Le Héros est un Démon – Chapitre 113


 

Chapitre 113 : Ce Cœur qui est Mien

 

Hifumi, levant les yeux en direction des rochers lui tombant dessus, se demanda l’espace d’un instant, devrais-je les absorber avec ma magie de ténèbres, comme lors de l’attaque du village elfe ?

Cependant, il n’y avait pas de piliers ou de planches comme la dernière fois. Contemplant les pierres s’approchant de lui à une vitesse suffisante pour l’écrabouiller comme un insecte, il en conclut, ce serait du gâchis. Ils ont pris la peine de préparer un tel piège pour me tuer, je ne peux pas me permettre de tout réduire à néant.

Et inconsciemment, Hifumi sauta.

Repoussant avec ses jambes la barrière, son corps se faufila entre les rochers tout en calculant la vitesse de leur chute.

Son champ de vision était nul en raison du large nuage de poussière envahissant l’intérieur de la barrière, alors son corps bougeait par simple intuition.

La surface rugueuse des rochers déchira son hakama et griffa ses bras, mais il était tellement excité qu’il ne ressentait aucune douleur.

« Tsk ! » (Hifumi)

Tout à coup, sa manche se prit dans un rocher sur lequel il s’était tenu.

Naturellement, il n’avait pas le temps de faire demi-tour pour se libérer.

Il changea donc la direction du rocher en le frappant avec son pied, puis se colla contre sa surface.

Son cœur battait la chamade face à cette possible mort imminente, mais le combat n’était pas terminé.

Couché au milieu des gravas, Hifumi avait réussi à mitiger l’impact en s’accrochant à l’un des rochers. Il gisait maintenant au milieu du nuage de poussière, retenant son souffle.

« Mon roi. Par prudence, je me charge d’examiner le corps. » (Phegor)

« Je te laisse t’en occuper. » (Agathion)

Assis sur son trône, Agathion donna sa permission à Phegor d’un acquiescement exagéré de la tête.

« Dans ce cas… » (Phegor)

Lorsque Phegor retira sa barrière, les gravas emprisonnés à l’intérieur furent libérés et émirent un second nuage de poussière et de sable.

Phegor, estimant Hifumi mort ou bien aux portes de la mort, resta sur ses gardes et sortit un couteau. Cependant, chacune de ses actions ne trahissait pas la moindre hésitation.

« Une fois les débris enlevés… » (Phegor)

Il était interdit d’utiliser des magies capables d’exploser dans l’enceinte du château. Dans la même situation, Vepar aurait probablement créé un courant d’eau pour éliminer tout intrus, mais Phegor n’était pas spécialement fort, et avait donc choisi cette méthode pour faire tomber les débris avec sa magie de terre.

Il souhaitait désormais simplement constater la présence du corps humain horriblement écrasé sous les débris. Quant au nettoyage, d’autres s’en occuperaient plus tard.

Tandis que la poussière commençait à retomber, Phegor se concentra, magie prête à être utilisée et couteau en main.

« Yoo. » (Hifumi)

La première chose qu’il vit fut le visage d’Hifumi, les yeux fermés, et la pointe de son katana, qui n’avait rien perdu de son éclat.

« Quoi !? » (Phegor)

Même s’il n’était pas censé voir dans ce nuage de poussière, Hifumi visa avec précision le cœur de Phegor.

Cependant, malgré sa surprise, Phegor parvint à réagir.

Brandissant son couteau, il parvint à divertir la lame du katana qui se dirigeait droit vers lui.

Toutefois, cela ne suffit pas à l’arrêter.

La lame froide et acérée transperça le côté droit de la poitrine de Phegor.

« Gu… » (Phegor)

Phegor, sentant son poumon être percé, agrippa la lame à main nue, endurant la douleur et crachant une large quantité de sang.

« J’ai été imprudent, mais… cela devrait suffire à t’affaiblir suffisamment… » (Phegor)

« Mu ? » (Hifumi)

Même si Hifumi avait toujours les yeux fermés, il sentit la présence d’une nouvelle barrière. Il n’en comprenait pas le but ou la cible, mais décida de prendre ses distances. Cependant, il n’arriva pas à récupérer son katana.

Malgré que l’une de ses côtes se soit brisée après un coup de pied d’Hifumi dans le but de s’éloigner, Phegor n’avait pas lâché le katana. Au contraire, il se recroquevilla sur lui-même, enveloppant de son corps le katana. Son couteau jeté à ses pieds, il tenait la garde de l’arme à deux mains.

Tout à coup, Phegor se mit à rire.

« Je vais probablement bientôt mourir, mais tu ne pourras pas faire face au Roi sans cette épée. Oh, stupide humain osant te confronter au Roi, tu mourras ici. Je garderai cette épée jusqu’à l’avoir confirmé de mes propres yeux. »

Tout à coup, une barrière apparut autour de Phegor.

Hifumi, qui avait réussi à prendre un peu de distance après avoir abandonné son katana, soupira.

« C’était splendide, Phegor. » (Agathion)

Agathion acquiesça, satisfait.

« Je conterais ton dévouement à tous les démons. En tant que figure centrale de la résurrection des démons et de l’attaque contre les humains et elfes, je ne t’oublierais pas. » (Agathion)

Phegor n’avait plus la force de répondre, mais en entendant les mots d’Agathion, il hocha la tête.

Tandis que le seigneur et son sujet avaient un échange passionné, Hifumi sortit une bouteille d’eau de son espace de ténèbres et la déversa au dessus de sa tête.

Ses yeux nettoyés, il retrouva enfin la vue.

« Alors, vous avez finis de discuter ? » (Hifumi)

« Haha, tu es très calme, humain. » (Agathion)

Même s’il faisait semblant de rire, une crampe était visible sur son visage.

« Calme ? Je n’ai même pas pu donner le coup final. Je suis simplement énervé maintenant. » (Hifumi)

Hifumi, regardant avec colère et mépris la barrière emprisonnant Phegor, dépoussiéra son hakama.

Puis, il repoussa ses cheveux mouillés sur sa tête.

« Il n’y a rien de pire que de laisser mourir son ennemi sans rien pouvoir faire. Ne pas sentir de ses propres mains la vie s’échapper de son adversaire est une forme de disgrâce. C’est la première fois que j’ai un sentiment aussi amer après un combat dans ce monde. » (Hifumi)

« De plus… », pointant du doigt Agathion, Hifumi ouvrit grand son œil droit.

« Même s’il est agréable d’être un simple témoin, es-tu décidé à te battre ? Ne me déçois pas. Cette fois-ci, je veux que tu lutte pour ta survie. » (Hifumi)

« Humph, ce ne sera pas une lutte. Je t’écraserais sans que tu ne puisses rien faire. » (Agathion)

Avant même d’avoir terminé sa phrase, Agathion tira une lance de glace ainsi qu’une boule de feu.

« Oh, quelle vitesse. » (Hifumi)

Cependant, par rapport aux rochers qui venaient de lui tomber dessus, ce n’était rien.

Pliant les jambes, Hifumi esquiva l’amas de glace qui lui frôla les cheveux, et en s’avançant tout en penchant légèrement la tête, il évita la boule de feu.

« Comme prévu, tes capacités physiques sont étonnantes. Mais que penses-tu de ça ? » (Agathion)

Agathion fit apparaitre de nombreux cailloux au dessus de sa tête.

Chacun faisait la taille d’un poing et brillait, comme s’ils étaient constitués de métal.

« Je suis célèbre parmi les démons pour mes compétences en magie. Je suis particulièrement doué en magie de terre. » (Agathion)

« Assez parlé. » (Hifumi)

Hifumi sortit un suntetsu et le prit dans sa main droite.

« Ce qui est important, c’est de savoir si ta magie peut m’atteindre. Tu ne penses pas ? » (Hifumi)

« Tu as raison. Mais nous le verrons bien assez tôt ! » (Agathion)

Les cailloux fendirent l’air à la vitesse d’une balle.

Ils étaient au nombre de dix. Aucun n’avait la même trajectoire, et même leur vitesse était différente.

S’il se faisait toucher par ne serait-ce qu’un seul de ces cailloux, il risquait alors une sérieuse blessure. Il s’agissait d’une attaque magique, capable de le tuer en un instant.

Cependant, au lieu de fuir, Hifumi courut en avant.

« Bien ! Quelle puissante magie ! Ce monde est vraiment différent ! J’ai vraiment l’impression de vivre dans un univers fantastique ! » (Hifumi)

Trois cailloux arrivèrent d(abord. Hifumi en esquiva deux et frappa le dernier avec son suntetsu.

Il comptait le briser, mais le caillou, plus solide qu’Hifumi ne le pensait, frappa le mur derrière lui en ayant simplement et légèrement perdu en vitesse.

Sa main tenant le suntetsu perdit toute sensation l’espace d’un instant.

A cet instant, un caillou légèrement plus lent frappa le petit doigt de sa main droite, brisant sa troisième phalange.

« Ouch ! » (Hifumi)

Même s’il avait crié de façon exagérée, Hifumi ne lâcha pas son arme.

« C’est ça ! C’est le genre de combat que je veux ! » (Hifumi)

Esquivant un nouveau caillou, Hifumi se pencha en arrière et frappa le projectile avec son suntetsu.

Puisqu’il pouvait voir Hifumi rire bruyamment tout en saignant du doigt, Agathion grimaça, se demandant si son adversaire était enfin devenu fou.

Phegor n’arrivera pas à survivre très longtemps. Afin de se débarrasser le plus rapidement possible du lunatique se tenant devant lui, Agathion créa encore plus de projectiles.

Cependant, Hifumi continuait à avancer.

Plusieurs projectiles le touchèrent tandis qu’il parvint à esquiver le reste, mais aucun ne lui infligea de sérieux dégâts.

Finalement, Hifumi attint l’escalier menant à la plateforme sur laquelle se tenait Agathion.

Un projectile frappa son front, mais en secouant la tête, il parvint à en diminuer la force. Cependant, malgré cela, le caillou fit une large entaille au dessus de ses yeux.

« Je t’ai atteint. » (Hifumi)

S’exclama Hifumi, recouvert de son propre sang.

Son suntetsu s’abattit horizontalement sur le cou d’Agathion qui, surpris par l’attaque soudaine, semblait abasourdi.

« Aah ? » (Hifumi)

Hifumi sentit une étrange sensation, et observa Agathion qui était censé cracher du sang dans une telle situation.

Le garçon, la gorge à moitié ouverte, regarda Hifumi droit dans les yeux en riant.

« Quel dommage. » (Agathion)

Même après avoir perdu l’usage de sa gorge, Agathion parvint à parler sans le moindre problème.

La plaie ouverte censée dévoiler des os et de la chair ensanglantée montrait simplement une sorte de sable blanc à l’intérieur d’Agathion, sans que la moindre goutte de sang ne soit visible.

« Mon corps est différent de celui des autres êtres vivants. » (Agathion)

Agathion leva sa main gauche en direction du visage d’Hifumi, et ouvrit le poing.

 

« Qu’est-ce que c’est ? » (Imeraria)

Imeraria tenait dans sa main une lettre.

Sabnak, se tenant à ses côtés, ne dit rien.

Le premier à lui donner une réponse fut Adol, le Premier Ministre.

« Le titre est ‘Protection des citoyens et élimination des horribles monstres’, mais… » (Adol)

« Adol, pensez-vous vraiment nécessaire la mobilisation de 500 soldats pour simplement éliminer des monstres ? Non, les politiques et citoyens de Vichy prendront cela pour une agression militaire. » (Imeraria)

Imeraria, fatiguée par ce qu’elle venait de lire, laissa échapper un long soupir.

« Je comprends qu’il serait étrange de blâmer qui que ce soit. Non, si quelqu’un a fait une erreur, c’est bien moi. Avec l’absence d’Hifumi-san parti dans les terres désolées et la présence d’Origa-san dans la capitale, j’ai baissé ma garde. » (Imeraria)

« …Ces deux-là étant actuellement absents, qui a bien pu donner de telles instructions ? » (Sabnak)

Adol répondit à la question de Sabnak.

« D’après les informations récoltées par l’ordre des chevaliers, c’est une jeune fille détenant la position de Directrice Militaire, mais… la connaissez-vous ? » (Adol)

Bien sûr, Sabnak et Imeraria connaissaient cette personne.

« Alyssa-chan, eh… ? Elle est certes énergique, mais n’est pas une jeune fille déraisonnable. Pourquoi me regardez-vous de la sorte ? » (Sabnak)

« Ne me dites pas que vous avez essayé de vous en prendre à elle par le passé… » (Adol)

« B-Bien sûr que non. » (Sabnak)

Adol regarda Sabnak qui secouait ses deux mains, mais en remarquant l’expression sérieuse sur le visage d’Imeraria, il ne put s’empêcher de paniquer.

« Bon sang… Nous savons qu’Alyssa-san commande l’armée, comme l’a expliqué Sabnak-san. Mais j’ai du mal à me l’imaginer… » (Imeraria)

« Puisque cela concerne Hifumi-san, il est fort probable qu’il ait lui-même ordonné tout cela à l’avance. De plus, elle n’est pas seule. Plusieurs officiers civils, d’anciens esclaves libérés, font fonctionner le territoire. Les fondations politiques d’Hifumi-san sur ce territoire sont solides. » (Adol)

Même comparé aux autres nations et pas seulement au Royaume, Fokalore profitait d’une économie forte et stable, sans le moindre désordre politique en raison d’une ingénieuse hiérarchie.

« Nous devrions être fou de joie qu’un tel territoire fasse partie du Royaume. Cependant, je ne me sens pas de lever les deux mains en l’air et de crier de joie. » (Imeraria)

« De plus… » Imeraria écrasa la lettre dans sa main.

« Puisque plusieurs officiers civils et soldats étrangers retourneront sur leurs territoire après avoir été formés à Fokalore, Hifumi possédera les informations militaires et économiques de nombreux territoires de notre Royaume. » (Imeraria)

« Ce sont ces aspects que travaillent les officiers civils après tout. », murmura Imeraria.

« Hifumi-sama est du genre à chercher à combattre sans cesse, mais il est aussi malin et pervers, au point de contrôler de tels aspects. » (Imeraria)

Voyant une vague expression difficile à distinguer sur le visage d’Imeraria tandis que celle-ci parlait d’Hifumi, Sabnak et Adol se regardèrent avant de rapidement essayer de changer de sujet.

« En tout cas, je me demande bien ce qu’ils cherchent à faire en lançant une action militaire en l’absence de leur seigneur. »

« Bon sang. Dire que les échanges financiers avec Vichy avaient augmentés en plus de devenir stables…’

Sabnak pencha la tête, surpris par la question d’Adol. Cependant, Imeraria quant à elle semblant comprendre.

« C’est très simple. Cette ‘stabilité’ et ‘paix’ ne sont pas des situations désirées par Hifumi-sama. » (Imeraria)

Les deux hommes dirigèrent leur regard vers Imeraria.

« Hifumi-sama souhaite plonger ce monde dans le chaos et le désordre. Il ne sera pas satisfait avant que le monde ne soit recouvert de batailles sanglantes. Il compte se délecter en voyant comment moi et les dirigeants des autres nations, nous parviendrons à contrôler la situation. » (Imeraria)

« C’est, comment dire… »

« Pour cet homme, ce monde est probablement très ennuyeux. C’est pourquoi, en créant des problèmes ça et là, en tuant et créant l’instabilité, il essaye de changer ce monde en ce qui lui convient le mieux. » (Imeraria)

Tandis que Sabnak et Adol écoutaient attentivement Imeraria, tous deux acquiesçaient, le visage sérieux.

« …Il va probablement déclencher une large guerre à l’avenir. Adol-san, je sais que c’est difficile, mais essayez de revoir le budget. Sabnak-san, veillez à ce que nos soldats s’entraînent aux côtés des chevaliers. » (Imeraria)

« Certainement ! » (Adol)

« Ma Reine, pensez-vous que Vichy se transformera en champ de bataille ? » (Sabnak)

« Imeraria secoua la tête en réponse.

« Non. Hifumi-sama risque de nous amener un adversaire bien plus dangereux et puissant. Des terres désolées ou… de l’autre côté. » (Imeraria)

Imeraria tourna la tête en direction des terres désolées.

Que fait cet homme actuellement, que vit-il, et qui est-ce qu’il tue ? 

« Envoyez un ordre à tous les territoires en bordure des terres désolées. Je veux que l’armée royale y soit stationnée. Je ne sais pas quand commenceront les combats, mais préparons-nous du mieux que nous le pouvons. » (Imeraria)

Sabnak salua sa Reine, qui d’une voix forte, transmit ses ordres.

 

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Annonce du 09/07/2020


Bonjour !

Une annonce particulière aujourd’hui.

En effet, le site White Novels va avoir un petit frère ! Bon, un petit frère un peu débile et dont on a honte, mais qu’on aime néanmoins.

Il y a quelques années, j’ai découvert les RPG Japonais 18+ (principalement des jeux RPG Maker), et qu’il était assez simple de les traduire. J’avais donc commencé à bosser le sujet, pour finalement le mettre de côté. Je m’y suis récemment remis, et j’ai créé un site pour l’occasion.

Ce que je vous propose donc, c’est un site sur lequel je poste des jeux RPG Japonais 18+ traduits par mes soins.

Il me semble important de préciser que cela n’aura aucune conséquence sur mes traductions de novels. En effet, je traduirais ces jeux sur mon temps libres, en faisant d’autres choses en même temps (ce qui est impossible pour les traductions de novels). De plus, le rythme de sortie de ces jeux sera bien plus aléatoire et imprévisible.

Bien évidemment, il s’agit de jeux et d’un site 18+, alors je compte sur vous pour n’y aller que si vous êtes majeurs (lol). Prenez le temps de bien lire les pages « A propos » et « Contact » du site, et n’hésitez pas à me faire des retours.

La sortie du site est accompagnée de 3 petits jeux, alors amusez vous bien.

Le Héros est un Démon – Chapitre 112


 

Chapitre 112 : Vivre la Vie Folle

 

Lorsque le groupe de Vepar arriva à la porte, Hifumi avait déjà disparu dans le château. L’humeur de ce dernier était à son apogée avec tous ces combats. Cependant, il savait que ce jeu n’allait pas durer longtemps.

« Ueeh, oeeeh, oeeeh… »

« Ugh… Bleeeergh…. »

La soigneuse suivant Vepar vomit tout à coup le contenu de son estomac en voyant la terrible scène, et l’une des filles se tenant à ses côtés fit de même.

« Reprenez-vous. » (Vepar)

Vepar, visiblement peu affectée, observa les alentours.

Plus aucun être vivant n’était visible.

Homme, femme, peu importait l’âge, tous avaient perdus la vie.

« Il semblerait qu’il s’en soit donné à cœur joie. » (Vepar)

« Capitaine, vous pensez que cet humain est entré ? Là où est le roi, dans le château ? »

« Probablement. » (Vepar)

Vepar répondit en soupirant à la réponse de sa subordonnée qui, même si elle n’avait pas vomi, avait le visage blanc comme un linge.

« Il prévoit de faire de moi le nouveau roi démon, après avoir éliminé le roi actuel. » (Vepar)

« …Est-il sain d’esprit ? »

« Aucune idée. » (Vepar)

Croisant les bras, la bouche de Vepar se tordit pour former un へ.

« Cependant, il avait l’air tout à fait sérieux. Je ne sais pas à quoi il pensait, mais son expression disait qu’à ses yeux, le fait de tuer un roi était tout à fait possible. » (Vepar)

« Le seul problème… » Vepar leva les yeux vers le château et même ses subordonnées, à l’exception des deux qui vomissaient toujours, firent de même en dirigeant leur regard vers la chambre du roi.

« C’est de savoir si cet humain peut gagner contre le roi, n’est-ce pas ? » (Vepar)

Tous acquiescèrent aux paroles de Vepar.

Tout soldat démon savait pourquoi ce roi régnait malgré son apparence de jeune garçon.

« Geee, ueeeh. »

« *Crache* Maintenant j’ai un goût horrible dans la bouche. Quelqu’un à de l’eau ? »

L’atmosphère, qui devait être sombre dans de telles circonstances, ne l’était pas trop grâce aux filles.

 

L’armée de Fokalore formait une longue ligne devant les portes de la ville. Ainsi, les soldats partirent sous les applaudissement et acclamations de la foule.

Les hommes, en armures et équipés d’épées, de lances et même de kusarigama pour certains, souriaient, même si ces sourires étaient teintés d’une certaine nervosité.

Ils étaient au nombre de 500. Cependant, il ne s’agissait même pas de la moitié des soldats servant dans l’armée de Tohno. Ce comté était le seul à posséder la capacité financière pour posséder une aussi large armée, à l’exception bien sûr des capitales de chaque nation. Après tout, toute armée était extrêmement coûteuse.

« Courage ! »

« Exterminez tous les monstres ! »

« Revenez vite ! »

De nombreuses voix se mélangeaient en plus des bruits de l’armée.

Les soldats quittaient enfin la ville, organisés en rangs. Leur regard était dirigé vers une personne à l’avant.

« En marche ! » (Alyssa)

« « « Oui ! » » »

A l’avant des troupes, à bord d’un chariot à ciel ouvert, Alyssa étirait du mieux qu’elle pouvait son bras tout en criant. Les troupes lui répondirent en cœur.

Aux côtés d’Alyssa se tenait Miyukare, qui lui servait de conseillère. Les soldats se mirent à avancer, avec derrière eux plusieurs chariots et l’unité de ravitaillement.

« Pour le moment, nous devrions nous diriger vers Vichy, c’est bien ça ? » (Alyssa)

« Oui, j’ai déjà donné l’ordre au conducteur. Vous pouvez vous asseoir et profiter du voyage, Alyssa-sama. » (Miyukare)

Miyukare sourit, et lui présenta une tasse de thé.

« Merci. » (Alyssa)

Voyant Alyssa lui rendre son sourire, Miyukare tenta de calmer les battements de son cœur et attrapa des documents placés près d’elle.

« En nous dirigeant ainsi vers Vichy, nous éliminerons les monstres que nous croiserons. Notre but premier est de sécuriser les routes et leurs alentours, mais… au final, en mettant une telle pression sur Vichy, la situation risque d’exploser et de déclencher une guerre. Si cela n’est pas le cas, nous limiterons les entrées et sorties à la frontières avec comme prétexte des mesures de sécurités pour les garnisons. Ce sont les ordres de Seigneur-sama. » (Miyukare)

« Il n’y a rien d’autre d’écrit ? » (Alyssa)

Faisant la moue, Alyssa ajusta la position de l’épée courte placée à l’arrière de sa hanche. En raison des tremblements du chariot, il était difficile de rester bien assis.

« Ce sont les ‘devoirs’ qui nous ont été laissés, Alyssa-sama. Mais en travaillant ensemble, une opération d’un tel niveau ne devrait pas poser de problème. » (Miyukare)

« Oui, je compte sur toi, Miyukare-san. » (Alyssa)

Miyukare, parvenant à peine à garder une expression sérieuse sur son visage, perdit intérieurement connaissance.

Alyssa lui souriait, mais lorsqu’elle tournait le regard vers les troupes, son expression devenait des plus sérieuses.

De plus en plus de personnes habitaient à Fokalore, alors un grand nombre de soldats était nécessaire à la sécurité et à la maintenance de l’ordre public. Mais étant donné que de nombreuses personnes cherchaient un emploi, le recrutement de personnel ne posait pas problème.

Les élites, toujours en train de se former et d’apprendre, avaient été assignées à leurs différents domaines d’expertise.

Même si plusieurs personnes avaient déjà perdu la vie en raison d’accidents en ville ou au cours de combats contre les monstres, l’armée féodale était si large que de telles pertes ne l’affectaient en rien.

Et, après plusieurs petits combats, il était enfin temps pour une opération militaire.

Sur la plateforme du wagon, Prulfras avait installé un nouveau type de baliste qu’il considérait lui-même de qualité satisfaisante.

« …Personne ne veut mourir. Il est aussi triste d’apprendre la mort d’une personne proche de soi. Cependant, il est possible de changer sa façon de penser en acceptant la mort comme inévitable. » (Miyukare)

Alyssa se tourna vers Miyukare.

« Que cherche à faire Hifumi-san ? Qu’as-tu pensé en entendant cela pour la première fois ? » (Alyssa)

« …Honnêtement, je ne comprenais pas. Pour moi, ses actions étaient comme courir pour aller vaincre un cheval sous le prétexte d’un entrainement. » (Miyukare)

« Ahahah, quel exemple amusant. » (Alyssa)

Alyssa éclata de rire, puis défit la lanière de son fourreau et en sortit son épée courte, qu’elle plaça devant son visage.

« Tu sais, Hifumi-san regarde son katana lorsqu’il a du temps libre. » (Alyssa)

Lorsqu’elle tourna légèrement le poigner, la lumière se refléta momentanément sur la lame.

« Un jour, je lui ai demandé pourquoi il regardait ainsi son katana. » (Alyssa)

La scène s’était déroulée lorsque Hifumi maintenait son katana après avoir médité et terminé son entraînement quotidien. Alyssa comptait manger avec lui et Origa, mais en entrant dans la chambre d’Hifumi, elle avait vu un homme, debout, fixant immobile et silencieux la lame de son katana.

« J’ai imaginé le moment de ma mort, m’a-t-il répondu. » (Alyssa)

« Ha ? » (Miyukare)

Haussant le ton de sa voix par mégarde, Miyukare rougit.

« J’ai eu la même réaction. » (Alyssa)

S’exclama Alyssa en riant.

« Et tout à coup, Hifumi-san a continué, Il est tout à fait naturel d’accepter d’être tué, si tu es prêt à tuer autrui. » (Alyssa)

Alyssa, après quelque secondes de fou rire, sécha ses larmes.

« Je te l’ai déjà expliqué, mais j’ai vécu quelque chose de difficile lorsque j’étais soldat à Vichy. Quelque chose de si cruel, que je voulais en mourir. » (Alyssa)

« Oui, je m’en souviens. » (Miyukare)

« A l’époque, j’avais peur de la mort. Il y avait tellement de choses que je voulais faire, de mets que je voulais goûter. Je pensais que tout cela allait prendre fin une fois la douleur disparue. » (Alyssa)

Le chariot fit un bond après avoir roulé sur un morceau de gravas.

Contrairement à Miyukare qui perdit son équilibre l’espace d’un instant, Alyssa se leva légèrement et compensa l’impact.

« Mais maintenant, je vis sans le moindre regret, jusqu’au jour de ma mort, comme me l’a enseigné Hifumi-san. Bien sûr, je n’ai toujours pas envie de mourir. Mais j’ai décidé de suivre Hifumi-san, et je n’ai pas encore réfléchi à l’avenir. » (Alyssa)

Alyssa caressa doucement le fourreau de son épée courte.

Celui-ci, poli au point de noircir, comme celui d’Hifumi, était si sombre qu’on aurait pu penser que les ténèbres avaient sciemment éteint son lustre.

« Il est important de vivre au maximum, mais aussi d’avoir une belle mort, je pense que c’est ce qu’Hifumi essaye de nous apprendre. Ses mots sont de tuer, mais aussi trouver un moyen de se tuer. Je pense que c’est ça… Cependant, comme tu le dis Miyukare, autrui ne peut que subir une telle philosophie. » (Alyssa)

Miyukare remarqua que la lueur visible dans le regard d’Alyssa était similaire à celle d’Hifumi.

« …Dans ce cas, je vais moi aussi vivre sans regrets. Je ferais des efforts, et je conserverais ma fierté jusqu’au bout. » (Miyukare)

« N’est-ce pas ? Une telle vie risque de s’avérer forte amusante. » (Alyssa)

Pour les soldats suivant le chariot, la scène était celle de deux femmes discutant calmement. Cependant, seuls les vétérans arrivaient à ressentir l’atmosphère effrayante, une atmosphère qui ne leur était pas inconnue.

 

Hifumi était recouvert de coupures et de brûlures. Ses deux bras et jambes étaient ouverts de bleus.

Et pourtant, il avançait fièrement katana en main, la pointe de son arme et ses cheveux dégoulinant de sang. Si Origa ou Vepar l’avaient vu ainsi, elles auraient décrit son apparence comme magnifique.

Son hakama troué de partout, sa peau était visible au niveau de ses flancs et de son épaule droite.

« Il n’y a personne… Non, ils se cachent, huh ? » (Hifumi)

Hifumi, entré par la porte du château comme pour provoquer ses ennemis, avançait tout en sentant le regard de plusieurs personnes se poser sur lui.

Ils ne m’attaquent pas, mais ils sont hostiles. Ce sont probablement les camarades de ceux que j’ai tués à l’extérieur.

« Pourquoi me regardez-vous sans rien faire ? Si vous voulez me tuer, faites-le. » (Hifumi)

« J’aimerais que vous arrêtiez de provoquer les soldats. » (Phegor)

Phegor apparut dans l’obscurité du couloir.

Le sourire dont il faisait preuve pendant la journée avait disparu. Son regard était maintenant perçant, observant chacun des mouvements d’Hifumi.

« Toi, eh ? Agathion m’a envoyé un accueil plutôt violent tout à l’heure. J’aimerais t’en remercier. » (Hifumi)

Hifumi le remerciait sincèrement, mais Phegor prit ces mots pour du sarcasme.

« …Quelle remarque peu sincère. Vous avez été invité par le Roi. Suivez-moi. » (Phegor)

« Tu vas toi aussi participer ? » (Hifumi)

« La nuit s’est avérée très amusante pour moi, mais qu’en est-il de toi ? » Rajouta Hifumi en riant.

« Vous êtes plutôt calme, humain. Mais cela ne durera pas très longtemps lorsque vous serez en présence du Roi. » (Phegor)

Hifumi se demanda s’il devait tuer Phegor pendant que celui-ci marchait en lui tournant le dos, mais pensa, la situation est suffisamment amusante. Si Vepar refuse le trône, il sera peut-être nécessaire d’y installer Phegor à la place.

L’état mental de Phegor, qui marchait fermement sur le sol en pierre au poing d’émettre un bruit sourd, n’était pas visible.

Son processus de pensée était compliqué actuellement.

Il avait une confiance absolue en la force de son Roi. De plus, il avait préparé un piège.

Phegor connaissait grossièrement la force des humains, alors pour lui l’intervention du Roi n’était pas nécessaire. Il s’agissait là de son impression la plus honnête.

Cependant, les prouesses montrées par Hifumi devant le château ne correspondaient pas à la force des humains telle que connue par Phegor.

(Si je ne vole pas son arme par quelque moyen que ce soit…) (Phegor)

S’il s’agissait du souhait de son Roi, Phegor était prêt à se sacrifier à tout moment.

Cependant, je ne peux pas me permettre de décevoir le Roi.

Il arrivait à déterminer au bruit des pas d’Hifumi que ce dernier le suivait.

Sortant d’un long couloir, Phegor arriva enfin à l’endroit prévu.

Des lumières magiques illuminaient la pièce cylindrique aux 3 étages. Les lumières, tremblantes, créaient une atmosphère féérique.

« Bien, c’est assez large. » (Hifumi)

Phegor entendit le commentaire d’Hifumi, mais ne répondit pas.

Au lieu de ça, il s’inquiétait de savoir si le mécanisme allait marcher. A l’intérieur du large hall, Agathion était assis sur son trône, lui-même placé sur une plateforme.

« Tu t’es bien débrouillé pour arriver jusqu’ici, Hifumi. » (Agathion)

Agathion souriait, mais ne se leva pas de son trône comme la dernière fois.

Il regardait Hifumi du haut de son siège, son coude posé sur l’accoudoir, comme pour montrer sa supériorité.

« Oui, grâce à toi je me suis bien amusé. Je t’en remercie. » (Hifumi)

« Tant mieux. » (Agathion)

Tout en discutant avec Agathion, Hifumi s’avança et passa à côté de Phegor.

Il se demanda si quelque chose allait de passer, mais il fut déçu par Phegor qui se contenta de l’observer. Il finit donc par se concentrer sur Agathion devant lui.

« Cela fait longtemps. » (Agathion)

Lorsqu’Hifumi arriva près du centre de la pièce, Agathion prit la parole.

« Notre peuple, il y a plusieurs générations de cela, a créé un village pouvant à peine être considéré comme une nation. Nos ancêtres se sont battus pour survivre dans ces terres sauvages, jusqu’à apprendre à utiliser des outils et armes. Ils n’avaient alors pour eux que leur magie et leur physique puissant, mais ces deux atouts leur suffisaient jusqu’à leur défaite contre les elfes. » (Agathion)

« Je vois. J’ai entendu dire que les démons de l’époque n’utilisaient pas d’armes. Je pensais qu’il s’agissait d’une erreur étant donné la situation actuelle, mais je comprends maintenant. » (Hifumi)

Hifumi s’arrêta d’avancer et secoua le katana dans sa main.

« Mais tu sais, cela ne change pas le fait que la force des démons réside dans leur magie. Parfois, certains démons aux capacités physiques incroyables, comme Beleth, apparaissent, mais c’est la puissante magie que nous possédons dès notre naissance et qui ne peut être copiée par aucune autre race qui fait notre véritable force. » (Agathion)

Agathion se leva finalement, et tendis les deux bras.

Hifumi l’observa, se demandant s’il comptait lancer un sort, mais cela ne semblait pas être le cas.

« Comme les humains. Oui, tout comme toi. Avec de puissantes armes, nous pourrions devenir encore plus forts. Des armes suffiraient à combler les faiblesses de notre puissante magie. Par exemple, la magie de barrière de Phegor. » (Agathion)

« Quoi ? » (Hifumi)

Hifumi, s’attendant à recevoir des sorts offensifs, se tourna tout à coup vers Phegor.

Ce dernier se tenait simplement là, les bras ballants.

Cependant, l’atmosphère autour de lui était différente.

« Cette sensation… » (Hifumi)

Hifumi pouvait voir une fine membrane autour de lui.

« La magie de barrière de Phegor est similaire à celle utilisée par les elfes pour nous emprisonner. Non, elle est même plus puissante. Cependant, il n’est habituellement pas capable de l’étendre autant. » (Agathion)

« Merci pour votre compliment. » (Phegor)

Agathion répondit à Phegor d’un geste de la main. Puis, il se mit à ricaner en voyant Hifumi prisonnier de la barrière.

« Il semblerait que cette arme possède de puissantes capacités. Cependant, quelque soit la qualité de son tranchant, elle est inutile si elle ne peut atteindre l’adversaire. » (Agathion)

Agathion fit signe à Phegor de supprimer une autre arrière présente dans la pièce.

Il s’agissait d’une barrière retenant l’amas de pierre servant de plafond.

Une fois la barrière retirée, les pierres tombèrent, soumises de nouveau à la gravité.

Hifumi leva la tête, et vit les larges pierres tomber directement sur sa position.

Accompagnés d’un boucan infernal et d’un nuage de poussière, les pierres et débris s’empilèrent dans la barrière cylindrique emprisonnant Hifumi.

« Cet humain n’a rien pu faire, n’est-ce pas ? » (Agathion)

Le rire d’Agathion se mélangea à l’écho du vacarme produit par la chute des débris.

 

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Kuro no Maou – Chapitre 54


 

Chapitre 54 : Plan d’Assassinat

 

« …Qu’essayes-tu de faire ? »

Le tir de Fusil que je venais de produire fut stoppé net par un bouclier blanc en forme de triangle inversé, comme la dernière fois.

Cependant, cette fois-ci, une petite fissure apparut dedans.

Je pouvais le faire.

« Magie Projectile – Art des Balles. »

Brandissant le bâton qui me servait de conducteur magique, des balles noires apparurent en spirale tout autour de mon corps.

Les milliers de projectiles apparus tout autour de moi étaient constitués du niveau de concentration de Magie Noire le plus élevé possible. De plus, grâce aux capacités du bâton, chaque balle contenait plus de puissance qu’une balle [Antimatière] normale.

« Feu – Pluie de Balles. »

Et tout à coup, je tirai toutes les balles sur Sariel.

En plus de la fumée et des éclats, les bruits de la destruction du mûr de château sur lequel se tenait Sariel résonnèrent dans le silence de la nuit.

Instantanément, un nuage de poussière s’éleva, bloquant toute visibilité. Cependant, je savais déjà sans même regarder que Sariel n’était plus là.

Juste avant mon tir, je l’avais vu sauter de la muraille.

« Je ne la laisserai pas fuir–– »

Tirant une Ancre sous mes pieds, je poursuivis Sariel en sautant du mur.

« ––Je ne peux pas la laisser fuir !! »

Sautant dans les airs, je vis l’étendue d’herbe dans laquelle je courais plus tôt.

Sans endroit où se cacher, mais aussi sans raison de se cacher, Sariel se tenait là dans sa robe blanche, tel un fantôme.

« Épée Magique – Arts de l’Épée. »

J’attrapai le câble de ma main gauche, et levai mon bâton de la droite.

Tandis que ma robe dansait dans le vent, j’ouvris mon espace d’ombre et en sortit 3 longues épées assombries.

Je les avais achetées au forgeron du Village d’Irz.

« Transperce !! »

Avant que mon corps ne puisse atteindre le sol, je tirai les 3 épées en direction de Sariel.

L’un d’elles traça un arc en approchant de la gauche, une autre de la droite, et la dernière avançait en ligne droite.

« –– »

Je n’entendis rien, mais je vis bouger ses lèvres. Au même moment, j’atterris sur le sol, et un léger choc traversa mes jambes.

En utilisant le câble de mon Ancre pour perdre de la vitesse, j’étais descendu des murailles sans lui laisser le temps d’attaquer––

*Boum !!*

« !? »

Un son résonna près de mes jambes. 4 pieux blancs, tirés par Sariel, avaient transpercés les extrémités de ma robe avant de s’enfoncer dans le mur du château.

Mais aucun ne m’avait touché, probablement parce qu’ils étaient destinés à bloquer mes mouvements.

Mais quand avait-elle tiré ces pieux ? Je n’avais même pas réussi à les voir.

Confirmant la situation de mes propres yeux, je dirigeai mon regard vers Sariel. Celle-ci tenait dans sa main gauche une fine lance de la même couleur qu’elle. Sur la lame, mes trois épées étaient embrochées comme des poissons.

Et, comme je l’avais déjà vu auparavant, mes trois épées assombries furent rapidement envahie de son énergie blanche avant de devenir poussière.

« Putain de monstre……….. »

Que ce soit par la vitesse de ses pieux ou sa façon de détruire mes épées, je découvrais à nouveau notre différence de force.

Lentement, le regret et la peur s’insinuèrent en moi, et j’avais tout à coup une soudaine envie de pleurer et de la supplier de m’épargner.

Sariel s’approcha doucement de moi et prit la parole.

« Arrêteras-tu de résister ? »

Je faillis lui répondre affirmativement, mais parvins à m’arrêter en serrant les dents de toutes mes forces.

« Je n’ai pas l’intention de te faire de mal. »

Pendant un instant, ces mots me rassurèrent, et je me détestais pour cela.

« Vas-tu tranquillement repartir ? »

Fuir loin d’ici avec Lily était une offre extrêmement charmant, mais j’utilisai toute ma force pour la rejeter.

« Haha….. »

Je ne pus m’empêcher de rire d’une voix tremblante et pathétique.

« Qui ignorerait une telle occasion–– »

Haussant la voix, j’essayai de me motiver à bouger.

Je parvins à fuir les pieux en déchirant des morceaux de ma robe.

Puis, à l’aide de mon bâton je fis apparaître des balles et sortir une dizaine d’épées.

Enfin, je pris la hachette maudite [Tsujigiri] dans ma main gauche.

« Sariel ! Je vais te tuer, et arrêter les croisés !! »

« Je vois….. »

Face à l’intégralité de mon énergie magique ainsi que mon désir de la tuer, pas la moindre expression n’était visible sur son visage. Elle ne se mit même pas en position avec sa lance.

Cela m’allait, son sang-froid allait me permettre de gagner––

« C’est parti !! »

« Car je suis la commandante suprême des Croisés. »

C’était les mots de Sariel.

Sans ces mots, j’aurais fui aux côtés de Lily.

Mais j’avais préféré combattre Sariel… non, des vies étaient en jeu. Ce n’était pas un combat, mais un assassinat.

[Assassiner] signifiait tuer en profitant d’une faiblesse dans les défenses de l’ennemi. D’après cette définition, le moment actuel était une telle faiblesse pour Sariel.

En tant que dirigeante des Croisés, elle était apparue sans gardes ; pour un assassin, il ne pouvait pas exister meilleure situation.

Même maintenant, aucun soldat n’était venu aider Sariel. Et, pour une raison qui m’était encore inconnue, Sariel n’essayait pas de me tuer.

Si elle le voulait, elle aurait pu planter un pieu ou sa lance dans mon cœur à n’importe quel moment. Mais elle m’avait simplement collé au mur.

Cette robe était un vêtement de haute qualité, avec des capacités défensives supérieures à celles d’une cotte de maille. Actuellement, je craignais que la robe ait perdu ses capacités magiques et soit devenue un vêtement normal après avoir été ainsi abîmée.

Ma vie était donc actuellement en danger. Il s’agissait ici de ma seule chance de la vaincre.

Mais pourquoi devais-je mettre ma vie en jeu ?

2 mois plus tôt, je n’aurais rien eu de plus important que ma propre vie. Je ne me serais jamais mis en danger.

Mais maintenant, il y avait des choses que je voulais protéger, même au prix de ma propre vie.

Lily, le Village d’Irz, même si je ne les connaissais pas depuis très longtemps, je ne pouvais pas laisser les Croisés leur faire du mal.

Je ne faisais pas confiance à ces enfoirés à la croix. Que ce soit quelque chose souhaité par Dieu ou non, ils ne faisaient qu’utiliser le nom de leur dieu comme excuse pour tuer, voler et détruire.

Au final, les Croisés avaient été assez nombreux et puissants pour envahir et occuper Daidalos.

Si l’armée de Daidalos était tombée, cela voulait dire que les Croisés étaient capables de prendre une nation entière. Je n’étais même pas certain que les autres pays puissent gagner contre eux.

Mais qu’allait-il se passer si la commandante des Croisés mourait ici ? Je ne savais pas comment fonctionnait la hiérarchie des Croisés, mais si un commandant mourait, n’importe quelle organisation risquait de s’écrouler sur elle-même.

Je ne connaissais pas l’autorité possédée par Sariel, mais je savais qu’elle constituait à elle seule une large partie de leur puissance militaire.

Si une haute-gradé telle qu’elle perdait, le plan d’invasion risquait d’en être grandement affecté, voir de prendre fin. Il valait mieux suivre un tel plan que de combattre tous les Croisés de front.

Mais, ce n’était possible que si je parvenais à réussir mon assassinat.

J’étais conscient de la puissance de Sariel. En terme de différence de niveau, j’étais à 1 contre 100.

Mais je me trouvais dans un monde de magie, pas dans un monde de jeu vidéo. Il existait de nombreuses façons de ‘simplement tuer’ quelqu’un.

Peu importe l’effort employé, du moment que je pouvais la tuer. J’étais même prêt à mourir avec elle.

Si cela pouvait sauver Lily et les villageois, alors j’étais prêt à mettre ma vie en jeu autant de fois que possible !!

 

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Posséder ou Déposséder – Chapitre 189


 

Chapitre 189 : Fifi l’Enfant des Villes

 

Les mineurs, les chasseurs, les forgerons, les maçons, les chevaliers, les soldats, les mercenaires, pour tous ces travails manuels, le maintien en bonne condition de son corps était une priorité.

C’est pourquoi, afin de garder leur corps en bon état, ces professions avaient tendance à manger en larges quantités le matin. Naturellement, les aventuriers ne faisaient pas exception à la règle…

« Miam, ces sardines cuites dans la graisse sont délicieuses ! »

Joseph continuait à se remplir les joues des produits de la mer tout en complimentant la qualité des plats.

Le petit-déjeuner d’aujourd’hui était majoritairement constitué de fruits de mer et poissons en plat principal.

« Hoho, je vois que tu es un amoureux des produits de la mer, desune~ »

S’exclama Nungu en versant du vin dans le verre vide de Joseph. Pendant ce temps, ce dernier faisait comme s’il n’entendait pas Nungu et se relaxait tranquillement en profitant du poisson dans son assiette. De la fumée s’échappait de sa part chaque fois qu’il la coupait en deux, perçait la peau grillée avec sa fourchette et l’engloutissait.

« Du poisson frit, du fromage, des oignons et de la sauce blanche épaisse ont été utilisés pour préparer ce plat. »

Mussu récita les ingrédients uns par uns. De son côté, il n’attrapait pas la nourriture à la main avant de l’engloutir. Au lieu de ça, il coupait doucement le poisson avec son couteau, et se servait d’une fourchette pour atteindre sa bouche. La séquence paraissait à la fois gracieuse et sophistiquée. C’était difficile à croire, mais Mussu était un Noble au statut de Comte, alors ce type de manières lui avait été inculqué de force dès sa plus tendre enfance, tout comme ses études.

« Ce poisson… Il doit s’agir d’un Cabillaud Volant. »

« Le Cabillaud Volant est un poisson de mer. On ne peut pas en trouver en rivière. »

« En effet. C’est un poisson de mer. »

Mussu acquiesça à la réponse de Nungu, tout en profitant de l’odeur de son vin. Puis, après une gorgée, il savoura l’arôme du vin en le roulant autour de sa langue avant de l’avaler.

Joseph et Mussu étaient chez Yuu, et étant donné leurs expressions faciales, le moment était plaisant. Face à eux, Marifa ne pouvait contrôler le tremblement du coin de ses lèvres causé par leur comportement audacieux. Quatre personnes se tenaient actuellement devant Marifa. Il s’agissait de Nina, Lena, Joseph et Mussu, tous assis à la table.

Mussu ne venait que de temps en temps, tandis que Joseph était présent chaque fois que Yuu était là. Et lorsque Joseph venait, de larges quantités de nourriture et d’alcool disparaissaient. Marifa était en charge de l’état de la demeure par Yuu ; il était donc logique qu’elle ait une telle expression. Quant à Yuu, le propriétaire, sachant d’après Marifa que Mussu et Joseph étaient présents, il s’affairait en cuisine. Marifa comprenait qu’il s’agissait pour Yuu d’une forme de protestation. Car en effet, Yuu aurait pu tenir compagnie à Joseph s’il était seul, mais aujourd’hui, il était accompagné par Mussu, et cela s’avérait au dessus de ses forces.

« Oioi, ce poisson n’est cuit que d’un côté. »

« C’est normal Joseph-san. Ça peut sembler étrange, mais c’est délicieux~ il suffit juste d’ajouter un peu de sel~ »

Écoutant les conseils de Nina, Joseph saupoudra le poisson de morceaux de sel avant de l’avaler d’une bouchée.

« Oooo !? C’est délicieux ! Oi ! Marifa. Le vin que j’ai vu il y a quelques temps, apporte-le ! Ce poisson serait bien meilleur avec ! »

« Vraiment ? Alors apporte-m’en aussi ! »

Le visage de Marifa trembla. Lors d’une précédente venue de Joseph, celui-ci avait réussi à pénétrer le cellier à vin aux côtés de Yuu. Ce cellier contenait de nombreuses bouteilles de grande valeur, que ce soit par leur prix ou leurs ingrédients de qualité. Mais chaque fois que Joseph et Mussu venaient, ils demandaient à boire l’une de ces bouteilles hors de prix. D’après eux, ne pas apporter une bonne bouteille de vin ferait honte au propriétaire des lieux. Marifa avait ainsi été manipulée par eux, ne voulant pas causer de tort à Yuu. Une large pile de bouteilles avait ainsi été vidée par les deux individus. Parmi Yuu, Nina, Lena et Marifa qui habitaient les lieux, personne ne buvait d’alcool.

« Je n’ai qu’un seul maître. Et il est le seul à pouvoir de donner des ordres. »

Sur ces mots, son regard et son visage apathique se posèrent sur Joseph et Mussu, mais tous deux détournèrent les yeux en sifflotant. Nina se trouvait elle aussi dans son champ de vision, et fit de même en se mettant à parler avec Lena. Nungu, qui mettait habituellement fin à ce genre de situation déplaisante, observait joyeusement la situation.

« Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Je n’essaye pas de te donner des ordres. »

« Joseph a raison, c’est une demande, pas un ordre. Ne comprends-tu pas ? Un excellent hôte et maître possède généralement d’excellents sujets ; c’est pourquoi il est sage de dire que tes actions déterminent l’image de Yuu. »

« Tch……… D’accord. »

Marifa se dirigea vers le cellier à vin sans dissimuler le dégoût sur son visage. Joseph en profita alors pour rajouter un « Et dépêche-toi. ». A ces mots, Marifa s’arrêta nette, ses longues oreilles tremblantes de colère.

« Hmm ? Lena, mange tes légumes, que ça te plaise ou non. »

« ……….tais-toi. »

« Il t’en reste beaucoup. »

Joseph n’en dit pas plus, mais son regard se posa sur la poitrine de Lena, source de complexe pour elle. Lena remarqua son regard et se mit à trembler.

« C-Ce n’est rien ! Ils vont bientôt pousser ! »

S’empressa d’intervenir Nina. Mais chaque fois que celle-ci bougeait, sa large poitrine rebondissait devant les yeux de Lena, ce qui suffisait à lui asséner le coup final.

« ……….Oui, ils vont grossir. »

« C’est ça Lena~ Ne t’inquiètes pas trop pour ça~ »

Rena toucha sa poitrine plate d’un air déprimée. A cet instant, elle sentit un regard malveillant se poser sur elle.

« Lena, Nina a raison. Tu ne devrais pas trop t’inquiéter. Après tout, il ne reste plus aucun espoir pour qu’ils poussent davantage. »

Marifa, tenant une bouteille de vin contre ses seins, regardait Lena de haut. Son expression avait changée ; elle contenait maintenant une profonde pitié.

« ……T-Tu te trompes. »

« Non. Jour après jour, Yuu-sama nous apporte des légumes afin que nous puissions manger de délicieux repas. Tu affirmes les manger, mais tu crois peut-être que je ne te vois pas les donner à Namari et Momo ? Mais c’est peut-être une bonne chose ? Il y a des avantages à ne pas avoir de poitrine après tout… Par exemple, une large poitrine donne mal au dos et aux épaules. J’envie ton ignorance sur ce point. »

Marifa exagéra la taille de sa poitrine en bombant le torse. En faisant cela, la bouteille de vin s’enfonça entre ses seins ; les yeux de Lena y étaient comme fixés. Nina continuait à essayer de réconforter Lena, mais chaque fois qu’elle parlait, ses larges atouts bondissaient de haut en bas sous les yeux de Lena.

« Le-Lena !? Mari-chan, Lena a perdu connaissance, je ne vois plus que le blanc de ses yeux ! Et de la mousse s’échappe de sa bouche ! »

« Mince~ c’est un problème. Que devrions-nous faire ? »

« O~i. J’aimerais bien avoir mon vin. »

En cuisine, Yuu préparait de nombreuses sucreries tandis que Nina et Nungu tentaient d’aider Lena au salon.

« Odono-sama, il se passe quelque chose à côté. »

« Laisse-les. Ils doivent encore se disputer pour quelque chose d’idiot. »

Concentré, Yuu versait de la crème dans un pain tout juste cuit. A côté de lui se trouvaient de nombreux plateaux couverts de cookies, petits-pains, et choux à la crème accompagnés de confiture.

« Odono-sama, tout ça est pour moi ? »

Namari passa la tête sous le bras de Yuu et se mit à gigoter de gauche à droite. Sur la tête de Yuu se tenait la fée Momo, assise en extase sur une montagne de bonbons.

« Oy, c’est dangereux. »

Namari fut instantanément réprimandé, mais Yuu se demandait si son excitation était due à la délicieuse odeur, ou à la vue des nombreuses sucreries. Lorsque Yuu donna son accord, Namari sourit et sortit un panier du Sac à Objets cousu à ses vêtements.

« Tu as le droit d’en prendre trois, et cela inclut la part de Momo. »

« Seulement trois !? Momo, lequel veux-tu ? »

Acceptant à contrecœur les conditions données, Namari et Momo se placèrent devant les confiseries et se mirent à réfléchir longuement. Une fois leur choix fait, Yuu plaça le reste dans son panier.

« Merci pour ce repas. »

Lorsque Yu termina de ranger les sucreries avant de se diriger vers le salon, Mussu, satisfait par le repas, le remercia.

« Oo——- »

« Yuu-sama, excusez-moi. »

Tandis que Yuu essayait de déterminer ce que Mussu lui disait, Nungu apporta une brosse et se mit à coiffer les cheveux de Yuu et à arranger ses vêtements. Yuu ne pouvait rien dire face à Nungu qui souriait joyeusement. Marifa, en retard de quelques secondes, semblait frustrée, mais elle savait qu’il était inutile d’être jaloux de Nungu.

« Hahaha, il semblerait que Yuu soit incapable de résister à Nungu. D’ailleurs, je ne m’attendais pas à manger ici du maquereau volant, un poisson vivant seulement en mer. Je me demande où tu l’as acheté. »

« Il est impossible d’en trouver à Comer. C’est un poisson seulement disponible dans mon pays. »

Mussu et Nungu avait jusqu’à maintenant essayé d’obtenir des informations sur le pays de Yuu, mais sans succès. Alors tous deux furent surpris d’apprendre qu’il s’agissait d’un poisson seulement trouvable là-bas. Ils restèrent ainsi abasourdis quelques instants.

« Pourquoi une telle expression idiote ? »

« Ah, i-idiote… ? Désolé. J’étais juste surpris d’apprendre qu’il s’agissait d’un poisson en lien avec ce pays. »

« Tu sais, il y a de nombreux pays autour de nous. »

« Je le sais très bien, mais même le Royaume d’Houdon n’est pas au courant de son existence. C’est un pays que même le Royaume d’Houdon, l’un des cinq pays majeurs, est incapable de localiser ! »

Yuu et Mussu discutait discrètement, mais il régnait une certaine tension dans l’air. Même Nina et Lena, qui habituellement vociféraient, écoutaient tranquillement la conversation.

« Je suis vraiment intéressé par la position de ton pays… »

« Inutile de me demander. »

Mais une personne présente n’arrivait pas à lire l’atmosphère. Il s’agissait bien évidemment de Joseph.

Joseph apprenait pour la première fois l’existence d’un pays appartenant à Yuu, et il n’hésita pas à interrompre la conversation.

« Je ne dirais rien. »

« Pourquoi ne peux-tu rien dire ? »

« Parce que je ne peux rien dire. Si je le pouvais, tu serais la première personne informée, Joseph. »

Mussu était convaincu de ne rien pouvoir tirer de Yuu, mais ce n’était pas le cas de Joseph qui, similaire à un gorille, se tenait la tête, accroupi. Tout à coup, il se mit à sourire, comme s’il venait d’avoir une incroyable idée.

« Pourquoi souris-tu ? Tu es vraiment étrange. »

« Je vois, tu dois être dans ta phase de rébellion, huh ? Je comprends maintenant. Ahahaha, je vois. Yuu est enfin à cet âge. »

Joseph était convaincu que Yuu était entré dans sa phase adolescente, et, n’en doutant pas une seule seconde, se remit à boire sa bouteille de vin. Il buvait directement depuis la bouteille comme s’il s’agissait d’eau, gâchant toute la valeur de la boisson.

« Mussu, ce gorille est devenu fou ? Je suis fatigué rien qu’en essayant de lui parler. »

« Oui, il est probablement fou. » Pensa Mussu.

« Yuuuuu ! Où vas-tu ? »

« À la guilde. »

« Odono-sama, attendez-moi ! »

Namari et Momo coururent derrière Yuu, suivis de Marifa.

« Ah~, j’ai des courses à faire aujourd’hui~ »

« ………….Je vais à la bibliothèque. »

Nungu observa le groupe de Yuu partir en les saluant. Puis, Mussu et Joseph, craignant de devoir nettoyer la table, finirent rapidement leur repas avant de quitter la maison.

 

« Bienvenue à la Guilde des Aventuriers ! Si vous avec une demande—– »

Comme d’habitude, la voix claire et énergique de Collet retentit au rez-de-chaussée.

« Collet-san, bonjour. »

« Bonjour Collet-neechan ! »

Yuu fit la queue devant le comptoir et salua Collet une fois son tour arrivé.

A la suite de Yuu, Namari la salua à son tour ; Momo quant à elle leva les deux mains, et Marifa hocha la tête.

« Ah, bonjour à tous ! En fait, je t’attendais Yuu. »

« Il s’est passé quelque chose ? »

« Victor-san semble se méprendre. Apparemment, il a entendu dire que nous sortions ensemble. Il a aussi entendu dire que nous entretenions une relation intime, et que nos positions de réceptionniste et aventuriers nous permettaient de nous voir régulièrement. Je lui ai expliqué que nous étions seulement amis, et il m’a demandé si j’étais la seconde incarnation de la Sorcière de la Séduction. Comment a-t-il pu me comparer avec une personne aussi extraordinaire… Bref, pourrais-tu expliquer à Victor-san qu’il ne s’agit que d’un malentendu ? »

Expliqua Collet en jouant avec ses doigts.

Elle semblait troublée, le visage rouge.

Namari et Peach regardèrent tous deux Collet d’un air curieux.

« Même si Victor est un peu étrange, il reste un marchand de première classe. S’il te dit ce genre de chose, c’est qu’il a une raison de le faire. D’ailleurs, je pense moi aussi que tu as un certain pouvoir d’attraction sur les gens. »

Lorsque Yuu tapota l’épaule de Collet en rigolant, le visage de celle-ci devint rouge comme une tomate, de la fumée s’en échappant.

« M-Mou. Si Yuu-san continue de m’embêter, je vais me fâcher ! »

S’exclama Collet en faignant d‘être en colère, mais son expression semblait dire le contraire.

Adel observait la scène, des cœurs dans les yeux.

« Je rigole. Mais Collet-san a effectivement une capacité à encourager et remonter le moral d’autrui. Je me trompe ? »

« Uuuuuuu… E-En quoi puis-je t’aider aujourd’hui ? »

« J’aimerai utiliser la salle de consultation. »

Lorsque Yuu prononça ces mots, Collet et les autres réceptionnistes présentes tendirent toutes l’oreille.

La salle de consultation était un système permettant de consulter une réceptionniste dans une salle privée de la Guilde des Aventuriers, au prix de 1 pièce d’argent.

La distribution du paiement était ensuite divisée en deux parts égales entre la Guilde et la Réceptionniste en question.

Il s’agissait d’une option très attractive pour les réceptionnistes.

La plupart des aventuriers hommes prenaient ce service, car il permettait de choisir quelle réceptionniste avoir dans la salle de consultations.

En d’autres termes, c’était une méthode utilisée par les aventuriers hommes pour courtiser la réceptionniste de leur choix.

Puisque la réceptionniste nominée devait se rendre dans la pièce, il était nécessaire d’attendre quelques instants. Cependant, l’avantage était qu’il n’y avait pas besoin de faire la queue.

Dans certaines Guildes, les aventuriers achetaient à bas prix des informations sur l’habitat des monstres et le contenu des donjons. Mais ces informations peu coûteuses s’avéraient souvent fausses et frauduleuse, tandis que les informations vendues par les réceptionnistes provenaient de la Guilde elle-même.

De plus, les réceptionnistes étaient liées à leur guilde par une magie de contrat leur empêchant de donner de fausses informations.

« Tu souhaites utiliser la salle de consultation ? »

« Est-elle disponible ? »

« Oui. Elle est ouverte. Souhaites-tu nominer une réceptionniste ? »

Collet essayait de rester calme, mais Adele et Rebecca, travaillant elles aussi au comptoir, remarquèrent rapidement l’étrange situation.

Collet craignait que Yuu ne choisisse une autre réceptionniste qu’elle.

« Regarde Adele, aux pieds de Collet. »

« Oooh, ses jambes tremblent comme un bébé faon. »

Collet avait toujours été en charge des paiements et dépôts de Yuu depuis son arrivée à la Guilde.

Elle tremblait, le visage pâle à l’idée que Yuu puisse nominer quelqu’un d’autre, ce qui sous-entendrait qu’elle faisait mal son travail.

« Est-ce que Fifi-san est disponible ? »

« Fi-Fifi-san ? »

Collet ne parvint pas à dissimuler sa déception.

Et tout à coup, la porte derrière le comptoir s’ouvrit violemment.

« Ho-hoho ! C’est moi ! Mon heure est enfin venue ! Yuu-chan, désolé pour l’attente ! Suis-moi. Yay, yay. Tu peux me demander n’importe quoi ! Grâce à la magie de contrat, je ne te dirais que la vérité ! »

Collet et Adele semblaient surprises, tandis que Rebecca lui lançait un regard glacial.

Ignorant les alentours, Fifi prit la même pose que celle prise habituellement par son père, Karl Heinz.

« Bonjour Fifi-san. Tu es libre actuellement ? »

« Yuu-chan, ne sais-tu pas que tu es toujours ma priorité numéro une ? »

Derrière Fifi, Rebecca murmura, « Fifi l’idiote. ».

« Bien, Yuu-chan. Suis-moi. »

En vérité, la personne en question, un large sourire sur le visage, ne faisait pas attention à ce qui se passait autour d’elle. Voyant l’expression joyeuse sur le visage de sa collègue, Collet ne se sentait que plus triste.

Fifi prit la main de Yuu, et l’amena jusqu’à la salle de consultation—

« Et donc, qu’est-ce que vous faites là, vous toutes ? »

L’attitude de Fifi changea complètement. Elle regardait maintenant les personnes devant elle avec un air de dégoût.

La salle de consultation était pour un aventurier et une réceptionniste. Il s’agissait d’une pièce assez large pour accueillir deux personnes, mais derrière Yuu s’étaient invités Mofu de la tribu des renards, une réceptionniste du 1er étage accompagnée de Moran, la [Lune Dorée] et 10 autres réceptionnistes. Toutes étaient pressées les unes contre les autres.

Quant à Namari et Peach qui ne pouvaient plus endurer d’être taquinés par les réceptionnistes, tous deux avaient fui.

« Nous sommes en pause. »

S’exclama Mofu comme s’il n’y avait pas le moindre problème et en regardant Fifi comme si elle était idiote.

Sa queue s’agitait de gauche à droite, caressant le visage de Memet qui, ne pouvant plus résister, laissa échapper un adorable éternuement.

Puis, Apuri prit la parole, « Ne te l’ai-je pas déjà dit ? » en tapotant la tête de Memet.

« Mofuko et vous toutes, je sais que vous êtes en pause. Mais ce n’est pas une salle à cet effet. De plus, vous êtes responsables de l’étage. Si vous avez besoin de prendre une pause, alors prenez-la à l’étage. »

Devant Yuu, Fifi n’eut d’autre choix que d’hausser la voix, incapable d’endurer davantage l’attitude de ses collègues.

« Fifi-san, mon nom est Mofu, pas Mofuko. Oh, peut-être que… Je savais que tu étais idiote, mais pas à ce point. »

« Qu-Qui traites-tu d’idiote !? J’informerai le chef de guilde ! »

« Es-tu sûre de vouloir prévenir le chef de guilde pour une affaire aussi futile ? Tôt ou tard, le chef de guilde recevra de toute façon un rapport de la situation. Je suis ici pour les mêmes raisons que toutes les autres. »

Fifi serra les des dents de toutes ses forces, mais lorsque Yuu se tourna vers elle, elle tenta de se détendre.

« Ohoho, peu importe. Dans ce cas, faites comme vous voulez. »

En entendant cela, toutes les réceptionnistes restantes entrèrent à leur tour

« C-C’est… Vous aussi ? »

Regardant Fifi droit dans les yeux, Moran sourit.

« Nous nous inquiétons. Vous êtes un homme et une femme, seuls dans une pièce verrouillée. Nous ne pouvons rien laisser arriver. »

Il était vrai qu’avec tant de monde présent, Fifi n’oserait pas toucher à un seul cheveu de Yuu. Mofu se tourna vers Yuu et lui fit un clin d’œil.

« Fifi-san, ce n’est rien. Tu peux arrêter de nous foudroyer du regard. Moi et Memet, nous sommes là pour te tenir compagnie. »

Fifi tremblait maintenant de colère. Apuri et Memet demandèrent à plusieurs reprises à Fifi de faire comme si elles n’étaient pas là, mais cela ne semblait pas l’apaiser.

« Vous toutes ! Essayez-vous d’affirmer que Yuu-chan ne doit pas être seul avec moi !? »

Face à cette explosion de colère, les réactions environnantes parurent étranges.

Fifi parvint à en tirer une certaine conclusion.

« N-Non… vous n’êtes pas inquiètes pour… vous n’êtes pas inquiète pour Yuu-chan, mais pour moi ? »

« Tout à fait ! Nous craignons qu’il arrive quelque chose dans cette pièce close. Nous sommes inquiètes pour Yuu, mais aussi pour toi. »

Morgan sourit et hocha la tête lorsque Fifi parvint enfin à comprendre la situation. Toutes les autres femmes du groupe acquiescèrent à leur tour.

« Naaa !? V-Vous p-pensez t-toutes qu-que je p-pourrais f-faire qu-quelque chose à Yuu-chan !? Vous me décevez grandement. Même moi, j’arrive à différencier public et privé. Je suis une réceptionniste de la meilleure guilde d’aventuriers du Royaume d’Houdon après tout. Yuu-chan, tu dois croire en moi ! Je n’ai jamais pensé à utiliser la salle de consultation pour faire quelque chose d’étrange avec toi ! C-C’est vrai ! Je voulais juste te toucher un instant ! »

« W-Wow. C’est la première fois qu’elle comprend quelque chose aussi rapidement. »

En entendant les excuses désespérées de Fifi, Mofu la regarda avec pitié.

« Vous toutes ! J’ai juste touché la main de Yuu ! »

« Moran n’a pas tort. Mais, pensais-tu que nous ne remarquerions pas ? »

Moran était impressionnée par l’entêtement de Fifi. Apuri examina même la possibilité pendant un instant qu’elle soit une Shota-con.

« Ton estomac est vide. Tu as délibérément oublié de déjeuner, et nous aussi. Tu sais très bien pourquoi. » Expliqua Memet en se tenant l’estomac.

« Umm… Nous pouvons parler ? »

Tout le monde se tut lorsque Yuu prit enfin la parole.

Et enfin, tous entrèrent dans le vif du sujet. Yuu aligna sur la table de nombreux mets tout droit sortis de son Sac à Objets : des éclairs, de la confiture en pot, des cookies, des choux à la crème…

Rapidement, une odeur sucrée emplit la salle de consultation. Memet bavait à leur simple vue.

Apuri s’empressa de sortir un tissu et essuya la bave de Memet, mais les yeux de cette dernière étaient rivés sur les sucreries.

« Yuu-chan ? »

« Fifi-san, tu es née et tu as été élevée à la capitale, n’est-ce pas ? »

« E-Eh, c’est bien ça. »

« As-tu eu l’occasion de dîner aux différentes boutiques de la capitale ? »

« Et bien… Sans me vanter, mon père est le chef de la Guilde des Aventuriers de la Capitale, alors j’ai pu manger là-bas à de nombreuses occasions. »

Apuri et les autres réceptionnistes présentes furent surprises d’apprendre que le père de Fifi n’était autre que le maître de la Guilde des Aventuriers de la capitale.

Seules Moran et Memet ne comprenaient pas la signification d’une telle position. Un point d’interrogation flottait donc au dessus de leurs têtes.

« Je vais bientôt rencontrer la Famille Royale, alors je voulais que Fifi me conseille. J’aimerai savoir si de telles friandises feraient de bons présents à leur égard. Ces sucreries semblent avoir du succès avec la gente féminine, et je veux faire bonne impression. »

Fifi et les autres femmes présentes se tournèrent vers Marifa.

« Je ne suis pas très utile dans la situation actuelle, puisque tout ce que nous mangeons avec Yuu est délicieux. »

Se défendit Marifa sans même bouger.

« Quoi !? Dans ce cas, je coopère avec joie. Il me suffit de goûter à tout, et de t’offrir ma plus sincère opinion, c’est bien ça ? »

Moran tenta de prendre un chou à la crème, mais en fut immédiatement empêchée d’une tape sur la main.

Et cette tape était l’œuvre de Fifi.

« Ouch !? Qu’est-ce que tu fais !? »

« Oh, tais-toi. C’est moi que Yuu-chan est venu voir, en raison de mes connaissances sur les boutiques de la capitale. Il voulait que ce soit moi qui goûte. Tu as été élevée à la campagne, alors comment peux-tu connaître les goûts de la capitale ? Penses-tu avoir les qualifications pour goûter aux confiseries préparées par Yuu-chan ? »

Fifi se mit donc à goûter aux choux à la crème, ignorant les regards d’envie et de haine dirigés vers elle.

La grâce avec laquelle elle mangeait montrait effectivement son appartenance à la noblesse, et les manières qui lui avaient été inculquées dès la naissance.

« Ce chou à la crème contient de la fraise, et celui-ci du cacao. Mais celui-ci continent de la crème au chocolat en plus du cacao. »

Crème, chocolat, fraise, tous les choux furent dévorés les uns après les autres par Fifi.

Son visage était des plus sérieux, malgré les regards posés sur elle.

« Fifi-san, essaye aussi ceux-là. Ça s’appelle un éclair. Et ça, c’est une glace. »

Fifi croqua avec joie dans un éclair un chocolat.

L’intérieur était rempli de crème et explosa dans sa bouche, laissant échapper une douce odeur dans la pièce. Un adorable grognement s’échappa tout à coup du ventre de Memet.

– Ainsi, toutes les confiseries furent englouties par la Démon Affamé, Fifi. –

Non, pour empêcher cela, Mofu intervint.

« *Tousse*, Yuu-san, même si je n’ai pas grandi à la capitale, j’ai passé mon enfance dans une grande ville. Je connais donc plusieurs boutiques célèbres. Pourrais-je donc coopérer. »

« Merci Mofu-san. Il m’en reste beaucoup, alors tiens. »

Le sourire présent sur le visage de Mofu n’en devint que plus large.

Et tout à coup, les autres réceptionnistes imitèrent Mofu.

« H-Hey, j’ai gouté à de nombreuses spécialité de la Ville Fortifiée de Moriguru ! »

« Aa. J’ai déjà mangé dans les boutiques célèbres du Mont Blanc de Samantha. »

« Yuu, je ne suis jamais allé dans une boutique célèbre de confiseries, mais je peux quand même goûter ? »

Yuu commença à prendre peur face au désir de choses sucrées émanant de ces femmes.

Il leur donna donc la permission, et celle-ci fondirent avec joie sur les confiseries. Rapidement, une large bataille éclata, emplie de cris à glacer le sang.

Elles étaient inarrêtables.

Fifi tenta bien de les calmes, mais sans succès.

Les femmes s’étaient transformées en démons, les sucreries sur la table étant leurs proies.

Parmi elles, Memet engloutissait les confiseries à une vitesse incroyable et malgré son apparence.

Les confiseries, si nombreuses au premier abord, disparurent en un clin d’œil.

Une fois la tempête passée, il ne restait plus rien sur la table.

« Memet, tu en as trop pris. »

« Je pourrais te dire la même chose, Apuri. »

De la crème coulait le long des lèvres de Memet, mais c’était aussi le cas d’Apuri.

« Fifi-san, quel est ton verdict ? »

Yuu préféra ignorer le chaos causé par les réceptionnistes. Il voulait simplement connaître l’avis de Fifi.

« C’était incroyable, Yuu-chan ! »

Fifi, qui au départ mangeait avec élégance, s’était elle aussi transformée en démon afin de protéger sa nourriture des nombreux démons présents. Ses cheveux étaient en désordres, son maquillage complètement défait.

« Merci. Mais n’était-ce pas un peu trop simple ? »

« Simple ? Les boutiques de la capitale n’utilisent que du chocolat et de la crème pour rendre leurs créations jolies. En plus de la crème et du chocolat, j’ai utilisé de la fraise et de larges quantités de miel. »

Fifi-san prit la main de Yuu-san et ne le laissa pas terminer.

Ses yeux semblaient sérieux, contrairement à son apparence. Des morceaux de nourriture étaient toujours visibles aux coins de sa bouche.

« Yuu-chan, les boutiques de la capitale utilisent aussi du miel local peu coûteux, mais seulement une petite quantité de produits rares tel que du miel de haute qualité ou de la confiture. Elles considèrent qu’il vaut mieux utiliser de petites quantités de tels produits afin que l’acte de manger soit élégant. Personne n’utilise de larges quantités de miel ou de crème. »

Les femmes présentes derrière Fifi acquiescèrent.

« Alors, qu’en est-il de mes confiseries ? »

« Délicieuses ! Mais tu peux encore t’améliorer ! A l’occasion, tous les deux… Tu comprends ce que j‘essaye de dire, n’est-ce pas ? Refaisons cela dans un endroit où personne ne viendra nous déranger tous les deux. Ow ! Mofuko, qu’est-ce que tu fais !? »

« Qu’est-ce que tu crois faire ! Comment oses-tu abandonner ton travail ! Et je ne m’appelle par Mofuko, mais Mofu -desu ! »

« Memet, qu’est-ce que tu caches derrière toi ? »

Moral contourna Memet et découvrit qu’elle cachait des confiseries derrière elle.

« C’est pour plus tard. »

« Memet, c’est extrêmement impoli et vulgaire. »

« Apuri aussi en a caché. »

« N-Non, c’est faux ! Elles aussi ! »

Rapidement, Memet, Apuri et les réceptionnistes ayant dissimulé des confiseries furent encerclées.

« Hey ! Laissez-nous ! Je ne vous les donnerai jamais ! »

« Donnez-les nous ! »

« Non, non, non, non ! Ces choux à la crème sont à moi ! »

Ainsi, une nouvelle guerre commença.

Yuu, n’ayant pas reçu une réponse satisfaisante, laissa échapper un long soupir.

Marifa s’exclama « Yuu-sama, partons avant que les choses ne dégénèrent. », et quitta la salle de consultation avec Yuu.

Ce jour là, Yuu comprit enfin l’insatiable désir des femmes pour tout ce qui est sucré.

 

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Chaotic Sword God – Chapitre 119


 

Chapitre 119 : Combat pour le Nouveau-né

 

En entendant les explications de Kabolds, les sourires sur les visages de chacun se dissipèrent. Il n’avait pas tort ; s’ils essayaient de prendre le petit du Roi Tigre à Fourrure Dorée, ils risquaient de rencontrer de nombreux problèmes. Même s’ils ne croisaient pas la route de ses parents, l’amener jusqu’à la Ville de Wake risquait d’être une tâche extrêmement ardue. Après tout, la petite créature était un animal vivant ; elle ne pouvait pas être dissimulée dans une Ceinture Magique sans mourir, puisque l’intérieur était inhabitable. Ainsi, ils n’avaient d’autre choix que de la transporter à l’air libre. Mais puisque la route permettait à de nombreux groupes de se déplacer, les nouvelles de la capture d’un petit Roi Tigre à Fourrure Dorée risquaient de rapidement se répandre. De nombreuses factions tenteraient de provoquer les Mercenaires de Flammes. Avec leur force actuelle, ce n’était pas quelque chose qu’ils pouvaient se permettre.

« Hahahahaha, si vous n’êtes pas capables de transporter ce Roi Tigre à Fourrure Dorée, pourquoi ne pas nous le donner ? »

A cet instant, une bruyante voix à la joie évidente se fit entendre. La silhouette sombre d’une personne apparut, aux côtés d’un groupe tout entier. Tous encerclèrent rapidement les Mercenaires de Flammes. Il y avait au total 20 personnes, chacune portant un casque en acier et une armure de métal. Bon nombre de ces mercenaires avaient des armures brisées, et du sang s’écoulant de diverses plaies. Un regard suffisait à deviner qu’ils sortaient tout juste d’un combat.

A la vue d’un large groupe de personnes apparu de nulle part, les Mercenaires de Flammes se mirent sur leurs gardes. Mais lorsqu’ils virent l’emblème sur leurs torses, leurs visages perdirent toute couleur. Même Kendall devint pâle comme un linge et s’exclama, « Les Mercenaires de Zhou. », sa voix tremblante à chaque syllabe.

« Hahahaha, bien vu. Donnez-nous bien gentiment le jeune Tigre ; vous connaissez les conséquences sinon. » Annonça leur chef en dirigeant vers eux un regard dédaigneux. Cependant, lorsque son regard se posait sur le petit Tigre, une joie incontrôlée était visible sur son visage.

Aucun des Mercenaires de Flammes n’osa prendre la parole, leurs visages dénués de toute couleur.

Jian Chen en profita pour balayer du regard chaque Mercenaire de Zhou. Avec sa force actuelle, il pouvait déterminer la puissance globale de chacun. A ses yeux, à l’exception de deux Maîtres Saints, tous les autres étaient des Grands Saints. Cependant, ces deux Maîtres Saints étaient juste légèrement plus puissants que le Capitaine Kendall, probablement au niveau de Maîtres Saints Intermédiaires.

Jian Chen laissa échapper un petit souffle d’air en regardant tout autour de lui. Actuellement, du moment qu’il n’y avait pas de Grand Saint, alors il n’avait rien à craindre.

« Aooo ! »

« Aooooo ! »

Le nouveau-né venait de terminer de manger toute la viande de bête magique qui lui avait été donnée, et observait en salivant les autres morceaux grillant au dessus du feu. Il criait pour qu’on les lui donne, étranger au danger qui se profilait autour de lui.

Jian Chen s’accroupit lentement et prit la créature contre son torse. A ce moment-là, les Mercenaires de Zhou se tournèrent tous vers lui, le regard froid et émettant un profond désir de meurtre.

« Gamin, donne-nous le petit. Sinon, tu perdras la vie ici et maintenant. » S’écria le chef des Mercenaires de Zhou en direction de Jian Chen.

Face à ces mots, Jian Chen leur rendit un regard dénué de toute colère. Au lieu de ça, il sourit et répondit, « Même si nous vous donnons ce nouveau-né, vous ne nous laisserez pas partir de peur que nous parlions de son existence autour de nous, ce qui vous apporterais quelques problèmes, et pas des moindres. »

Le chef laissa échapper un sourire moqueur, « Tu es plutôt intelligent, mais parfois, plus une personne est intelligente, plus elle meurt tôt. C’est pourquoi parfois, il vaut mieux éviter de l’être. Être idiot permet de vivre plus longtemps. » Tout à coup, une large quantité de Force Sainte apparut dans sa main droite, formant rapidement une longue épée.

Il pointa son épée en direction de Jian Chen et s’exclama froidement, « Gamin, je te laisse une dernière chance. Donne-nous tranquillement le nouveau-né, ou je t’offre une mort lente et douloureuse. » Les autres Mercenaires de Zhou sortirent à leur tour leurs Armes Saintes et encerclèrent Jian Chen pour tenter de l’intimider.

Cependant, les Mercenaires de Flammes n’avaient pas dit leur dernier mot, et matérialisèrent eux aussi leurs Armes Saintes. Leurs expressions étaient graves, car ils comprenaient tous que même s’ils donnaient le nouveau-né aux Mercenaires de Zhou, ceux-ci allaient quand même se débarrasser d’eux. A leur place, ils auraient fait la même chose et éliminé les Mercenaires de Zhou. S’ils devaient mourir quoi qu’il arrive, alors ils préféraient emporter avec eux quelques Mercenaires de Zhou. Même s’ils ne pouvaient probablement pas les exterminer, ils pouvaient au moins leur causer des pertes.

Voyant la réaction des Mercenaires de Flammes, le chef des Mercenaires de Zhou dévoila un sourire moqueur avant de se tourner à nouveau vers Jian Chen, « Gamin, fini la plaisanterie. Si tu me donnes le nouveau-né, je vous épargne. » Actuellement, la petite créature était dans les bras de Jian Chen. Voyant que Jian Chan n’avait aucune intention de la lui donner, l’homme craignait que Jian Chen agisse sans réfléchir et tue la bête.

Bien sûr, Jian Chen savait cela, et ne put s’empêcher de rire. Sa main gauche tenait la créature tandis que sa main droite caressait la fourrure de sa tête. « Vous semblez vraiment vouloir ce nouveau-né, alors pourquoi ne venez-vous pas le chercher ? Se peut-il que vous ayez le courage de parler, mais pas le courage d’agir ? »

Les regards froids posés sur Jian Chen s’intensifièrent et l’expression sur le visage du chef se figea. Il avait un mauvais pressentiment. La réaction de Jian Chen était complètement anormale, générant chez lui une profonde inquiétude.

« Toi ! Apporte-moi le nouveau-né ! » S’écria le chef en direction de l’un de ses subordonnés.

« Oui ! » Le mercenaire en question n’hésita pas une seule seconde et se dirigea prudemment vers Jian Chen, comme pour voir comment ce dernier allait agir.

Mais lorsque le mercenaire s’approcha avec prudence de Jian Chen, celui-ci ne bougea pas. Au lieu de ça, il restait immobile, un large sourire sur le visage. Malgré ça, le mercenaire ne baissa pas sa garde. Il tendit lentement la main en direction du nouveau-né.

Pendant ce temps, chaque Mercenaire de Zhou tenait fermement son Arme Sainte. Même leur chef était de plus en plus tendu en regardant Jian Chen.

Puis, le mercenaire parvint à prendre le nouveau-né malgré une légère résistance de sa part. Du début à la fin, le mercenaire avait été extrêmement prudent.

Tout à coup, le regard de Jian Chen devint froid, et l’Épée Vive-Brise apparut dans sa main droite. Se transformant en un éclair argenté, l’arme se dirigea vers la gorge du mercenaire à la vitesse de la foudre.

Même si le mercenaire était sur ses gardes contre Jian Chen, l’attaque était bien trop rapide pour qu’il puisse l’esquiver. Lorsque l’éclair argenté apparut près de lui, l’homme ne sentit qu’un petit picotement douloureux au niveau de sa gorge. Et juste sous ses yeux, l’épée argentée apparut brutalement. L’instant suivant, le mercenaire se tenait la gorge, ne pouvant émettre le moindre son d’agonie, avant de s’écrouler au sol. Quant au nouveau-né de Classe 5, il fit un léger vol plané avant de tomber au sol.

L’épée de Jian Chen avait été si rapide que même si le mercenaire avait vu la lame s’approcher de lui, il n’aurait pas pu lui résister. Il n’aurait pas pu esquiver la lame dont la vitesse était comme une seconde nature pour Jian Chen.

Le chef des Mercenaires de Zhou fut abasourdi en voyant Jian Chen transpercer la gorge de l’un de ses mercenaires. Il était secrètement surpris par la vitesse de Jian Chen. Même avec sa puissance de Maître Saint Supérieur, il n’avait vu qu’une rapide image de l’épée.

Rapidement, le chef reprit ses esprits et ignora sa surprise initiale, « Attaquez ! Massacrez-les sans pitié, mais ne faites pas de mal au nouveau-né ! » Ordonna-t-il en levant son épée. Suivie d’un sifflement strident, son arme s’abattit en direction du crâne de Jian Chen.

Au sein des Mercenaires de Zhou, l’autre Maître Saint avait sorti son épée et imitait son chef en essayant d’abattre Jian Chen. Après avoir vu l’attaque de Jian Chen, les deux Maîtres Saints savaient qu’il n’allait pas être un adversaire facile. Les deux Mercenaires de Zhou s’étaient donc accordés pour s’occuper en priorité de Jian Chen.

À leur opposé, les Mercenaires de Flammes entrèrent en combat avec les autres membres des Mercenaires de Zhou, enveloppant les lieux des flammes de la guerre. Les Mercenaires de Flammes ne s’étaient pas séparés les uns des autres, et formaient un cercle avec en son centre les 3 Saints dont Xiao Dao afin de les protéger. Dans ce genre de combat, les Saints n’avaient pas la moindre chance de survie en cas de face à face. Les 5 Grands Saints et Kendall, Maitre Saint Primaire, formaient donc un cercle, et étaient prêts à combattre à mort les Mercenaires de Zhou.

Cependant, la différence de force étant trop importante, et le combat ne dura pas longtemps. Les Mercenaires de Flammes étaient clairement désavantagés, assaillis par les Mercenaires de Zhou au point de pouvoir à peine se défendre.

Épée en main, l’attitude imposante de Jian Chen changea drastiquement. Sa posture devint comme une épée acérée tout juste sortie de son fourreau. En un instant, l’épée sembla devenir plus froide, mais aussi plus dangereuse. Face à des ennemis du même rang, l’épée semblait saper tout courage.

 

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Le Héros est un Démon – Chapitre 111


 

Chapitre 111 : Danser au Clair de Lune

 

Hifumi enfonça impassible le katana dans la femme démon. Celle-ci venait de recevoir un ‘caillou’ lancé par Hifumi en plus du cri de Bennia, et ce geste l’acheva.

La pointe du katana, perçant le cœur comme s’il était attiré par ce dernier, n’avait pas perdu sa radiance malgré le sang qui s’en écoulait.

« Bien… » (Hifumi)

Après avoir jeté le papier ayant servi à nettoyer sa lame, Hifumi se tourna vers les femmes démons restantes sans prêter attention à leurs regards apeurés.

« Qu’en est-il de vous ? » (Hifumi)

« Q-Qu’en est-il… ? »

L’une d’entre elles ouvrit la bouche par inadvertance.

Hifumi dirigea son regard vers elle.

« Hii….. »

« J’ai tué celle-ci parce qu’elle m’était hostile. Celle-ci et celui-ci aussi. » (Hifumi)

Hifumi pointa du doigt la femme qu’il venait de transpercer, Beleth, et Bennia qui était cruellement pliée en deux.

« Alors, que comptez-vous faire ? » (Hifumi)

« Je me rends ! »

« M-Moi aussi ! »

Les unes après les autres, les femmes démons restantes levèrent les mains.

Certaines d’entre elles étaient armées, mais lâchèrent rapidement leurs armes en panique afin de montrer qu’elles n’avaient pas la moindre hostilité.

« V-Vous ne faites effectivement pas le poids, après tout… » (Vepar)

« Les démons sont solides. » (Hifumi)

Hifumi fit l’éloge de Vepar qui parvint enfin à se relever, puis acquiesça.

Il essaya de se diriger vers elle, mais s’arrêté tout à coup pour se retourner en directions des femmes démons.

« Est-ce que quiconque parmi vous peut guérir des blessures grâce à sa magie ? » (Hifumi)

Sans un bruit, deux levèrent la main.

« Bien, dans ce cas guérissez Vepar. Ça vous permettra de gagner quelques points. » (Hifumi)

Les deux femmes ne comprirent pas les mots d’Hifumi, et se regardèrent.

« Vepar ici présente sera le prochain roi des démons. C’est l’occasion parfaite pour une promotion. » (Hifumi)

La première à réagir à cela fut Vepar, mais Hifumi fit comme si de rien n’était.

« Qu’est-ce que tu racontes tout à coup… » (Vepar)

« Rien d’autre que la vérité. » (Hifumi)

Rangeant son katana dans son fourreau, Hifumi se retourna.

« Il semblerait que le roi souhaite me combattre. Et si le roi meurt, il lui faut bien un successeur, non ? » (Hifumi)

« Tu pense vraiment pouvoir tuer le roi ? Et si par chance tu y parviens, c’est toi qui, naturellement, deviendrait le nouveau roi. » (Vepar)

« Dans ce cas, ça ne m’arrange pas. » (Hifumi)

« Mais le roi actuel, Agathion, ne convient pas. » annonça Hifumi.

« Ce n’est que mon intuition, mais le roi actuel est puissant. Et il est intelligent en plus de ça. Il ne faut pas qu’une personne aussi compétente puisse obtenir le monde entier. Même si cela arrivait par la force, le monde risquerait de devenir paisible juste après. Tombant dans une constante stagnation, le peuple continuerait à vivre sans la moindre stimulation, sans le moindre désespoir. Son désir de sans cesse grandir dans un but de survie disparaitrait. » (Hifumi)

Hifumi tapota le pommeau de son katana.

« Il vaut mieux que les puissances de ce monde combattent autant que possible. Et, tout en vivant à portée les uns des autres, il faut que chacun combatte en mettant sa vie en jeu. Il faut que tous cherchent des moyens de dominer leurs ennemis, quelque soit la situation. » (Hifumi)

« Mais, pourquoi moi ? » (Vepar)

Après avoir reçu des soins, Vepar regarda Hifumi droit dans les yeux.

« C’est très simple. Tu n’abandonnerais jamais tes semblables démons. Je ne suis pas favorable à une dispersion des démons. Pour pouvoir combattre jusqu’à la fin, les démons devront se servir de leurs têtes pour achever un semblant de paix et de stabilité. » (Hifumi)

« Et tu es la personne parfaite pour ça. », affirma Hifumi en riant.

« …Je savais que tu étais un homme intéressant, mais pas à ce point. » (Vepar)

« Je vais considérer ces mots comme un compliment. » (Hifumi)

« Mais juste au cas où, il faut que je te demande. Où comptes-tu aller maintenant ? » (Vepar)

Vepar, ayant guéri au point de pouvoir se relever, s’adressa à Hifumi qui partait.

« Bien sûr, à l’endroit où notre cher ami tente de me tuer… Ah oui, c’est vrai, je devrais lui apporter un petit cadeau. » (Hifumi)

Lorsqu’il sortit à nouveau son katana, les démons reculèrent nerveusement.

« Ne soyez pas si effrayées. » (Hifumi)

Un sourire amer sur le visage, Hifumi coupa la tête de Beleth.

Toutes les personnes présentes virent Hifumi agripper la tête par les cheveux avant de s’éloigner tranquillement.

« Umm… Vous allez devenir roi, Capitaine ? »

« Tu arrives encore à m’appeler comme ça et sans la moindre gêne après avoir essayé de me tuer ? » (Vepar)

« J-Je n’avais pas d’autre choix que de suivre les ordres ! »

Face aux mots de la petite fille qui utilisait sur elle sa magie de soin, Vepar soupira.

« Peu importe. Maintenant que nous en sommes arrivés à là, je vais devoir abandonner mon attitude joyeuse et irresponsable. » (Vepar)

Retirant la poussière recouvrant ses habits, Vepar corrigea son apparence. Même si sa jupe avait été coupée lorsqu’elle avait été projetée en l’air, cela lui importait peu.

« L’histoire avance à une vitesse inconnue. Faites comme vous voulez. Cachez-vous si vous avez peur, ou suivez-moi si le destin des démons vous importe. » (Vepar)

La moitié des femmes démons présentes suivirent Vepar, qui s’empressa de courir après Hifumi.

 

Hifumi se mit à marcher de plus en plus vite, et lorsque le château apparut dans son champ de vision, il commença à courir.

« U-Un humain !? »

« Arrête-toi, arrête-toi ! »

Les deux gardes présents devant la porte se placèrent devant Hifumi. La ville toute entière était plongée dans l’obscurité, attendant le lever du jour.

Sans s’arrêter, et au contraire en augmentant son allure, Hifumi cria,

« Si vous me bloquez la route, je vous tue ! Si vous me laissez passer, je vous épargne ! » (Hifumi)

Par mégarde, l’un des deux démons paniqua et fit un bond de côté.

Ce dernier se tourna vers son collègue tout en regrettant de s’être décalé. Cela lui permit de voir Hifumi sortir son katana et, d’une simple attaque, couper à la fois son collègue et la large porte en bois.

Le soldat coupé en deux sans même avoir le temps de crier s’écroula au sol, aux côtés des morceaux de la porte.

« Bien, c’est l’heure du carnage. » (Hifumi)

Regardant son katana, Hifumi murmura comme s’il parlait à son arme.

Rapidement, un groupe de soldats démons arriva après avoir été alerté par le bruit de l’explosion de la porte. Chaque démon agrippait son arme ou s’apprêtait à lancer un sort, et aucun ne prenait la situation à la légère.

Un frisson parcourut l’échine d’Hifumi.

« Oh, c’est effrayant ! » (Hifumi)

Contrairement à ses mots, son expression n’était que joie.

Ce fut un sort lancé qui sonna le début du combat.

La boule de feu, de la taille d’un bras, frôla Hifumi qui venait le l’esquiver d’un pas de côté. Mais, il n’avait pas eu le luxe d’observer sa destination.

Visiblement entrainés à ce genre de mouvements, plusieurs soldats chargèrent arme en main.

« Pas mal ! Mais… » (Hifumi)

La pointe d’une lance s’approcha de lui, mais Hifumi la coupa avec les avant-bras de son porteur d’un simple coup de katana.

Dans ce duel, l’épée était ressortie grande vainqueur.

« Gyaaa ! »

« Uwaa… »

Achevant le démon qui venait de perdre ses bras en lui transperçant la gorge, Hifumi tourna son katana d’un coup de poignet et élimina à la suite deux soldats qui venaient de rater leurs attaques. Puis, il courut vers le groupe de démons lui lançant des sorts après l’avoir encerclé.

« Attention ! »

« Disparait ! »

De nombreux fragments et morceaux de pierre frappèrent Hifumi.

Voyant Hifumi seulement repousser avec son katana ceux qui risquaient de toucher des zones vitales tout en continuant à s’approcher, les démons paniquèrent et créèrent une large boule de feu d’un mètre de diamètre en utilisant simultanément la même magie.

« Fuu~ ! » (Hifumi)

Expirant, Hifumi abattit son katana qu’il tenait au dessus de sa tête.

Le tas de flammes, clairement coupé en deux, enveloppa le katana avant de disparaitre comme un nuage de brume.

« Il semblerait que je me sois habitué à ses propriétés anti-magiques. » (Hifumi)

Malgré de nombreuses blessures recouvrant son corps, Hifumi était loin d’être à bout de souffle.

« Vous avez autre chose en réserve ? La femme au manteau gris avait une compétence intéressante après tout. » (Hifumi)

Le cri de Bennia était une sorte de magie de manipulation sonore, mais Hifumi l’avait considérée comme un tour de passe-passe.

Cependant, ce qu’il tenait en estime chez elle, c’était sa capacité à prévoir afin de compenser sa faiblesse.

« Montrez-m’en plus. Ce n’est que comme ça que je pourrais m’améliorer. » (Hifumi)

Hifumi, plaçant son katana comme pour viser les yeux des soldats, lécha le sang qui coulait le long de sa joue.

Plus d’une trentaine de démons étaient rassemblés à l’entrée du château.

3 d’entre eux étaient déjà morts. Cela ne changeait pas grand-chose à leur avantage numérique, mais Hifumi avait l’avantage moral et spirituel.

Bougeant avec aisance et fluidité comme s’il dansait, les mouvements du hakama semblaient inviter les démons.

L’un des démons s’approcha d’Hifumi avec son arme. Hifumi planta le katana dans son ventre, brisa sa main à l’aide de son pommeau et avant même que l’arme de l’ennemi ne puisse toucher le sol, lui ouvrit le crâne.

Une femme démon, dont les lames de vents avaient été dispersées les unes après les autres, prit peur lorsqu’Hifumi s’approcha d’elle. Son fin cou fut coupé sans la moindre résistance.

Un homme tenta de jeter son épée avant de donner un coup de genou à Hifumi, mais vit son cœur se faire transpercer et son genou plier dans la mauvaise direction.

Un autre démon tenta de combiner sa magie avec l’un de ses collègues, mais il découvrit rapidement son collègue dos au sol, du sang s’écoulant de ses deux yeux. Ses orbites avaient été transpercées par le katana, et son crâne brisé.

Et le festival sanglant continua ainsi.

Le jardin situé devant l’entrée, généralement ouvert pendant la journée et servant de lieu de relaxation pour la population, était entouré d’un mur de pierre envahi par la vigne. De nombreuses fleurs y éclosaient selon la saison. En cette saison, c’était une fleur blanche comme la neige qui s’y ouvrait et libérait une douce odeur, mais cette odeur était actuellement noyée dans celle du sang.

Hifumi, inhalant ce mélange incongru, expira lentement par la bouche.

« Bien, il semblerait qu’il reste un peu plus de la moitié d’entre vous ? Tant mieux. Je n’ai pas fini de m’amuser. » (Hifumi)

Après avoir essuyé le sang recouvrant la lame avec un morceau de papier, Hifumi rangea son katana dans son fourreau.

Il étira ses joints en faisant craquer les doigts de ses deux mains, empoigna la lance d’un ennemi qui tentait de l’attaquer, et la tira vers lui.

Le démon, tiré vers Hifumi, tenta de s’arrêter en enfonçant ses pieds dans le sol.

Lorsqu’il parvint enfin à s’arrêter, la pointe du pied d’Hifumi s’enfonça dans son entrejambe. Il s’écroula à genoux, de la mousse s’échappant de sa bouche, et son crâne entra en collision avec le coude d’Hifumi.

Hifumi, venant de briser le crâne de l’homme, se dirigea vers une nouvelle cible.

 

« C’est ça. La force de cet homme est considérable, mais le véritable miracle réside dans son épée. » (Agathion)

Agathion, admirant le spectacle depuis l’une des fenêtres du château, murmurait en observant Hifumi.

Phegor se tenait à ses côtés.

« C’est incroyable. Son épée a coupé une mage de boule de feu. » (Agathion)

Phegor acquiesça d’un air sérieux. Agathion quant à lui riait, comme s’il profitait d’un spectacle.

« Son pouvoir surpasse celui des elfes de la forêt grâce à cette arme. Nous devrions probablement aussi faire attention à ses capacités physiques, mais même s’il parvient dans le pire des cas à pénétrer dans le château, nous devrions facilement pouvoir le tuer en utilisant la force du roi. » (Phegor)

« Phegor » (Agathion)

Phegor se figea tout à coup en voyant le regard lancé par Agathion.

« Je n’aime pas beaucoup les paris. Je déteste particulièrement les ‘probablement’. » (Agathion)

« Pardonnez mon impolitesse. » (Phegor)

« Même si cela serait du gâchis, devrions-nous mettre en marche les dispositifs du hall ? » (Agathion)

Murmura Agathion.

« Attendez. Il est peut-être puissant, mais il nous reste un grand nombre de soldats. Et même s’il parvient à entrer, je serais prêt à l’accueillir. Même si vous n’entrez pas en action… » (Phegor)

« C’est inutile, Phegor. Tu ne penses pas les soldats capables de gagner, n’est-ce pas ? » (Agathion)

« Regarde. », Agathion pointa du doigt la situation devant l’entrée.

Les démons présents frôlaient l’annihilation. Il gisait sur le sol deux fois plus de monde qu’il n’y en avait debout.

« Oui, mon roi ! Cet homme est intéressant. Il tue mes soldats sans la moindre arme. S’il n’était pas humain, son potentiel militaire serait encore plus important. » (Phegor)

Agathion éclata de rire tout en applaudissant, puis se leva tout à coup.

« Phegor, je ne te permets pas de le combattre seul. Je te laisse activer les mécanismes du hall. Je vais en profiter pour me préparer à l’accueillir. » (Agathion)

« …A vos ordres. » (Phegor)

Agathion quitta la pièce sans générer le moindre bruit de pas. Deux servantes le suivirent. Après avoir suivi son départ du regard, Phegor se concentra de nouveau sur le champ de bataille.

« Hifumi, huh ? Pour la prospérité des démons… Pour le souhait le plus cher de notre roi, tu serviras de tremplin. » (Phegor)

Laissant échapper des mots sans véritable destinataire, Phegor quitta silencieusement la pièce afin d’activer et contrôler les mécanismes en place.

 

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Le Héros est un Démon – Chapitre 110


 

Chapitre 110 : Coup de Pied dans les Dents

 

Au final, après que la majorité des elfes ait quitté la forêt, les elfes restants perdirent la capacité de maintenir la barrière.

Tous ceux qui possédaient une large quantité de mana avaient décidé de partir et de suivre Zanga.

Observant la barrière s’affaiblir à vue d’œil, les elfes restants vérifiaient l’état de chacun.

Ainsi, maintenant tous l’idée que renforcer la barrière était un acte juste, aucun d’eux ne pouvait se permettre de changer d’avis.

Même si la barrière disparaît, les démons ne devraient pas quitter leurs terres, n’est-ce pas ? Ne préfèreraient-ils pas rester dans leur paisible territoire ? De telles pensées, sans la moindre base, s’étaient lentement propagées au fil des jours.

Cependant, ce rêve fantoche ne dura pas longtemps.

« Oy, c’est… »

L’homme qui collectait de quoi survivre dans la forêt pointa du doigt la direction menant à la ville des démons.

Devant lui, dans la continuité du chemin, un endroit sombre entouré d’arbres était visible.

« Des… d-démons ? »

Quelqu’un était à peine visible sur le chemin.

Sa vitesse de marche étant lente, les deux elfes présents eurent le temps de préparer leur magie.

« …Huh ? »

Les elfes se rendirent rapidement compte que la silhouette au loin était pratiquement incapable de marcher, et avançait très lentement.

Il s’agissait sans erreur d’un démon à la peau grise, mais son état ne pouvait être considéré autrement que misérable.

Son œil gauche était percé et du sang coulait le long de sa joue tel des larmes. Il traînait derrière lui sa jambe droite sur laquelle était visible une large entaille. Ses flancs étaient couverts de sang et même s’il transpirait abondamment, il continuait désespérément à marcher.

Tout à coup, le démon grièvement blessé remarqua enfin la présence des elfes.

Il tendit la main droite, comme pour attraper quelque chose.

« A-A l’aide… »

Avec son œil droit grand ouvert mais aussi son œil gauche, écrasé au point de ne laisser qu’un trou béant, les elfes ne le virent que comme un étrange monstre, et non un démon.

Même s’ils entendaient ses mots, ils n’avaient pas la calme suffisant pour y réfléchir.

« L’humain, il… »

« Il est affaibli ! Éliminons-le ! »

Les murmures du démon se noyèrent dans les voix agitées des elfes.

Tous deux lancèrent chacun un sort de vent et de terre.

Puisque le démon, à peine capable de marcher, n’avait pas la moindre possibilité d’esquiver, son corps fut tranché par les lames de vent, et écrasé par les gravats.

Le démon, transformé en lambeaux, roula plusieurs fois au sol avant de s’immobiliser à jamais.

« On l’a fait… »

« Mais, pourquoi était-il blessé ? »

« Peu importe, nous devons informer tout le monde ! La barrière a disparue ! Puisque les démons sont plus faibles que nous ne le pensions, nous pourrions être capables de leur faire face ! »

L’un d’entre eux semblait douter, mais son camarade était trop excité d’avoir réussi à éliminer un ennemi. Ce dernier courut en direction du village.

« Ah, oy ! »

Laissé derrière, l’elfe tenta d’appeler son compagnon, mais celui-ci était déjà trop loin.

« …Que les démons soient faibles, serait-ce aussi simple ? »

Quelque chose était responsable des blessures de ce démon. Il tenta d’y réfléchir, mais malheureusement, le cadavre devant lui ne pouvait lui offrir la moindre réponse.

 

Des visiteurs nocturnes finirent par briser le calme de la nuit au cœur de la ville des démons.

Hifumi était hébergé dans bâtiment qui se tenait près de la rue marchande. Avec pratiquement aucun trafic, il s’agissait tout simplement d’une auberge.

L’établissement étant placé vers l’extérieur de la ville, il était souvent utilisé par les démons de positions sociales hautes qui finissaient de travailler tard. Il ne s’agissait pas d’un établissement privé, mais d’une installation d’État.

L’estomac enfin rempli, Hifumi était couché dans son lit après avoir nettoyé son corps.

« …Ils sont étonnamment rapides. » (Hifumi)

En plein milieu de la nuit, tandis que tout le monde était endormi, Hifumi ouvrit tout à coup les yeux.

Il sentait un désir de meurtre lui chatouiller la peau.

Plaçant le katana à sa hanche, il laissa échapper une légère expiration.

« Je me demandais si j’allais pouvoir utiliser cette femme, mais je ne m’attendais pas à ça. » (Hifumi)

Un sourire amer sur le visage, il s’assit sur le lit.

Il ressentait la présence de deux personnes de chaque côté de la porte.

Cependant, elles ne montraient aucun signe de vouloir entrer.

Hifumi observa donc patiemment la porte, assis sur le lit, le katana à sa hanche.

L’ennemi étudie probablement la situation dans la pièce. Un long silence régnait.

« Écartez-vous ! »

Hifumi entendit une voix familière, et la porte explosa.

Les deux moitiés de la porte coupée en deux volèrent en direction d’Hifumi, mais celui-ci esquiva en roulant hors du lit.

« Hifumi, tu vas bien ? » (Vepar)

« Vepar, eh ? » (Hifumi)

La personne qui venait d’ouvrir, ou plutôt d’exploser la porte, était Vepar. Les cheveux bleu clair de cette dernière étaient trempés de sueur et désordonnés.

« Ton invocation de magie est normalement aussi rapide ? Je connais d’autres magies, mais je ne pensais pas la tienne capable de faire voler des portes en éclat, Vepar. » (Hifumi)

« C’est grâce à mon trait spécial, mais ce n’est pas le moment de parler de ça ! » (Vepar)

Vepar agrippa le bras d’Hifumi encore surpris, et l’amena jusqu’au hall d’entrée.

L’endroit était complètement inondé. Deux démons avaient perdus connaissance après avoir été frappés par un mur d’eau.

« Tu ne les as pas tués ? » (Hifumi)

« …Désolé. Même sans les tuer, je fais actuellement quelque chose de très dangereux. » (Vepar)

Vepar, courant à travers le sombre hall, avait une expression amère sur le visage.

« Je t’expliquerai plus tard. Pour le moment, suis-moi. » (Vepar)

Les subalternes de Vepar attendaient apparemment à l’entrée de la ville.

« Le roi compte créer une opportunité pour que les démons partent en guerre en faisant de toi un détachement avancé envoyé par les humains. » (Vepar)

« C’est une bonne idée. L’hostilité envers les humains est toujours présente après tout. Et la situation est parfaite pour s’en servir. » (Hifumi)

« Tu… te rends-tu compte qu’il essaie de te tuer ? » (Vepar)

« Pour le moment, non. » (Hifumi)

Hifumi, courant derrière Vepar, caressa doucement la bouche de son fourreau.

« Ce n’est pas encore un combat capable de me faire trembler d’excitation. Même s’il veut me tuer, personne n’est encore venu mettre sa vie en jeu. Il compte me tuer avec une telle attitude, quelle blague. » (Hifumi)

Vepar ne parvint pas à répondre à Hifumi, qui au lieu de s’inquiéter sur son sort, se plaignait de l’attitude de son ennemi.

Aurais-je dû ne pas venir l’aider ? De telles pensées traversaient son esprit, mais cela ne changeait rien à la situation.

« Après t’avoir tué, les démons iront combattre ensemble les humains. Mais ce n’est pas un combat nécessaire à la survie des démons. A mon humble avis, déterrer une haine pratiquement disparue ne servirait qu’à mettre davantage en danger mon peuple. » (Vepar)

Tous deux arrivèrent finalement à l’une des entrées de la ville.

Devant la porte, environ 15 femmes les attendaient.

« Capitaine, par ici. » (Bennia)

Bennia guida d’un geste de la main Vepar.

« Bennia, quelle est la situation ? » (Vepar)

« Aucun problème. Tout se passe comme prévu. » (Bennia)

« Comme prévu ? » (Vepar)

Vepar ne comprenait pas.

Le plan était soudain. Vepar n’ayant mobilisé qu’un nombre limité de subordonnés, rien n’avait été prévu.

« Oui, comme prévu. Que vous tentiez de protéger cet humain, tout cela a été prévu par le roi et Phegor-sama, Capitaine. » (Bennia)

« Bennia !? » (Vepar)

Vepar, tentant d’en savoir plus, reçut un violent coup de poing qui la projeta et la fit rouler au sol dans un nuage de poussière.

« Bon sang, comment oses-tu aider un humain. Je n’apprécie pas vraiment Phegor, mais tes agissements sont repoussants. » (Beleth)

Beleth, observant de haut Vepar, fit craquer ses poings.

Vepar n’avait pas perdu connaissance, et était dans l’incapacité de se relever en raison d’une contusion cérébrale.

« B-Beleth, que fais-tu là… ? » (Vepar)

« Tu ne comprends toujours pas ? » (Bennia)

Ce fut Bennia qui répondit.

« Capitaine, vous avez été choisie comme victime de cet humain. C’est un honneur pour vous de servir de motivation pour l’unification des démons. » (Bennia)

« Vous avez toujours pensé aux démons qui ne pouvaient se battre, Capitaine. Après ça, même eux voudront venger votre mort. », Déclara Bennia.

« Enfin, en vérité, c’est nous qui allons vous tuer, toi et cet humain. » (Beleth)

Beleth brandit sa large épée et se tourna vers Hifumi.

Ayant tout entendu de leur conversation, Hifumi souriait.

« …Qu’est-ce qui te fait sourire ? » (Bennia)

En entendant Bennia rajouter « Dans une telle situation, tu devrais nous supplier de t’épargner. », Hifumi répondit simplement par un « Ridicule ».

« Je ne pouvais rêver meilleur situation. Les démons sont assez puissants, je voulais donc justement vous ajuster. » (Hifumi)

« Nous ajuster ? » (Beleth)

« Besoin que je change de vocabulaire ? Cela signifie réduire le troupeau. » (Hifumi)

Hifumi affirmant tranquillement cela sans même sortir son katana, Beleth perdit immédiatement son calme.

« Tu vas réduire notre nombre, c’est bien ça !? » (Beleth)

« Oh, tu as enfin compris. Laisse-moi te féliciter. » (Hifumi)

Hifumi sortit une pièce en argent de sa poche et la projeta d’un coup de pouce.

La pièce dessina un arc dans les airs, et frappa le torse musclé de Beleth.

« Je vais te tuer ! » (Beleth)

« Viens. Essaye donc. » (Hifumi)

L’épée large, brandie de façon à couper la hanche d’Hifumi, ne coupa que de l’air.

Hifumi venait de sauter, et asséna un coup de pied au visage de Beleth. Ce dernier trembla légèrement, mais repartit immédiatement à la charge.

« Gaaaa ! »

« Tu es plutôt solide. » (Hifumi)

Hifumi sauta derrière Beleth, mais n’avait toujours pas sorti son arme.

« Je t’ai vu combattre. Tu es fort. » (Hifumi)

« Évidemment ! Je suis destiné à faire régner les démons. Je n’ai pas besoin de la reconnaissance d’un sale humain. » (Beleth)

Reculant l’un de ses pieds, Beleth frappa de toutes ses forces avec son épée.

Afin d’esquiver la rotation de l’énorme épée, Hifumi bondit sur le côté.

S’ensuivit instantanément un coup de poing de la part de Beleth, qui frappa la joue d’Hifumi.

Comme Vepar plus tôt, Hifumi fut projeté au loin.

Cependant, celui-ci voltigea en atteignant le sol et se releva calmement.

« Ptu. » (Hifumi)

Après avoir craché une petite quantité de sang, Hifumi s’étira le cou.

« …Qu’as-tu fait ? » (Beleth)

« J’ai simplement été projeté après avoir directement reçu un coup au visage. » (Hifumi)

« Je vois, il contracte tous ses muscles au moment de frapper. », en entendant les murmures d’Hifumi qui tentait d’expliquer la structure corporelle des démons et leurs mécaniques, Beleth et Bennia furent abasourdis.

« Bien, je suppose que la leçon est terminée. » (Hifumi)

Il sortit son katana.

« Commençons. » (Hifumi)

Lorsqu’Hifumi sortit son arme, Beleth se mit sur ses gardes.

Cependant, au lieu d’utiliser son katana, Hifumi lança une pierre sortie de sa poche.

« Aah !? »

L’une des femmes démons qui l’encerclait cria.

« Q-Que fais-tu… ? »

« Je l’ai simplement frappé avec un petit morceau de métal. Elle a tenté d’utilisé la magie. » (Hifumi)

En entendant cela, Bennia et les autres démons reculèrent.

« Je fais attention à ce qui m’entoure. Je peux me permettre une telle liberté. » (Hifumi)

Beleth, serrant le poing jusqu’à en saigner, s’approcha d’Hifumi avec un sourire forcé.

« Faites-moi au moins perdre cette liberté. Venez, attaquez-moi désespérément. » (Hifumi)

Sans plus répondre aux provocations d’Hifumi, Beleth déchaina une série de coups de poing.

D’un point de vue extérieur, chaque coup semblait frapper le katana, mais en vérité, Hifumi parvenait à divertir chacune de leurs trajectoires.

« Alors, tu n’arrives pas à suivre ma vitesse ? » (Beleth)

Les coups de Beleth, augmentant en nombre à chaque seconde, commençaient à frôler les flancs et épaules d’Hifumi.

Même si la lame parvenait à en divertir la majorité, celle-ci parvenait à peine à abimer les muscles de Beleth.

« Tu es vraiment solide. » (Hifumi)

« Tu ne pourras pas couper mes muscles avec une épée aussi fine ! » (Beleth)

Cet humain parvient à esquiver, mais sa résistance ne va pas durer très longtemps, Beleth en était convaincu, et s’avança davantage afin d’accélérer la vitesse de ses attaques.

Profitant de ce mouvement, Hifumi plaça sa main gauche derrière le genou de Beleth et tira violemment vers lui.

« Uo !? » (Beleth)

Beleth perdit l’équilibre et son poing gauche ne frappa que de l’air.

A cet instant, la pointe du katana assaillit son flanc sans défense et s’enfonça dans sa gorge.

« Si les muscles sont impénétrables, il me suffit de viser un endroit sans muscles… oups, il est mort, huh ? » (Hifumi)

Beleth s’écroula, baignant dans une mare de son propre sang, les yeux toujours grands ouverts.

« C’est… »

« Beleth-san est… »

Apparemment, la force de Beleth était source de confiance pour beaucoup de démons. Ainsi, les femmes démons présentes ne purent dissimuler leur surprise.

« …ku ! »

Parmi elles, seule Bennia tenta d’agir discrètement.

Comprenant qu’elle n’avait pas la moindre chance de gagner une confrontation directe, elle avala une large bouffée d’air.

Heureusement, Vepar se rendit compte de la situation et cria,

« Bouche-toi les oreilles ! » (Vepar)

Tout à coup, Bennia ouvrit grand la bouche et laissa échapper un cri accompagné d’une vibration sans le moindre son ou voix.

Toutes les personnes présentes s’étaient bouché les oreilles. Plusieurs d’entre elles hurlèrent d’agonie, et certaines perdirent même connaissance, du sang s’écoulant de leurs tympans.

« C’était intense… » (Hifumi)

S’exclama Hifumi. Il avait eu le temps de lâcher son katana et d’enfoncer ses index dans ses oreilles.

Même s’il avait évité un coup direct, sa vision était distordue en raison de la vibration qui avait vraisemblablement affecté son cerveau.

« Meurs ! »

Hifumi n’entendit pas très bien la voix, mais vit Bennia charger dans sa direction, visant sa gorge avec ses griffes acérées.

Gêné par sa vision trouble, Hifumi ferma simplement les yeux et avança d’un pas.

« Eh ? »

Ne s’attendant pas à ce qu’il réduise de lui-même la distance, Bennia ne put réagir à temps.

Hifumi lui asséna un coup de tête. Bennia parvint à résister et à ne pas tomber malgré ses genoux chancelants, mais un coup de pied de la part d’Hifumi s’ensuivit et la projeta au sol.

Puis, Hifumi la transperça avec la large épée abandonnée par Beleth.

« Guee. » (Bennia)

Tandis que la lame grossière s’enfonçait dans l’os de sa hanche, Bennia, pliée en deux, vomit une large quantité de sang avant de laisser échapper un ultime grognement.

« Ah~… Le son est ennuyeux. Je n’ai aucun moyen de m’en défendre complètement. » (Hifumi)

Hifumi, après quelques étirements, ramassa son katana.

« Bien, il ne reste plus qu’à nettoyer le reste. » (Hifumi)

En entendant les mots murmurés par Hifumi tandis que celui-ci vérifiait si la lame de son katana était abimée, même s’il savait que c’était impossible, les femmes présentes se figèrent, des sueurs froides parcourant leurs corps.

 

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Chaotic Sword God – Chapitre 118


 

Chapitre 118 : Nouveau-né

 

« Après 10 jours de chasse constante, tout le monde est sûrement épuisé. De plus, nous n’avons pratiquement plus aucunes rations dans nos Ceintures Spatiales. C’est pourquoi demain matin, nous rentrerons à la Ville de Wake afin de nous reposer. Des objections ? » Demanda Kendall.

Tout le monde se tourna vers Jian Chen, et Deere posa la question, « Jian Chen, qu’en penses-tu ? »

Jien Chen toucha le feu de camp avec une branche d’arbre et répondit l’air absent, « La décision du Capitaine Kendall est juste, je n’ai rien à redire. »

Le Capitaine Kendall hésita un instant, avant de se tourner vers ses compagnons, « Puisque frère Jian Chen est d’accord, alors demain matin nous quitterons la Chaîne de Montagne des Bêtes Magiques et nous nous reposerons à la Ville de Wake. Frère Jian Chen a combattu des Bêtes Magiques de Classe 3 sans s’arrêter, alors même lui doit être fatigué à l’heure qu’il est. » Pour la première fois, la voix du Capitaine Kendall contenait une once d’hésitation. Les Bêtes Magiques de Classe 3 étaient des créatures que les Mercenaires de Flammes avaient toujours voulu provoquer afin de mettre leur force à l’épreuve. Durant ces derniers jours à suivre Jian Chen, ils avaient récupéré de nombreux corps de Bêtes Magiques de Classe 3 et s’étaient tous renforcés. Ce genre de situation avait offert aux Mercenaires de Flammes une joie incomparable. Si les conditions le permettaient, tous auraient adoré rester quelques jours de plus dans la Chaîne de Montagne des Bêtes Magiques.

Cependant, ils savaient aussi que même si Jian Chen n’avait reçu aucune blessure après avoir enchainé combat après combat contre des Bêtes Magiques de Classe 3, il devait être épuisé. Jian Chen devait se reposer, de corps comme d’esprit.

« A notre retour, nous aurons d’abord à nous débarrasser des cadavres de Bêtes Magiques. Plus ils resteront dans nos Ceintures Spatiales, plus ils s’abîmeront et leur prix baissera. » S’exclama Xiao Dao en tapotant sur sa Ceinture Spatiale.

Suivant les actions de Xiao Dao, les autres membres du groupe touchèrent inconsciemment leur Ceinture Spatiale. Actuellement, chacun avait 1 ou 2, et même 3 ou 4 pour certains, petites carcasses de Bêtes Magiques stockées. Tous les autres objets initialement contenus dans leurs Ceintures Spatiales avaient été transférés au Capitaine Kendall. Après tout, leurs propriétés ne valaient pas grand-chose face à des corps de Bêtes Magiques de Classe 3.

A cet instant, une délicieuse et savoureuse odeur emplit l’air. Il s’agissait de l’odeur de la viande de Bête Magique qui cuisait jusqu’à ce que le gras devienne doré et coule grâce à la caramélisation. Le gras coulait le long de la viande et sur le sol au point d’être audible par chacun.

En sentant le délicieux arôme, l’appétit de chacun fut attisé. Certains estomacs se mirent même à gronder bruyamment.

Tout à coup, les oreilles de Jian Chen tremblèrent. Il se retourna soudainement pour regarder derrière lui. A cet instant, il vit au loin un petit animal se ruer vers lui à la vitesse de l’éclair. La vue de Jian Chen se flouta un instant, mais cet instant suffit à la petite créature pour s’approcher de lui.

« Faites attention ! » S’écria Jian Chen, incapable d’identifier la Bête Magique en si peu de temps. Ses deux mains frappèrent contre le sol, le soulevant immédiatement de sa position assise. Son corps toujours en plein air, l’Épée Vive-Brise apparut instantanément dans sa main droite.

Les Mercenaires de Flammes réagirent eux aussi. Dès avoir entendu le cri d’avertissement de Jian Chen, tous se levèrent et matérialisèrent leurs Armes Spirituelles avant de scruter leurs alentours.

Jian Chen tournoya sur lui-même avant d’atterrir à 3 mètres de sa position initiale. Ses yeux se posèrent sur le feu de camp et la petite bête qui se tenait à côté.

La petite bête semblait adorable. Elle possédait une fourrure dorée brillant sous la lumière du feu, et émettant une fine brume lumineuse. Ses yeux étaient rivés sur la viande cuisant au dessus du feu, et qui laissait échapper un extraordinaire arôme. La créature se léchait sans arrêt les babines, tandis que ses griffes pénétrait profondément le sol. Elle semblait extrêmement impatiente.

Voyant que la petite bête en face de lui ne mesurait pas plus de 40 centimètres, Jian Chen laissa échapper un soupir de soulagement. D’après l’apparence de la petite créature, celle-ci avait simplement été attirée par l’odeur de la viande de Bête Magique.

« Jian Chen, que se passe-t-il ? » Demanda Kendall. En entendant la voix de Jian Chen, il s’était immédiatement mis sur ses gardes avant d’observer la situation. Cependant, il ne voyait aucun danger.

Jian Chen sourit amèrement, « Ce n’est rien. J’ai juste été surpris par cette petite chose. » Jian Chen pointa du doigt la petite bête se tenant immobile devant le feu.

En entendant Jian Chen, tous les mercenaires se tournèrent en direction de l’endroit montré par Jian Chen. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils se rendirent compte de la présence d’une petite bête.

« C’est… » Plusieurs échangèrent des regards abasourdis.

Kendall s’avança et observa les alentours puis la petite bête avant de révéler une expression pensive. « On dirait le nouveau-né d’une Bête Magique. Jian Chen, penses-tu pouvoir déterminer d’où il vient, ou de quel type de Bête Magique il s’agit ? »

Jian Chen s’approcha de la petite bête et se baissa afin de l’examiner. La bête ne semblait absolument pas effrayée par les étrangers qui l’encerclaient ; elle ne prenait même pas la peine de les regarder. Ses yeux étaient juste rivés vers la viande en pleine cuisson. Elle n’avait pas peur, soit parce qu’elle ne craignait pas les humains, soit parce qu’elle était encore trop jeune.

Comprenant la situation, Jian Chen ne put s’empêcher de sourire. Il tendit la main, attrapa l’une des brochettes, et déchira un morceau de viande doré. Puis, il l’agita sous le nez de la petite bête, la forçant à humer davantage la délicieuse odeur.

« Aooo ! Aooo ! Aooo ! »

Les yeux de la petite bête étaient maintenant dirigés vers le morceau de viande dans la main de Jian Chen, et elle commença même à taper impatiemment des pattes sur le sol. Les muscles contractés, elle laissait échapper un adorable petit rugissement, arrosant le sol de sa salive.

Voyant à quel point la petite bête voulait ce morceau de viande, Jian Chen cessa de la narguer et plaça directement le morceau dans sa gueule. La petite bête plaça immédiatement ses pattes avant contre le morceau de viande, et se mit à l’engloutir sans même prêter attention à sa température.

Jian Chen tendit la main et retourna le nouveau-né. Il l’examinait, mais la petite bête ne semblait pas s’en rendre compte et continuait à dévorer joyeusement le morceau de Bête Magique.

Observant le nouveau-né sous toutes ses coutures, le visage de Jian Chen s’éclaircit de plus en plus et un sourire excité y apparut même.

« Jian Chen, tu as réussi à trouver de quelle Bête Magique il s’agit, ou d’où elle vient ? » Demanda Chang Ning Feng en voyant le visage de Jian Chen changer.

Jian Chen reposa doucement le nouveau-né et répondit avec excitation, « Si je ne me trompe pas, il s’agit du nouveau-né d’un Roi Tigre à Fourrure Dorée, une Bête Magique de Classe 5. »

« Quoi !? Le nouveau-né d’un Roi Tigre à Fourrure Dorée de Classe 5 !? Jian Chen, tu en es certain ? » Kabolds recouvrit sa bouche de se mains, abasourdi. Il ne pouvait contenir sa surprise. Toutes les autres personnes présentes avaient des expressions similaires.

Le nouveau-né d’un Tigre Roi à Fourrure Dorée de Classe 5 ; même si cette Bête Magique n’était pas très puissante, elle possédait une pléthore d’avantages innés. Une fois adulte, elle pouvait sans problème posséder la force d’un Maître Saint Terrestre. Son évolution se faisait sans le moindre accroc, et elle possédait en plus de ça un potentiel d’amélioration immense contrairement à la majorité des Bêtes Magiques. Une fois son âge adulte atteint, elle possédait un potentiel de cultivation sans fin, et pouvait donc grandir davantage. C’était de sa capacité ou non à cultiver assez longtemps que dépendait sa capacité à devenir une Bête Magique de Classe 5.

Jian Chen examina encore un peu plus longtemps la petite bête qui mangeait avec joie, puis s’exclama, « Je ne pense pas me tromper. » Jian Chen avait lu de nombreux livres sur les Bêtes Magiques lorsqu’il était encore à la bibliothèque de l’Académie Kargath. Ainsi, il connaissait la majorité des types de Bêtes Magiques peuplant le Continent Tian Yuan. Le trait le plus représentatif du Roi Tigre à Fourrure Dorée était justement sa fourrure dorée, ainsi que le symbole de ‘Roi/国王’ imprimé dessus. Ces raisons confirmaient la certitude de Jian Chen.

Les Mercenaires de Flammes avalèrent tous une large bouffée d’air. Actuellement, leurs cœurs battaient la chamade. Même si le nouveau-né d’une Bête Magique de Classe 5 était bien moins puissant qu’une véritable Bête Magique de Classe 5, et qu’il risquait de prendre du temps à atteindre l’âge adulte, sa valeur surpassait largement celle d’une Bête Magique de Classe 5 adulte.

Après tout, une Bête Magique de Classe 5 possédait une intelligence basique, et préférait donc mourir que de devenir un animal de compagnie ou une monture pour humains. Dresser une Bête Magique adulte était donc extrêmement difficile. Cependant, le fonctionnement était différent dans le cas d’une jeune Bête Magique ; puisqu’elle était en plein développement, la dresser était bien plus aisé. De plus, ce jeune âge facilitait la création d’une relation durable. Si quelqu’un dressait une Bête Magique de Classe 5 depuis l’enfance, cette dernière pouvait obtenir la force d’une Bête Magique de Classe 5 une fois adulte, mais aussi continuer à grandir et peut-être même atteindre la Classe 6. Il était même possible pour une telle bête de devenir une Bête Magique de Classe 7.

Durant l’enfance de la bête, les relations entre le nouveau-né et son maître devaient être profondes. Ainsi, pas besoin de prendre la peine de trouver une puissante bête magique loyale et incapable de trahison. C’était pourquoi un nouveau-né d’une Bête Magique de Classe 5 possédait une valeur inestimable. Si l’un d’eux apparaissait sur le marché, de nombreux groupes puissants se battraient pour l’obtenir.

« Je ne pensais pas que nous rencontrions un nouveau-né de Bête Magique de Classe 5. De plus, il nous a approché de son propre chef. Notre chance est incroyable. » S’exclama, excité, Xiao Dao.

« Haha, je me demande bien ce que nous pourrions tirer de ce nouveau-né. » Rajouta Hu Po, tout aussi excité. Il regardait le petit Roi Tigre à Fourrure Doré comme s’il s’agissait d’une montagne d’or.

Quant à Kabolds, il était lui aussi excité, mais devint rapidement sérieux, « Peu importe que nous puissions ou non le vendre à un bon prix. Si nous le capturons, alors nous n’aurons plus jamais besoin de nous rendre dans la Chaîne de Montagne des Bêtes Magiques pour gagner notre pain. Actuellement, notre seul problème est que ses parents pourraient être dans le coin. Si nous croisons leur route, alors nous sommes fichus. Une Bête Magique de Classe 5 est bien au-delà de nos capacités. » Kabolds se concentra, surveilla les environs puis continua, « La question est donc, comment allons-nous transporter ce nouveau-né ? »

 

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Le Héros est un Démon – Chapitre 109


 

Chapitre 109 : Délivre mon Cœur

 

« Les discussions ont été si longues qu’elles m’ont ouvertes l’appétit. » (Hifumi)

Écoutant Hifumi grogner « Au final, je n’ai pas pu manger au château. », Vepar pointa du doigt la ville.

« Je connais un délicieux restaurant là-bas. Et puisque pour les personnes comme moi qui gagnent assez d’argent il est possible de réserver des salles privées, nous pourrons manger tranquillement. Moi aussi j’ai le ventre vide. Laisse-moi te payer le repas ! » (Vepar)

« Dans ce cas, je compte sur toi. » (Hifumi)

Une fois arrivés au restaurant conseillé par Vepar, tous deux furent menés vers une large pièce privée située tout au fond de l’établissement. Vepar semblait être une habituée, ou du moins quelqu’un de très connu.

Dans la pièce, Vepar s’installa juste à côté d’Hifumi, et ce malgré les dizaines de sièges disponibles dans la pièce. Elle confirma ensuite avec lui s’il y avait des choses qu’il n’aimait pas, et commanda rapidement plusieurs plats dont il n’avait jamais entendu parler.

« Ce genre de commande te va ? » (Vepar)

« Même si tu m’expliquer les détails et quantités, je ne connais aucun de ces plats. » (Hifumi)

« Oui, c’était prévisible. Dans ce cas, n’hésite pas à commander à nouveau si les portions ne te suffisent pas. » (Vepar)

Une fois le serveur partit, Vepar se tourna vers Hifumi.

« Pourquoi as-tu souhaité impliquer les humains dans le conflit entre démons et elfes ? » (Vepar)

« Ce n’est pas ça. » (Hifumi)

« Eh ? » (Vepar)

« Impliquer les humains n’est pas mon but. C’est Impliquer toutes les races qui l’est. Mon but est d’entraîner tout ce monde dans les guerres. » (Hifumi)

Lorsque de l’eau arriva avant les plats, Hifumi put s’humidifier légèrement la gorge.

« Les habitants de ce monde devraient s’affronter de façon plus désespérée. Ils devraient offrir et donner des vies avec plus d’honnêteté. C’est ce en quoi je crois. Et j’agis pour que cela se produise. » (Hifumi)

Une fois la phrase d’Hifumi terminée, un silence pesant s’installa dans la pièce.

« C-Cela veut dire que tu souhaites détruire ce monde ? » (Vepar)

Hifumi rendit un sourire à Vepar qui venait de lui poser timidement sa question.

« Ce n’est pas ça non plus. Les guerres permettent à tout le monde de devenir ‘sérieux’. Pour combattre. Pour survivre. Pour récupérer ce qui nous appartient. Vengeance et préservation, ambitions et récupération… il existe de multiples facettes, mais cela permettrait à tout le monde de prendre au sérieux la vie. Ce n’est que comme ça que ce monde pourra avancer. » (Hifumi)

« Ce n’est pas vraiment ce que je pense, mais… est-ce qu’on t’a déjà dit que tu avais de sérieux problèmes ? » (Vepar)

« Non, jamais. » (Hifumi)

Après avoir toqué à la porte, le serveur entra dans la pièce et aligna plusieurs plats les uns après les autres.

Il coupa un morceau de viande couvert d’une sorte de sauce et émettant de la vapeur, et d’un geste rapide plaça les tranches devant Hifumi et Vepar. Un aliment inconnu rôti avec de la salade et une sorte de pâte fut aussi placé sur la table.

« Ooh, ça a l’air délicieux. » (Hifumi)

Prenant couteau et fourchette, Hifumi remplit immédiatement ses joues de viande. Le goût de la sauce à la fois douce et amère se mélangea avec celui de l’huile une fois arrivé dans sa bouche. La viande était dure, mais cela ne semblait pas déranger Hifumi.

« C’est une manière étonnante de manger. » (Vepar)

En disant cela, Vepar coupa sa viande en petits morceaux avant de profiter de son onctuosité.

« C’est un bon restaurant. Le goût et les quantités sont satisfaisants. » (Hifumi)

S’exclama Hifumi en direction du serveur qui venait apporter les boissons une fois la moitié des plats engloutis.

« Eh ? M-Merci. »

Le serveur sembla surpris qu’un humain s’adresse à lui, mais après sa brève stupeur, il remercia Hifumi du compliment avec un fin sourire.

« Tu n’es ni du côté des démons, ni du côté des humains. Avec une telle façon de penser, je me disais que tu serais détesté des humains, mais… » (Vepar)

« Que ce soit les humains ou les démons, personne ne peut s’empêcher d’avoir une impression positive de quelqu’un qui poursuit son rôle avec ferveur et honnêteté. » (Hifumi)

Hifumi s’essuya la bouche avec les morceaux de tissus empilés sur la table et prévus à cet effet.

« J’aime les individus qui font de leur mieux pour s’améliorer, qu’il s’agisse de mes alliés ou de mes ennemis. Les habitants de mon territoire ainsi que ma femme font de leur mieux pour améliorer la société, et pas seulement dans mon territoire. » (Hifumi)

« Oh, tu es marié. Peux-tu dans ce cas te permettre de manger ici avec moi ? » (Vepar)

Hifumi se tourna d’un air sérieux en direction de Vepar.

« Ils secouent ce monde. Je ne fais que leur donner des ordres. Cependant, je ne compte pas laisser à d’autres les missions les plus amusantes. » (Hifumi)

Il avala une tasse du pseudo-café.

« Si je devais agir à leur place, bien trop d’individus maniganceraient des plans divers et variés. Un peu comme cet enfant roi. » (Hifumi)

« …Agathion-sama est considéré comme le roi le plus intelligent des ces dernières générations. Cela fait longtemps que nous voulons nous débarrasser des elfes… ne me dis pas que tu comptes t’impliquer ? » (Vepar)

Hifumi offrit un sourire moqueur à Vepar qui ajoutait « Impossible, tu semblais lui parler avec sincérité. »

« Ceux qui se font appeler hommes d’état accordent trop d’importance aux titres. Grâce à ces titres, le peuple les suit… c’est ce qu’ils croient. Pour une cause juste, ils sont considérés résolus et déterminés, même si leurs actions sont parfois dangereuses. » (Hifumi)

« Une cause juste ? » (Vepar)

« Par exemple, si des preuves apparaissent et mettent en lumière le fait qu’humains et elfes collaborent dans le but de détruire les démons. Dans ce cas, il sera obligé d’agir, ne serait-ce que pour résoudre cette vieille rancune. » (Hifumi)

« Si la barrière tombe, il affirmera qu’il s’agit du résultat de ses efforts, et dira qu’il s’agit du premier pas vers la destruction des humains et des elfes. » expliqua Hifumi.

« Des preuves… » (Vepar)

« Si on retrouve par exemple le cadavre d’un humains dans la ville des démons qui devrait être isolée, cela devrait suffire de preuve, tu ne penses pas ? » (Hifumi)

Vepar comprit tout de suite qu’Hifumi était un parfait candidat dans ce rôle de cadavre.

Puisque les démons, capables de se déguises, retrouvaient leur forme originelle une fois morts, un cadavre d’humain pouvait avoir une efficacité évidente.

Et le candidat au rôle de cadavre ne put s’empêcher de rire.

« Bien, je me demande ce que ce roi intelligent fera ? » (Hifumi)

Le regard d’Hifumi dirigé vers Vepar semblait lui demander, Et toi, que feras-tu à ce moment-là ?

 

Même s’il existait parfois quelques changement et ajustements au sein de l’unité en raison des mariages et autres aléas de la vie, l’unité entièrement constituée de femmes douées en magies et menée par Vepar était constitué des 100 meilleures démones magiciennes.

L’unité orienté vers le combat et menée par Beleth était elle constituée d’hommes, et l’antagonisme inhérent à leurs deux prédispositions opposées existait avant même que Vepar ne soit choisie comme capitaine.

Cependant, en ayant assez de cette organisation étouffante, Vepar avait pris soin de ne pas s’opposer à Beleth et ses subordonnés. Elle argumentait cela comme un désir de sa part de ne pas avoir à s’occuper de choses ennuyeuses.

« Unh~… » (Vepar)

Le bureau où travaillait Vepar était situé près du mur extérieur de la ville. Le lieu de travail de Beleth se trouvait à son exact opposé, le château se tenant entre les deux.

Vepar, chassée après avoir essayé d’avoir une discussion profonde avec Hifumi dans l’auberge qu’elle lui avait conseillée, était tranquillement assise à son plan de travail une fois son rapport au château terminé.

« Moi qui me demandais si vous étiez en train de faire votre travail pour une fois… vous avez en fait abandonné la lecture de ces documents. Quelque chose vous inquiète ? »

La personne qui parlait à Vepar avait approximativement la même stature que cette dernière, mais comparé au corps voluptueux de Vepar, le sien était celui d’une jeune femme élancée et fine. Par-dessus sa tenue une-pièce vert claire, elle portait une cape grise à capuche.

Ses yeux bleu indigo ensommeillés observaient indifféremment Vepar qui était avachie sur son bureau.

 

« Veuillez faire votre travail sérieusement pour une fois. Puisque récemment tous les documents comportent ma signature, il commence à circuler des rumeurs sur un changement de commandant. »

« Bennia, prend ma place si tu le souhaites. Je ne suis pas particulièrement attachée à un titre aussi ennuyeux. » (Vepar)

« Puisque vous avez été recommandée, il vous faut faire quelques efforts, ne serait-ce que pour remercier ceux grâce à qui vous êtes là. » (Bennia)

Rétorqua platement la femme prénommée Bennia.

« …Bennia, que ferais-tu s’il y avait un combat entre plusieurs camarades au sein de cette ville ? » (Vepar)

« De quoi parlez-vous ? Comptez-vous déclencher une rébellion ? » (Bennia)

« Contente-toi de me répondre. » (Vepar)

Bennia remarqua tout de suite l’air sérieux de Vepar. Elle s’éclaircit donc la gorge avant de prendre la parole.

« Même si vous manquez de sincérité Capitaine, je suis certaine que vous prendriez la bonne décision. Si vous décidez de rejoindre l’un des deux camps, moi et les membres de l’unité, nous vous suivrons. » (Bennia)

« …Même si cela veut dire tuer vos propres camarades ? » (Vepar)

« Je pense qu’il y aurait de nombreuses raisons pour. » (Bennia)

« Mais cela reste une question difficile », Bennia fronça les sourcils.

« Dites-moi ce que vous comptez faire. » (Bennia)

« Il y a un humain dans cette ville, mais… Agathion-sama pourrait le sacrifier pour déclencher une guerre. » (Vepar)

Avec un soupir, Vepar expliqua la situation.

En entendant toute l’histoire, Bennia pencha la tête sur le côté.

« C’est étrange. C’est étrange que le roi parle de quelque chose d’aussi vague qu’une possibilité, et non un ordre. » (Bennia)

Les ordres provenaient toujours d’en haut. Même s’il consultait quelqu’un, cela ne pouvait faire changer la décision que sur deux ou trois aspects. Les décisions du roi en elles-mêmes ne changeaient pas. C’était l’impression que tous les soldats démons avaient de leur roi.

Bien sûr, personne ne pensait qu’il avait tort d’agir ainsi.

« Il souhaitait probablement observer ma réaction. Cela ne m’arrive jamais, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir des sueurs froides. » (Vepar)

« Pourquoi… non, ne me dites pas que vous êtes tombée amoureuse de cet humain ? » (Bennia)

« Mm~… Ce n’était pas mon intention, mais je ne peux nier le fait qu’il m’a charmé. Mais ce n’est pas là la raison. » (Vepar)

Après avoir bu le café préparé par Bennia, Vepar laissa échapper un long souffle chaud.

« Cet humain… il s’appelle Hifumi. Mais son attitude n’est pas différente et il s’adresse de la même façon aux démons qu’aux humains. Même si je n’ai pas vraiment pu le constater de mes propres yeux. Mais d’après lui, les démons, elfes, humains et homme-bêtes devraient se battre au péril de leur vie pour améliorer ce monde. Bon sang, c’est totalement fou, non ? » (Vepar)

Tandis que ses mots devenaient de plus en plus rapides, Vepar se mit à rire.

Même Bennia n’arrivait pas à dire s’il cela était dû à la surprise ou à l’anxiété/.

« Ce que vous essayez de dire, c’est que vous pourriez trahir le roi pour un tel fou ? » (Bennia)

« Ce n’est pas que je veux le trahir. Cependant, je pense que tuer cet humain serait une erreur. Même si nous ne pouvons pas éviter un combat avec les elfes, je me demande si nous pourrions nous entendre avec lui et les personnes sous ses ordres, et ce, sans avoir à combattre. » (Vepar)

« La guerre dépend ce ceux qui la veulent, mais la possibilité d’une guerre pour diminuer le nombre de futurs ennemis est juste stupide », Vepar secoua la tête.

« Avez-vous prévenu le roi ? » (Bennia)

« Je ne peux pas lui dire ça. » (Vepar)

Lorsqu’elle avait fait son rapport au roi, l’aide de celui-ci, Phegor, se tenait à ses côtés. Il avait observé avec attention Vepar qui donnait son avis quant à la suggestion du roi.

« Je n’ai pas peur d’être rétrogradée ou même renvoyée. Cependant, si je suis reconnue en tant qu’ennemie du roi par Phegor, alors je ne perdrais pas seulement la vie. » (Vepar)

« Et donc ? » (Bennia)

« Je n’ai probablement pas d’autre choix que de me rapprocher indirectement d’Hifumi. Il semblerait que Beleth le voie comme son ennemi. Je vais essayer de faire de mon mieux par mes propres moyens. Si je peux éviter tout combat inutile, le nombre de morts devrait diminuer. » (Vepar)

Bennia pencha la tête en avant lorsque Vepar se leva de sa chaise et lui expliqua rentrer chez elle.

« N’hésitez pas à compter sur nous sans la moindre retenue. Nous sommes les sujets du roi, mais nous sommes prêts à vous suivre quelque soit votre décision, capitaine. » (Bennia)

« Je vois. Merci. » (Vepar)

Bien sûr, Vepar ne remarqua pas l’expression cachée derrière la capuche de Bennia lorsque celle-ci lui souhaita bonne nuit avant de partir.

Elle ne se doutait pas non plus que Bennia se dirigerait vers le château tout de suite après.

 

Le voyage de Zanga se passa de façon bien plus joyeuse et réussie que prévu. Puuse, Shiku, mais aussi toutes les personnes proches de Zanga ainsi que celles douées en magies et s’occupant habituellement de la maintenance de la barrière avançaient en ligne. Ils venaient de quitter la forêt située près du village elfe. Tous étaient excités en voyant l’horizon et les plaines s’étendant à perte de vue.

« Zanga-sama. »

« Oui ? » (Zanga)

Zanga avançait doucement, aidée de son bâton. Puuse, qui portait de larges sacs, plaça sa main sur le dos de Zanga et s’adressa à elle.

« Je comprend le besoin de quitter la forêt, mais vers où comptez-vous aller ? » (Puuse)

« Ah, maintenant que j’y repense, tu étais occupée avec les préparations lorsque nous en parlions. » (Zanga)

« Désolé. », Zanga expliqua la situation en se rappelant du discours qu’elle avait délivré aux autres villageois.

« Je pense essayer d’aller dans cette ‘ville où homme-bêtes et humains marchent ensemble’ dont cet humain, non, Hifumi, m’a parlé. S’ils sont parvenus à créer une telle ville, ils devraient probablement pouvoir accueillir des elfes, non ? » (Zanga)

Puuse pencha la tête sur le côté en voyant Zanga éclater de rire.

« Est-ce que ce sera aussi facile ? » (Puuse)

« Je vois ce que tu veux dire, mais ne t’inquiète pas, j’ai ce qu’il faut. » (Zanga)

Zanga sortit quelque chose de derrière son manteau.

« …Une lettre ? » (Puuse)

« Il semblerait qu’il s’agisse d’une lettre d’introduction. Apparemment, Hifumi-san aurait changé la structure de la ville. Ce n’est pas une certitude, mais cela devrait nous donner un peu d’espoir, non ? » (Zanga)

« J-Je suppose… oh ? » (Puuse)

Puisque Puuse avait du mal avec Hifumi, elle ne pouvait s’empêcher d’être inquiète en entendant qu’il s’agissait d’une ville qu’il avait lui-même changé.

Tout à coup, Puuse vit quelque chose sur la route devant eux. Rapidement, par quelques signes rapides de la main, elle donna des instructions aux camarades derrière elle.

D’après leurs arrangements faits au préalables, tous s’arrêtèrent d’avancer.

« Qu’y a-t-il ? » (Zanga)

« Il y a quelqu’un devant nous. Environ 3 personnes. » (Puuse)

« Je vais m’en assurer. », laissant les lourds sacs derrière elle, Puuse s’approcha des inconnus.

Une fois arrivée assez près d’eux pour les identifier, deux d’entre eux se levèrent et discutèrent. Le dernier resta assis.

« Vous êtes… des humains !?… Enfin je crois ? Vous êtes différents… »

« D-Des homme-bêtes… » (Puuse)

Voyant les homme-bêtes la regarder en penchant la tête d’un air surpris, Puuse hésita. Mais lorsqu’elle se rendit compte que tous les trois étaient des enfants, elle ne put s’empêcher d’être inquiète pour d’autres raisons.

« Nous sommes des elfes. Vous êtes des homme-tigres et homme-ours, c’est bien ça ? » (Puuse)

« Des elfes, c’est la première fois que j’en vois… » (Olra)

La fille-ours, surprise, était Olra, la fille de Salgu qu’Hifumi avait tué. Cependant, elle ne le savait pas encore.

« Je suis une elfe, Puuse. Nous voyageons. Qu’est-ce que des enfants font ici ? » (Puuse)

« Ah, je m’appelle Malfas. Riedel… ma petite sœur, s’est blessée… » (Malfas)

Puuse se tourna vers l’autre fille-tigre.

La petite fille, assise, avait une large entaille au niveau du genou. N’ayant reçu que le plus simple des traitements, c’est-à-dire un pansement sous la forme d’un tissu enroulé autour du genou et maintenant imbibé de sang, ses yeux étaient emplis de larmes.

« C’est terrible ! Attendez. » (Puuse)

Puuse s’empressa de rejoindre Riedel et s’agenouilla pour se mettre à sa hauteur.

« Bonjour. » (Puuse)

« Bonjour… onee-san, qui es-tu ? » (Riedel)

« Je me présenterais après. Pour l’instant, ne bouge pas. » (Puuse)

Après un rapide chant, le mana se concentra dans les mains de Puuse placées devant la blessure. Une légère chaleur apparut, et l’entaille se referma petit à petit.

« Incroyable… » (Riedel)

Tandis que Riedel s’émerveillait au point d’en oublier sa douleur, la blessure se referma complètement.

« Comme ça, tout ira bien. Mais puisque tu as perdu un peu de sang, reste tranquille un moment. » (Puuse)

« Onee-san, merci ! » (Riedel)

Après Riedel, Malfas et Olra la remercièrent à leur tour.

« Vous trois, vous voyagez ensemble alors que vous êtes de tribus différentes ? » (Puuse)

« Nous voulons sauver le père d’Olra. Il est allé dans une ville humaine, mais il n’est pas encore rentré… » (Malfas)

« Nous étions en plein voyage pour aller le rejoindre. » (Olra)

« Je vois… Ah, ton père est peut-être là où nous nous rendons. » (Puuse)

Puuse se souvint des paroles de Zanga.

« Où est-ce ? »

« Apparemment, c’est une ville où cohabitent paisiblement humains et homme-bêtes. Nous sommes actuellement en route pour nous y rendre. » (Puuse)

« Tout à fait. Alors, souhaitez-vous y aller avec nous ? » (Zanga)

Zanga venait de s’approcher du groupe afin de vérifier la situation, et n’hésita pas à inviter les enfants.

Après une courte discussion entre eux, tous les trois acceptèrent la proposition.

« Honnêtement, nous nous sommes perdus. Nous ne connaissons pas la route. Merci de nous aider. » (Malfas)

Zanga acquiesça.

« Bien sûr, ce n’est pas un problème. Je ne dis pas ça en raison de l’influence d’une certaine personne, mais peu importe que vous soyez elfes ou homme-bêtes. Les enfants doivent être protégés par les adultes. » (Zanga)

Ainsi, les enfants homme-bêtes décidèrent de se diriger vers Swordland aux côtés des elfes.

 

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Posséder ou Déposséder – Chapitre 188


 

Chapitre 188 : Une Personne Ennuyeuse

 

La colline de Kasa. Les Kasa étaient ceux qui avaient servi le Premier Roi d’Houdon. Gérant la Capitale de Tenkatsushi, ils avaient participé au développement du royaume.

Sur la colline de Kasa trônait une magnifique maison. Celle-ci contenait une bibliothèque, un musée d’art, un théâtre ainsi qu’une salle des fêtes capable de contenir jusqu’à 10 000 personnes. Plusieurs milliers de servants y travaillaient. Pour ceux qui ne connaissaient pas le Royaume d’Houdon, cette large maison n’était inférieure qu’au Palais Royal du Royaume d’Houdon.

En vérité, cette demeure appartenait au Ministre des Finances Baryuu Vori Nox, homme possédant la plus grande autorité au sein du Royaume d’Houdon, et à sa famille.

S’il fallait choisir un exemple pour exprimer la quantité de pouvoir qu’il possédait, ce serait qu’il existait de nombreuses forêts et rivières séparant la colline de Kasa et la Capitale du Royaume d’Houdon. Et bien le Ministre des Finances Baryuu avait fait créer une route connectant les deux aux frais du Gouvernement. Ce projet ridicule de route publique avait été mené pour le bien d’une unique personne, et avec l’argent du Royaume. Mais personne parmi les fonctionnaires de l’état ou les aristocrates ne s’était plaint du Ministre des Finances Baryuu Vori Nox ou de l’allocation des fonds. Ainsi, le Ministre des Finances Baryuu Vori Nox avait donné vie à un tel projet public. Les habitants du Royaume appelaient cette route la ‘Voie de Baryuu’, puisqu’il s’agissait d’un chemin fabriqué sans même considérer la moindre méthode pour réduire les coûts. Un nom inspiré de ce qui s’appelait ‘La Voie de la Mouche Verte’, nom donné à la façon dont une mouche appelée Lucilie Soyeuse pondait ses œufs dans les carcasses, excréments ou tissus nécrosés d’animaux.

Dans une pièce de la maison que les roturiers appelaient ‘Château Mouche’, le Ministre des Finances Baryuu Vori Nox était assis sur une chaise et finissait de discuter avec Jacob. La chaise était constituée d’un précieux bois d’arbre spirituel, une matière extrêmement coûteuse. Et comme pour gâcher la lueur verte, pâle et mystérieuse du bois, plusieurs joyaux y étaient incrustés.

La chaise en bois spirituel ne ployait pas malgré le poids de Baryuu qui dépassait facilement les 100 kilogrammes. Au contraire, elle semblait apporter à Baryuu un grand confort. Comme pour moquer la chaise qui ne pouvait pas se plaindre, une autre pièce de mobilier présente dans la pièce émit elle un bruit.

« Huuuh… »

« Un repose-pieds ne parle pas. »

Il y avait tout près de Baryuu un repose-pied aussi appelé ottomane, mais celui-ci préférait placer ses pieds sur une pauvre Elfe présente dans la pièce. Cette elfe était encore une enfant, et était bien évidemment incapable de supporter le poids et la corpulence de Baryuu. Lorsqu’elle osa émettre un gémissement plaintif, Baryuu lui donna un coup de pied au visage. La jeune elfe avait les larmes aux yeux, mais endura en serrant les dents. Elle savait ce qui allait lui arriver si elle osait hausser la voix. Petit à petit, la colère de Baryuu s’apaisa.

En regardant le reste du large intérieur qui se faisait appeler Pièce de Divertissement, il était possible de voir de nombreux esclaves de différentes races. Il s’agissait d’Elfes, d’Elfes Noirs, de Nains, d’hommes-bêtes, d’hommes-dragons et de nombreux autres sous-humains. Tous ces esclaves étaient des femmes plus ou moins jeunes, et portaient de sublimes robes de servantes. Un collier d’esclave décoré était attaché à leurs cous. Étonnamment, le Noyau Démoniaque incrusté dans chaque collier était de rang 4. Dans le cas d’un esclave normal, aventurier de bas rang et de niveau 20 ou moins, ce rang était habituellement de 1 ou 2, tandis que le rang 3 était réservé aux esclaves aventuriers de rang intermédiaire. Mais les esclaves présents étaient loin d’un tel rang intermédiaire. Cependant, Baryuu souhaitait vanter ses possessions, et s’attirer la jalousie des autres Nobles.

« M. Jacob n’était pas satisfait par notre proposition »

S’exclama un homme portant l’uniforme des Fonctionnaires du Château, tout en envoyant un regard plein de mépris en direction des esclaves présents.

« Oui. Il y a actuellement un conflit territorial entre nous et le Royaume de Dano pour la Plaine de Marquia. J’ai dit au roi que je m’en occuperais, mais Jacob, ce vieillard, a tout de suite refusé ma proposition. »

La Plaine de Marquia, situé à la frontière du Royaume d’Houdon et du Royaume de Dano, était un lieu stratégique important pour la défense de la partie Est du Royaume d’Houdon. Le conflit autour de ce territoire existait depuis plusieurs années, sans qu’aucune solution n’apparaisse. D’un autre côté, le Royaume de Dano n’avait jamais construit de bâtiment, encore moins de bâtiment militaire, sur la Plaine de Marukia afin de ne pas provoquer le Royaume d’Houdon.

« C’était un peu tard, mais M. Jacob est bien l’un des 12 anciens Tueurs de Généraux Démons. Même une telle proposition ne l’a pas influencé. »

« Ce n’est pas très étonnant de la part d’un homme aussi vieux jeu. D’ailleurs, où est le Sac à Objets qui, selon toi, allait arriver ? »

Dès qu’une jeune fille Naine versa du vin dans son verre, Baryuu l’engloutit d’un air frustré.

« Ne vous inquiétez pas. J’ai demandé de l’aide à ‘Croc de Dragon’. »

« Ce n’est pas trop tôt. Depuis combien de mois ai-je demandé à ce que ‘Croc de Dragon’ s’en occupe ? Je me demande si l’objet que je recherche est vraiment dans ce Sac à Objets, ou même s’il existe. Si le Sac à Objets que ‘Croc de Dragon’ m’apporte n’est qu’un Sac à Objets normal, j’espère qu’ils seront prêts à en assumer les conséquences. »

« Ne vous inquiétez pas. Je ne souhaite pas non plus que ‘Croc de Dragon’ échoue. Même s’il s’agit d’un simple groupe d’Aventuriers, ils vouent une grande importance à leur réputation. Si ‘Croc de Dragon’ échoue, Leo Vanirom de l’Alliance de la ‘Brigade des Dragons’ devra entrer en action. Leo Vanirom est un Aventurier de Rang S tandis que Sato Yu n’est qu’un jeune garçon tout juste promu au Rang B. S’ils venaient à se combattre, l’issue serait évidente.

Même si le Sac à Objets ne contient pas forcément de nombreuses richesses, une information provenant d’une source certaine assure la présence de ce que vous recherchez à l’intérieur. De plus, il ne fait aucun doute que les collègues de Sato ne sont pas au courant de l’existence de ce Sac à Objets. Si Baryuu-sama parvient à obtenir la recette par l’intermédiaire d’un alchimiste, alors il serait possible d’établir une ligne de production exclusive. Et qui sait, Sato pourrait changer d’avis après avoir été capturé par Baryuu-sama ? Une fois libéré, il pourrait nous rejoindre et servir sous les ordres de Baryuu-sama.

C’est pourquoi j’essaye d’avancer au plus vite le plan. Tiens, plusieurs personnes ont récemment disparues en chassant des Homme-bêtes. Faisons comme s’il s’agissait de l’œuvre de Sato. »

« Umu… jusqu’à maintenant, tu ne m’as jamais menti. Mais… »

Baryuu semblait peu satisfait par ces mots, et tout à coup, quelqu’un toqua à la porte. Après que Baryuu l’ait autorisée à entrer, une servante normale, et non une esclave, ouvrit la porte.

« Goshujin-sama, Rustig-sama est arrivé. Dois-je le faire venir ? »

« Victor, huh. Il est probablement venu pour l’objet que je lui ai demandé. Bien, fais-le venir dans ma Pièce de Travail. »

« Certainement. »

Sans même examiner la situation à l’intérieur de la pièce, ou lancer le moindre regard aux esclaves présents, la servante repartit. Après tout, cet endroit était le lieu de nombreuses situations douloureuses. Il était impossible d’y travailler à moins de devenir totalement indifférent, et d’apprendre à contenir ses émotions.

« Baryuu-sama. A propos du contenu du Sac à Objets, Victor-sama ne risque-t-il pas de l’examiner ? »

« QUOI !? Connais-tu au moins Victor !? »

« Ah, umm, je sais juste qu’il est l’un de ceux qui recherchent Sato, et qui ne sait pas ce que contient le Sac à Objets. »

« Fuuu~, cet homme aime l’or plus que tout au monde. »

Victor fut dirigé vers la Pièce de Travail depuis la Réception, et fut accueilli par Baryuu qui le salua par une étreinte largement exagérée. Victor ressentait une légère douleur à être serré dans les bras de Baryuu, mais cela ne le dérangeait pas. Pourquoi ? Parce qu’il savait que la personne en question ne semblait pas y prêter grande attention.

« Baryuu-sama, j’ai tout entendu ! On m’a dit que tu avais plus de pouvoir au sein du Royaume d’Houdon que le Roi lui-même. »

« Wahaha ! Tu ne devrais pas dire ce genre de choses, qui sait qui pourrait nous écouter ? »

« Peu importe. Avec le pouvoir que tu possèdes, quiconque essaierait de nous écouter serait écrasé comme un insecte. Qui est-ce ? »

S’exclama Victor en regardant l’homme derrière Baryuu tout en maintenant un sourire innocent.

« Oh, c’est un fonctionnaire du Château, et un membre de ma faction qui m’est très utile. Vous risquez de vous rencontrer de nouveau à l’avenir, alors assurez-vous de bien vous entendre. »

« C’est un plaisir de faire votre rencontre, Victor Rustig-sama. Je m’appelle Francis Arunaldi. Comme Baryuu-sama vient de l’expliquer et comme vous pouvez le constater à mes vêtements, je suis un fonctionnaire du Royaume. »

Victor utilisa Estimation afin de confirmer le Statut de l’homme dénommé Francis Arunaldi.

« Francis-sama, inutile d’être aussi formel. Au lieu d’utiliser des honorifiques, n’hésitez pas à m’appeler Victor.

Mais je dois avouer que Francis-sama doit avoir un incroyable talent pour être ainsi remarqué par Baryuu-sama, et ce alors que vous n’avez pas plus de la vingtaine. »

« Victor. N’hésite pas à acheter des biens par l’intermédiaire de Francis. Il a bonne réputation, alors tu ne devrais pas être déçu. »

« Hahaha, vous m’avez cerné. »

« Il s’assurera de ne pas te décevoir. D’ailleurs, Victor, connais-tu un Aventurier du nom de Sato ? »

Le nom de Sato apparaissant soudainement dans la conversation ne sembla pas décontenancer Victor.

« Oya oya. Je vois que vous connaissez même Sato-sama. »

« Umu, en effet. As-tu trouvé la moindre information sur le Sac à Objets actuellement possédé par Sato ? »

« Le Sac à Objets de Sato-sama… Baryuu-sama a besoin d’une chose qu’il contient ? »

« Cela veut dire qu’il en possède bien un !? »

En entendant les paroles de Victor, Baryuu se mit étonnamment à hausser la voix.

« Ehh, ehh, bien sûr. Je suis au courant de certaines choses, mais visiblement vous aussi Baryuu-sama. »

« Assez de flatteries ! L’as-tu obtenu !? »

« Impossible ! Sato-sama est dangereux, et bien plus puissant que moi. De ce qu’on dit, son Sac à Objets contiendrait des Cristaux de Dragon obtenus là où défèque un véritable Dragon, de la Brume de Montagne capable d’augmenter la longévité d’une personne de 10 ans une fois ingérée, des Larmes de Géants obtenu dans les forêts abritant des Géants. N’importe lequel de ces objets s’abimerait une fois sorti du Sac à Objets, mais pourrait tout de même être vendu pour une petite fortune. Ce Sac à Objets obtenu, il serait même possible d’en tirer deux méthodes secrètes de production de potions et du Sac à Objets lui-même. De tels gains seraient difficiles à calculer, et de nombreux Royaumes tueraient pour les avoir. »

Les mots de Victor n’atteignaient pas systématiquement Baryuu. Tout ce qui l’intéressait, c’était l’existence de ce Sac à Objets. Cela lui suffisait amplement.

Il y avait une certaine chose que Baryuu ne pouvait obtenir. Cette chose, c’était le trône. Venant de l’une des plus anciennes familles du Royaume, il n’arrivait pas à supporter le fait de devoir servir des roturiers bien que son sang soit le plus pur des sangs aristocrates. Même si certaines personnes risquaient de s’y opposer, le rêve de Baryuu était d’obtenir le Royaume d’Houdon et d’en devenir son Roi.

« Baryuu-sama ? »

« Muu~, veuillez m’excuser. Je réfléchissais. »

« Haha. Vous demandiez-vous ce que cela ferait d’être Roi ? »

Victor semblait avoir vu juste, et même Baryuu fut surpris par sa propre attitude.

« En tout cas, vous ne cessez de me surprendre, Baryuu-sama. »

« De quoi parles-tu ? »

« Je parle de Francis-sama. Malgré la relation entre Saint Jaderock et Houdon, vous avez réussi à recruter un membre de Sang Jaderock en tant que fonctionnaire. Je ne cesserai d’être impressionné par votre magnanimité. »

« Victor-sama, je crois que vous vous méprenez. Je suis natif du Royaume d’Houdon, et né dans la Capitale. »

François, jusqu’alors silencieux durant la conversation entre Baryuu et Victor, prit pour la première fois la parole de son propre chef.

« François dit juste. Il n’est pas de Jaderock. »

« Fuhahahaha ! Pas besoin de le cacher. François-sama est un nom très rare au sein du Royaume d’Houdon ; essayiez-vous de la cacher ? De plus… »

Victor continua à regarder François droit dans les yeux, un sourire sur les lèvres. Le sourire de Victor était la représentation parfaite de ce à quoi ressemblait un sourire de marchand.

« N’avez-vous pas inconsciemment serré votre poing contre votre torse ? C’est un geste réalisé par ceux qui occupent une haute position à Saint Jaderock lorsqu’ils reçoivent une médaille de la part du Roi. Même si vous portez de nombreuses couches de vêtements, c’était le geste que vous vous apprêtiez à faire avant de vous retenir. Oh, et pendant que nous parlions tout à l’heure, j’ai utilisé les termes de Sang Jaderock et pas Saint Jaderock, et cela n’a pas semblé vous plaire. Hahahaha, oh ? Oh ? Allons, François-dono, ce n’était qu’une blague. Je rigolais. Mes blagues ne sont-elles pas suffisamment amusantes ? Quel dommage, vraiment. »

Après ça, Victor finit de négocier avec Baryuu. Francis observa la scène d’un air rigide que Baryuu trouvait particulièrement étrange. Puis, Victor quitta la maison pour se diriger vers la Capitale du Royaume. Habituellement, un marchand aussi important que Victor ne voyageait jamais sans un bon nombre d’intendants. Mais il s’agissait là de Victor. Qu’il s’agisse d’un voyage dangereux ou non, il souhaitait toujours être seul. Victor avait pris l’habitude d’opérer ainsi afin de s’entrainer et de ne dépendre de personne. Même s’il ne pouvait pas être considéré comme l’un des héros nationaux, Victor possédait une position importante, juste en dessous des 8 prêtres possédant la plus haute autorité au sein de la Nation Libre d’Hamelin. De toute façon, puisqu’il avait l’habitude de se déplacer et de négocier personnellement, une escorte risquait simplement de le déranger.

« Victor-sama, veuillez éviter de recommencer cela. »

Seul Victor pouvait entendre la voix tandis qu’il parcourait la route construite grâce aux taxes du peuple. Seules étaient autour de lui des pétales virevoltantes.

« Oya ? Cette voix… c’est Diabor ? Que fait l’escorte de Benjamin ici ? »

« Benjamin-sama m’a ordonné de vous guider et de vous protéger, ce que je ne peux refuser. DE plus, gardez à l’esprit quelle est votre position. Évitez de vous rendre seul chez Baryuu. »

« Silence. Je suis libre d’échanger avec qui je veux. Je n’ai pas besoin de la permission de Benjamin. »

« ……C’est effectivement le cas, mais veuillez aussi prendre en compte ma position. Si quelque chose arrivait à Victor-sama, que dirais-je à Benjamin-sama s’il me demandait pourquoi je n’ai pas pu vous protéger ? »

« Ça, c’est à toi de le deviner. C’est ce que tu dis, mais n’es-tu pas l’un des 8 Gladiateurs d’Hamelin ? Tu devrais avoir honte. »

« Victor-sama, n’êtes-vous pas particulièrement violent avec moi ? Mais je me pose une question. Le fait que Baryuu s’attaque à Sato, cela ne risque-t-il pas de vous déranger ? »

Victor, qui marchait lentement jusque là, s’arrêta net. Dans ses yeux apparut une profonde colère.

« Diabor, nous n’avons pas les capacités pour repousser Sato-sama. Depuis quand nous en penses-tu capables ? »

Diabor, qui avait massacré de nombreux ennemis au cours de ses batailles, ne put s’empêcher de trembler face au regard intimidant de Victor.

« V-Veuillez me pardonner mon insolence. »

« …Hm, ce n’est rien. »

« Mais comment se sont déroulés vos échanges avec Baryuu ? »

« Baryuu-sama, huh… il est toujours aussi ennuyeux. Comparé à l’incroyable charisme de Sato, Baryuu parait bien pâle. Ah~ je souhaite rencontrer Sato-sama le plus rapidement possible. »

Ce n’était pas son attitude habituelle de marchand.

Les pétales de fleurs continuèrent à danser tout autour de Victor, tandis que celui-ci était toujours perdu dans ses pensées.

 

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