y plonger. En effet, ils sont ici aux commandes de Catwoman à Rome. Sans surprise, parce qu’il s’agit de Tim Sale, le dessin est beau. Les illustrations sont réellement saisissantes… et Selina est mise en valeur (même si, disons-le, « trop souvent » dénudée). La colorisation de Dave Stewart fait honneur aux traits de Tim Sale.

Rythmée, l’intrigue est bien menée. Le passé de Selina est un mystère – c’est en partie ce qui rend le personnage si attirant. Ici, Selina/Catwoman part à la recherche de son passé, de ses origines. Poursuivie par Batman, ses amis ne seront pas forcément ceux auxquels on pense. Sa relation avec Bruce/Batman est joliment mise en page.

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Nina du royaume aux étoiles, Rikachi

Nina du royaume aux étoiles est la première nouveauté de l’année des éditions Michel Lafon. Ou plus exactement, de leur récent label manga « kazoku ». Les bons shôjo deviennent de plus en plus rares avec le nombre croissant de sorties. Et comme nous sommes dans un univers fantasy, j’avais très envie de le découvrir.

Nina est une jeune orpheline aux très rares yeux bleu azur qui se fait passer pour un garçon afin de ne pas attirer l’attention des esclavagistes qui seraient prêts à la vendre pour un bon prix. Elle essaie tant bien que mal de survivre dans les bidonvilles avec Corin et Saji, ses amis qui, comme elle, ont tout perdu dans une épidémie qui a ravagé le royaume.
Lorsque Corin meurt de maladie, Saji, désespéré, vend la mèche à propos de Nina.
Rapidement, la fillette se retrouve face à un homme au regard froid qui lui annonce qu’en cet instant elle n’est plus Nina l’orpheline mais la princesse Alisha. Et elle a trois mois pour apprendre à parler et se comporter comme la vraie princesse, disparue en secret dans un accident, et dont elle partage les yeux bleus.

Désormais, il n’y a plus personne… qui pourrait m’appeler par mon prénom

La couverture est vraiment chou : l’utilisation des couleurs et le trait de Rikachi sont un bon combo. Le résumé, même s’il ne présage pas d’une grande originalité dans le scénario, se tient. J’ai donc décidé de donner sa chance à ce shôjo.

Je suis une grande lectrice de shôjo, mais il est vrai qu’à force (de sorties et d’années qui passent…) j’en trouve de moins en moins qui me vont vibrer comme lorsque j’étais ado. Normal, j’ai évolué, et je ne suis pas la cible principale.

Le premier tome offre un bon rythme, et dans l’ensemble dessin de Rikachi est maîtrisé – même si côté background/décors et tenues, on a le minimum de détails nécessaires à l’immersion dans les aventures de Nina. Je pense que Nina du royaume aux étoiles plaira aux jeunes ados d’aujourd’hui : grâce au dessin rond et doux de Rikachi, on découvre des personnages attachants dans cet univers fantasy.

Pour les habitué·es de shôjo, le thème de la princesse « de substitution » et du prince taciturne n’est pas nouveau, donc j’espère que la suite de la lecture apportera un peu plus d’originalité. Mais sans être la sortie de l’année, pour un premier tome d’exposition, les ingrédients sont réunis et la lecture agréable.

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© Rikachi / Kodansha Ltd.

Fangs, de Sarah Andersen


Fangs est edité par Error404. Ce petit livre ne paie pas de mine, mais c’est pourtant un véritable coup de cœur pour moi ! Sarah Andersen, ça ne vous dit ? Pourtant si, vous avez sûrement vu passer ses comics tranche-de-vie Sarah’s Scribbles !

Lorsqu’Elsie et Jimmy se rencontrent dans un bar, c’est le coup de foudre. S’engage alors une relation amoureuse tout ce qu’il y a de plus classique. Enfin, classique… Il se trouve que les deux partagent un petit secret qui fait qu’ils devraient normalement être ennemis. Tels les Roméo et Juliette de la nuit et de l’horreur, ils s’aiment, alors qu’Elsie est une vampire et que Jimmy est un loup garou. Heureusement, nous ne sommes plus en 1595, et les deux peuvent profiter de leur relation en laissant le drame de côté.

Un roman graphique qui a du mordant

On suit Elsie et Jimmy, respectivement vampire et loup-garou, se découvrir, se mettre en couple, s’installer ensemble… grâce à de courtes scénettes de la vie de tous les jours. Ils vivent en marge de la société (une nature de « monstre ») mais se trouvent grâce à des centres d’intérêts communs dans ces mises en scènes de Sarah Andersen. Ce couple est atypique mais tellement attachant, et ils sont à la fois si différents mais parfaits l’un pour l’autre.

Dans Fangs, Sarah joue des codes des histoires de vampires et de loups-garous pour les transposer dans des scènes du quotidien, tout en gardant un aspect « surnaturel » au récit.

On retrouve également dans Fangs le trait et l’humour bien connu de l’autrice. Aéré, avec juste ce qu’il faut de détails (quelques éléments seulement par planches : décors, vêtements…), la compréhension est pourtant sans équivoque. Doux, drôle – avec une touche de macabre –, sarcastique, mignon… Je peux proposer de nombreux adjectifs à ma lecture ! Très facile d’accès (il se lit vite), Fangs est un coup de cœur. Mon seul reproche ? J’aurai voulu qu’il soit plus long !

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Sleepless, de Sarah Vaughn et Leila Del Duca


Sleepless de Sarah Vaughn et Leila Del Duca et une histoire complète en un volume. Le titre est publié chez Urban Comics, dans la collection Urban Links – collection plutôt axée adulescents. La couverture et le thème de Sleepless m’ont tout de suite attiré.

Au royaume d’Harbeny, le vénérable roi Verato a rendu son dernier souffle. Alors que l’on couronne tout juste son frère comme nouveau régent, nombreux sont ceux à voir en la princesse Licottia, fille illégitime du feu souverain, une menace d’envergure pour le trône. Une première tentative d’assassinat à son encontre inaugure alors un nouveau chapitre de sa vie, ponctué de trahisons multiples. Fort heureusement, la jeune femme bénéficie de la protection de son fidèle chevalier sans sommeil, Cyrenic l’indormis. Tous deux vont alors s’efforcer de découvrir qui sont les commanditaires de ce vil complot, navigant dans les eaux dangereuses de la vie à la cour et de leurs sentiments grandissants l’un pour l’autre.

Un monde envoûtant

Les illustrations et le trait de Leila Del Luca sont envoûtants. Les tenues sont particulièrement détaillées, les visages expressifs. À côté, certaines planches et backgrounds manquent de détails, de finitions. Sarah Vaughn mélange dans Sleepless romance et fantasy. Les personnages sont attachants et la relation entre Licottia et Cyrenic – son garde indormis – est donc au cœur du récit. Pour autant, ce fil rouge est habilement mené et le récit n’est pas un simple prétexte à leur romance, puisque les intrigues politiques sont également très présentes.

Dense, le récit l’est assurément : pour saisir les tenants et les aboutissants de l’histoire, la concentration est de mise ! Les péripéties rythment le récit : entre la solitude de Licottia d’être séparée de sa mère, l’émergence de ses sentiments amoureux ou encore les tentatives d’assassinats…

Sleepless est lecture agréable dans un univers original. Sa narration est efficace et subtile à la fois, et les personnages attachants. Pour une histoire complète en un volume, et son prix (14,5 €), pas de raison de passer à côté !

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Kaiju N°8, de Naoya Matsumoto


Kaiju N°8 de Naoya Matsumoto est LA sortie du moment. Edité par Kazé, le manga bénéficie d’une mise en avant commerciale de folie (oui, le monstre géant sur la BNF n’est autre que Kafka, le héros du manga) et un tirage tout aussi fou pour ces deux premiers volumes : 250 000 ex/tome.

Les kaiju sont d’effroyables monstres géants qui surgissent de nulle part pour attaquer la population. Au Japon, ces apparitions font désormais partie du quotidien.
Enfant, Kafka Hibino rêvait d’intégrer les Forces de Défense pour combattre ces terribles ennemis, mais après de nombreux échecs à l’examen d’entrée, ce trentenaire travaille à nettoyer les rues de leurs encombrants cadavres. Jusqu’au jour où une mystérieuse créature s’introduit dans son organisme et le métamorphose en une entitée surpuissante mi-humaine, mi-kaiju. Son nouveau nom de code : “Kaiju n° 8” !

Métamorphose

Vous allez me dire, « on est dans du bon gros shônen, pas étonnant que le succès soit au rendez-vous pour Kaiju N°8 ! » mais pourtant, il y a ces petites touches en plus qui pourraient, sur le long terme, faire une réelle différence. Le héros – un adulte désabusé – qui sait à la fois être sérieux et comique, un « raté » dont la vie change du jour au lendemain. Et puis surtout… les femmes sont badass et ne se font pas marcher sur les pieds (que ce soit Mina ou Kikoru des Forces de Défense) ! D’ailleurs, j’ai hâte d’en apprendre plus sur ces fameuses « Forces Japonaises de Défense Anti-Kaiju ».

Le rythme est soutenu, et saupoudré d’une bonne dose d’humour. Les dessins sont modernes et accrocheurs. Je ne suis pas fan de shônen classique (en même temps, je ne suis pas la cible). Il ne réinvente pas franchement le genre, mais Kaiju N°8 combine tous les ingrédients du futur blockbuster. Bonne pioche pour l’éditeur !

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KAIJYU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto/SHUEISHA Inc.

Batman : The World, collectif


Batman : The World est une anthologique atypique éditée par Urban Comics. Disponible depuis mi-septembre en librairie, The World regroupe 14 auteurs aux nationalités variées, et offre aux lecteurs 14 récits situés dans des pays différents.

Le champ d’action de Batman ne se limite pas à Gotham City ! Le Chevalier Noir a juré de rendre la justice partout où l’on a besoin de lui, et ses enquêtes l’ont conduit plus d’une fois aux quatre coins de la planète. Retrouvez dans cet album des aventures du plus grand des super-héros sur tous les continents !

 

Pour le détail sur les artistes de chaque histoire, je vous conseille d’aller voir directement sur le site de l’éditeur ! Leur article est vraiment intéressant, on y apprend par exemple que chaque pays a une couverture inédite.

Le concept est vraiment intéressant ! Sans surprise, j’ai adoré le récit qui se déroule à Paris – au Musée du Louvre – : une chasse entre Batman et Catwoman, avec une apparition de Wonder Woman. Loin d’être vraiment original, j’ai été séduite par le dessin et l’aspect romantique. Côté (très bonne) surprise, j’ai beaucoup aimé le récit russe. Il s’agit sans doute du plus émouvant. Petit coup de cœur pour Panda Girl, le récit chinois mais également pour Munnin (Corée).

L’anthologie se lit vite, facilement. Dans les reproches qu’on pourrait adresser à Batman : The World, il y a sans aucun doute l’inégalité des histoires (plus ou moins qualitatives, plus ou moins longues…) mais aussi le fait que de nombreux pays ne sont pas représentés (quasiment la moitié sont des pays Européens ; seulement 3 pays d’Asie, etc.). Finalement, l’exercice de style est ce qui m’a le plus plu : voir Batman dans d’autres contextes, d’autres pays. Voir le découpage des planches, le style de dessins qui diffère, celui les bulles ou encore la typographie… Bref, Batman : The World n’est peut-être pas le Batman de l’année, mais c’est une bonne lecture !

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Green Lantern Legacy, de Minh Lê et Andie Tong


Green Lantern Legacy est écrit par Minh Lê, avec Andie Tong au dessin. Il s’agit d’une des deux sorties de septembre d’Urban Link (avec The Magicians). Disponible depuis le 10 septembre, ce comics a en son cœur la notion d’héritage.

Après avoir fui la guerre du Viêt Nam, les grands-parents de Tai Phan se sont installés à Coast City. Ils y ont rebâti une vie à partir de rien, fondé une famille et ouvert le Jade Market, devenu depuis le coeur de la communauté vietnamienne du quartier. À la mort de sa grand-mère, le jeune garçon s’aperçoit à quel point elle était une femme aimée et respectée des siens, oeuvrant quotidiennement pour les immigrés en détresse et ne fléchissant jamais devant les nombreuses tentatives d’intimidations racistes des locaux, bien décidés à les faire quitter ce qu’ils estiment être « leur mère patrie ». Véritable modèle pour lui, Tai n’imaginait pas qu’elle puisse lui cacher un secret plus admirable encore. L’anneau qu’il l’avait toujours vu porter au doigt sans jamais vraiment y prêter attention était en fait le signe d’une lourde responsabilité, une mission dont il est désormais l’héritier.

Si vous avez lu mes autres chroniques, vous savez que c’est un label que j’aime beaucoup ! Bien qu’ils ne soient pas tous aussi réussis*, dans l’ensemble, je trouve vraiment intéressant cette idée de découvrir un autre pan – librement inspiré de l’histoire de nos héros (ou anti-héros) d’un personnage pourtant bien connu. Avec Green Lantern Legacy, on est là sur un récit plus personnel – plus intime.
*mes coups de cœur sont Teen Titans: Beast Boy et Victor & Nora, que j’ai eu vraiment plaisir à découvrir et chroniquer.

Un grand pouvoir implique…

Tai découvre donc à la mort de sa grand-mère qu’elle était une Green Lantern. Il fera tout pour être digne de l’anneau et du pouvoir qui lui a été confié. N’étant pas une grande connaisseuse de l’univers Green Lantern, le fait que Green Langern Legacy prenne des libertés et s’éloigne de ce qu’on peut lire habituellement dans ces comics ne m’a pas gêné. Après tout, c’est le principe même du label d’Urban Comics.

J’aime ce mélange « super héros » et thématiques de société qu’on retrouve dans le label pour les jeunes adultes. Pas étonnant que l’héritage soit au centre de l’histoire de Minh Lê (« Legacy » en même temps…). Parmi les thèmes forts abordés dans les pages de Green Lantern Legacy, on retrouve l’immigration (et l’intégration difficile), le racisme mais aussi la solidarité.

Le trait d’Andie Tong est agréable et la mise en page, dynamique. La colorisation est soignée – sans surprise, la couleur prédominante est le vert. Le scénario est un peu convenu (l’antagoniste facile à deviner) mais cela n’entache pas la lecture, qui reste fluide tout au long du récit. D’après ce que j’ai pu voir sur la toile, une suite a été annoncé ! Je la lirai avec plaisir.

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Fenrir, Chugaku Akamatsu et Mioko Ohnishi

Fenrir, de Chugaku Akamatsu et Mioko Ohnishi, vient de voir son 2e volume paraître aux éditions Casterman. Un manga dont l’histoire se déroule dans la steppe mongole ? Un sujet peu abordé, mais il faut dire qu’il y a déjà l’excellent Bride Stories de Kaoru Mori (Ki-oon). Ceci dit, loin de moi l’idée de les comparer : les deux titres sont vraiment très différents !

Dans l’immensité de la steppe, Temüjin lutte pour la survie des siens. Jadis respecté, son clan est aujourd’hui la proie des appétits des autres nomades: le fort prospère, le faible disparaît. Comment briser cette spirale de guerres incessantes ? Un homme pourrait-il se dresser et unifier sous sa bannière tous les clans de la steppe ? La réponse se trouve peut-être au fond d’un lac où, murmurent les anciens, dort « celui qui fait trembler la terre ».

Sur Error404, je chronique le plus souvent les premiers tomes (et des one-shots). Là, il y a eu l’été, le besoin de souffler un peu… Et comme la sortie des deux premiers tomes était assez rapprochée, c’était l’occasion d’attendre la lecture de ce deuxième tome pour approfondir la découverte de cet univers.

Historique et fantastique entremêlés

Fenrir est un récit difficile, qui mélange l’historique à une touche de fantastique. Temüjin, notre « héros » n’est autre que Ghengis Khan, l’un des leaders mongols les plus connus et les plus appréciés de l’histoire ! C’est un univers et un aspect de l’histoire que nous connaissons souvent mal (je m’inclue dans cette affirmation !), peu vu dans les mangas ; cela apporte un côté dépaysant au manga.

Temüjin est personnage attachant, qui nous apparaît réellement humain. Il est plutôt sensé et réfléchi – surtout compte tenu des circonstances dans lesquelles il a grandi. Fenrir, la divinité est magnifique et mystérieuse là où Börte est forte et courageuse (mais dévouée à Temüjin).

Le récit est rythmé malgré un premier tome introductif : on rentre vraiment dans l’histoire et les événements s’accélèrent dès celui-ci (et encore plus dans le deuxième tome). Le trait est doux, et fait lumineux et fluide lors des scènes de combats par exemple, ce qui rend la lecture agréable et facile à suivre. Les visages sont expressifs. Dommage que les décors ne soient pas plus poussés. Fenrir promet de belles (et cruelles) aventures pour la suite, je vous conseille de le découvrir si vous aimez les mangas historiques !

FENRIR ©2019 Chugaku Akamatsu, Mioko Ohnishi/SQUARE ENIX CO., LTD.

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Shadow World, Vincent Bal


Shadow World de Vincent Bal est disponible en librairie depuis peu, publié par les éditions Omaké. C’est son côté inhabituel qui m’a convaincu d’y jeter un œil.

Grâce à leur ombre et à l’imagination débordante de Vincent Bal, les objets les plus communs se transforment en saynètes extraordinaires ! Shadow World regroupe une centaine d’œuvres de l’artiste belge dans une édition bilingue français/anglais. Dans celui-ci, Vincent Bal s’inspire des objets du quotidien et de leur ombre pour créer, en quelques coups de crayons ingénieux, de nombreuses situations cocasses.

Je ne connaissais pas du tout l’artiste, ni le concept même de « shadowlogie » et j’ai trouvé ça vraiment fun de le découvrir dans les pages de Shadow World ! Vincent Bal doit avoir un côté geek, car les films (Star Wars, Joker…) prennent une part importante de ces saynètes. Je trouve aussi très intéressant que l’ouvrage soit bilingue.

Après une présentation de Vincent Bal et un court avant-propos, on rencontre directement l’artiste avec une interview intéressante qui explique le projet, la façon dont il travaille ou le choix des objets et des dessins qui naissent de ses photos. Les pages de fin, qui expliquent (et montrent – grâce au photos utilisées) comment est née la « Shadowlogie » sont tout aussi sympa ! Vincent Bal fait preuve d’une imagination à toute épreuve en s’inspirant d’objets du quotidiens. Des films, d’instruments de musique, des lieux connus (ou non), des scènes du quotidien (un couple dans son lit, un rendez-vous chez le dentiste…).  Shadow World est un livre atypique à découvrir quand on aime l’art « fun » et insolite.

Dans son communiqué, l’éditeur précise qu’une édition collector (limitée à 500 ex) est disponible sur leur site : ça a l’air d’être une édition particulièrement réussie !
D’autres articles découvertes sont disponibles ici.

A sign of Affection, Suu Morishita

A sign of Affection de Suu Morishita (un duo d’autrices) est une nouveauté d’Akata. La maison d’édition est réputée pour éditer des titres forts, où l’inclusion et les émotions sont mises en avant. D’abord proposé en numérique, le manga A sign of Affection est sorti au format papier au mois de mai.

Yuki est une étudiante qui, comme beaucoup d’autres, construit son quotidien autour de ses amis, des réseaux sociaux et de ce qu’elle aime. Mais quand un jour, dans le train, elle croise un jeune homme qui voyage à travers le monde, son univers va être chamboulé : ce dernier, bien que trilingue, ne connaît pas la langue des signes. Pourtant, très vite, il manifestera pour elle un intérêt bien particulier… Comment réagira-t-elle face à ce camarade d’université entreprenant et communicatif ?

Perfect World, Eclat(s) d’âme, Le Marie de mon frère, Nos temps contraires (chroniqué ici, d’ailleurs) ne sont que quelques unes des séries proposées par Akata que je vous invite à découvrir !

L’ouverture au monde
« Fais-moi entrer dans ton monde, Yuki. »

Si le scénario part d’un postulat assez simple*, l’intérêt survient de leurs différences. Yuki est sourde de naissance, alors qu’Itsuomi aime voyager et apprendre des langues étrangères.
Dans A sign of Affection, bienveillance et délicatesse sont les mots clés. Il s’en dégage une certaine poésie. Les personnages sont vites attachants. Le manga montre un peu « ce que c’est de vivre avec un handicap » sans tomber dans le pathos.
C’est un sujet encore trop peu abordé. En France, nous avons Comme les autres (Kana) et bien sûr A Silent Voice (Ki-oon), ou encore Hidamari ga kikoeru (BL édité par IDP). Ca m’a aussi rappelé le drama Orange Days (et m’a donné envie de le re-regarder !).

Je trouve le dessin magnifique. Le trait est rond, doux et léger et s’accompagne d’un découpage épuré qui permet une lecture lisible mais entraînante. Le duo ne lésine pas sur les plans rapprochés (mains, visages) pour faire passer les sentiments. Cela sert aussi, bien sûr, à exposer les difficultés de communication que peuvent rencontrer ceux-ci.

Doux dans le trait et dans le fond, A sign of Affection met en avant l’importance de la communication avec une réelle sensibilité. Le seul point négatif, pour moi, est l’esquisse d’un triangle amoureux. Ceci dit, grâce à cette atmosphère bienveillante et douce, je n’ai aucun doute sur le fait que je vais aimer la série. J’ai vraiment hâte de pouvoir lire la suite (parution du 2e tome début juillet !) mais ne vous y trompez pas : A sign of Affection est déjà un coup de cœur.

*La rencontre entre Yuki et Itsuomi, la découverte de leur quotidien, la romance qui s’installe entre eux.
Vous pouvez lire un extrait sur ce lien ; d’autres articles mangas sont disponibles ici. J’attends avec impatience le 2e (et dernier) tome d’Analog Drop pour vous écrire une chronique – vous savez donc qu’elle sera la prochaine chronique Akata !

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