High Risk


Un jeu de stop et encore où vous incarnez une équipe d’alpinistes à mener jusqu’au sommet de la montagne. Il vous faudra du cran pour prendre les risques nécessaires sans vous mettre en danger.

De 2 à 4 joueurs à partir de 8 ans, comptez une vingtaine de minutes pour une partie.

Le matériel

La gamme des mini games que j’affectionne tout particulièrement pour son format de boîte petit et léger.

Vous retrouvez dedans un plateau pliable représentant l’ascension de la montagne, 6 dés et 16 alpinistes de 4 couleurs différentes.

Assez simple dans les illustrations mais le tout est cohérent. Des pions alpinistes travaillés, cela fait réellement plaisir de ne pas avoir de simples meeples.

Jouons

Chacun votre tour vous lancez les 6 dés et faites les actions qui en découlent. Vous pouvez relancer les dés ‘éclair’ autant de fois que vous le souhaitez et mettre les autres de côté. Mais attention, si dans votre nouveau lancé vous obtenez uniquement des ‘éclairs’ alors votre tour se termine et votre alpiniste le plus haut redescend juste en dessous de votre prochain pion alpiniste, sur une zone libre (bivouacs, falaises inoccupées, camp de base).

Vous pouvez décider d’arrêter votre tour quand vous le souhaitez, dans ce cas, avancez un pion alpiniste d’autant de cases que vous avez de dés ‘montagne’.

Mais là encore quelques règles à respecter :

  • Les bivouacs peuvent accueillir autant d’alpinistes que vous le souhaitez;
  • Les falaises, elles, ne peuvent être occupées que par un seul alpiniste. Si votre pion arrive sur une falaise déjà occupée, dans ce cas, redescendez l’autre pion jusqu’à la prochaine case disponible.

Si votre alpiniste atteint le sommet, il est protégé, il ne pourra plus rien lui arriver.

Si vous n’avez aucun ‘éclair’ dans les 6 dés à la fin de votre tour, vous rejouez immédiatement un nouveau tour.

Le premier joueur à avoir fait grimper tous ses alpinistes en sommet de la montagne, remporte la partie.

Avis

J’affectionne particulièrement la thématique. J’adore la montagne et la neige, l’histoire de l’ascension d’un mont me plait et change un peu.

Comme tout jeu de stop et encore, et surtout jeu de dés, le hasard a une très grande place. Difficile de dire trop car on le sait dès le début en sélectionnant ce genre de jeux.

On est clairement dans un jeu simple que vous n’aurez pas choisi pour son originalité. Peut-être les connaisseurs et férus de la gamme des mini-games Iello seront étonnés par tant de simplicité. Personnellement, j’y vois surtout un côté accessible en famille, très aisé à expliquer (une fois que vous avez compris vous-même les règles) et d’une grande facilité à jouer. Vous pouvez y intégrer les enfants, les grands-parents à l’apéro ou après avoir soufflé les bougies du petit dernier.

Vous serez toujours confrontés au dilemme, prise de risques et conséquences parfois lourdes ! A vous de prendre les bonnes décisions …

  • La règle n’est pas assez claire. C’est la première fois que je dois regarder une vidéo pour comprendre le jeu.
  • Un verso du plateau avec un autre circuit aurait été un plus.
  • Jeu de dés = jeu de hasard, les parties peuvent être, par manque de chance, très longues.
  • Faible interaction entre joueurs.

  • Le format de la boîte.
  • Le design des pions alpinistes.
  • La thématique.
  • Accessible pour tous (enfants, joueurs novices, …).

En résumé

Un bon petit jeu de stop ou encore à faire en famille.

Shadow World, Vincent Bal


Shadow World de Vincent Bal est disponible en librairie depuis peu, publié par les éditions Omaké. C’est son côté inhabituel qui m’a convaincu d’y jeter un œil.

Grâce à leur ombre et à l’imagination débordante de Vincent Bal, les objets les plus communs se transforment en saynètes extraordinaires ! Shadow World regroupe une centaine d’œuvres de l’artiste belge dans une édition bilingue français/anglais. Dans celui-ci, Vincent Bal s’inspire des objets du quotidien et de leur ombre pour créer, en quelques coups de crayons ingénieux, de nombreuses situations cocasses.

Je ne connaissais pas du tout l’artiste, ni le concept même de « shadowlogie » et j’ai trouvé ça vraiment fun de le découvrir dans les pages de Shadow World ! Vincent Bal doit avoir un côté geek, car les films (Star Wars, Joker…) prennent une part importante de ces saynètes. Je trouve aussi très intéressant que l’ouvrage soit bilingue.

Après une présentation de Vincent Bal et un court avant-propos, on rencontre directement l’artiste avec une interview intéressante qui explique le projet, la façon dont il travaille ou le choix des objets et des dessins qui naissent de ses photos. Les pages de fin, qui expliquent (et montrent – grâce au photos utilisées) comment est née la « Shadowlogie » sont tout aussi sympa ! Vincent Bal fait preuve d’une imagination à toute épreuve en s’inspirant d’objets du quotidiens. Des films, d’instruments de musique, des lieux connus (ou non), des scènes du quotidien (un couple dans son lit, un rendez-vous chez le dentiste…).  Shadow World est un livre atypique à découvrir quand on aime l’art « fun » et insolite.

Dans son communiqué, l’éditeur précise qu’une édition collector (limitée à 500 ex) est disponible sur leur site : ça a l’air d’être une édition particulièrement réussie !
D’autres articles découvertes sont disponibles ici.

Tank Girl – All Stars


Tank Girl All Stars est un recueil publié par Ankama. Disponible depuis la mi juin, l’anthologie regroupe des histoires inédites spécialement créées pour le 30e anniversaire de l’héroïne punk Tank Girl.

Un recueil de courtes histoires exclusives par le co-créateur de la série Alan Martin, les dessinateurs piliers de la série et des guests, y compris le co-créateur Jamie Hewlett et le dessinateur actuel : Brett Parson qui ont travaillé sur la série, célébrant le 30e anniversaire de Tank Girl !

Complètement barré

Ce qui marque d’emblée, c’est le nombres de guests (et des pointures en plus) du monde du comics underground qui signent histoires courtes et illustrations. On peut y trouver Brett Parson & Jim Mahfood, Warwick Johnson-Cadwell, Jonathan Edwards, Phil Bond, Greg Staples, Chris Wahl, Ashley Wood ou encore Jamie Hewlett (connu pour ses illustrations de Gorillaz).

Tank Girl All Stars est fouilli ; son univers est riche et décalé. On retrouve ici tout cela, car les personnages vivront des aventures pleine d’action (et de zombies). Et le personnage de Tank Girl est tout aussi déjanté ! L’humour prends une place importante dans les récits. Il est absurde et ne plaira pas à tout le monde. Je pense que Tank Girl fait partie de ces séries qu’on aime ou qu’on déteste – sans entre-deux.

Les histoires courtes sont entrecoupées d’illustrations, ce qui contribue à en mettre plein la vue. En plus, le recueil est de bonne facture, j’apprécie la version hardcover (couverture rigide) qui devrait rester en bon état sur le long terme.

Si les styles des dessinateurs sont variés, on retrouve au scénario la plume originelle : celle de Alan Martin (également créateur). Dans l’ensemble, Tank Girl All Stars est une belle façon de retrouver l’univers fou du créateur.

Un extrait est disponible sur la boutique de l’éditeur ; d’autres articles comics/romans graphiques sont disponibles ici !

Call of Duty : Modern Warfare 2 // Les chroniques d’un homme qui a beaucoup trop de temps libre #1

C’est quoi ce bordel ?

Déjà je sais ce que vous vous dites : “C’est qui ce BG ? Ça veut dire quoi ce titre ? Et pourquoi il vient nous embêter avec Modern Warfare 2, un jeu vieux de plus de 11 ans ?”.

Ce sont de très bonnes questions, merci de les avoir posées. Alors, je suis un homme et j’ai beaucoup trop de temps libre. Je compte donc vous raconter mes histoires, anecdotes, frustrations et autres énervements (s’énerver c’est la base quand même non ?) avec une petite particularité : mon kiff en jouant c’est de faire les jeux à 100%. Et nous allons suivre mon épopée vidéoludique de manière chronologique (enfin à priori). Bon après c’est moi qui écris donc c’est moi qui décide. Pour moi, un 100% va correspondre aux 100% des trophées sur PlayStation (et donc recevoir ce merveilleux, merveilleux trophée platine qui est reçu lorsque tous les autres trophées ont été obtenus).

Mais Palplatine … ça veut dire quoi ?”. Généralement, faire le 100% d’un jeu correspond à un 100% classique (finir le jeu en difficulté maximale, récupérer tous les éventuels objets) et des actions plus spécifiques qui peuvent parfois être (très) compliquées. C’est-à-dire que pour faire des 100%, il faut parfois être :

  1. (très) bon,
  2. (très) patient,
  3. (très) résilient,
  4. (très) stupide

Et c’est tout moi (oui, je suis (très) humble).

Call of Duty : Modern Warfare 2, ou Activision qui n’hésite pas à claquer 250 millions de dollars dans un jeu

Call of Duty : Modern Warfare 2. Que l’on soit fan ou non de ce jeu en particulier, il faut bien admettre que ce dernier a changé l’univers du jeu vidéo. Développé par Infinity Ward et sorti le 10 novembre 2009, Modern Warfare 2 a explosé le record de vente de l’époque avec plus de 1,2 million d’unités vendues (contre le « médiocre » 630 000 ventes de GTA IV sorti en 2008). Plus de 12 ans après sa sortie, Call of Duty : Modern Warfare 2 reste un des jeux les mieux vendus au monde avec presque 23 millions d’exemplaires écoulés !

Activision quand ils ont commencé à avoir des grosses ventes.

Modern Warfare 2 se déroule 5 ans après les événements de Modern Warfare – celui sorti en 2007 qu’il ne faut pas confondre avec celui de 2019 qui n’a rien à voir. Cette mode de sortir des opus sans sous-titre et sans numéro devient un peu éreintante d’ailleurs, mais c’est un autre sujet. On retrouve nos anciens camarades de jeux : Soap, Captain Price eeeeeeet puis voilà parce que les autres ont eu des problèmes de santé à la fin du premier jeu (balles dans la tête c’est un poil compliqué à soigner).

Le 1 était une hécatombe mais le 2 c’est le même esprit. Trop d’émotions pour mon petit cœur.

Parce que oui, on va de nouveaux amis mais voilà :

  • Roach (se fait tirer dessus et est brûlé vif),
  • Ghost (la même parce que c’est rigolo),
  • Général Shepard (lancé de couteau dans l’oeil mais c’est pas grave parce que c’est un traître (oui je spoil)),
  • Makarov (le méchant (en même temps il est russe dans un jeu américain) qui veut déclencher la 3ème guerre mondiale mais je vais tout de même le considérer comme un ami),
  • (oui j’aime bien utiliser des parenthèses)

Le jeu est de (très) bonne qualité : histoire intéressante, musique sympathique, doublage (anglais et français) qui fait le taff, un mode multijoueur addictif (et hacké) et un mode Opérations spéciales pas piqué des hannetons. Tout ce que demande le peuple.

Tout ça c’est bien joli mais moi ce qui m’intéresse c’est de faire les jeux à 100%. Qu’en est-il de celui-ci ? Facile ? Challenging ? Impossible ? Relou comme c’est pas permis ou bien extrêmement gratifiant ? Voyons ça.

Une campagne qui peut se faire presque les mains dans les poches

Les trophées liés à la campagne sont relativement sans prise de tête et correspondent, dans l’ensemble, à l’idée que l’on se fait d’un 100% : finir le jeu en difficulté maximale et ramasser tous les objets (des petits ordinateurs qui trainent sur le bord de la route comme dans la vraie vie de la vérité véritable).

Même en difficulté maximale (mode Vétéran), le jeu est relativement “facile”. Certains passages seront horribles, relous, énervants, horripilants et bien d’autres adjectifs mais très loin d’être insurmontables. Comment est-ce possible ? Grâce à un système de points de contrôle très généreux. Citons la mission “Exode” où il faut remonter une rue afin de s’occuper d’un nombre important d’ennemis et de tourelles. Ou encore le début de la mission “Whiskey Hotel” où les soldats ennemis rient parfaitement et uniquement sur le joueur.

Puiiiiiiiiis vient la mission “Derniers détails” (“Loose Ends” pour nos amis anglophones, parce que ce sont des amis) où là, la difficulté est multipliée par 1000. En vrai de vrai, on va pas se mentir, c’est pas méga compliqué. Le principe de la mission est simple : se rendre dans une maison au milieu d’une forêt, défendre la maison pendant quelques minutes puis s’enfuir. Mais la première fois … c’est une torture : des snipers partout, des apparitions d’ennemis improbables, un sprint final où quand on y arrive on a l’impression que le jeu a buggé, il y a de tout.

Quand tu passes 40 min à ne pas te faire respecter par le jeu pendant « Derniers détails » et que tu as envie de tout foutre en l’air.

Le mode Opérations spéciales : un excellent générateur de stress et de colère

Contrairement à d’autres jeux de la saga *tousse tousse Black Ops 4 je t’ai en travers de la gorge tousse tousse* Call of Duty : Modern Warfare 2 n’a techniquement pas de trophées multijoueurs (Dieu merci). En plus de son mode multijoueur et de sa campagne, MW2 possède un mode “Opérations Spéciales”. Il s’agit de missions diverses et variées, relativement courtes avec des objectifs qui se compliquent avec la difficulté. Seules 2 des 23 missions doivent être accomplies à deux joueurs. Certains diraient que cela fait deux missions de trop et ces gens là auraient raison ( ͡° ͜ʖ ͡°).

Dans l’ensemble, les missions sont très sympathiques. On revient dans des lieux de la campagne et même des lieux de la campagne de l’opus précédent. Même en difficulté maximale, une bonne partie des opérations spéciales se font sans trop de soucis, surtout au départ. Cependant, certaines missions sortent du lot. Les missions où l’on doit tuer un nombre important de mes meilleurs amis de l’époque : les Mastodontes (la preuve que je les respecte encore, j’ai mis une majuscule) peuvent être compliquée.

Le Mastodonte n’est pas la pour sucer des glaçons.

Outre ces missions mastodoniennes, je pense qu’il faut tout de même citer “Marquage”. Cette dernière reprend le principe et même une partie de la mission “Exode” (évoquée plus haut). Il faut encore remonter une rue remplie d’ennemis en allant de maison en maison. MAIS la difficulté est abusive car il faut défendre les maisons contre des vagues d’ennemis qui visent beaucoup trop bien.

Quand tu réussis enfin à tuer 10 Mastodontes en Vétéran avec uniquement des explosifs misérables et un couteau après avoir essayé pendant 2h parce que le jeu a décidé de péter un câble.

En fin de compte ?

Concrètement, le jeu est agréable à faire à 100% :

  • pas extrêmement compliqué (surtout quand on a déjà joué à des FPS),
  • amusant (certains trophées sortent du lot et ne sont pas compliqués comme “Tuer 7 poulets en moins de 10 secondes”)
  • gratifiant (réussir à tuer 10 Mastodontes avec seulement des explosifs et un couteau, ça fait quand même quelque chose)

Ainsi, difficulté pour faire les 100% : 5/10. Après tout, il n’est pas possible en solo et quelques passages peuvent être (un peu) compliqués même si le jeu est généreux.

A sign of Affection, Suu Morishita

A sign of Affection de Suu Morishita (un duo d’autrices) est une nouveauté d’Akata. La maison d’édition est réputée pour éditer des titres forts, où l’inclusion et les émotions sont mises en avant. D’abord proposé en numérique, le manga A sign of Affection est sorti au format papier au mois de mai.

Yuki est une étudiante qui, comme beaucoup d’autres, construit son quotidien autour de ses amis, des réseaux sociaux et de ce qu’elle aime. Mais quand un jour, dans le train, elle croise un jeune homme qui voyage à travers le monde, son univers va être chamboulé : ce dernier, bien que trilingue, ne connaît pas la langue des signes. Pourtant, très vite, il manifestera pour elle un intérêt bien particulier… Comment réagira-t-elle face à ce camarade d’université entreprenant et communicatif ?

Perfect World, Eclat(s) d’âme, Le Marie de mon frère, Nos temps contraires (chroniqué ici, d’ailleurs) ne sont que quelques unes des séries proposées par Akata que je vous invite à découvrir !

L’ouverture au monde
« Fais-moi entrer dans ton monde, Yuki. »

Si le scénario part d’un postulat assez simple*, l’intérêt survient de leurs différences. Yuki est sourde de naissance, alors qu’Itsuomi aime voyager et apprendre des langues étrangères.
Dans A sign of Affection, bienveillance et délicatesse sont les mots clés. Il s’en dégage une certaine poésie. Les personnages sont vites attachants. Le manga montre un peu « ce que c’est de vivre avec un handicap » sans tomber dans le pathos.
C’est un sujet encore trop peu abordé. En France, nous avons Comme les autres (Kana) et bien sûr A Silent Voice (Ki-oon), ou encore Hidamari ga kikoeru (BL édité par IDP). Ca m’a aussi rappelé le drama Orange Days (et m’a donné envie de le re-regarder !).

Je trouve le dessin magnifique. Le trait est rond, doux et léger et s’accompagne d’un découpage épuré qui permet une lecture lisible mais entraînante. Le duo ne lésine pas sur les plans rapprochés (mains, visages) pour faire passer les sentiments. Cela sert aussi, bien sûr, à exposer les difficultés de communication que peuvent rencontrer ceux-ci.

Doux dans le trait et dans le fond, A sign of Affection met en avant l’importance de la communication avec une réelle sensibilité. Le seul point négatif, pour moi, est l’esquisse d’un triangle amoureux. Ceci dit, grâce à cette atmosphère bienveillante et douce, je n’ai aucun doute sur le fait que je vais aimer la série. J’ai vraiment hâte de pouvoir lire la suite (parution du 2e tome début juillet !) mais ne vous y trompez pas : A sign of Affection est déjà un coup de cœur.

*La rencontre entre Yuki et Itsuomi, la découverte de leur quotidien, la romance qui s’installe entre eux.
Vous pouvez lire un extrait sur ce lien ; d’autres articles mangas sont disponibles ici. J’attends avec impatience le 2e (et dernier) tome d’Analog Drop pour vous écrire une chronique – vous savez donc qu’elle sera la prochaine chronique Akata !

Victor & Nora – A Gotham Love Story, L. Myracle & I. Goodhart


J’ai envie de vous parler de Victor & Nora, A Gotham Love Story de Lauren Myracle et Isaac Goodhart. Le mois dernier, Urban a continué sur sa (belle) lancée dans son label Urban Link avec des sorties toutes plus sympas les unes autres que les autres.

Victor Fries a un cœur de pierre. À la mort de son frère, sa vie s’est littéralement figée et il n’a trouvé d’autre solution que de noyer sa culpabilité et son chagrin dans ses études scientifiques.
À contrario, Nora Faria est pleine de vie. Elle souffre pourtant d’une maladie incurable qui la consume peu à peu de l’intérieur… Pour elle, hors de question de se laisser abattre. Sa décision est prise : il ne lui reste que peu de temps à vivre, aussi elle compte bien profiter de ce dernier été à Gotham jusqu’au jour de son anniversaire, où elle se donnera la mort.

Dans les autres romans graphiques sortis en mai, il y avait Shadow of the Batgirl – que j’ai bien aimé et dont j’espère avoir le temps de vous parler – et Gotham High. Celui que j’attendais le plus était sans aucun doute Victor & Nora ! Pour ceux du fond, Victor n’est autre que le fameux Mr Freeze, un des ennemis de Batman.

Deux âmes torturées – deux opposés qui s’attirent

Le duo de Catwoman under the moon revient avec un nouveau titre. J’adore le trait d’Isaac Goodhart, son onirisme, et son découpage des planches. La colorisation de Cris Peter est également un grand « oui » pour moi. Quoi qu’un peu clichées dans les teintes choisies pour les deux personnages, celles-ci se marient à la perfection lorsqu’ils sont ensemble. Comme souvent lorsqu’on a une histoire courte, l’intrigue est parfois un peu rapide.

Victor et Nora ont un caractère diamétralement opposés. Le happy ending est écarté d’emblée quand on connaît les personnages de l’univers de DC. Pourtant, ils vont se découvrir et se lier rapidement. Victor & Nora est une histoire de rencontre – et d’amour –, entre deux adolescents a qui la vie n’a pas fait de cadeaux. Bien sûr, le deuil et la maladie sont des thèmes importants amenés dès le début du récit. Ils sont d’ailleurs utilisés tout au long de celui-ci, sous différentes facettes (malade et sa famille, perte d’un être cher…). Il s’agit donc une histoire d’amour sombre et tragique, certes, mais l’humour et la tendresse ne sont pas en reste.

Victor & Nora est un one-shot touchant et bien mené avec des personnages attachants, qui se lit facilement. La fin ouverte permet de rattacher Victor au Mr Freeze « que l’on connaît ». Elle lui procure un background plus humain, et plus complexe. Ceci dit, même si vous n’aimez pas Batman ou n’en avez jamais lu (ou vu !), Victor & Nora est une lecture à faire.

Pour lire plus d’articles mangas, BD… c’est par ici ! Vous pouvez également découvrir mes chroniques de Teen Titans: Beast Boy et Batman Nightwalker, également parus chez Urban.

Insomniaques, Makoto Ojiro


Insomniaques de Makoto Ojiro est le dernier titre de l’auteur de La fille du temps aux chats. Tous deux édités chez Soleil, le premier tome d’Insomniaques est paru le 12 mai dernier. Petit retour sur ce seinen tranche-de-vie plutôt réussi.

Ganta Nakami est insomniaque. À l’école, Il semble donc fatigué, voire associable. Un jour, dans la salle d’astronomie, il découvre Isaki Magari, endormie dans un coin. Insomniaque comme lui, mais bien plus sociable, elle lui propose de partager l’endroit pour y dormir en cachette. Leur rapprochement semble les aider à retrouver le sommeil, chacun étant sensible aux battements de cœur de l’autre…

Les troubles du sommeil,
ce mal discret

On est beaucoup à souffrir d’insomnies, et pourtant, elle n’est généralement pas vu comme un problème gênant. Dans Insomniaques, on n’est pas dans un manga dramatique mais tranche-de-vie qui dépeint la vie d’adolescents, avec douceur, réalisme… et humour, aussi. Certes, la vie des deux ado n’est pas en jeu, mais les répercussions de l’insomnie sur celle-ci sont réelles : difficultés à suivre les cours, à s’intégrer – à s’intéresser à ce qui les entoure, tout simplement, parce que la fatigue est trop présente.

Ce que j’en déduis après cette lecture, c’est qu’Insomniaques est un manga sur les sentiments : dans ce premier tome, c’est surtout pour montrer au lectorat comment Ganta et Isaki font face à leurs insomnies. Et ils le font de manière bien différentes, d’ailleurs. L’évolution des personnages semble être le chemin que va choisir Makoto Ojiro pour les prochains tomes.

J’aime le trait de Makoro Ojiro, rond et détaillé. Il apporte justement ce sentiment de douceur et de bienveillance au récit. Petit point noir : pour le moment, les personnages secondaires sont très légèrement présentés, peu développés, à voir donc si la suite change la donne de ce côté.

Dans son ensemble, le premier tome d‘Insomniaques est très sympa et offre une lecture légère. Il met en place les personnages principaux et leurs environnements de manière contrôlée. J’ai beaucoup aimé cette plongée au cœur du quotidien de Ganta et d’Isaki.

Un extrait est disponible sur ce lien. Pour plus de chroniques manga, c’est par ici !

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