Il arrive parfois de perdre totalement de subjectivité face à une saga qui a tant comptée dans son enfance.

Mais il faut parfois être objectif.

Bien que l’arrivée de cette franchise fut assez déstabilisante, de peur de capitaliser simplement sur la marque « Harry Potter », nous nous sommes laissés séduire par ce nouvel univers, lors de la sortie du 1er volet.

Nous avons donc profité de l’avant -première ce Jeudi 08 Novembre 2018, pour nous plonger à nouveau dans la magie.

Analyse garantie sans spoiler !

 

Nous avions hâte de retrouver ces personnages attachants, et de découvrir enfin sous nos yeux une partie du passé de Dumbledore qui fait longtemps débat au sein des PotterHead depuis les révélations du 7ème livre notamment sur ses liens avec ce fameux sorcier Grindelwald.

Et donc ? Comment nous avons vécu ce visionnage ?
Alors..

Notre avis changera peut-être par la suite… mais ce film a su répondre à nos exigences.

A la fois il a procuré une immense joie, a offert un divertissement à la hauteur, en respectant l’univers de la saga et d’un autre… nous pouvons pas nous empêcher de nous questionner sur beaucoup de partis pris scénaristiques. Car à force de vouloir caresser le fan dans le sens du poil, on se trouve à enchaîner du fan service au détriment d’un scénario très peu inspiré.

Tout d’abord, la réalisation est toujours aussi impeccable : on est éblouis par les trouvailles visuelles en voyant évoluer le monde des sorciers parisiens (bien qu’assez vide par moment… j’ai l’impression qu’on a tourné plus en studios que vraiment en extérieur ce qui gâche pas mal la magie mais bon..), on a un petit saut au cœur en revoyant Poudlard, entendre encore la BO originelle de la saga reprise sur différents accords est toujours un régal.

Les scènes avec les nouveaux animaux fantastiques sont riches inventivité tout en s’inspirant du folklore culturel de l’imaginaire bestiaire et on prend plaisir à chercher le clin d’œil. On retrouve aussi notre petit Niffleur.. pour deux fois plus de mignonneries à l’écran.

Mais que reste-t-il de l’intrigue ?…Et bien beaucoup de rebondissements .. mais de mauvaise facture par moment. On se croirait presque dans un soap opera par moment, ce qui est assez malaisant surtout dans cet univers.

Le personnage de Croyance(Creedance) est vraiment l’incarnation de ce dilemme. En le faisait revenir ici et en lui rajoutant une quête amoureuse et celle de sa « pseudo » origine, on perd le spectateur dans un amas incohérent.

La palme revient au personnage de Queenie qui est vraiment massacrée… (quel gâchis) et qui sert juste de prétexte à faire balader Jacob dans tous les coins de Paris pour la retrouver, et à incarner le personnage féminin cruche du film… parce que oui.. on pouvait pas faire plus subtile. De même pour Tina… qu’elle soit là ou non .. l’intrigue aurait été la même. Un vrai pot de fleur pour le coup.. très déçue de cette régression par rapport au 1er volet !

Il est clair que J.K confirme à nouveau son horrible talent à décrire les relations amoureuses… et surtout à se forcer d’en créer entre des personnages qui pouvaient se contenter de vivre sans (ex : Croyance et sa petite protégée).

 

On a le droit à au moins 40min sur tout le film et à de longs moments larmoyants entre les différents protagonistes qui s’aiment, qui ne s’aiment plus… on croit voir des adolescents alors qu’ils sont censés être des adultes…on a l’impression que c’est pour remuer la communauté des « shippers » à ce rythme et ça en devient presque gênant.

Et où est l’action ? le mystère ? la magie ? .. car les petits regards globuleux .. c’est pas ça qui tient en haleine sur 2h00, surtout quand tu instaures une formidable introduction avec l’évasion de Grindelwald qui impose un ton oppressant dès le début (rappelant les heures sombres du tome-film 5 d’Harry Potter avec le retour de Voldemort). D’ailleurs… pour un film qui porte son nom il se fait pas mal désirer tout du long malgré que Depp brille à chacune de ses apparitions, en rentrant correctement dans la peau du personnage.

De même, ses motivations sont à peine exposées, et n’ajoute pas plus de subtilité que juste « dominer la race des moldus et des sous-sorciers ». Quel dommage car le scénario laissait sous-entendre plus de développement notamment avec sa relation avec Dumbledore qui sont les rares passages à vraiment dénoter dans le film, et où on prend enfin le temps d’exposer la psychologie des personnages et donner du sens.

Est-ce encore une mise en bouche avant le 3ème volet ? J’ai l’impression qu’on tente de jouer sur les climax afin de donner du pain pour contenter les fans, avec cette révélation finale révélant un « grand secret » dans les dernières secondes pour nous laisser le soin d’éplucher de grandes théories.

Seul le personnage de Nobert reste attachant et intéressant dans cet ensemble trop caricatural.
Son histoire avec son frère Thésée apporte un éclairage inédit au personnage. Dommage qu’encore une fois, on survole le tout pour juste se concentrer sur un « triangle amoureux » inutile et peu crédible entre les deux frères et Tina Lestrange.

Jude Law offre quant à lui une prestation convaincante dans la peau de Dumbledore. Presque la meilleure de tout le film. Dommage qu’on ne lui laisse pas plus de place pour le moment. Il passe son temps à dire  » je ne peux pas » comme si le scénario devait s’excuser auprès des fans pour justifier sa « figuration » tout au long du film. Encore une fois, pour du fan service.

Heureusement que les rares passages avec les nouveaux « Animaux Fantastiques » perdus dans la ville permettent plus de légèreté, un renouveau bienvenue dans le rythme parmi un fouillis qui se prend parfois trop au sérieux pour y croire vraiment. Un petit coup de cœur pour le Dragon asiatique au caractère de chat qui est… TROP MIMI !

L’un des gros points forts du film, c’est bien évidemment les nombreux clins d’oeils à la saga originale (dont on taira les noms pour vous garder la surprise !) Là où le premier Animaux Fantastiques se passait bien à part de l’univers d’Harry Potter (si ce n’est quelques noms de maisons…), on retrouve des liens bien plus proches avec la saga qui vont forcément faire plaisir aux fans que nous sommes !

Bref .. beaucoup de choses à digérer. En tant que fan, oui courez le voir mais .. . nous pensons que votre vision de la saga sera peut-être changée. Les nouveaux choix scénaristiques vous plairont… ou pas.

Malgré de grosses grosses maladresses notamment sur le traitement des personnages, nous avons passé un bon moment et nous ne pouvons pas bouder notre plaisir à retrouver cet univers à chaque fois !

 

Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald – Sortie en salles le 14 Novembre 2018 – Warner bros

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