Interview 404 : Crossfaith – Hiroki Ikegawa


Error 404 et Journal du Japon ont collaboré pour vous contacter une interview en compagnie du bassiste de Crossfaith.

– SALUTATIONS –

V – Bonjour et bienvenue sur Error404, aujourd’hui nous sommes avec Hiroki IKEGAWA du groupe
CROSSFAITH!

H – Salut !

V – Comment allez-vous Hiroki ?

H – Je vais bien merci.

– PROJETS EN COURS ? –

V – Vous avez sorti votre tout dernier album intitulé Ex Machina en août 2018, et seulement quelques
semaines plus tard, vous avez également dévoilé un autre titre, Soul Seeker, qui ne figure pas sur
l’album. De fait, on se demandait si vous aviez des projets en préparation ?

H – Eh bien, en ce moment nous sommes en train d’écrire de nouvelles chansons, et quand la tournée
sera terminée on retournera en studio pour les enregistrer.

V – Très bien, donc on devrait s’attendre à avoir un nouvel album je suppose ?

H – Je ne peux rien dire pour le moment mais oui, on y travaille.

– L’ÉNIGME DE TWITTER ? –

V – Alors vous êtes également très présents sur Twitter où vous aimez bien semer le doute auprès de vos
fans sur la possibilité du Triple Axe World tour; une tournée mondiale avec Coldrain, Crystal Lake ainsi
que vous-mêmes, ce qui nous intrigue beaucoup. Y a-t-il une chance pour que cette tournée voit le jour ?

H – Une tournée avec Coldrain, Crystal Lake et Crossfaith ? En fait nous sommes très proches mais on
n’en a jamais parlé entre nous… Donc peut-être que ça pourra se faire dans un futur proche. Qui sait !

V – Sympa ! Nous avons aussi remarqué que vous écrivez souvent « A l’année prochaine » sur Instagram
après chaque date européenne. Pourriez-vous nous en parler plus en détails, si vous avez déjà quelque
chose de prévu ?

H – À propos de la prochaine tournée européenne ? Eh bien, en ce moment on est plus en train de parler
du nouvel album donc rien n’est prévu. Mais sinon, bien sûr qu’on reviendra en Europe, on adore y faire
des concerts !

– DIFFÉRENCES ENTRE JOUER DANS VOTRE PAYS VS À L’ÉTRANGER ? –

V – En parlant de concerts, certains membres de Error 404 ont récemment fait l’expérience d’un concert au Japon, et ils ont clairement pu remarquer que les concert là-bas étaient très différents comparé à d’autres endroits du monde. Par exemple personne n’a de téléphone dans la main et la salle est dans le noir complet, ce qui aide beaucoup pour le côté immersif. Est-ce que vous voyez des différences entre jouer au Japon et à l’étranger ?

H – C’est effectivement différent. Les fans sont bien sûr différents, mais les salles sont très… comment
dire… ça dépend de la salle mais la plupart d’entre elles sont des espaces verts. Ce qui fait que parfois je
me sens trop pur pour y jouer du rock. Comme vous le savez, au Japon tout est organisé, tout est toujours
à l’heure, tandis qu’ ici il y a souvent quelqu’un qui a la gueule de bois pendant un concert. Ça m’amuse
beaucoup ! Et pour en revenir aux fans, c’est totalement différent. Les foules japonaises sont plus comme
des supporters d’équipes de foot, du genre, quand le groupe parle entre deux chansons, le public va bien
évidemment écouter. Mais en Europe le public réagit, ce qui n’est pas pareil. Et aussi, les japonais ne
boivent pas dans les salles.

V – Vraiment ?

H – Ouais c’est pas pareil. Hum, depuis quelques temps, on essaye de mélanger notre auditoire avec des
fans de hip-hop et de hardcore, en passant par le metal, même au Japon. Tiens, il y a deux mois on a
organisé un événement intitulé Nitropolis, où on passe du hip-hop avec certains rappeurs ainsi qu’un
groupe de hardcore américain qui s’appelle Vein. Donc oui, on varie les styles, on essaye de… Comment
dire…

V – De rester ouverts d’esprit , j’imagine ?

H – Oui, dans le sens où on mélange vraiment les différents publics entre eux. Et j’espère qu’ils le savent.
C’est bien d’avoir des fans unis entre eux, mais en même temps je ne veux pas qu’ils soient tous pareil.
Je ne veux pas qu’ils aient tous la même culture ou qu’ils viennent tous du même horizon. Je veux qu’ils
se sentent indépendants pendant le concert. C’est pour ça qu’on a créé l’événement.

V – C’est une façon intéressante de voir les choses !

– LA SOIRÉE ‘ACCROSS THE FUTURE’ DANS D’AUTRES PARTIES DU MONDE ? –

V – Est-ce que vous pensez que ce serait possible d’exporter votre soirée annuelle « Accross the
Future » hors du Japon ?

H – Oui bien sûr ! On a lancé cet événement pour la première fois il y a 3-4 ans et en ce moment on fait
des concerts dans le monde entier et on s’est fait pleins de nouveaux amis. Donc ouais, c’est carrément
envisageable ! Peut-être qu’on commencera d’abord avec l’Asie, mais oui on va le faire !

V – Ce serait vraiment cool !

H – C’est vrai ? Je prends note alors.

– CE QUI VOUS MANQUE DU JAPON EN TOURNÉE ? –

V – Qu’est-ce qui vous manque le plus du Japon quand vous êtes en tournée ?

H – Des toilettes propres ? *rires*

V – C’est donc tout ?

H – Oui, la nourriture ça passe. Je découvre toujours la nourriture dans chaque nouveau pays, surtout en
France. Par exemple vous avez des cours sur la nourriture, non ? C’est nécessaire ! Et c’est vraiment
pratique. Les enfants peuvent apprendre comment manger à l’école, contrairement au Japon où ça ne se
passe pas comme ça. Quelle était la question déjà? Ah oui, eh bien les toilettes propres me manquent
vraiment.

– DES RECOMMANDATIONS DE LIEUX AU JAPON ? –

V – Avez-vous des lieux à recommander au Japon ? Si vous deviez choisir un lieu favori, ce serait
lequel ?

H – Qui va lire cette interview ?

V – Des fans de musique, et puis un peu tout le monde, dont des personnes intéressées par la culture
japonaise.

H – Très bien. Donc je recommande Nishinari à Osaka. C’est un peu glauque comme endroit mais
beaucoup de choses se sont arrêtées dans les années 80. Si vous allez à Tokyo, vous voyez toujours de
nouvelles têtes, de nouveaux bâtiments,… Mais Nishinari est comme arrêtée dans le temps. Et si vous
voulez dormir à l’hôtel, une chambre coûterait seulement 8€ et quelques. Vous y voyez pleins de facettes
différentes, contrairement aux guides touristiques qui vous montrent toujours le bon côté du Japon. Bien
que Nishinari soit un endroit un peu dangereux, cela vous permet de voir toutes les facettes du pays, pas
seulement le mauvais côté.

V – C’est un peu comme un voyage dans le temps, non ?

H – Oui voilà ! C’est très intéressant.

– GRANDES OU PETITES SALLES ? –

V – Partons du principe que vous avez votre mot à dire pour cette prochaine question, bien que nous
sachions que les salles dans lesquelles vous jouez ne dépendent pas de vous. Avez-vous tout de même
des préférences au niveau des salles de concert ? Est-ce que vous auriez plutôt un penchant pour les
petites salles où la proximité avec le public est très bonne ? Ou bien préféreriez-vous jouer dans de plus
grandes salles qui vous permettraient de mettre en place un concert plus visuel, plus spectaculaire ?

H – C’est difficile comme question. Vous savez, ça dépend du temps, de la setlist,… Donc bien entendu ,
si c’est dans de grandes salles et qu’on peut mettre des LED c’est génial. Dans le dernier album on parlait
beaucoup des technologies et de l’intelligence artificielle. L’année dernière… non, en avril plutôt, on a fait
une tournée au Japon en tête d’affiche dans des salles ayant des capacités de 2 000 à 3 000 personnes.
On a mis des énormes LED sur nous et même de la lumière sur la batterie. Avant qu’on mette en place
l’idée du film à base de LED, on partait du principe qu’on voulait faire un film où on changerait de
costumes entre chaque chanson. En fait, on était tous musiciens et acteurs à la fois, comme dans un film.
C’était vraiment comme ça qu’on pouvait exprimer notre vision de l’album.

V – Comme si l’album prenait vie.

H – Voilà. Donc, pour revenir à votre question, je dirais que je préfère les grandes salles. J’aime toujours
jouer dans les petites salles, mais pour Crossfaith je veux que les gens puissent nous regarder dans de
grandes salles.

V – Comme s’ils étaient dans un cinéma ?

H – Oui, absolument.

– UN PAYS QUE VOUS AIMERIEZ VISITER ? –

V – Est-ce qu’il y a un pays où vous n’êtes jamais allé mais que vous adoreriez visiter ?

H – Le Brésil, et l’Amérique du Sud en général. On n’y est pas encore allé donc il y a pas mal de pays
qu’on a pas vu et qu’on veut voir. Je suis allé en Palestine et en Israël tout seul en février dernier mais je
n’ai pas l’impression qu’il y ait de communauté metal donc je ne sais pas. Mais en tant que groupe
j’adorerais aller en Amérique du sud, j’ai entendu dire que la communauté rock prend une grande
ampleur.

J – De plus, je pense que vous êtes très attendus en Amérique du Sud. Vous avez une grosse fanbase
avec Coldrain et Crystal Lake.

V – Oui oui, ils ont beaucoup de fans là-bas !

J – Surtout en Argentine et au Brésil !

H – Ah oui ? Donc… Coldrain, Crystal Lake, Crossfaith et…. l’Amérique du Sud ?

J – Si vous faîtes ça je viens immédiatement !

H – Oh, vraiment ?

– CREATION ARTISTIQUE ? –

V – Écrivez-vous vos chansons pendant les tournées ou alors en studio ?

H – Et bien je ne suis pas le principal auteur-compositeur du groupe, Terufumi et Kazuki le sont. Ils
répètent toujours que le processus-même de l’écriture de chansons ne se déroule pas studio. Toutefois ils
y réfléchissent beaucoup et ont beaucoup de nouvelles idées pendant les tournées. Et puis vous savez,
après chaque concert on fait la fête, et l’un des deux va s’enfermer au toilettes et va chuchoter « ah tch
tch tch tch » dans l’enregistreur de son téléphone, ce qui va leur servir de base pour les aider à travailler
dessus en studio.

V – C’est donc pour ça que les toilettes propres vous manquent le plus quand vous êtes à l’autre bout du
monde, vous en avez besoin pour écrire les chansons ?

H*rires* J’adore ! Fais en sorte que ça soit moi qui ai dit ça !
(déso Hiroki) – la traductrice

– KNOTFEST ? –

J – On a entendu récemment que le festival de Knotfest se déroulerait en mars prochain au Japon, y
serez-vous présent, ou est-ce quelque chose dont vous n’avez pas le droit de parler ?

H – Ah, c’est toujours… euh… Je ne sais pas ce que je peux vous dire dessus. Désolé !

– ERROR 404 –

• MUSIQUE

V – À Error 404 on aime bien aborder un peu tout ce qui est en rapport à la pop culture y compris la
musique, les jeux vidéos, et ainsi de suite. Nous aimerions bien, dans cette optique là, vous connaître un
peu plus, si ça ne vous dérange pas ?

H – Pas de soucis !

V – Génial ! Tout d’abord, quelle musique écoutez-vous en ce moment ? Ça peut être tout et n’importe
quoi…

H – En ce moment, j’aime bien la musique néo-classique, comme Nils Frahm qui vient d’Allemagne, et de
la musique chill. Pour être honnête je n’écoute pas tant de metal que ça comparé à avant. J’en écoute
toujours, mais j’écoute plus du Nils Frahm, Clark,… Laissez-moi vérifier sur mon téléphone… Modest
House… Quoi d’autre…

• JEUX-VIDÉOS

V – Ne vous en faîtes pas, vous nous avez déjà beaucoup donné de noms, merci ! Ensuite, est-ce que
vous jouez à un jeu-vidéo en particulier ? Ou alors y-a-t-il un jeu dont vous attendez impatiemment la
sortie ?

H – Peut-être que cette réponse sera sans intérêt mais j’attends le prochain Kojima !

JDeath Stranding ? Oui, c’est un jeu d’horreur qui est beaucoup attendu par la communauté gaming.
Dans ce jeu Kojima s’est inspiré de vrais acteurs pour créer les personnages, comme celui de The
Walking Dead il me semble.

H – Ah oui, j’avais oublié le nom mais c’est ça !

J – Et je pense qu’il sortira en novembre !

H – Ah oui peut-être ! C’est le même gars qui a fait les Metal Gear Solid.

J – Au fait, est-ce que vous êtes enthousiaste à propos de Cyberpunk ?

HCyberpunk ?

J – Vous ne connaissez pas ?

H – Culturellement parlant, oui, mais pas en tant que jeu-vidéo…

J – Il y a un jeu qui est vraiment attendu par la communauté qui se intitule Cyberpunk 2077 et qui vient d’un studio polonais. Vous devriez y jeter un œil parce qu’il est vraiment bien et c’est inspiré par le
steampunk japonais et sûrement par le film Blade Runner également.

• MOVIES

V – Et sinon, avez-vous des films à nous conseiller ?

H – Je dirais Tony Takitani, un film japonais. Est-ce que vous connaissez le livre 1Q84 de l’auteur Haruki
Murakami ? Eh bien, il a écrit des histoires et la musique est de Ryuchi Sakamoto. Le film date d’il y a 15
ans mais c’est vraiment bien. Et sinon j’ai surtout des films japonais à recommander…

V et J – Oui bien sûr, allez-y !

H – Okay cool ! un autre, UN AUTRE ! Il y en a un qui s’appelle And So We Put Goldfish In The Pool.

J – Ah oui ! Je crois que ça a été projeté dans les cinémas français.

H – Vraiment ?

J – Oui ! Et on m’a dit que c’était vraiment génial, c’était très touchant et avec une histoire magnifique !

H – Oui c’est vrai ! Et puis ça ne dure que 20 minutes et c’est disponible sur Youtube donc vous pouvez
aller le voir ! C’est super intéressant. Ça parle des problèmes d’enfants,… et le langage utilisé est très
proche de celui des jeunes générations japonaises !

V – Oui, ça à l’air intéressant ! On va y jeter un œil !

• BONUS

V – Et maintenant une question bonus ! Quel est votre jeu d’arcade préféré ?

H – Hum … D’habitude je joue à du Air Hockey mais c’est un peu chiant, désolé…

V – Vous jouez au hockey ?

H – Du Air Hockey, oui. Sinon, il y a environs 5 ans, à Game Center il y avait une énoooorme borne
d’arcade pour Metal Gear Solid !

V – Woah trop cool !

H – Oui, c’était vraiment cool !

J – Mais c’était seulement au Japon j’imagine.

– CATS VS DOGS ? –

J – Vous êtes plus chats ou chiens ?

H – Hum … Les chiens !

J – PARFAIT !!

H*rires*

V – C’est ton parti pris ?

J – Oui. Mon amie a deux chats et j’ai un Akita du coup je lutte pour la cause canine !

H – Aah d’accord !

– MOT DE FIN? –

V – Et le dernier pour la fin, on va terminer cette entrevue par une petite anecdote amusante. L’année
dernière notre collègue Max a eu l’opportunité d’interviewer Crossfaith en Autriche et il portait un t-shirt de Of Mice&Men. Était-ce une simple coïncidence, ou avait-il prédit que cette tournée verrait le jour ?

H – Je ne sais pas… Oui ???

V – Ne vous en faîtes pas c’est une blague. Il a vraiment porté le t-shirt et on disait pour plaisanter qu’il
savait que ça arriverait un jour !

H – Haha, génial !

V – Avez-vous un dernier mot ?

H – Non, nous sommes de très bons amis et ils sont le premier groupe qui nous emmène hors de l’Asie.
Donc on a une très bonne amitié, on a fait une tournée avec eux en Australie, en Asie, et un peu partout.

V – C’est génial ! Je pense que c’est tout pour aujourd’hui, merci beaucoup Hiroki !

H – Merci à vous !

Vous pouvez également retrouver ci-dessous un lien vers le compte-rendu de Journal du Japon, avec en prime quelques photos bien sympathiques !  🙂

https://www.journaldujapon.com/2019/09/11/crossfaith-trabendo-groupe-conquerant-explosif/

 

Smallworld – De la conquête au déclin

Qui n’a jamais un jour pensé : que le monde est petit ! Dans Smallworld, le monde est TROP petit. Le but est simple : avoir plus de points de victoire que les autres joueurs avant la fin des tours impartis (le nombre de tours varie selon le nombre de joueurs). Comment ? Par la conquête et le maintien de vos territoires !

En début de partie, les joueurs sont amenés à sélectionner un peuple parmi les 6 faces visibles qui se couplent avec un pouvoir spécial. Chaque peuple a sa spécificité et à chaque partie les pouvoirs spéciaux qui leur sont attribués sont différents (dans la limite des 20 tuiles pouvoirs spéciaux fournies avec le jeu de base). Ensuite : l’heure est d’investir le petit monde de Smallworld.

Le jeu est basé sur votre stratégie qu’il faudra adapter aux possibilités qui s’offrent à vous. Lors de votre première conquête, vous commencez sur les bords de la carte et coloniserez peu à peu les territoires en fonction de ce qui vous est possible et de ce qui vous intéresse. Dans Smallworld, il ne suffit pas de contrôler le plus de terres : certaines capacités des différents peuples ou pouvoirs spéciaux vous font gagner des points supplémentaires sur des cases spécifiques. Encore mieux : certains gagnent plus de points en écrasant leurs adversaires !

Ce jeu est, par essence, taillé sur-mesure pour les amateurs de jeux de stratégie et de conquêtes ou tous amoureux d’univers médiéval-fantastiques. Le tout pour des règles simples à assimiler. Il n’est pas garanti que vous comprendrez toutes les possibilités pour arracher la victoire à vos adversaires dès la première partie, mais Smallworld c’est aussi une grande rejouabilité où les combinaisons se renouvellent et laissent place à d’autres stratégies.

Attention cependant : votre nombre d’unités est limité. La combinaison de la tuile « peuple » et de la tuile « pouvoir spécial » générées aléatoirement vous indique le nombre d’unités disponibles au total (addition des deux valeurs dans les coins inférieurs des tuiles, sur fond orange). Vous n’aurez que rarement la pleine puissance disponible alors réfléchissez bien.

Le concept de déclin : 

Dans Smallworld, lorsque vous jugez que votre peuple domine trop de territoires, ne peut plus s’étendre ou lorsqu’il vous éloigne de la victoire, bref, lorsque vous le jugez nécessaire, vous pouvez, au début de votre tour de jeu, passer votre peuple en déclin. Votre peuple perd alors son pouvoir spécial, vos cases conquises ne gardent plus qu’une unité de ce peuple et le peuple en déclin ne peut plus conquérir de nouveaux territoires. Ils continuent cependant de vous rapporter des points. Au tour suivant vous pourrez vous emparer d’un autre peuple et conquérir comme au premier tour, c’est-à-dire : faire débarquer cette nouvelle combinaison peuple + pouvoir spécial et l’étendre ensuite.

Puis de nouveau, vous pourrez passer en déclin lorsque ce nouveau peuple ne répondra plus à vos attentes. Cependant, vous ne pouvez cumuler qu’un seul peuple actif et qu’un seul peuple en déclin. Passer un nouveau peuple en déclin fait définitivement disparaître de la carte votre ancien peuple en déclin. Mais cette décision peut parfois s’avérer utile.

Les spécificités des peuples et des pouvoirs spéciaux :

Les règles de Smallworld sont faites pour contenir des exceptions. En réalité, certaines capacités de peuples et certains pouvoirs spéciaux viennent contredire les règles du jeu afin d’offrir à votre peuple un atout spécial. En voici quelques exemples :

  • Les zombies ne perdent pas leurs unités lors du passage en déclin (s’ils étaient trois sur un territoire, ils restent trois, on n’en laisse pas qu’un seul) et il peuvent continuer à conquérir même lors du déclin ! (Ce qui permet au joueur, entre autre, d’avoir deux peuples actifs).
  • Le pouvoir spécial « dur à cuire » vous permet de passer votre peuple actif en déclin le même tour que vos conquêtes (en temps normal, il faut annoncer le déclin au début de son tour, et l’on ne peut conquérir).
  • Le pouvoir spécial « ancestraux » vous permet de cumuler deux peuples en déclin en plus de votre peuple actif.

Bref, les possibilités sont multiples et offrent parfois des combinaisons vraiment intéressantes. Simplement : il faut être le premier à déterminer leur potentiel et à vous en emparer.

Une combinaison peuple et pouvoir spécial peut vous sembler inutile en début de partie et devenir décisive au cours de celle-ci !

Tout ça commence à faire beaucoup à retenir ? Pas de panique ! Durant votre partie, vous disposerez d’une aide de jeu pour chaque joueur afin de rappeler quelques règles, d’expliquer quels sont les types de terrains présents sur la carte et de détailler les capacités de peuple et les pouvoirs spéciaux !

Les extensions :

Vous avez déjà bien joué à Smallworld et à présent aucune combinaison ne créé d’effet de surprise pour vous ? Days of Wonder a tout prévu ! Smallworld comprend une myriade d’extensions qui viennent renouveler et réinventer le jeu. Certaines extensions servent à ajouter simplement des peuples et des pouvoirs spéciaux. D’autres viennent bouleverser complètement le jeu !

Par exemple :

  • L’extension « L’île du nécromant » ajoute une menace supplémentaire interprétée par un joueur : le terrible nécromant, vivant sur son île au milieu du lac de Smallworld (situé au centre de la carte) qui voudra à tout prix venir parasiter vos conquêtes.
  • L’extension « Contes et légendes » : un simple jeu de cartes qui apportera des événements bouleversant vos stratégies pour les tours à venir.

Bref, la liste des extensions est encore longue ; mais vous avez une idée, je pense, des variétés qu’elles offrent.

Avis

J’aime ce jeu. Il est d’une apparente complexité mais est en réalité très simple. Les seules choses justifiant d’avoir l’aide du jeu à côté de soi au cours de la partie sont pour se remémorer les capacités des peuples, les pouvoirs spéciaux et comprendre les différentes catégories de terrains présentes sur la carte.

Mes premières parties étaient longues mais plus j’y rejoue, moins elles durent et plus le jeu devient fluide.

Mais le jeu est beau, riche et franchement drôle. Certaines combinaisons sont tordantes (ex. : « Les Squelettes marchands », vous vous imaginez faire du commerce avec des os ambulants vous ?). Ma plus grande frustration survient lorsque je me rends compte qu’on joue le dernier tour : je n’ai absolument pas eu le temps de finir toutes mes stratégies ! Argh !

  • Le rangement ! Il y a beaucoup de pièces et beaucoup de petites pièces. Heureusement, une notice est fournie pour vous aider à ranger Smallworld !
  • La stratégie du déclin : un tour de conquête, tour suivant déclin, un tour de conquête, tour suivant déclin etc. Cette stratégie est sans doute la plus simple mais elle est loin d’être la plus efficace : voyez plus loin !
  • Le temps de jeu. L’estimation « 40-80 minutes » me semblent légèrement exagéré. Comptez entre 60 et 120 minutes plutôt.
  • Jusqu’à 5 joueurs seulement. Il faut payer une carte supplémentaire pour pouvoir jouer à 6 joueurs. Et ça, c’est bien dommage.

  • La rejouabilité. Les combinaisons aléatoires permettent une rejouabilité assez grande et toutes les parties ne se ressemblent pas !
  • La beauté du jeu. Tout amateur de médiéval-fantastique s’y retrouvera et ceux que ça rebute pourront quand même s’amuser des combinaisons « peuple » et « pouvoir spécial ».
  • La simplicité des règles. Malgré la difficulté d’y voir toutes les possibilités stratégiques d’emblée, les règles restent assez simples : pas besoin d’y revenir trop souvent.
  • Le concept de déclin. Ça, c’est vraiment le gros plus ! Il faut avouer que le concept est génial. Mais attention à ne pas trop souvent y faire appel.

En résumé

Une bonne alternative au Risk avec des règles simplifiées, un temps de jeu plus court et de beaux dessins sans pour autant négliger l’aspect stratégique.

 

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