[CRITIQUE] Hidden

 

                                                          VolenKahn’s Reviews #19 : Hidden

 

Après une très longue absence du site, je reviens tel une énième suite de Saw comme un miraculé, un être oublié qui vient reprendre son dû. Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances, ici VolenKahn, et aujourd’hui,nous allons parler d’un film fantastique un peu oublié : Hidden.

Réalisé par Jack Scholder, le film s’ouvre sur une course-poursuite dynamique, très violente (le malfrat renverse un handicapé, non sans amusement le bougre) et efficacement rythmé, que ce soit via le morceau rock qui défile, ou via le montage. Cette courte quoique puissante séquence d’introduction servira de modèle pour le reste du film.

Un aperçu de la chose (sortez les sacs à vomir !).

 

En effet, nos deux coéquipiers mènent une enquête, car plus le temps passe, et plus les cadavres s’empilent, ainsi que les suspects, sachant que n’importe qui peut être l’hôte de l’extraterrestre.
Hors, contrairement aux thrillers de base, l’enquête ne se perd pas en interrogatoires et ballades improbables : ici,  on a le niaiser, donc dès qu’il y a un meurtre, Dale Coop- Lloyd et Tom (et pas Jerry !) se lancent sur la trace de la dernière personne qui a vu la victime du moment.

Lloyd et Tom en pleine action.

 

Ca va très rapidement, on a pas le temps de s’ennuyer, et ceux grâce à plusieurs choses. Tout d’abord, l’interprétation des acteurs. Tout le monde ici fait le job (mention spéciale à William Boyett, glaçant), mais Kyle ici is the man, à la fois étrange, drôle et sympathique (un peu comme la vraie vie).

Bien que le film soit d’un réalisme accru, avec ses morts brutales et nombreuses, et ce sentiment d’urgence permanent, Hidden se permet quelques saillies d’humour, notamment grâce à Kyli-Kyle.

Termina-quoi ? Nan, je connais pas. Blague à part, voici l’atout charme du film.

Enfin la bande-son. Entre quelques morceaux de rock endiablés, se distingue la composition atmosphérique et stressante de Michael Convertino, dont l’influence de Terminator se fait bien sentir (c’est pas un défaut, du moins pas pour moi !).

Hidden est donc un bon thriller mâtiné de SF, cet aspect étant bien rendu grâce aux bons effets spéciaux (même si le rayon de l’arme de Kyle montre que le film n’est plus tout jeune). Grand Prix du festival d’Avoriaz, cette chasse à l’homme venu d’ailleurs vous prendra, et vous satisfera sûrement (de tout façon je vois pas comment vous allez être remboursé…).

 

 

[CRITIQUE] Twin Peaks : Fire Walk With Me

 

                                        VolenKahn’s Review #18 : Twin Peaks, Les 7 derniers jours de Laura Palmer

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à toutes et à tous, ici VolenKahn et ceci est ma dix-huitième review cinéma. Et aujourd’hui, afin de fêter le retour de la série Twin Peaks sur les écrans, quoi de mieux que de parler de cette oeuvre mal-aimée mais néanmoins à la fois audacieuse et hypnotique qu’est Twin Peaks, Les 7 derniers jours de Laura Palmer ?

Le film donc se scinde en deux parties : la première se concentre sur l’agent spécial du FBI Chester Desmond (Chris Isaak), qui accompagné de l’agent Sam Stanley (Kiefer Sutherland) enquêtent sur le meurtre de Teresa Banks (Pamela Gidley). Suite à la prémonition de l’agent spécial Dale Cooper (Kyle MacLachlan) qu’un autre meurtre aura lieu, le récit avance d’une année, et suit donc les sept derniers jours de Laura Palmer (Sheryl Lee), étudiante à Twin Peaks charmante et innocente en apparence, mais tourmentée par un père tyrannique (Ray Wise) et une mère impuissante (Grace Zabriskie), cocaïnomane et assaillie par les terrifiantes apparitions de Bob (Frank Silva).

Autour d’elle gravite plusieurs individus : des jeunes hommes amoureux d’elle, des amies qui la soutiennent, des truands, des visions étranges, un jeune magicien, de la cocaïne…

Une des quelques visions étranges.

 

Ce film fut écrit afin de répondre à certaines questions non-élucidées posée par la série originale, mais aussi afin de calmer les cris frustrés des fans, suite à la fin hallucinante de la deuxième saison. Lors de sa sortie, Fire Walk With Me divisa le public, les fans étant mécontents du peu de réponses qu’apportait le film mais aussi de l’atmosphère radicalement différente du film par rapport à la série, l’autre partie du public fut peu réceptive, étant hermétique à l’univers du film ; et je les comprend.

Alors, que vaut ce film ? Selon moi, il s’agit d’un de ses meilleurs, à côté de Eraserhead et de Mulholland Drive. Comme dans la série, rien n’est laissé au hasard, tout a été réfléchi, ce qui donne forcément un incroyable résultat. Et ce résultat est rendu possible en premier lieu grâce au jeu des acteurs : tous sont très bons dans leurs registres, oscillant constamment entre sérieux et étrange. Mais de cette pléthore de personnages en ressortent trois : tout d’abord l’agent du FBI Philip Jeffries, incarné par David Bowie. Quand bien même il n’est même pas trois minutes à l’écran, sa performance est étonnante de tristesse, on peut sentir l’urgence de sa situation ; en plus il est super bien sapé.

La couleur du costume n’est pas innocente…

 

Ensuite, Bob, incarné par le terrifiant Frank Silva. Bob est un esprit tueur, responsable du meurtre de plusieurs personnages dans la série, et tourmentant Laura Palmer depuis ses 12 ans. Inquiétant, bestial, à la limite de l’humain, Frank Silva se meut dans les décors comme un serpent dans la jungle, tout à fait à l’aise. Source de la terreur qui habite quotidiennement Laura et in extenso de toute sa famille, Bob est un cauchemar ambulant, un monstre symbolisant la terreur qui peut se cacher dans les banlieues pavillonnaires. Bob est un de mes personnages préférés de la série ; il n’a pas besoin de se forcer pour être dérangeant. En même temps, il a un visage peu rassurant (il me fait vraiment penser à un loup-garou).

 

Sûrement pas le genre de gars que vous engagerez pour garder vos enfants.

 

Et enfin, Laura Palmer. Joyeuse, terrifiée, possédée, inquiétante, sensuelle, Sheryl Lee est incroyable dans le rôle de sa vie, Laura Palmer ange souillée, corrompue par la terrifiante banalité du quotidien dont n’importe quels échappatoires semble le bienvenu.

Sympathique et populaire lycéenne le jour…
…Femme fatale la nuit (clairement je dis pas non).

 

On peut aussi noter la prestation de Leland Palmer incarné par un Ray Wise schizophrène.

 

Leland en train d’effrayer sa fille, dans une scène plutôt dérangeante.

 

Si Twin Peaks est aussi culte, c’est surtout parce qu’elle est la première série à avoir intégré le cinéma dans le format télévisuel. Un univers étrange, angoissant mais surtout familier se construisait sous nos yeux, une ville unique en son genre, qui a depuis inspiré de nombreuses séries et autres créations cinématographiques (Desperates Housewives,). Mais alors, que se passe-t-il lorsque une série est transposée sur écran ? Cela donne un résultat quelque peu différent. Voire quasiment à l’opposé même des bases de la série. Là où TP se reposait sur un humour absurde et une certaine gaieté dans les relations humaines, le film se meut dans une ambiance sombre, inquiétante, paranoïaque, fleu     rtant constamment avec le rêve et l’illusion.

Ensuite, la musique : comme d’habitude dirigée par Angelo Badalamenti, compositeur fétiche de Lynch, elle ressort évidemment le score d’origine de la série (petits frissons lorsque le thème retentit lors de la première apparition de Laura Palmer…). Mais cela va plus loin : la musique, comme les personnages, semble possédée, tournant parfois à l’envers, emplis de cris torturés. Tour à tour sensuelle et infernale, la bande-son est à l’image du film : schizophrène.

Mais ce qui marque le plus le spectateur, ce qui s’inscrit le plus dans sa mémoire, ce sont les séquences où l’on « aperçoit » l’autre côté du miroir, la dimension parallèle si chère à Bob (par ailleurs, les scènes où il est présent sont tétanisantes). Des rideaux rouges, une statue d’une femme nue et un carrelage en zig zag : il ne suffit que de cela à Lynch pour créer un univers idyllique, où les rêves et les cauchemars se rejoignent, et où la tristesse trouve enfin un refuge. Mais évidemment, le film ne contient pas que cela : car le fantastique prend souvent racine dans la réalité, et les situations angoissantes ancrées dans le réel sont légions : il suffit de voir cette hallucinante dispute au feu d’un carrefour entre la famille Palmer et Mike, qui prend des proportions démesurées.

 

La délivrance pour l’unique Laura Palmer.

 

Mais si le film a déçu, c’est en raison du peu de réponses formelles qu’il apporte vis-à-vis de la série. Au contraire, Lynch n’hésite pas à rajouter des personnages et des éléments narratifs obscurs, rendant encore plus difficile à comprendre les énigmes de Twin Peaks. De plus, le film cultive le mystère autour de l’identité du tueur, ce qui est superflu, car cette dernière est révélée dès le début de la deuxième saison. Mais le film nous permet toutefois d’en apprendre plus sur les rapports difficiles qu’entretiennent Laura et Leland Palmer.

Au final, TW:FWWM est un film audacieux dans le traitement qu’il fait de sa propre mythologie, osant jouer avec ses propres codes. Parfois effrayant, souvent somptueux, des fois nostalgique, cette rêverie extraordinaire sur l’ordinaire mérite d’être (re)découverte, que ce soit pour les aficionados ou les néophytes.

It Follows

                                                              VolenKahn’s Review #17 : It Follows

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma dix-septième review cinéma. Et aujourd’hui, une représentation juste et terrible de la jeunesse à travers un film d’horreur prenant et mélancolique. Balancez les confettis, vous aller voir It Follows.  

 

Réalisé par David Robert Mitchell et sorti en 2014, Traquée (dans la langue de Céline Dion) raconte le drame que vit Jay qui, suite à un rapport sexuel avec Hugh, se voit assaillie par une créature humanoïde pouvant prendre n’importe quelle apparence. Hugh lui explique que cette créature est une malédiction sexuellement transmissible qui cherche à détruire la dernière personne atteinte de cette maladie, en l’occurrence Jay. Elle tentera donc avec ses amis de refiler cette menace à quelqu’un d’autre.

La trame scénaristique s’inspire d’un rêve récurrent vécu par le réalisateur, dans lequel une une entité pouvant changer d’apparence ne cessait d’avancer lentement vers lui. Comme dans le film, lui seul était capable de la voir.

 

Maika Monroe dans ce qui semble être une super soirée

 

Le premier point positif d’It Follows réside dans sa richesse thématique et visuelle. En effet, lorsque Jay ne cherche pas à échapper à l’entité, le film montre le quotidien des jeunes de notre époque, mais pas à la John Hughes ; Si La Folle Journée de Ferris Bueller ou The Breakfast Club étaient des odes à la rebellion, à la cohésion de groupe et à la jeunesse, It Follows traduit tout l’inverse. Fin du groupe, méfiance envers l’altérité et les sentiments des autres mais aussi des siens, traduction des heures mortes ou la jeunesse s’égare dans ses pensées et ses inquiétudes, le film de Mitchell est une succession de pensées mélancoliques mises en image, que les couleurs fades et la lumière tamisée, presque lointaine renforcent.

Ensuite, l’apparence de l’entité, qui est plus une créature hybride plus qu’une véritable anomalie dans la diégèse du film. Ici, nous sommes en face de « zombies » en quête non pas de cerveaux, mais de quelque chose de plus mystique : pour moi, les « zombies » (et si j’emploie les guillemets, c’est qu’il ne ressemblent pas aux morts-vivants de Romero, mais plus aux apparitions fantomatiques du Sixième Sens de Shyamalan, recouvertes de blessures mortelles ou non. Bref, faim de cette beaucoup trop longue parenthèse) recherchent la jeunesse de leurs victimes. En effet, les seuls personnages atteints de cette malédiction sont des adolescents en découverte de leurs corps, les adultes sont très peu présents dans ce film. Telles des goules, ces « zombies » seraient des métaphores de la pression sociale que peut subir la jeunesse américaine vivant dans ces banlieues pavillonnaires, jugeant et dévisageant quiconque iraient contre la tranquillité suburbaine.

 

Le désespoir face à l’inconnu.

 

Certaines critiques ont accusés Mitchell de diaboliser le sexe. Il est vrai que la seule manière de se débarrasser de cette saleté, c’est de la transmettre à un partenaire via un rapport sexuel ; l’entité devient donc une métaphore des MST. Or l’acte sexuel est ici perçu non pas comme un acte malsain, mais comme une preuve d’amour, voire de sacrifice ; en effet, faire l’amour avec une personne maudite, c’est se retrouver maudite à son tour. Dès lors, le film prend une tournure altruiste étonnante, quand on sait que nous autres jeunes adultes sommes connus des adultes pour rester dans notre monde et nos problèmes.

Visuellement et thématiquement donc, le film est très riche, la dimension satirique du film (une critique de la toute-puissante banvieue pavillonnaire, lieu dangereux que Carpenter et Lynch n’ont pas hésites à désacraliser (cf Blue Velvet pour Lynch) étant renforcé par l’état d’esprit des jeunes résidents de ces rues siamoises qui s’en fait un curieux miroir : heureux en apparence, la jeunesse cache de graves problèmes. De plus, le film est franchement effrayant (les séquences où l’entité avance lentement mais inexorablement vers sa proie sont tétanisantes de désespoir, la victime semblant irrémédiablement condamné.).

 

Une des nombreuses formes de la créature.

 

Mais (parce qu’y il en a toujours un, surtout en ce mois) des défauts subsistent néanmoins, à commencer par le rythme du film, qui quelquefois traine en longueur sur certaines séquences. De plus, les interprètes ne sont pas toujours convaincants, à commencer par l’interprète principale Maika Monroe, qui avec ses yeux mi-clos ne lui confèrent pas toujours l’énergie qu’il faudrait pour ce genre de rôle.

 

Enivrant, terrifiant, anxieux et juste, le second long de David Robert Mitchell est une vraie réussite, malgré un rythme qui pêche par moments et des personnages que l’on aurait aimé moins manichéens. Malgré tout, le Mitchell a parfaitement capté l’état d’esprit de la jeunesse moderne, oscillante entre joie de vivre innocente et mélancolie flottante. Heureusement, tout les jeunes ne sont pas comme cela, et It Follows nous prouve que face à l’adversité, quelque soit sa forme, l’inventivité et la solidarité, mais aussi l’amour (je sais ça fait fleur bleue mais chut) vaincra.

Blood Feast

 

                                                          VolenKahn’s Review #15 : Blood Feast

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à toutes et à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma quinzième review cinéma.  Et aujourd’hui, un film gore, mais pas n’importe lequel : le tout premier de l’histoire du Cinéma. Datant du début des années 60, plusieurs questions apparaissent dans nos esprits : les effets spéciaux ont-ils bien vieillis ? Le gore de l’âge d’argent des comics est-il impressionnant de nos jours ? Est-ce que VolenKahn nous fera-t-il l’honneur un jour d’une review sur Terminator ? Toutes les réponses à ces questionnements essentiels et bien plus encore sont à découvrir dans les lignes qui vont suivre.

 

                                                         La sobriété.

 

Sorti en 1963, Blood Feast, ou Orgie Sanglante (ou encore La Fête Sanglante) est la première pierre de la « Trilogie Sanglante » de Herschell Gordon Lewis, qui se finira avec 2000 maniaques (1964) et Color me Blood Red (1965). Autant dire que l’homme a une affection toute particulière pour ce vital liquide.

En à peine plus d’une heure, nous suivrons le fanatique égyptien Fuad Ramses (en voyant son nom j’ai cru qu’il était espagnol, mes doutes sont dissipés maintenant) dans sa préparation d’un festin en l’honneur d’une déesse. Sauf que la nourriture ici n’est pas trouvable dans les magasins du coin… Ainsi, madame Fremont, en engageant notre illuminé comme traiteur pour le mariage de sa fille Suzette, fera l’erreur de sa  vie.  Le film alterne donc scènes de meurtres bien crades et séances de dévotion totale à la Déesse.

 

A première vue, le film n’a pas l’air intéressant. Et vous avez raison. Blood Feast ne serait pas le premier film gore au monde, il n’aurait quasiment pas d’intérêt : les acteurs aux mieux cabotinent, au pire n’en ont rien à foutre de leur rôle ; l’histoire est pleines d’incohérences, et n’est prétexte qu’à une suite de de meurtres certes sanglants mais peu inventifs ; Fuad Ramses en fait des tonnes ; et les personnages ne sont pas développés.

Pourtant, tout n’est pas à jeter ! Deux points positifs : les homicides sont effectivement très sanguinolents, même aujourd’hui, alors j’imagine pas à l’époque ; et la musique (composée par le réalisateur) est intéressante, oppressante et peu commune pour ces années-là.

 

Une métaphore de sa carrière cinématographique ?

 

Au final, ce film vaut le coup, rien que pour son importance historique. Car rappelons-le, quoi qu’on en dise des films privilégiant les tripes aux neurones, ils nous permettent de nous confronter à une nouvelle réalité : en effet, le crime n’est jamais très loin de nos jours. Ainsi, cette série B au budget famélique (24.500 dollars) tournée en très peu de temps fait partie de l’Histoire, aussi ennuyeuse et bancale soit-elle.

 

 

 

Le Retour des Morts-Vivants

 

                                                   VolenKahn’s Review #14 : Le Retour des Morts-Vivants

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à toutes et à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma quinzième review cinéma. Et aujourd’hui, zombie (non, pas la chanson des Cranberries, par pitié). Mais pas question aujourd’hui d’une bande de macchabés interchangeables bien proprets sur eux et aussi rapides qu’un escargot paraplégique sous perfusions de morphine, contrairement à certains autre oeuvres de cet acabit *lorgne vers Romero*.

En effet, les zombies du Retour des Morts-Vivants sont différents, comme ceux de Lucio Fulci ; mais encore dans un autre registre.

 

Entretien avec un Zombie.

 

Ce film possède une anecdote de qualité, en tout cas du côté du Nouveau Monde. En effet, ce film sortit deux semaines avant Le Jour des Morts-Vivants, de Georges Romero. Or, le titre original du Retour… est The Return of The Living Dead, tandis que celui du Jour… est The Day of the Dead. Pourquoi cette différence sur le terme de morts-vivants ? Afin de ne pas subir de de problèmes de copyright, tout simplement.

 

Sorti donc en 1985, il fut réalisé par Dan O’Bannon, à la base scénariste de renom ; il a en effet signé ceux d’Alien, le huitième passager et de Lifeforce, l’étoile du Mal : Le bougre s’y connaît donc en termes de récit horrifiques. Pour sa première réalisation, il décide de raconter en parallèle la vie de deux groupes de personnes, qui vont bien évidemment très vite se rejoindre : le premier est un jeune assistant dans une entreprise conservant des cadavres et des squelettes d’animaux et d’êtres humains, afin de les prêter à des musées où à des particuliers. Mais les sous-sols de cette usine cachent des zombies, mais pas n’importe lesquels : en effet, ce sont ceux qui ont provoqués les évènements de La Nuit des Morts-Vivants de Romero (mais qui n’est « bizarrement » pas cité) qui sont enfermés dans des boites de métal. Mais à la suite de plusieurs évènements que je ne dévoilerais pas, un des zombies se réveille. Et c’est là qu’intervient le deuxième groupe : constitué de jeunes marginaux/punks à chiens/ puceaux coincés, ils ont la merveilleuse idée, en attendant leur ami, d’aller faire la fête dans… un cimetière (putains de génies). Mais pas n’importe lequel cimetière, nooon ! C’est le cimetière de la Résurrection ! Et… c’est tout. Mais vous avez compris ce qu’il allait s’y passer de toute façon (enfin j’espère ?).

 

J’ai jamais vu un mort-vivant avec des dents aussi blanches !

 

Alors, en quoi ce film diffère-t-il des autres productions zombiesques ? Premièrement par son traitement de la menace : ici, les morts-vivants courent, parlent et ressentent la douleur. Il faut voir ce moment où attaché à une table d’opération, ce qui reste d’une vieille femme nous explique la douleur que cela fait de sentir son corps pourrir ; ou encore lorsqu’en allumant le contact d’une voiture, les phares éclairent non pas une forêt, mais plusieurs rangées de zombies immobiles et silencieux, comme s’ils prenaient la pose pour une photo de classe.

Astucieux et nombreux, les zombies d’O’Bannon n’ont rien à voir avec les loques vivantes de Romero, ou les statues en décompositions de L’Enfer des Zombies. Et c’est ce traitement si particulier des morts-vivants qui donnent cette atmosphère schizophrène au métrage : au début hilarant et typique des comédies teenage de cette époque, l’humour jouissif et le portrait cliché des vauriens laisse vite place à une odeur plus insidieuse. Quelque chose de bizarre, de malsain traverse tout le long-métrage, et s’insinue dans votre esprit d’une manière plus marquante que l’on ne pourrait le penser.

Evidemment comme la quasi-totalité des films zombiesques, il n’y a aucun doute quand à l’issue du monde à la fin du film : l’humanité est condamnée, et ce depuis le début de l’infection. Mais cette inéluctabilité est contrebalancée par l’énergie des acteurs accompagnés de quelques répliques cultes (« You mean the movie lied », « Fuck off and die »). Parmi tous ces joyeux lurons, une actrice ressort du lot : Linnea Quigley, qui interprète ici une punkette exhibitionniste fantasmant sur la mort absolument délicieuse. La séquence où elle se dandine quasi-nue sur une tombe est… mortelle (éclats de rires dans la salle merci merci), et diablement sexy. Linnea est aujourd’hui une des actrices les plus connues dans le domaine de la série B fantastique, et une des quelques »screaming queens » encore en activité.

Pour le reste des acteurs, on os-cille (subtil jeu de mots) entre le surjeu (j’ai vu le film en vostfr, mais je peux vous dire que le black profère des insultes comme il cracherait par terre) et ce qu’on demande pour être correct dans un film catastrophe.

 

« Putain c’est génial ! J’ai jamais vu un film os-ssi marrant ! »

 

Il nous reste encore deux points importants à soulever : la qualité des effets spéciaux/maquillages, et le score musical. Le premier est excellent, certains zombies étant tout simplement magnifiques (cf l’image ci-dessous) ; en même temps, ils ont été conçus par Stan Winston, l’homme derrière ceux de Terminator et d’Alien ! le deuxième est intriguant, avec sa guitare électrique grasse, et ses envolées lyriques. Le Trioxin theme que l’on entend au début du film est limite comique, semblant parodier les hits rocks de cette décennie.

En conclusion : Le Retour des Morts-Vivants est une oeuvre singulière dans le paysage zombie, oscillant entre drame sentimental, film catastrophe et comédie horrifique. Remplis de moments cultes au service d’une fin aussi atroce que rassurante, ce film ravira les fans de films de cet acabit, autant que les amateurs d’hémoglobines. Bandes de vampires.

Le Marin des Mers de Chine

 

                                                VolenKahn’s review #13 : Le Marin des Mers de Chine

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à toutes et à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma treizième review cinéma. Souvenez-vous… il n’y a pas si longtemps que cela, je vous avais parlé d’un film d’art martiaux très violent, très sérieux : The Raid. Une question m’est venue à l’esprit : un film de cegenre peut-il être comique ? Jackie Chan a la réponse, qu’il nous donne sous la forme du film d’aujourd’hui.

 

Jackie Chan est mondialement reconnu comme étant un expert des arts martiaux, ayant joué dans une centaine de films, dont quelquefois les siens. Une série animée lui a même été dédiée (mais si ! Ouvrez vos chakras et vous vous en souviendrez). Et pourtant, j’ai l’impression que mis à part quelques succès mondiaux (Nicki Larson, Rush Hour), personnes n’a vraiment vus de films de lui jeunes.

Alors, ne vous y trompez pas, je n’ai vu que 3 films avec lui : le film de cette review et sa suite, et Rush Hour. Il n’empeche, sauriez-vous me citer au moins 3 films de sa filmographie ? Pour la plupart d’entre vous, je ne pense pas. Or, Le Marin des Mers de Chine mérite amplement votre attention.

 

D’abord la Chine, ensuite le monde entier.

 

Sorti en 1983, de et avec le Petit Dragon, le film se situe à Hong Kong dans une colonie anglaise, au début du XXème siècle. Le gouverneur en place envoie la marine dans les mers de Chine méridionale et orientale pour tenter d’arrêter Lo Sam Paô, chef des pirates. Mais un sabotage va compromettre le départ. Dragon et ses comparses vont élaborer un plan pour arrêter Lo Sam Paô.

 

Ce qui frappe très vite, c’est l’utilisation de l’humour ; il n’y pas qu’un seul type d’humour, le rire n’est pas suscité qu’à cause des mots. Les combats entre Jackie Chan et ses amis contre les méchants vilains sont à double usage : en plus de faire avancer l’intrigue, chaque affrontement débouchant sur la résolution d’une situation, ou au contraire à la création d’un nouveau problème qui permettra de développer le récit, ils sont facteurs de rire.

De par leurs chorégraphies et leur authenticité (le générique de fin nous montre que non seulement Jackie Chan faisait toutes ses cascades, mais que les coups portés sont tous réels, pas de trucage ! Prends-en de la graine, Rocky !), les combats sont vivants, et pas seulement parce que la caméra prend le temps de montrer les coups et le déroulement de la rixe (au lieu de tout surcutter comme dans les films d’actions modernes), mais surtout parce que les combats sont ludiques : en effet, souvent les opposants utiliseront les particularités du décor ou même des objets, pour à la fois provoquer le rire et immerger le spectateur dans l’intensité des combats.

 

Dragon (Jackie Chan) et Fei (Sammo Hung) après avoir DEFONCE SA RACE à des brigands.

 

L’histoire vous vous en doutez, est réduit à son strict minimum : l’arrestation d’un méchant, tenu par le très musculeux et charismatique Dick Wei. En fait, ce film serait comme un très long épisode de Tex Avery, avec un nuage de Buster Keaton (ce dernier étant la principale source d’inspiration pour les cascades de Jackie Chan). Mais ce scénario simple est propice à moult bagarres, sur différents terrains, et tous sont impressionnants, tant par leur fluidités que par leur durées.

 

Alors oui, je parle beaucoup des combats, mais un film d’art martiaux sans cela c’est rien, ils ont donc intérêt à assurer. Mais rassurez-vous, les acteurs ne sont pas en reste : jeune et agile, Jackie est très drôle, accompagné de Sammo Hung son sidekick rigolo. Ensemble, ils forment un duo efficace.

 

Et pourtant, malgré tout ces compliments, tout le monde ne voudra pas voir ce film pour une très simple raison : ce sont des asiatiques qui sont mis en scène. Et il y aura toujours une barrière à ce niveau-là. Certes, quelques classiques du cinéma d’action viennent de ces contrées (Opération Dragon, Tigre et Dragon), mais l’humour, la gestuelle, la culture constituera toujours un frein au développement de ce cinéma en Europe ou ailleurs.

 

Conclusion : c’est une très bonne comédie d’action (si ce genre existe ?), puissante, qui ne s’arrête jamais, que ce soit dans son humour ou dans ses combats. Pour tous les amateurs de raviolis chinois, et les autres aussi, si vous voulez passer un bon moment !

[CRITIQUE] Pump Up the Volume

 

                                                          VolenKahn’s Review #12 : Pump Up the Volume

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous et à toutes, ici VolenKahn, et ceci est ma douzième review cinéma. Et aujourd’hui, un film pirate ! Pardon, un film sur les radios pirates ! Vous avez toujours rêvé d’enflammer les ondes de votre voix suave ? Si non, le film d’aujourd’hui réalisera ce rêve à votre place ! Bienvenue dans l’envers du décor, où rébellion rime avec jeunesse !

 

Dans les années 90, Christian Slater était la coqueluche des adolescent(e)s, notamment depuis le succès de Heathers, avec Winona Ryder, autre jeune star à cette époque. Âgé de 21 ans, il incarne dans Pump Up the Volume Mark, un jeune homme timide de jour qui déteste quasiment tout, de son pays à ses parents, qui une fois la nuit tombée, se lâche en crachant son venin à travers son micro, et ce tous les soirs à 22h pile. Critiquant avec véhémence toutes les structures établies, en particulier son lycée, il demande aux jeunes de son âge de se révolter contre tout. Mais cela n’est pas au goûts de tout le monde, et Harry-La-Trique (son nom de scène) devient très vite la cible des autorités (im)compétentes. En même temps, une jeune fille (Samantha Mathis) s’intéresse vivement à Mark.

Beaucoup de cassettes.

 

Sorti en 1990 (dans les années 90 donc, quelle surprise) et réalisé par Allan Moyle, Pump Up the Volume fut un joli petit succès à sa sortie. Alors, pourquoi ce film n’est pas plus connu ? Tout simplement parce que la vie est une pu– parce que ce film est comme une pizza : c’est excellent à manger, mais c’est pas un évènement mémorable d’en prendre une non plus. Plus sérieusement, l’industrie du cinéma est très étrange : certains chef-d’oeuvres restent et resteront peut-être inconnus du grand public, tandis que certains navets connaissent un énorme succès.

 

Si cette satire sur l’incapacité des autorités en place à faire bouger les choses fait plaisir à voir, c’est surtout grâce au « couple » présenté à l’écran. D’un côté, l’ancien apprenti de Sean Connery est ici excellent en adolescent à double faces, tantôt élève brillant mais extrêmement réservé, tantôt icône intangible sexy, arrogante et déchaînée d’un lycée en rogne, qui attire la sympathie dès les première minutes de par son énergie et son cynisme jouissif. De l’autre côté, Samantha Mathis campe une étudiante gothique, déterminée et adorable.

Animant une radio pirate, Mark ne ravit pas les oreilles de ses auditeurs uniquement de sa voix, mais aussi de superbes chansons de l’époque, avec pleins d’artistes qui deviendront célèbres plus tard : Sonic Youth, Above The Law, Beastie Boys, Pixies… Pump Up the Volume est donc un double témoin de son époque en ce sens.

J’ai dit gothique ? Ca change peut-être selon les mois…

Il n’empêche que l’on pourrait reprocher au personnage de Slater d’être assez indécis quand à son rôle de leader. En effet, très vite son influence se fait ressentir dans son lycée, et les débordements sont inévitables. Son influence est telle qu’on part de lui dans les journaux locaux. Ce qui paraît un peu incroyable, je vous l’avouerais. Mais si vous y croyez un tant soit peu, l’histoire sera vraisemblable.

 

Pump Up the Volume est donc un film très sympathique, un bon feel-good movie qui fera renaître en vous la rébellion de ces années-là. C’est drôle, provoquant, touchant, et en plus la musique est cool. Manque plus qu’une boîte de Snackers et vous passerez une bonne soirée.

 

[CRITIQUE] Terror Firmer

                                                                    VolenKahn’s Review #11 : Terror Firmer

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous et à toutes, ici VolenKahn, et ceci est ma onzième review. Et aujourd’hui, un film méta. Si vous vous êtes déjà demandé comment un film était confectionné, voici la réponse. Mais ce n’est pas un documentaire, non non non. C’est bien plus que ça. Terror Firmer n’est pas seulement un film, mais une lettre d’amour, que nous allons analyser.

Sorti en 1999 et réalisé par Lloyd Kaufman (avec deux L oui, ça n’a pas de sens), Terror Firmer fut produit par la Troma, société de production crée par Kaufman lui-même, et spécialisé dans les séries B aux budgets dérisoires, souvent trash, vulgaires et sans limites. La quadrilogie Toxic Avenger est leur plus haut fait d’armes.

Un film narrant la création filmique est certes intéressant, mais vu la teneur des productions de la Troma, vous avez compris qu’il y allait avoir un peu d’action dans tout ça. Alors, on fait comment ? Bah on rend le réalisateur (interprété par Kaufman himself) aveugle, et on intègre un serial killer dans l’histoire, et c’est dans la boîte (notez ce subtil jeu de ma part, s’il vous plaît) !

Des meurtres inventifs.

Comme vous vous en doutez, ce film est très drôle, mais aussi très trash. L’amateurisme est présent dans chaque plan, on peut même voir certains figurants rire (enfin je crois) en fond lors de séquences plus sérieuses, et c’est ce qui fait du long-métrage une oeuvre décomplexée en tous points. On sent que tout le monde est content d’être sur le plateau, la bonne humeur règne dans chaque scène. C’est cet humour si gras, grinçant qui permet d’aborder la fabrication d’un film en « direct » d’une manière franche. Certes, les moyens utilisés pour le film dans le film (qui est par ailleurs The Toxic Avenger 5) sont complétement inexistants, et la mort des acteurs n’aide en rien, mais il faut bien faire avancer l’intrigue tout de même !

 

Mais la drôlerie hardcore du film en fait aussi son principal défaut : en effet, à un certain moment, vous pourrez trouver ça lourd, tout cet étalage de sang, de vomi, et autres liquides corporels. Ce n’est clairement pas pour tout le monde, d’autant plus que les meurtres perpétrés par notre céréales-killer sont très sales (je vous laisserai découvrir).

Pour le reste, c’est prévisible : mis à part les principaux, n’espérer pas des performances dignes des oscars ; la musique est à l’image du film, cool mais beauf. Par contre, le retournement de situation final est assez original.

Des punks à chien, des filles topless et un réalisateur aveugle : le combo parfait en somme !

 

En conclusion, Terror Firmer est un film déjanté, sanguinolent et décomplexé,  ayant un regard sincère et amoureux sur le monde difficile et compliqué du cinéma, que tout personne souhaitant travailler dans ce milieu doit avoir vu.

Génération Rebelle

Bientôt vous après le film.

                                                                          

                                                               VolenKahn’s Review #10 : Génération Rebelle

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma dixième review cinéma. Et aujourd’hui, bandes de fêtards sur le retour, un film pour jeunes . Avec tout plein d’acteurs que le monde entier connaît aujourd’hui. Avec de la drogue, des voitures, et (un peu mais pas trop) du sexe. Ça vous donne envie ? Et si je vous dit que ça passe en 1977, vous trouvez ça comment ? Cool, je suppose ; car Génération Rebelle l’est en tout cas. Préparez-vous à replonger à l’époque où le Nouvel Hollywood touchait à sa fin, où l’Amérique n’était pas encore de retour, et où le disco n’était pas mort.

 

Sorti en 1993 et réalisé par Richard Linklater (la trilogie Before…, A Scanner Darkly), Génération Rebelle, ou Dazed and Confused dans la langue de 2Pac (en référence à la chanson de Led Zeppelin), ou encore La Tête dans les nuages en québécois, raconte le dernier jour de classe des élèves d’un lycée texan, et surtout leur soirée de fin d’année. Nous suivrons durant tout le film divers groupes, plus ou moins jeunes, dont Ben Affleck, Matthew McConaughey, et Milla Jojovich font parti, et leurs rapports à divers sujets tels que la drogue, l’alcool, la politique de leur pays, leurs relations aux autres groupes sociaux, etc.

 

Cette review n’est pas très juste, car étant moi-même jeune, je suis totalement en phase avec le mode de pensée des personnages du film, leurs idéaux, leurs envies de toutes sortes. « Mais alors, où est l’intérêt de faire une critique sur ce film VolenKahn ? » Eh bien, cher lecteur imaginaire, je vais tenter de convaincre non seulement les gens de ma génération, mais aussi celles plus vieilles de voir ce film. Et ce pour plus plusieurs raisons.

Manque plus qu’un poster du genre « Make Love Not War » et c’est parfait.

 

Tout d’abord, parlons du scénario : simple, limpide, il est typique des teens movies, ce genre de films glorifiant les années lycées de la jeunesse américaine, avec ses propres valeurs, ses propres codes moraux et vestimentaires, et surtout son insouciance contagieuse. Le teen movie est de par ses personnages et son histoire un film de détente, une bulle temporelle qui nous rappelle de différentes manières ce qu’était la vie normale d’un lycéen. Bien que l’histoire se déroule aux États-Unis, les préoccupations des jeunes, dépeintes de manière honnête et bienveillantes par Richard Linklater, sont communes à tous les jeunes du monde (découverte de l’alcool et de la drogue, premiers émois charnels, rapports conflictuels entre l’adolescence et l’autorité parentale / judiciaire) et permettent donc une identification directe.

Mais plus que le scénario, ce sont les relations entre les jeunes qui sont intéressantes : nous avons tous fait partie d’un groupe, ou du moins nous avons été apparenté à l’un d’eux, et ce à n’importe quel cycle scolaire. Les relations entres ces « bandes » sont ici le point fort du film : d’un côté en apparence les adultes cools, adeptes du pétard et de l’alcool, plus intéressés par trouver un boulot ou faire la fête que de l’avenir de leurs pays ; en apparence, car parmi eux se cachent des adultes réfléchis, préférant parler politique et philosophie plutôt que sexe et anecdotes en tous genres. Et de l’autre côté (si l’on peut dire qu’il y a des côtés, car la frontière entre adulte et adolescence et plus fine que l’on ne croit, surtout à cet âge-là), des jeunes désireux de suivre les traces de leurs aînés, afin de prouver au monde qu’ils peuvent être branchés et sympas. Si vous connaissez la série Freaks and Geeks, vous saurez vite de quoi je parle.

D’ailleurs, ces jeunes : pour les principaux que l’on suit, ils jouent quasiment tous convenablement, mis à part quelques exceptions. Mais qu’en est-il des trois superstars en devenir que j’ai cité plus haut ? Milla Jojovich joue… bien je suppose, car on ne la voit que très peu malheureusement. Matthew McConaughey quand à lui, est assez charismatique, avec ses cheveux peroxydés et sa décontraction totale. Quand à Ben Affleck, qui joue le rôle d’un abruti complet, il est très drôle, avec sa méchanceté gratuite et sa rage communicative.

Mais évidemment, qui dit teen movie dit musique de jeunes, et croyez-moi, la B.O vaut le coup : War, Led Zeppelin, Alice Cooper, Bob Dylan, ZZ Top… Je vous défie de ne pas bouger en rythme au moins une fois devant le film. Éclectique, groovy, nostalgique, la bande son est une représentation des goûts musicaux de cette génération, ainsi que de leurs modes de pensées au travers de paroles des morceaux susnommés, mais aussi un acteur à part entière du film. Après tout, de mauvais choix musicaux peuvent ruiner un film (n’est-ce pas Le Transporteur ; vilain film, vilain). Et évidemment, comme tout bon teen movie, le film regorge de situations cocasses que seule la drogue ou l’alcool peuvent régler / provoquer.

Les héros du jour. Notez le discret logo du t-shirt qui appartient au gars aux cheveux longs.

 

Nous sommes ici en présence d’un film empreint de nostalgie, et laissant rêveur de bout en bout. Alors que peuvent bien être ses défauts ? Peut-être bien l’humour, qui n’est pas extrêmement décapant. Souvent, ce sont les performances des acteurs qui font rires plus qu’autres choses, ou des saillies humoristiques propres à leurs personnages. Peut-être bien aussi l’histoire, typiquement américaine : bière, sexe, bizutage (gentil hein), musique, drogue(s), bagarres, regard des autres, pom-pom girls, etc. C’est sûr que ça vole pas bien haut. En apparence…

 

Mélange entre Slacker pour son regard sur la société de son époque et son (dys)fonctionnement et Clueless pour le portrait qu’il dresse d’une certaine génération, Génération Rebelle est drôle, funky, entraînant, innocent et passionnant. C’est un morceau de jeunesse et de sa culture, de son état d’esprit retransmis à l’écran, et un anti-dépresseur profond. Accessible à tous les âges, je recommande fortement ce film.

 

[CRITIQUE] The Raid

 

                                                                    VolenKahn’s Review #9 : The Raid

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et aujourd’hui mes petits sashimis, action. Beaucoup d’action. Vous aimez Piège de Cristal car vous trouvez ça original de concentrer une attaque terroriste sur un emplacement géographique précis, à savoir un immeuble ? Vous aimez Le Jeu de la Mort pour les combats d’art martiaux impressionnants entre Bruce Lee et ses opposants ? Vous aimez tout ça, en plus de la violence et de la tension que procurent ce genre de films ? Alors, The Raid est pour vous.

 

Sorti en 2011 et réalisé, écrit, et monté par Gareth Evans, The Raid montre l’opération (d’où le titre) menée par un groupe d’interventions de policiers d’élite pour tenter d’arrêter un baron de la drogue et ses sbires. Mais pour l’équipe, c’est une première fois, et l’assaut va vite dégénérer. Les quelques survivants tenteront alors de survivre coûte que coûte face aux criminels qui régissent l’immeuble.

De la violence.

 

Je vais commencer par les défauts du film, et surtout par le plus gros : le casting. Mis à part les méchants, dont le chef du cartel (Ray Sahetapy) et son bras droit Mad Dog (Yayan Ruhian) aucun acteur n’a de réel présence, surtout du côté des policiers paradoxalement.

Ce que je vais dire là est totalement personnel, et vous avez le droit d’être en désaccord avec moi, mais Iko Uwais, l’acteur principal du film, n’est pas charismatique, mais en plus n’est même pas sympathique physiquement. Certes, il est un excellent pratiquant des arts martiaux, au même titre que Tony Jaa (Ong Bak), mais, tout comme lui, possède une voix aigu, et un visage peu expressif. Après, le plus important sont les capacités physiques de l’acteur, mais je ne peux m’empêcher de me dire qu’il y avait peut être mieux comme choix. Et c’est pareil pour le casting, aussi.

Ensuite, la seconde faiblesse du film, et qui aussi une de ses qualités, se trouve près du scénario. En effet, The Raid est plus un épisode d’Enquête d’Action qui aurait mal tourné qu’un vrai film d’action.

Non je blague, mais l’idée est là. On est là pour les combats certes, pour la violence accessoirement, mais il ne faut pas chercher de subtilités ou de nuances chez les personnages, leurs motivations.

Iko Uwais VS Yayan Ruhian. La sueur est très présente sur cette image.

Et c’est sur ce point que je vais (subtilement) faire une transition sur les points positifs. Enfin, le point positif : l’action. C’est simple, c’est (pour l’instant) les combats les plus violents que j’ai jamais vu. C’est nerveux, précis, puissant, inventif, et on en redemande sans cesse. Le combat final est non seulement très long, mais surtout, il possède le bad guy le plus résistant qui soit. Il arrive à se battre avec une bouteille brisée dans le cou le bougre !

 

Je sais que cette chronique est courte, mais c’est tout ce que je peux dire dessus. The Raid est un pur shoot d’adrénaline, de sang, de sueur et de cabrioles toutes plus folles les unes que les autres, et c’est probablement un des meilleurs films d’actions de tous les temps (oui j’ose) (oh là là). Foncez le voir, c’est de la bonne.

Si vous ne regardez pas le film dans l’heure qui suit, cet homme va venir chez vous, et détruire vos tables et votre vaisselle Ikéa avec ses poings.

 

 

 

 

 

[CRITIQUE] La Forteresse Noire

  VolenKahn’s Review #8 : The Keep

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma huitième review cinéma. Et aujourd’hui, nous allons parlons d’une oeuvre inachevé, d’un brouillon, que dis-je, d’une titanesque et frustrante bande-annonce pour ce qui aurait pu être un très bon film fantastique, et un tournant dans la carrière de son auteur. Cette critique sera placée sous le signe des gémeaux, de la tristesse et de la frustration. Mesdames et messieurs, laissez-moi vous présenter The Keep de Michael Mann, ou dans la langue de Kamini La Forteresse Noire (en même temps je vois mal une forteresse rose fluo…).

Si après cette critique vous comptez (malgré tout) voir le film, sachez qu’un documentaire sur le processus infernal de création du film devrait sortir bientôt, sous le nom de Welcome to A World War II Fairytale: The Making of Michael Mann’s The Keep.

                          Un aperçu de l’intérieur de la Forteresse.

Donc, The Keep nous narre l’arrivée d’une troupe de soldats allemands dans un petit village roumain, qui possède en son sein une imposante et étrange forteresse. Or, à la suite d’un évènement, des soldats meurent. L’arrivée d’une cargaison SS ainsi que d’autres personnages permettront-ils de résoudre ce problème, et par extension l’énigme que constitue la forteresse noire ?

…C’est le résumé le plus vague que j’ai jamais écrit. Désolé, mais je ne peux rien dire de plus. Sinon le FBI viendrai m’enlev– non attendez, je me suis trompé de texte.

Adaptant le roman du même nom de Francis Paul Wilson pour le voir en sortir en 1983 après plus d’un an de tournage (quand je parlais de processus infernal, je blaguais pas), le film fut un échec critique et commercial, rapportant moins que son budget initial de 6 millions. De plus, The Keep n’existe pas en DVD, tout comme sa bande-son. VOUS LE SENTEZ LE DESESPOIR DE MICHAEL MANN ? T’INQUIETES PAS MIKE, 3 ANS PLUS TARD TU FERAS LE SIXIEME SENS ! ALLEZ PLEURES PAS MICKEY, TIENS VOILA UN MOUCHOIR. Ca va mieux ? Bon.

« Mais » vous dites à voix haute chez vous (pourquoi je ne le sais pas), « si ça été un échec sur tous les plans, ce film ne vaut pas le coup ! ». Eh bien si, en fait, et pour une raison très simple : le film durait 3h30 à la fin. Or, à l’époque The Keep n’était que le deuxième long-métrage de Michael Mann. Donc, pour les producteurs/studios, qu’un jeunot peu expérimenté propose un film de SF de cette durée, c’est non. Alors, ils ont fait quoi ? Ils ont engagés un monteur pour retirer 2 HEURES DE FILM. Et on se demandent pourquoi le film a été un échec… Pourtant, on peut trouver de l’or dans la mer—le nutella. Plongez-donc avec moi dans le reste de cette critique. Allez, c’est gratuit.

                             Une affiche du film.

Pour une fois, je commencerai par les défauts, car ils sont plus qu’évident je crois : ayant été massivement tronqué, le film laisse de nombreuses questions en suspens, notamment sur la relation entre les personnages, ou sur les personnages eux-mêmes ; les facilités de scénario sont présentes, mais encore on peut s’en accommoder. En fait, ce film est triste d’une certaine manière. A cause de ce vide scénaristique et émotionnel provoqué par ce nouveau montage, on ne peut que rêver des séquences manquantes, et aussi rager en se disant que l’on ne verra jamais plus que ça. Car cerise sur le gâteau, les 2 heures retirées sont perdues ! Pas étonnant que Michael Mann ne veut plus jamais tourner un film fantastique, au grand dam de ses fans, et des fans de film fantastique en général.

Alors, après tout ça, que nous reste-t-il ? Eh bien, quelques sucreries au fond de la boîte, ma foi. A commencer par le casting, qui est magistral : Ian McKellen (Le Seigneur des Anneaux), Gabriel Byrne (Usuals Suspects), Jurgen Prochnow (Das Boot) et Scott Glenn (Stick dans la série Daredevil). Ils jouent tous bien, surtout Scott Glenn, captivant grâce à ses yeux violets.

                                           La Forteresse « Noire ».

Ensuite, l’atmosphère du film. Se passant durant la Seconde Guerre Mondiale, il règne dans le film une tension permanente, quelle que soit sa nature. The Keep a des allures oniriques, sensation soutenue par les compositions planantes du groupe Tangerine Dream. Mais la tension devient vraiment présente lors des passages dans la forteresse, et notamment lorsque apparaît l’atout principal de ce film (et non ce n’est pas le casting) : Molasar. Incarnation du pouvoir pour Michael Mann, vengeance du peuple juif contre l’invasion de l’armée nazi à mon sens, il est à la fois terrifiant et fascinant de par son aspect industriel. Mais je n’en dirais pas plus, car sa première apparition est tout simplement magistrale.

En conclusion, The Keep vaut le coup car plus qu’un brouillon de film, c’est surtout une machine à rêves brisés ; chacun peut imaginer les origines des personnages, de la forteresse et de Molasar, les limites n’existent pas à propos de ce film. Film maudit pour Mann, il vous laissera j’espère une marque dans votre mémoire, comme il l’a fait pour moi. Et puis surtout, il dure pas 3h30 !

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