La Fille Qui a Mangé la Mort – Chapitre 9

 

Chapitre 9 : L’Herbe est Délicieuse Parfois

A l’intérieur du Château Belta ; Devant le Bureau de Sidamo.

Deux nouveaux-arrivants récemment nommés se tenaient droit devant la porte, ne sachant pas quoi faire. Plus précisément, il se demandaient quoi faire de l’objet présent devant leurs yeux.

« ……Qu’est-ce que c’est ? »

« Peu importe dans quel sens je le regarde, n’est-ce pas un simple morceau de pain ? »

« Non, ce que je veux dire, c’est pourquoi y-a-t-il un morceau de pain placé ici…….. Je me demande s’il s’agit d’une sorte de test. Nous ferions mieux d’y réfléchir. »

Murmura une femme portant un tout nouvel uniforme d’officier, poussant du doigt les lunettes présentes sur son nez.

Il s’agissait probablement de sa façon de gérer les situations de stress.

L’autre homme se pencha, puis examina le pain. Ce n’était rien de spécial, juste un morceau de pain.

Rien de plus, rien de moins.

—En d’autres termes…

« Quelqu’un l’a probablement fait tomber. Tu réfléchis trop. »

« Dans un tel endroit ? De qui pourrait-il bien s’agir ? »

« Dans tous les cas, ramassons-le. Il appartient peut-être à Sir Officier du Personnel. Je vais le tenir d’une façon peu naturelle. Ainsi, il le remarquera peut-être. »

« ……Fais come tu veux. Tâche juste de ne pas m’impliquer. »

Après avoir dévoilé une expression d’incrédulité, la jeune femme toqua à la porte. La voix acéré d’un homme répondit de l’autre côté.

« —Qui est-ce ? »

Elle prit une large inspiration, puis se présenta,

« Sir ! Je suis le Second Lieutenant Katarina Nubes, assignée depuis aujourd’hui à la Troisième Armée ! Je suis venue me présenter ! »

« Moi de même, je suis le Second Lieutenant Vander Hafiz ! »

« Entrez. »

« Veuillez nous excuser ! »

Venant de recevoir la permission d’entrer, ils raidirent leurs dos afin de ne pas paraitre discourtois, puis entrèrent dans la pièce. A l’intérieur, un homme menait à bien ses devoirs officiels, de nombreuses rides entre ses sourcils.

Les deux nouveaux arrivants devinèrent qu’il s’agissait probablement de Chef Officier du Personnel de la Troisième Armée, Sidamo Arte. Dans n’importe quelle situation, les premières impressions étaient cruciales. Ils raidirent donc leur dos davantage, frappèrent du talon, puis saluèrent en respectant leur entrainement.

—En baissant par mégarde les yeux, ils virent éparpillés au sol les morceaux d’un pot de fleur brisé.

« Vous avez bien fait de venir au Château Belta, le front du Royaume Yuze. A partir de maintenant, j’en attends beaucoup de vous. C’est ce que j’aimerai vous dire, mais… »

Sidamo coupa sa phrase en plein milieu.

« ….. ? »

« Bientôt, sur ordres de nos supérieurs, nous serons assimilés à la Quatrième Armée. Malheureusement, vous ne resterez donc que très peu longtemps dans la Troisième Armée….. Ceci dit, qu’avez-vous dans votre main ? »

Sidamo pointa du doigt le pain dans la main de Vander. Ses sourcils étaient froncés, pris de petits spasmes.

« Sir ! J’ai trouvé cela devant la porte, alors j’ai pensé le ramasser. Est-ce peut-être votr— »

« Faux….. Débarrassez-vous en comme vous le souhaitez. Il s’agit d’un objet que Sir Héros a probablement fait tomber. Si vous avez faim, vous pouvez le manger. Mais bien sûr, seulement après la fin de cette conversation. »

« S-Sir ! »

Katarina et Vander échangèrent un regard hésitant. Mais Sidamo les ignora et continua,

« ……..De retour à notre conversation ; comme je vous l’ai dit, à l’arrivée de la Quatrième Armée, nous fusionnerons immédiatement avec celle-ci. Après ça, nous serons probablement en charge du soutien. »

Ils allaient travailler loin de la scène, incapable de réaliser le moindre exploit militaire. Ils allaient sans aucun doute devoir s’occuper des tâches les plus pénibles. Après tout, il valait mieux utiliser les ressources des autres plutôt que les siennes.

« Et donc, qu’en est-il de notre stationnement avec l’unité du Major Schera….. ? »

Demanda timidement Katarina. Il s’agissait de la meilleure occasion de travailler aux côtés d’un futur héros. Elle ne voulait pas laisser passer cette opportunité. Vander quant à lui était résigné à son propre sort.

« Cela ne change pas. Comme prévu, vous serez tous deux mobilisés comme adjudants. Vous devriez probablement apporter de la nourriture et saluer le Major Schera après cette discussion. Ainsi, je suis sûr qu’elle vous écoutera sérieusement. »

« Compris. »

Entendant Sidamo parler de nourriture, un large point d’exclamation flottait au dessus de la tête de Katarina, mais elle préféra ne pas poser de questions. Il semblait apparemment y avoir une connexion avec le morceau de pain trouvé plus tôt, mais l’atmosphère ne paraissait pas se prêter à de telles questions.

« …….A propos du Major Schera qui deviendra votre officier supérieur, elle est ce qu’on pourrait appeler un ‘élément problématique’. Elle aime agir arbitrairement au compte de sa seule autorité, possède une expérience superficielle du commandement d’une unité, et n’est pas très informée de l’art de la guerre. Toutefois, elle est vaillante, et possède de nombreux exploits à son actif. »

Les termes de Sidamo étaient tout sauf fleuris. Il était inutile de mentir, alors il avait préféré ne transmettre que la stricte vérité.

« M-Mais, elle a été promue Major à l’âge de 18 ans. C’est une vitesse de promotion incomparable, même au sein de notre armée… »

Lorsque Vander tenta d’obtenir de plus amples informations, Sidamo acquiesça solennellement.

« En effet. Elle s’est portée volontaire à 16 ans, et à cette occasion, a été acceptée après avoir apporté plusieurs têtes de l’Armée Rebelle. Après l’échec d’une attaque surprise lors de son premier combat, elle est parvenue, en pleine déroute, à annihiler une escouade toute entière, ce qui lui a valu d’être promue Second Lieutenant. Elle est ensuite parvenue à se faufiler dans un groupe de déserteurs d’Antigua, à infiltrer la base d’espions ennemis, et à tuer un Colonel de l’Armée de l’Empire. »

« In-Incroyable. »

S’exclama involontairement Katarina. Il s’agissait véritablement d’une carrière de Héros. Si Schera continuait sur cette lancée, une promotion au rang de Général n’était probablement pas un rêve. Et elle, en tant qu’adjudante, allait observer au plus près ce progrès. C’était pour cela qu’elle souhaitait devenir adjudante.

« De plus, au cours de l’Engagement d’Alucia, elle a mené une unité de cavalerie dont le commandant était tombé au combat, détruit un entrepôt de nourriture ennemi, puis traversé l’encerclement ennemi avant de se rapatrier. Elle est en possession de tels exploits. Si nous avions 100 personnes comme elle, nous gagnerions sans le moindre doute. »

« Alors pourquoi la considérez-vous comme un problème ? »

« Schera excelle en terme de puissance de combat. Toutefois, en tant qu’officier militaire elle n’a reçu aucun entrainement. Ses connaissances sont minces ; elle mène ses troupes par l’instinct, avec pour seul atout sa force supérieure. C’est une bonne chose pour un soldat, mais je m’inquiète de la savoir responsable des vies de 3 000 cavaliers. Lorsque vous l’assisterez, j’aimerai donc que vous reteniez son imprudence. »

« Vous voulez donc dire que… »

« Imaginons une situation. Si elle tombe dans un piège ennemi, votre travail est de la garder en vie, peu importe la méthode. Ce que j’essaye de vous dire, c’est que vous ne devez surtout pas la laissez tomber dans les même travers que la Troisième Armée —Qu’en pensez-vous ? Avez-vous bien compris ? Si c’est le cas manifestez-vous. »

Une fois son discours terminé, Sidamo questionna la compréhension des deux adjudants qui venaient d’être bombardés de mots.

« C-Compris. Je l’aiderai de tout mon possible. »

« Moi de même. Moi, Valder, je ferais tout mon possible ! »

Katarina et Vander, malgré le barrage de mots, saluèrent en confirmant leur juste compréhension. Pour une raison inconnue, ils avaient l’impression qu’un travail extrêmement compliqué venait de leur être confié.

Pendant un instant, Sidamo parut soulagé.

« …….Très bien. Dans ce cas, vous pouvez partir. J’attends de vous des actes. »

« Sir ! »

Les deux adjudants partirent respectueusement en échangeant un regard mutuel.

Comme s’ils se demandaient tous les deux ce qui venait de leur arriver.

« Pour le moment, allons saluer le Major Schera. Nous ne comprendrons rien à moins de la rencontrer en personne. Toute autre considération peut être gardée pour plus tard, n’es-tu pas d’accord ? »

« O-Oui, tu as raison. Nous devrions agir au lieu de simplement nous inquiéter…. Mais nous ne pouvons pas agir sans réfléchir. Absolument pas. Ce qui a été fait ne peut pas être défait— »

Murmurait Katarina en poussant ses lunettes. ‘Encore ce geste ?’ pensa Vander en s’avançant.

« Qu’est-ce que tu murmures ? Si tu continues, je te laisse ici. »

« A-Attends-moi ! »

« Ne crie pas si fort. Quelqu’un d’autre risque de t’entendre. »

« C’est parce que tu pars sans moi ! »

Aussi longtemps qu’elle parvenait à s’en souvenir, Katarina n’avait jamais eu de parents. Elle était un prodige arrivé aussi loin grâce à ses efforts acharnés ainsi que ses études. Elle préférait apprendre plutôt que combattre, et personnellement, elle détestait les personnes qui agissaient sans réfléchir.

Ses parents adoptifs étaient de telles personnes.

Après avoir ajusté les lunettes glissant sur son nez, Katarina poursuivit son collègue.

 

Château Belta, à l’intérieur des Étables.

Les deux adjudants discutaient avec le soldat s’occupant des chevaux de guerre.

Katarina était épuisée à force de marcher, son corps titubant.

« …….Où est le Major Schera ? »

« Elle a mobilisé la cavalerie afin de s’occuper d’une tâche. Je pense qu’elle en profite pour patrouiller dans le périmètre et attaquer des convois de nourriture, comme d’habitude. »

« M-Mais, l’Officier du Personnel Sidamo nous a justement demandé de mettre fin à de telles prises de risque. »

« Hahahaha, ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça, mais plutôt au Major Schera. Mais si elle pouvait simplement arrêter après qu’on lui ait demandé, l’Officier du Personnel n’aurait pas autant de mal avec elle. »

Le soldat éclata de rire, puis retourna à ses chevaux. Il était l’un des cavaliers de l’unité de Schera. Son moral était relativement haut, probablement parce qu’il avait pu constater la force de sa supérieure. Voyant le soldat retourner au travail, Vander soupira.

« Je ne peux m’empêcher de penser que de nombreux problèmes nous attendent. Peut-être était-ce une erreur de nous proposer volontaires… »

« ……..Oh, ferme-la. Même si tu penses ça, évite de le dire à voix haute. »

« C’est juste ma personnalité. J’aime dire tout haut ce que je pense. »

« Alors dépêche-toi de corriger cette personnalité. »

« Je ferais de mon mieux, Oh Seigneur Second Lieutenant Katarina. »

En arrivant au bureau de Schera, ils avaient trouvé l’endroit vide, et avaient donc cherché partout dans le Château Belta. Ayant enfin obtenu une trace d’elle dans les baraquements, ils s’étaient empressés de se rendre à l’étable, comme on le leur avait conseillé.

Toutefois, ils étaient arrivés trop tard, et apprirent que Schera était partie patrouiller dans la zone, menant 100 cavaliers à l’extérieur de Belta.

—Schera semblait avoir complètement oublié les deux nouveaux adjudants dont lui avait parlé Sidamo.

 

Au même moment, autre part.

Schera s’était comme prévu rendue à l’ouest de Belta à toute vitesse, et après avoir traversé la Rivière Alucia, se tenait dissimulée aux côtés de son unité sur une colline légèrement élevée surplombant le Château Antigua. Naturellement, tout le monde était descendu de sa monture, et les chevaux avaient été cachés sous l’ombre des arbres.

« Laissez-moi voir…… Je me demande ce qu’est devenue notre ancienne maison, Antigua…… Quel drapeau écœurant, comme toujours. Ce satané drapeau vert merdique. Plus je le regarde, plus il m’énerve. Je risque d’avoir des rides au front, comme l’Officier du Personnel Sidamo. »

Schera observait le château à travers la longue-vue d’espion volée à l’Empire.

Le blason de la Famille Royale Yuze sur un fond vert — il s’agissait du drapeau de l’Armée de Libération. Le blason de la Famille Royale sur un fond rouge était quant à lui le drapeau de l’Armée du Royaume.

Schera arracha violemment une poignée de mauvaises herbes poussant près d’elle et la jeta dans sa bouche en mastiquant comme un cheval.

Amer. Déplaisant. Âcre.

Je n’aurais jamais dû manger ça, elle regretta immédiatement son geste.

Une expression atroce sur le visage, Schera regarda à travers la longue vue d’espion et vérifia la situation actuelle. L’intérieur du château semblait calme, mais la sécurité était maintenue. La ville à l’intérieur des remparts était remplie de soldats et marchands, des sourires visibles sur le visage des habitants. Six mois s’étaient écoulés, et la tranquillité avait été complètement restaurée. En fait, la ville était probablement plus prospère que sous le joug du Royaume. Les habitants étaient soulagés d’avoir été enfin libérés d’une autorité tyrannique. Schera, déplu, cracha l’herbe.

« ……Major. Personne ne mange de mauvaises herbes lorsqu’il est en colère. »

Un soldat s’adressa à Schera, l’air surpris.

« J’ai laissé mes vivres avec les chevaux, je n’ai donc rien à manger sur moi. Mon estomac est en crise. »

« Ne vous inquiétez pas et prenez ça. J’ai réussi à me le procurer il y a quelques temps. »

Il rampa jusqu’à Schera, un large sourire sur le visage. En traversant les Plaines Alucia, il avait récolté quelques plantes depuis un champ. Puisqu’il s’agissait maintenant d’un territoire ennemi, il ne s’était pas vraiment gêné.

« ……Je me demande ce que c’est. Ça semble plus dur que l’herbe que je viens de manger. »

« C’est une plante servant à la création de sucre. Coupez la tige et gardez-la dans votre bouche. C’est à la fois sucré et délicieux. »

Schera suivit les consignes du soldat. Elle coupa la tige de la plante, avant de la placer dans sa bouche. Tout à coup, un jus sucré s’invita sur sa langue. Un large sourire apparut sur le visage de Schera, qui continua à mâcher la plante.

« En effet, c’est sucré et délicieux. Tu viens de réaliser là un grand exploit. Je t’offrirai quelque chose de bien après que nous soyons rentrés. »

« Merci. »

« Voyons ce qu’en dit mon estomac. La défense du château ennemi est solide— Bien, devrions-nous aller chercher de la nourriture, comme d’habitude ? Ils sont venus aussi loin, portant toutes ces vivres pour nous. Nous devrions leur être reconnaissant. »

Schera déplaça la longue vue d’espion, passant du château aux Plaines Alucia à la recherche d’un convoi.

« Nous avons répété ce genre d’attaque de nombreuses fois, pourquoi n’avons-nous pas encore été intercepté ? »

« Peut-être n’ont-ils pas la capacité d’envoyer des troupes dans un endroit aussi inutile que celui-ci. Ils semblent concentrer leurs troupes autour de Belta. Mais ne devraient-ils pas au moins attacher des gardes aux convois, afin de les protéger le mieux possible ? —Oh, j’ai découvert le repas de ce soir. Je me demande à quoi ressemblent leurs défenses… »

Schera découvrit tout à coup une colonne de véhicules au loin. Les gardes semblaient peu nombreux. Dans ce cas-là, il n’y avait pas le moindre problème. Mais lorsqu’elle décidé d’entrer en action, elle ressentit une puissante soif de sang. Elle s’empressa de tourner la longue vue dans sa direction.

« Major ? Qu’y a-t-il ? »

« …..On dirait que nos compagnons n’ont étonnamment rien d’autre à faire. Je me demande si c’est parce que j’ai un peu trop exagéré. Tiens, jette un coup d’œil toi aussi. »

Répondit-elle, jetant la longue vue d’espion au soldat à côté d’elle. Celui-ci panique, mais parvint à attraper la longue vue sans que celle-ci se casse. Puis, il regarda en direction de l’endroit pointé du doigt par Schera.

……Un violent nuage de fumée était visible. Il s’agissait d’une unité de cavalerie brandissant le Drapeau de l’Armée de Libération, mais aussi le Drapeau du Lion. L’unité comprenait environ 100 cavaliers, et se dirigeait directement vers la colline sur laquelle se tenait l’unité de Schera. De plus, ils avançaient rapidement.

« Ils se dirigent clairement vers nous. Major, pensez-vous que nous avons été découverts ? »

Demanda le soldat en rendant la longue vue à Schera. Il ne paniquait pas, sachant pertinemment que l’unité allait s’en sortir.

« Nous étions probablement observés nous aussi avec cet outil. Plus tôt, j’ai croisé le regard d’une personne paraissant être le commandant. »

Schera se leva lentement, s’étira vigoureusement, puis se dirigea vers l’endroit où étaient cachés les membres de son unité. Allaient-ils frapper, ou fuir lâchement le combat. Schera réfléchissait, une tige de plante dans la bouche.

« Qu’allons-nous faire ? »

«—Voyons… Nous sommes presque aussi nombreux qu’eux, alors je vais allez les saluer. Restez tous à terre et préparez une embuscade. N’oubliez pas de préparer les longues lances. Si nos invités viennent, nous allons chaleureusement les accueillir. »

« Envoyer un cavalier seul est bien trop dangereux, même pour vous ! Si vous allez à leur rencontre, nous venons avec vous ! »

« Si l’unité subit des dégâts, l’Officier du Personnel risque de diminuer de nouveau mon salaire. Il ne s’agira que d’une simple rencontre, vous n’avez pas besoin de vous inquiéter. »

Schera enfila son casque, sauta sur son cheval brun adoré, et prépara sa large faux. Ses cheveux ne pouvaient pas tous être dissimulés et s’échappaient de son casque.

Peut-être est-il temps de les couper ? Pensa Schera en faisant légèrement tournoyer sa faux. Celle-ci, fendant l’air, créa un rugissement audible aux alentours.

Par réflexe, les membres de l’unité s’arrêtèrent de respirer. Ils étaient vraiment soulagés de savoir que cette faux n’allait jamais s’abattre sur eux. Schera frappa du pied l’abdomen de son cheval, qui commença à galoper en direction du Drapeau du Lion en approche.

Brandissant fièrement le Drapeau du Lion, l’unité repéra rapidement Schera. Ils avaient été assignés à la garde des convois de vivres, après que ceux-ci aient été attaqués à de maintes reprises. Comme des loups affamés, les unités de cavalerie ennemie n’avaient pas eu la moindre pitié pour ces convois. Le fait qu’une unité d’élite ait été déployée en tant que garde prouvait à quel point le groupe de Schera était problématique. Les cuisines de l’Armée de Libération n’étaient pas dans une situation très confortable, et ne pouvait pas se permettre d’offrir davantage de surplus à l’armée ennemie.

« Lieutenant Colonel Fynn. A cette distance, ils pourront probablement s’enfuir. »

Le jeune homme du nom de Fynn acquiesça légèrement lorsque son adjudante s’adressa à lui.

Physiquement, il était un homme aux traits délicats, mais son puissant bras avait déjà tué deux Généraux Majors ennemi au cours du précédent engagement. Lors de l’attaque surprise, c’était aussi lui qui avait annihilé la division de Jira. Il avait reçu l’insigne du lion, et était considéré comme le plus puissant guerrier de l’Armée de Libération.

Ce jeune homme s’appelait Fynn Kattef, plus tard surnommé le ‘Général du Lion’.

« Ce n’est pas un problème. Notre devoir est de protéger le convoi jusqu’à son arrivée. »

« Bon sang. Ce Dieu de la Mort est un véritable problème. Il a même fallu que nous soyons mobilisés pour un simple travail d’escorte. »

« Un monstre gigantesque armé d’une large faux, n’est-ce pas ? Si la rumeur est vraie, je ne souhaite pas le rencontrer. Mais de ce que j’en sais, ce n’est rien de plus qu’une rumeur. »

Lorsque Fynn vérifia la situation à l’aide de sa longue vue depuis sa monture, il remarqua que la silhouette précédemment aperçue au loin avait disparue. S’il s’agissait vraiment d’un Dieu de la Mort, il ne resterait pas caché à observer. Finalement, une rumeur n’était rien d’autre qu’une rumeur. La peur vécue par une personne s’étendait, avant d’être amplifiée, voilà la réalité derrière cette rumeur de Dieu de la Mort. Et tandis qu’il se rassurait ainsi—

« Un cavalier d’affiliation inconnue se dirige vers nous !……. Il porte une arure de l’Armée du Royaume ainsi qu’une grande faux ! »

S’écria tout à coup un soldat en reculant de l’avant de l’unité. Lorsque Fynn se concentra sur le paysage devant ses yeux, il remarqua effectivement la présence d’un cavalier arrivant à toute allure.

« ………Hey, elle est seule. Souhaite-elle se rendre ? »

« Elle se tient en position de combat. Cela ne ressemble pas à une reddition. »

Il considéra une telle possibilité, mais puisque la silhouette en approche tenait une large faux, ses intentions semblaient toutes autres. Cela ne ressemblait pas non plus à une désertion.

« Un assaut par un seul cavalier ? Ridicule ! Faites-la tomber de sa monture et exposer la véritable nature de ce soi-disant Dieu de la Mort ! »

Cria l’adjudante. Hurlant avec enthousiasme, trois cavaliers levèrent leurs lances puis chargèrent.

« Sir ! Laissez-nous faire !! »

« Elle deviendra rouille sur ma lance !! »

« Elle mérite une petite récompense pour nous avoir sous-estimé !! »

Les trous hommes étaient des cavaliers fiers de leur force et au moral haut. La petite silhouette à cheval et les cavaliers de l’Armée de Libération entrèrent en contact.

En un instant, la tête d’un cavalier s’envola. Un autre tenta d’asséner de furieuses attaques visant à blesser l’adversaire, mais celles-ci furent facilement parées. Il tomba ensuite de son cheval après avoir été frappé par le manche de la faux, et le cheval adoré de la Mort l’écrasa sous ses sabots.

Le dernier homme, jugeant l’adversaire bien trop puissant, fit tourner son cheval et galopa quelques mètres avant de s’écrouler tout à coup. Une simple petite faux utilisée pour couper de l’herbe était profondément enfoncée dans son cerveau. Schera se servait de cette arme comme d’un boomerang, et avait déjà ainsi récolté plusieurs vies. Ici, elle avait visé le petit écart entre l’armure et le casque, et la petite faux avait eu l’effet escompté.

« C-C’est le Dieu de la Mort. Le Dieu de la Mort des rumeurs. »

« ……Q-Quelle horreur. »

« Et ce n’est qu’une jeune fille. S-Sans doute un déguisement. »

Les braves cavaliers semblaient tout à coup tendus. Ils étaient des hommes de valeur, mais aussi extrêmement superstitieux. Devant eux se tenait le symbole de la Mort, fauchant cruellement les âmes. Face à cette figure, l’incarnation même de la Mort, ils ne pouvaient s’empêcher d’avoir peur.

« Comment pouvez-vous vous considérer comme des cavaliers du Drapeau du Lion !? Qu’y a-t-il à craindre d’un simple cavalier !? Vous devriez avoir honte !! »

« M-Mais… »

Une voix calme interrompit la dispute.

« Très bien, je vais vérifier moi-même. »

« —Eh ? »

Lorsque Fynn murmura cela, il prit d’un geste fluide l’arc présent dans son dos, plaça sa flèche, puis tira sur la corde jusqu’à ce que celle-ci atteigne sa limite. La flèche, décochée à sa puissance maximale, rugit en se dirigeant à toute vitesse vers Schera.

« —Tsk !! »

La flèche étant bien plus rapide que ne l’avait prévu Schera, celle-ci parvint difficilement à la parer avec sa faux. Sans la moindre pause, de nombreuses flèches furent tirées. Elle brandit sa faux, les repoussant toutes, mais l’une d’elles s’enfonça dans son épaulière.

Schera claqua la langue, retira la flèche, puis fit tourner son cheval avant de commencer à grimper la colline.

« On dirait que même les flèches peuvent toucher la Mort. Si c’est le cas, nous pouvons probablement gagner. Elle semble humaine, tout comme nous. »

« Lieutenant Colonel Fynn, pourchassons-la ! Il n’y aura pas de meilleure occasion de nous venger ! Pour les camarades qu’elle a tué, pitié, laissez-nous la poursuivre !! »

« ……Non. J’ai un mauvais pressentiment. Revenons sur nos pas. Nous avons accompli notre mission, qui est de défendre le convoi. Nous devrions éviter de trop en faire. Mais surtout, nous devons récupérer leurs cadavres. »

« Lieutenant Colonel ! »

« Puisqu’elle est venue seule, elle essayait probablement de nous attirer. Il y a sûrement des troupes ennemies en embuscade là-bas. Je refuse de mourir tragiquement au combat dans une embuscade. Dépêchons-nous de rentrer. Allons, ne soit pas dépitée, ton joli visage risque d’être gâché. »

« ……..Très bien. »

Voyant son adjudante mordre sa lèvre inférieure, Fynn laissa échapper un rire sarcastique. Mais tout à coup, il ressentit une puissante soif de sang, et son visage changea complètement.

« — !! Milla, esquive !! »

« Qu- !! »

Avant même que son Adjudante Milla ne puisse répondre, Fynn entra en collision avec son cheval. Suite à cette collision soudaine, l’adjudante tomba de sa monture.

A cet instant, une petite faux traversa l’endroit où se trouvait Milla. L’arme avait été lancée avec une dextérité incroyable, de façon à lui déchirer la gorge. Si Fynn ne l’avait pas poussée, une fontaine de sang aurait sûrement jaillie.

Observant la scène de loin, Schera secoua la tête, résignée. Les coins de sa bouche se soulevèrent, et elle regarda d’un air moqueur Fynn et son groupe.

Puis, après les avoir provoqués en faisant glisser son pouce sur son cou, elle retourna tranquillement au sommet de la colline. Les cavaliers avaient oublié toute tentative de poursuite, figés sur place.

« ……………Je suppose que ce surnom de Dieu de la Mort n’est pas qu’une simple prétention. »

Ayant réussi à protéger la vie de son importante adjudante, Fynn regarda agacé la figure disparaissant au loin, le tout en soupirant. Cette jeune fille allait probablement prendre la vie de centaines d’autres alliés. Cette silhouette, une large faux reposant sur l’épaule, n’était rien d’autre que la Mort elle-même.

 

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La Fille Qui a Mangé la Mort – Chapitre 9

 

Chapitre 9 : L’Herbe est Délicieuse Parfois

A l’intérieur du Château Belta ; Devant le Bureau de Sidamo.

Deux nouveaux-arrivants récemment nommés se tenaient droit devant la porte, ne sachant pas quoi faire. Plus précisément, il se demandaient quoi faire de l’objet présent devant leurs yeux.

« ……Qu’est-ce que c’est ? »

« Peu importe dans quel sens je le regarde, n’est-ce pas un simple morceau de pain ? »

« Non, ce que je veux dire, c’est pourquoi y-a-t-il un morceau de pain placé ici…….. Je me demande s’il s’agit d’une sorte de test. Nous ferions mieux d’y réfléchir. »

Murmura une femme portant un tout nouvel uniforme d’officier, poussant du doigt les lunettes présentes sur son nez.

Il s’agissait probablement de sa façon de gérer les situations de stress.

L’autre homme se pencha, puis examina le pain. Ce n’était rien de spécial, juste un morceau de pain.

Rien de plus, rien de moins.

—En d’autres termes…

« Quelqu’un l’a probablement fait tomber. Tu réfléchis trop. »

« Dans un tel endroit ? De qui pourrait-il bien s’agir ? »

« Dans tous les cas, ramassons-le. Il appartient peut-être à Sir Officier du Personnel. Je vais le tenir d’une façon peu naturelle. Ainsi, il le remarquera peut-être. »

« ……Fais come tu veux. Tâche juste de ne pas m’impliquer. »

Après avoir dévoilé une expression d’incrédulité, la jeune femme toqua à la porte. La voix acéré d’un homme répondit de l’autre côté.

« —Qui est-ce ? »

Elle prit une large inspiration, puis se présenta,

« Sir ! Je suis le Second Lieutenant Katarina Nubes, assignée depuis aujourd’hui à la Troisième Armée ! Je suis venue me présenter ! »

« Moi de même, je suis le Second Lieutenant Vander Hafiz ! »

« Entrez. »

« Veuillez nous excuser ! »

Venant de recevoir la permission d’entrer, ils raidirent leurs dos afin de ne pas paraitre discourtois, puis entrèrent dans la pièce. A l’intérieur, un homme menait à bien ses devoirs officiels, de nombreuses rides entre ses sourcils.

Les deux nouveaux arrivants devinèrent qu’il s’agissait probablement de Chef Officier du Personnel de la Troisième Armée, Sidamo Arte. Dans n’importe quelle situation, les premières impressions étaient cruciales. Ils raidirent donc leur dos davantage, frappèrent du talon, puis saluèrent en respectant leur entrainement.

—En baissant par mégarde les yeux, ils virent éparpillés au sol les morceaux d’un pot de fleur brisé.

« Vous avez bien fait de venir au Château Belta, le front du Royaume Yuze. A partir de maintenant, j’en attends beaucoup de vous. C’est ce que j’aimerai vous dire, mais… »

Sidamo coupa sa phrase en plein milieu.

« ….. ? »

« Bientôt, sur ordres de nos supérieurs, nous serons assimilés à la Quatrième Armée. Malheureusement, vous ne resterez donc que très peu longtemps dans la Troisième Armée….. Ceci dit, qu’avez-vous dans votre main ? »

Sidamo pointa du doigt le pain dans la main de Vander. Ses sourcils étaient froncés, pris de petits spasmes.

« Sir ! J’ai trouvé cela devant la porte, alors j’ai pensé le ramasser. Est-ce peut-être votr— »

« Faux….. Débarrassez-vous en comme vous le souhaitez. Il s’agit d’un objet que Sir Héros a probablement fait tomber. Si vous avez faim, vous pouvez le manger. Mais bien sûr, seulement après la fin de cette conversation. »

« S-Sir ! »

Katarina et Vander échangèrent un regard hésitant. Mais Sidamo les ignora et continua,

« ……..De retour à notre conversation ; comme je vous l’ai dit, à l’arrivée de la Quatrième Armée, nous fusionnerons immédiatement avec celle-ci. Après ça, nous serons probablement en charge du soutien. »

Ils allaient travailler loin de la scène, incapable de réaliser le moindre exploit militaire. Ils allaient sans aucun doute devoir s’occuper des tâches les plus pénibles. Après tout, il valait mieux utiliser les ressources des autres plutôt que les siennes.

« Et donc, qu’en est-il de notre stationnement avec l’unité du Major Schera….. ? »

Demanda timidement Katarina. Il s’agissait de la meilleure occasion de travailler aux côtés d’un futur héros. Elle ne voulait pas laisser passer cette opportunité. Vander quant à lui était résigné à son propre sort.

« Cela ne change pas. Comme prévu, vous serez tous deux mobilisés comme adjudants. Vous devriez probablement apporter de la nourriture et saluer le Major Schera après cette discussion. Ainsi, je suis sûr qu’elle vous écoutera sérieusement. »

« Compris. »

Entendant Sidamo parler de nourriture, un large point d’exclamation flottait au dessus de la tête de Katarina, mais elle préféra ne pas poser de questions. Il semblait apparemment y avoir une connexion avec le morceau de pain trouvé plus tôt, mais l’atmosphère ne paraissait pas se prêter à de telles questions.

« …….A propos du Major Schera qui deviendra votre officier supérieur, elle est ce qu’on pourrait appeler un ‘élément problématique’. Elle aime agir arbitrairement au compte de sa seule autorité, possède une expérience superficielle du commandement d’une unité, et n’est pas très informée de l’art de la guerre. Toutefois, elle est vaillante, et possède de nombreux exploits à son actif. »

Les termes de Sidamo étaient tout sauf fleuris. Il était inutile de mentir, alors il avait préféré ne transmettre que la stricte vérité.

« M-Mais, elle a été promue Major à l’âge de 18 ans. C’est une vitesse de promotion incomparable, même au sein de notre armée… »

Lorsque Vander tenta d’obtenir de plus amples informations, Sidamo acquiesça solennellement.

« En effet. Elle s’est portée volontaire à 16 ans, et à cette occasion, a été acceptée après avoir apporté plusieurs têtes de l’Armée Rebelle. Après l’échec d’une attaque surprise lors de son premier combat, elle est parvenue, en pleine déroute, à annihiler une escouade toute entière, ce qui lui a valu d’être promue Second Lieutenant. Elle est ensuite parvenue à se faufiler dans un groupe de déserteurs d’Antigua, à infiltrer la base d’espions ennemis, et à tuer un Colonel de l’Armée de l’Empire. »

« In-Incroyable. »

S’exclama involontairement Katarina. Il s’agissait véritablement d’une carrière de Héros. Si Schera continuait sur cette lancée, une promotion au rang de Général n’était probablement pas un rêve. Et elle, en tant qu’adjudante, allait observer au plus près ce progrès. C’était pour cela qu’elle souhaitait devenir adjudante.

« De plus, au cours de l’Engagement d’Alucia, elle a mené une unité de cavalerie dont le commandant était tombé au combat, détruit un entrepôt de nourriture ennemi, puis traversé l’encerclement ennemi avant de se rapatrier. Elle est en possession de tels exploits. Si nous avions 100 personnes comme elle, nous gagnerions sans le moindre doute. »

« Alors pourquoi la considérez-vous comme un problème ? »

« Schera excelle en terme de puissance de combat. Toutefois, en tant qu’officier militaire elle n’a reçu aucun entrainement. Ses connaissances sont minces ; elle mène ses troupes par l’instinct, avec pour seul atout sa force supérieure. C’est une bonne chose pour un soldat, mais je m’inquiète de la savoir responsable des vies de 3 000 cavaliers. Lorsque vous l’assisterez, j’aimerai donc que vous reteniez son imprudence. »

« Vous voulez donc dire que… »

« Imaginons une situation. Si elle tombe dans un piège ennemi, votre travail est de la garder en vie, peu importe la méthode. Ce que j’essaye de vous dire, c’est que vous ne devez surtout pas la laissez tomber dans les même travers que la Troisième Armée —Qu’en pensez-vous ? Avez-vous bien compris ? Si c’est le cas manifestez-vous. »

Une fois son discours terminé, Sidamo questionna la compréhension des deux adjudants qui venaient d’être bombardés de mots.

« C-Compris. Je l’aiderai de tout mon possible. »

« Moi de même. Moi, Valder, je ferais tout mon possible ! »

Katarina et Vander, malgré le barrage de mots, saluèrent en confirmant leur juste compréhension. Pour une raison inconnue, ils avaient l’impression qu’un travail extrêmement compliqué venait de leur être confié.

Pendant un instant, Sidamo parut soulagé.

« …….Très bien. Dans ce cas, vous pouvez partir. J’attends de vous des actes. »

« Sir ! »

Les deux adjudants partirent respectueusement en échangeant un regard mutuel.

Comme s’ils se demandaient tous les deux ce qui venait de leur arriver.

« Pour le moment, allons saluer le Major Schera. Nous ne comprendrons rien à moins de la rencontrer en personne. Toute autre considération peut être gardée pour plus tard, n’es-tu pas d’accord ? »

« O-Oui, tu as raison. Nous devrions agir au lieu de simplement nous inquiéter…. Mais nous ne pouvons pas agir sans réfléchir. Absolument pas. Ce qui a été fait ne peut pas être défait— »

Murmurait Katarina en poussant ses lunettes. ‘Encore ce geste ?’ pensa Vander en s’avançant.

« Qu’est-ce que tu murmures ? Si tu continues, je te laisse ici. »

« A-Attends-moi ! »

« Ne crie pas si fort. Quelqu’un d’autre risque de t’entendre. »

« C’est parce que tu pars sans moi ! »

Aussi longtemps qu’elle parvenait à s’en souvenir, Katarina n’avait jamais eu de parents. Elle était un prodige arrivé aussi loin grâce à ses efforts acharnés ainsi que ses études. Elle préférait apprendre plutôt que combattre, et personnellement, elle détestait les personnes qui agissaient sans réfléchir.

Ses parents adoptifs étaient de telles personnes.

Après avoir ajusté les lunettes glissant sur son nez, Katarina poursuivit son collègue.

 

Château Belta, à l’intérieur des Étables.

Les deux adjudants discutaient avec le soldat s’occupant des chevaux de guerre.

Katarina était épuisée à force de marcher, son corps titubant.

« …….Où est le Major Schera ? »

« Elle a mobilisé la cavalerie afin de s’occuper d’une tâche. Je pense qu’elle en profite pour patrouiller dans le périmètre et attaquer des convois de nourriture, comme d’habitude. »

« M-Mais, l’Officier du Personnel Sidamo nous a justement demandé de mettre fin à de telles prises de risque. »

« Hahahaha, ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça, mais plutôt au Major Schera. Mais si elle pouvait simplement arrêter après qu’on lui ait demandé, l’Officier du Personnel n’aurait pas autant de mal avec elle. »

Le soldat éclata de rire, puis retourna à ses chevaux. Il était l’un des cavaliers de l’unité de Schera. Son moral était relativement haut, probablement parce qu’il avait pu constater la force de sa supérieure. Voyant le soldat retourner au travail, Vander soupira.

« Je ne peux m’empêcher de penser que de nombreux problèmes nous attendent. Peut-être était-ce une erreur de nous proposer volontaires… »

« ……..Oh, ferme-la. Même si tu penses ça, évite de le dire à voix haute. »

« C’est juste ma personnalité. J’aime dire tout haut ce que je pense. »

« Alors dépêche-toi de corriger cette personnalité. »

« Je ferais de mon mieux, Oh Seigneur Second Lieutenant Katarina. »

En arrivant au bureau de Schera, ils avaient trouvé l’endroit vide, et avaient donc cherché partout dans le Château Belta. Ayant enfin obtenu une trace d’elle dans les baraquements, ils s’étaient empressés de se rendre à l’étable, comme on le leur avait conseillé.

Toutefois, ils étaient arrivés trop tard, et apprirent que Schera était partie patrouiller dans la zone, menant 100 cavaliers à l’extérieur de Belta.

—Schera semblait avoir complètement oublié les deux nouveaux adjudants dont lui avait parlé Sidamo.

 

Au même moment, autre part.

Schera s’était comme prévu rendue à l’ouest de Belta à toute vitesse, et après avoir traversé la Rivière Alucia, se tenait dissimulée aux côtés de son unité sur une colline légèrement élevée surplombant le Château Antigua. Naturellement, tout le monde était descendu de sa monture, et les chevaux avaient été cachés sous l’ombre des arbres.

« Laissez-moi voir…… Je me demande ce qu’est devenue notre ancienne maison, Antigua…… Quel drapeau écœurant, comme toujours. Ce satané drapeau vert merdique. Plus je le regarde, plus il m’énerve. Je risque d’avoir des rides au front, comme l’Officier du Personnel Sidamo. »

Schera observait le château à travers la longue-vue d’espion volée à l’Empire.

Le blason de la Famille Royale Yuze sur un fond vert — il s’agissait du drapeau de l’Armée de Libération. Le blason de la Famille Royale sur un fond rouge était quant à lui le drapeau de l’Armée du Royaume.

Schera arracha violemment une poignée de mauvaises herbes poussant près d’elle et la jeta dans sa bouche en mastiquant comme un cheval.

Amer. Déplaisant. Âcre.

Je n’aurais jamais dû manger ça, elle regretta immédiatement son geste.

Une expression atroce sur le visage, Schera regarda à travers la longue vue d’espion et vérifia la situation actuelle. L’intérieur du château semblait calme, mais la sécurité était maintenue. La ville à l’intérieur des remparts était remplie de soldats et marchands, des sourires visibles sur le visage des habitants. Six mois s’étaient écoulés, et la tranquillité avait été complètement restaurée. En fait, la ville était probablement plus prospère que sous le joug du Royaume. Les habitants étaient soulagés d’avoir été enfin libérés d’une autorité tyrannique. Schera, déplu, cracha l’herbe.

« ……Major. Personne ne mange de mauvaises herbes lorsqu’il est en colère. »

Un soldat s’adressa à Schera, l’air surpris.

« J’ai laissé mes vivres avec les chevaux, je n’ai donc rien à manger sur moi. Mon estomac est en crise. »

« Ne vous inquiétez pas et prenez ça. J’ai réussi à me le procurer il y a quelques temps. »

Il rampa jusqu’à Schera, un large sourire sur le visage. En traversant les Plaines Alucia, il avait récolté quelques plantes depuis un champ. Puisqu’il s’agissait maintenant d’un territoire ennemi, il ne s’était pas vraiment gêné.

« ……Je me demande ce que c’est. Ça semble plus dur que l’herbe que je viens de manger. »

« C’est une plante servant à la création de sucre. Coupez la tige et gardez-la dans votre bouche. C’est à la fois sucré et délicieux. »

Schera suivit les consignes du soldat. Elle coupa la tige de la plante, avant de la placer dans sa bouche. Tout à coup, un jus sucré s’invita sur sa langue. Un large sourire apparut sur le visage de Schera, qui continua à mâcher la plante.

« En effet, c’est sucré et délicieux. Tu viens de réaliser là un grand exploit. Je t’offrirai quelque chose de bien après que nous soyons rentrés. »

« Merci. »

« Voyons ce qu’en dit mon estomac. La défense du château ennemi est solide— Bien, devrions-nous aller chercher de la nourriture, comme d’habitude ? Ils sont venus aussi loin, portant toutes ces vivres pour nous. Nous devrions leur être reconnaissant. »

Schera déplaça la longue vue d’espion, passant du château aux Plaines Alucia à la recherche d’un convoi.

« Nous avons répété ce genre d’attaque de nombreuses fois, pourquoi n’avons-nous pas encore été intercepté ? »

« Peut-être n’ont-ils pas la capacité d’envoyer des troupes dans un endroit aussi inutile que celui-ci. Ils semblent concentrer leurs troupes autour de Belta. Mais ne devraient-ils pas au moins attacher des gardes aux convois, afin de les protéger le mieux possible ? —Oh, j’ai découvert le repas de ce soir. Je me demande à quoi ressemblent leurs défenses… »

Schera découvrit tout à coup une colonne de véhicules au loin. Les gardes semblaient peu nombreux. Dans ce cas-là, il n’y avait pas le moindre problème. Mais lorsqu’elle décidé d’entrer en action, elle ressentit une puissante soif de sang. Elle s’empressa de tourner la longue vue dans sa direction.

« Major ? Qu’y a-t-il ? »

« …..On dirait que nos compagnons n’ont étonnamment rien d’autre à faire. Je me demande si c’est parce que j’ai un peu trop exagéré. Tiens, jette un coup d’œil toi aussi. »

Répondit-elle, jetant la longue vue d’espion au soldat à côté d’elle. Celui-ci panique, mais parvint à attraper la longue vue sans que celle-ci se casse. Puis, il regarda en direction de l’endroit pointé du doigt par Schera.

……Un violent nuage de fumée était visible. Il s’agissait d’une unité de cavalerie brandissant le Drapeau de l’Armée de Libération, mais aussi le Drapeau du Lion. L’unité comprenait environ 100 cavaliers, et se dirigeait directement vers la colline sur laquelle se tenait l’unité de Schera. De plus, ils avançaient rapidement.

« Ils se dirigent clairement vers nous. Major, pensez-vous que nous avons été découverts ? »

Demanda le soldat en rendant la longue vue à Schera. Il ne paniquait pas, sachant pertinemment que l’unité allait s’en sortir.

« Nous étions probablement observés nous aussi avec cet outil. Plus tôt, j’ai croisé le regard d’une personne paraissant être le commandant. »

Schera se leva lentement, s’étira vigoureusement, puis se dirigea vers l’endroit où étaient cachés les membres de son unité. Allaient-ils frapper, ou fuir lâchement le combat. Schera réfléchissait, une tige de plante dans la bouche.

« Qu’allons-nous faire ? »

«—Voyons… Nous sommes presque aussi nombreux qu’eux, alors je vais allez les saluer. Restez tous à terre et préparez une embuscade. N’oubliez pas de préparer les longues lances. Si nos invités viennent, nous allons chaleureusement les accueillir. »

« Envoyer un cavalier seul est bien trop dangereux, même pour vous ! Si vous allez à leur rencontre, nous venons avec vous ! »

« Si l’unité subit des dégâts, l’Officier du Personnel risque de diminuer de nouveau mon salaire. Il ne s’agira que d’une simple rencontre, vous n’avez pas besoin de vous inquiéter. »

Schera enfila son casque, sauta sur son cheval brun adoré, et prépara sa large faux. Ses cheveux ne pouvaient pas tous être dissimulés et s’échappaient de son casque.

Peut-être est-il temps de les couper ? Pensa Schera en faisant légèrement tournoyer sa faux. Celle-ci, fendant l’air, créa un rugissement audible aux alentours.

Par réflexe, les membres de l’unité s’arrêtèrent de respirer. Ils étaient vraiment soulagés de savoir que cette faux n’allait jamais s’abattre sur eux. Schera frappa du pied l’abdomen de son cheval, qui commença à galoper en direction du Drapeau du Lion en approche.

Brandissant fièrement le Drapeau du Lion, l’unité repéra rapidement Schera. Ils avaient été assignés à la garde des convois de vivres, après que ceux-ci aient été attaqués à de maintes reprises. Comme des loups affamés, les unités de cavalerie ennemie n’avaient pas eu la moindre pitié pour ces convois. Le fait qu’une unité d’élite ait été déployée en tant que garde prouvait à quel point le groupe de Schera était problématique. Les cuisines de l’Armée de Libération n’étaient pas dans une situation très confortable, et ne pouvait pas se permettre d’offrir davantage de surplus à l’armée ennemie.

« Lieutenant Colonel Fynn. A cette distance, ils pourront probablement s’enfuir. »

Le jeune homme du nom de Fynn acquiesça légèrement lorsque son adjudante s’adressa à lui.

Physiquement, il était un homme aux traits délicats, mais son puissant bras avait déjà tué deux Généraux Majors ennemi au cours du précédent engagement. Lors de l’attaque surprise, c’était aussi lui qui avait annihilé la division de Jira. Il avait reçu l’insigne du lion, et était considéré comme le plus puissant guerrier de l’Armée de Libération.

Ce jeune homme s’appelait Fynn Kattef, plus tard surnommé le ‘Général du Lion’.

« Ce n’est pas un problème. Notre devoir est de protéger le convoi jusqu’à son arrivée. »

« Bon sang. Ce Dieu de la Mort est un véritable problème. Il a même fallu que nous soyons mobilisés pour un simple travail d’escorte. »

« Un monstre gigantesque armé d’une large faux, n’est-ce pas ? Si la rumeur est vraie, je ne souhaite pas le rencontrer. Mais de ce que j’en sais, ce n’est rien de plus qu’une rumeur. »

Lorsque Fynn vérifia la situation à l’aide de sa longue vue depuis sa monture, il remarqua que la silhouette précédemment aperçue au loin avait disparue. S’il s’agissait vraiment d’un Dieu de la Mort, il ne resterait pas caché à observer. Finalement, une rumeur n’était rien d’autre qu’une rumeur. La peur vécue par une personne s’étendait, avant d’être amplifiée, voilà la réalité derrière cette rumeur de Dieu de la Mort. Et tandis qu’il se rassurait ainsi—

« Un cavalier d’affiliation inconnue se dirige vers nous !……. Il porte une arure de l’Armée du Royaume ainsi qu’une grande faux ! »

S’écria tout à coup un soldat en reculant de l’avant de l’unité. Lorsque Fynn se concentra sur le paysage devant ses yeux, il remarqua effectivement la présence d’un cavalier arrivant à toute allure.

« ………Hey, elle est seule. Souhaite-elle se rendre ? »

« Elle se tient en position de combat. Cela ne ressemble pas à une reddition. »

Il considéra une telle possibilité, mais puisque la silhouette en approche tenait une large faux, ses intentions semblaient toutes autres. Cela ne ressemblait pas non plus à une désertion.

« Un assaut par un seul cavalier ? Ridicule ! Faites-la tomber de sa monture et exposer la véritable nature de ce soi-disant Dieu de la Mort ! »

Cria l’adjudante. Hurlant avec enthousiasme, trois cavaliers levèrent leurs lances puis chargèrent.

« Sir ! Laissez-nous faire !! »

« Elle deviendra rouille sur ma lance !! »

« Elle mérite une petite récompense pour nous avoir sous-estimé !! »

Les trous hommes étaient des cavaliers fiers de leur force et au moral haut. La petite silhouette à cheval et les cavaliers de l’Armée de Libération entrèrent en contact.

En un instant, la tête d’un cavalier s’envola. Un autre tenta d’asséner de furieuses attaques visant à blesser l’adversaire, mais celles-ci furent facilement parées. Il tomba ensuite de son cheval après avoir été frappé par le manche de la faux, et le cheval adoré de la Mort l’écrasa sous ses sabots.

Le dernier homme, jugeant l’adversaire bien trop puissant, fit tourner son cheval et galopa quelques mètres avant de s’écrouler tout à coup. Une simple petite faux utilisée pour couper de l’herbe était profondément enfoncée dans son cerveau. Schera se servait de cette arme comme d’un boomerang, et avait déjà ainsi récolté plusieurs vies. Ici, elle avait visé le petit écart entre l’armure et le casque, et la petite faux avait eu l’effet escompté.

« C-C’est le Dieu de la Mort. Le Dieu de la Mort des rumeurs. »

« ……Q-Quelle horreur. »

« Et ce n’est qu’une jeune fille. S-Sans doute un déguisement. »

Les braves cavaliers semblaient tout à coup tendus. Ils étaient des hommes de valeur, mais aussi extrêmement superstitieux. Devant eux se tenait le symbole de la Mort, fauchant cruellement les âmes. Face à cette figure, l’incarnation même de la Mort, ils ne pouvaient s’empêcher d’avoir peur.

« Comment pouvez-vous vous considérer comme des cavaliers du Drapeau du Lion !? Qu’y a-t-il à craindre d’un simple cavalier !? Vous devriez avoir honte !! »

« M-Mais… »

Une voix calme interrompit la dispute.

« Très bien, je vais vérifier moi-même. »

« —Eh ? »

Lorsque Fynn murmura cela, il prit d’un geste fluide l’arc présent dans son dos, plaça sa flèche, puis tira sur la corde jusqu’à ce que celle-ci atteigne sa limite. La flèche, décochée à sa puissance maximale, rugit en se dirigeant à toute vitesse vers Schera.

« —Tsk !! »

La flèche étant bien plus rapide que ne l’avait prévu Schera, celle-ci parvint difficilement à la parer avec sa faux. Sans la moindre pause, de nombreuses flèches furent tirées. Elle brandit sa faux, les repoussant toutes, mais l’une d’elles s’enfonça dans son épaulière.

Schera claqua la langue, retira la flèche, puis fit tourner son cheval avant de commencer à grimper la colline.

« On dirait que même les flèches peuvent toucher la Mort. Si c’est le cas, nous pouvons probablement gagner. Elle semble humaine, tout comme nous. »

« Lieutenant Colonel Fynn, pourchassons-la ! Il n’y aura pas de meilleure occasion de nous venger ! Pour les camarades qu’elle a tué, pitié, laissez-nous la poursuivre !! »

« ……Non. J’ai un mauvais pressentiment. Revenons sur nos pas. Nous avons accompli notre mission, qui est de défendre le convoi. Nous devrions éviter de trop en faire. Mais surtout, nous devons récupérer leurs cadavres. »

« Lieutenant Colonel ! »

« Puisqu’elle est venue seule, elle essayait probablement de nous attirer. Il y a sûrement des troupes ennemies en embuscade là-bas. Je refuse de mourir tragiquement au combat dans une embuscade. Dépêchons-nous de rentrer. Allons, ne soit pas dépitée, ton joli visage risque d’être gâché. »

« ……..Très bien. »

Voyant son adjudante mordre sa lèvre inférieure, Fynn laissa échapper un rire sarcastique. Mais tout à coup, il ressentit une puissante soif de sang, et son visage changea complètement.

« — !! Milla, esquive !! »

« Qu- !! »

Avant même que son Adjudante Milla ne puisse répondre, Fynn entra en collision avec son cheval. Suite à cette collision soudaine, l’adjudante tomba de sa monture.

A cet instant, une petite faux traversa l’endroit où se trouvait Milla. L’arme avait été lancée avec une dextérité incroyable, de façon à lui déchirer la gorge. Si Fynn ne l’avait pas poussée, une fontaine de sang aurait sûrement jaillie.

Observant la scène de loin, Schera secoua la tête, résignée. Les coins de sa bouche se soulevèrent, et elle regarda d’un air hautain Fynn et son groupe.

Puis, après les avoir provoqués en faisant glisser son pouce sur son cou, elle retourna tranquillement au sommet de la colline. Les cavaliers avaient oublié toute tentative de poursuite, figés sur place.

« ……………Je suppose que ce surnom de Dieu de la Mort n’est pas qu’une simple prétention. »

Ayant réussi à protéger la vie de son importante adjudante, Fynn regarda agacé la figure disparaissant au loin, le tout en soupirant. Cette jeune fille allait probablement prendre la vie de centaines d’autres alliés. Cette silhouette, une large faux reposant sur l’épaule, n’était rien d’autre que la Mort elle-même.

 

 

Chaotic Sword God – Chapitre 88

 

Chapitre 88 : Grand Saint

 

« Hou ! »

Tout à coup, le rugissement de la bête magique se fit entendre. Celle-ci bondit dans les airs avec une telle force, que la trace de ses pattes étaient visibles sur le sol. Son corps entièrement noir se transforma en ombre, fonçant vers le jeune homme à dix mètres de là. En plein air, la panthère noire ouvrit sa large gueule, révélant de terrifiants crocs acérés.

Le jeune homme sourit froidement, l’épée argentée dans sa main émettant une faible lueur laiteuse. En une simple attaque, la pointe de l’épée se dirigea vers la gueule grande ouverte de la panthère noire.

L’épée fendit l’air à une vitesse incroyable, comme un éclair dans le ciel. Toutefois, la panthère noire était rapide elle aussi, alors lorsque l’épée attint sa mâchoire, elle pencha sa tête sur le côté, esquivant de peu l’attaque en approche. Toutefois, l’épée bougeait bien trop rapidement pour pouvoir être complètement esquivée, alors elle frôla la tête de la bête. La lame fit apparaitre une plaie visible sur le visage hirsute de la panthère noire. Mais la vitesse de cette dernière ne diminua pas ; maintenant sa vitesse initiale, la bête magique continua sa course.

Les coins de la bouche du jeune homme se soulevèrent, révélant un air moqueur. Un profond désir de meurtre traversa son regard. Agrippant son épée dans sa main droite, il attaqua de nouveau.

Cette fois-ci, le coup était bien plus rapide, pratiquement inconcevable. La panthère noire ne parvint pas à l’esquiver cette fois-ci, et la lame s’enfonça dans sa gorge avant même qu’elle ne puisse réagir. En raison de son élan, l’épée s’enfonça extrêmement profondément dans son cou. L’arme ne s’arrêta qu’après s’être enfoncé dans la gorge de la panthère jusqu’à la garde. L’autre extrémité de l’épée était couverte de sang et ressortait de l’autre côté de son cou. Du sang se mit à couler le long de l’épée inclinée, dégoulinant sur le dos de la bête.

Le jeune homme sortit lentement sa lame du cadavre de la panthère noire. Ensuite, le sang présent sur la lame commença étrangement à se rassembler sur sa pointe, avant de couler sur le sol. En un clin d’œil, la lame ensanglantée retrouva sa lueur d’antan.

Sur la poignée de l’épée, deux mots étaient visibles –Vive-Brise.

Ce jeune homme était bien évidemment Jian Chen, s’aventurant seul dans la Chaine de Montagne des Bêtes Magiques. Sans même s’en rendre compte, il y avait survécu un mois tout entier. Mais au cours de ce mois, Jian Chen était resté dans la partie extérieure de la chaine de montagne, n’osant pas y entrer plus profondément.

Pendant tout ce temps, Jian Chen avait maintenu une routine quotidienne : explorer la partie extérieure de la chaine de montagne pendant la journée, et cultiver pendant la nuit. Au cours de ce mois, il s’était entièrement concentré à l’amélioration de sa puissance, contrairement au temps passé dans la Maison Changyang, durant lequel il avait été forcé de ralentir sa cultivation afin de ne pas trop se faire remarquer. Grâce à cela, la force de Jian Chen avait énormément grandie. Il avait réussi à effectuer une percée, passant de Saint Supérieur à Grand Saint.

En un simple mois, Jian Chen était passé de Saint Primaire à Grand Saint. Si cette vitesse de cultivation était révélée au grand public, elle risquait de causer une large onde de choc sur tout le continent. Après tout, une personne normale avait besoin en moyenne de deux ou trois ans pour passer de stade de Saint Primaire à celui de Grand Saint. Même les meilleurs prodiges nécessitaient au minimum un an, alors la vitesse incroyable de cultivation de Jian Chen était jusqu’alors sans précédent. Sans que personne d’autre ne le sache, il avait déjà instauré un nouveau record dans l’histoire du continent Tian Yuan. Mais il allait s’agir d’un morceau d’histoire enterré profondément, jamais dévoilé à personne.

Puisqu’il était maintenant un Grand Saint, la force de Jian Chen avait grandement augmentée. Le Jian Chen actuel pouvait maintenant facilement chasser des Bêtes Magiques de Classe 2, et son regard se portait déjà sur les Bêtes Magiques de Classe 3.

L’Épée Vive-Brise disséqua la panthère noire, avant de révéler un noyau de monstre blanc sous une épaisse couche de sang, que Jian Chen s’empressa de prendre.

Il utilisa tranquillement une poignée d’herbe afin de nettoyer le noyau de monstre, même si personnellement, le sang ne le dérangeait pas.

Examinant le noyau dans sa main, Jian Chen sourit puis murmura, « J’ai de la chance aujourd’hui, j’ai déjà collecté 12 Noyaux de Monstres de Classe 2. »

Après avoir récupéré le noyau, Jian Chen ne prêta plus la moindre attention au cadavre de la panthère noire et quitta la zone.

Il avança tranquillement dans la chaine de montagne. Il était maintenant un Grand Saint, il était donc bien plus puissant qu’avant. Toutefois, il se trouvait actuellement dans la Chaine de Montagne des Bêtes Magiques, alors il n’osait pas baisser sa garde. Il savait clairement que même s’il se trouvait vers l’extérieur de la chaine de montagne, il risquait à tout instant de rencontrer de puissantes bêtes magiques provenant des fin-fonds de la chaine de montagne, des bêtes magiques que Jian Chen ne pouvait pas vaincre avec sa force actuelle.

Jian Chen était donc extrêmement vigilant. Regardant constamment autour de lui, il prêtait une attention toute particulière aux marécages cachés, très difficiles à repérer. De loin, il était difficile de différencier un sol plat et un marécage. Mais lorsqu’une personne entrait dans un marécage, elle risquait de se faire rapidement dévorer par celui-ci, s’il n’y avait personne pour l’aider à s’en échapper.

Tout à coup, un certain bruit parvint jusqu’à l’oreille de Jian Chen. Il se mit à crier, un large sourire sur le visage, « De l’eau, je peux entendre le bruit de l’eau ! Il y a de l’eau par ici. » Jian Chen se dirigea immédiatement à toute vitesse vers la direction dont provenait le bruit.

Peu après, Jian Chen traversa de longues herbes et attint enfin un petit ruisseau. La crevasse d’où naissait ce ruisseau ne mesurait que trois mètres de largeur, et n’était pas très profonde. Pourtant, l’eau y était si claire qu’il était possible de voir le fond de la rivière à travers.

A la vue de cette rivière, Jian Chen sourit de joie. Depuis son entrée dans la Chaine de Montagne des Bêtes Magiques, il rencontrait pour la première fois une source d’eau. Après tout le temps passé ici, l’eau potable présente dans sa Ceinture Spatiale avait presque disparue. S’il n’avait pas trouvé une telle source d’eau, il aurait sûrement quitté la forêt.

Regardant tout autour de lui, il inspecta les lieux afin de s’assurer qu’aucun danger ne rôdait, puis il sortit quelques récipients de sa Ceinture Spatiale avant de s’agenouille et de les remplir d’eau.

Après avoir rempli quelques récipients, Jian Chen retira ses vêtements et sauta dans la rivière afin de nettoyer toute la sueur et la crasse recouvrant son corps.

Mais après seulement quelques secondes, l’expression de relaxation sur le visage de Jian Chen disparut, remplacée par un regard sérieux. Sautant immédiatement de l’eau, il matérialisa l’Épée Vive-Brise dans sa main droite, et l’abattit près de lui.

 

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Jeux PlayLink : Knowledge Is Power, Hidden Agenda & Singstar Celebration

Knowledge Is Power, Hidden Agenda, Singstar Celebration

Sony. 22 novembre 2017.

On les avait découvert lors de l’événement de la PlayLink House, on les a testé d’avantage… Il est temps de découvrir un rapide sur toute la gamme PlayLink sortie en novembre ! C’est le test 4O4Quatre points positifs, et quatre points négatifs sur les jeux !

  • Singstar Celebration : Bon, en choisissant juste un seul titre, le jeu fonctionne assez bien. Si vous avez l’envie de mettre la main au portefeuille, le catalogue SingStore et ses très nombreux titres (pour presque tous les goûts) sont au rendez-vous. Les 30 titres fournis pour 20€ en font aussi le jeu Singstar le moins cher, et qui en plus à l’avantage de marcher sans avoir à être encombré par un micro usb souvent plus que moyen…
  • Hidden Agenda : L’immersion est vraiment cool. On se prend au jeu et on essaye de résoudre les enquêtes aux côtés des protagonistes. On a pas encore refait le jeu en changeant les choix pour voir si cela avait réellement un impact, mais le premier run est en tout cas vraiment sympa, bien qu’un peu court (une bonne soirée suffit à faire le jeu)
    Je sais que c’est toi, oh oui j’sais que c’est toi !
  • Knowledge Is Power : L’idée des cartes associatives selon deux mots particuliers ou le système de finales est plutôt intéressant. On aime également les pièges assez rigolo que l’on peut s’envoyer. (même si l’effet est souvent peu efficace)
    Hot Dog Is Power !

  • Singstar Celebration : Enchaînement à la ramasse – On a toujours le problème du mode Fête ou Medley qui ne permet pas d’enchaîner les chansons mais qui fait des pauses de plusieurs secondes à chaque changement de titre. On casse complètement le rythme du jeu et cela perd une bonne partie de l’intérêt même du jeu.
  • Hidden Agenda : Durée de vie – Le fait que le jeu soit assez court peut être regrettable… Mais vu le prix on ne pouvait pas non plus en espérer bien plus, alors on peut dire que ça ira.
    Mais qui a tué le Colonel Moutarde ?
  • Knowledge Is Power : Gros soucis de rythme dans le jeu. – Il faut une demi-heure pour faire une partie et une dizaine de questions. Le temps de choisir la personne sur laquelle on va lancer son piège, choisir la catégorie etc… C’est là qu’on regrette nos bons vieux jeux Buzz sur PlayStation 2…

Au final, on laissera des médailles de bronze à Knowledge Is Power pour ses gros défauts de rythme et à SingStar Celebration pour ses modes de jeux originaux qui sont assez mal pensés finalement. En revanche, Hidden Agenda écope d’une médaille d’argent car on peut saluer le travail de l’équipe derrière Until Dawn pour avoir proposé un concept coopératif d’enquête qui fonctionne finalement assez bien malgré sa durée de vie très faible.

 

La Fille Qui a Mangé la Mort – Chapitre 8

 

Chapitre 8 : Le Pain Offert Comme Présent est Probablement Délicieux

Blanca, Capitale du Royaume Yuze. Après l’échec de l’Engagement d’Alucia, et la chute du Château Antigua, les généraux de la Première Armée conduisaient un débat houleux sur les politiques futures.

 « Alors qu’il possédait deux fois plus de soldats que l’ennemi, les rebelles l’ont vaincu. General Yalder nous a tous profondément déçus ! »

« Les survivantes de la Troisième Armée, gardes inclus, sont au nombre de 40 000. Ils conduisent actuellement des campagnes de recrutement autour de Belta, mais celles-ci ne semblent pas avancer. De plus, leurs quantités de provisions actuelles les inquiètent, alors ils demandent l’envoi de biens et de flèches. »

« Nous ne leur enverrons rien. Envoyez-leur plutôt l’ordre de réquisitionner les villages environnants. Les vivres présentes ici sont pour la Première Armée et la défense de la Capitale Royale. Nous avons envoyé à la Troisième Armée plus de provisions que nécessaire lors de l’envoi des troupes ! »

Le Lieutenant Général Barbora, exaspéré, frappa son bureau. Il était l’un des généraux affilié à la Première Armée. Il avait fermement insisté pour que l’élimination de l’armée rebelle soit confiée dès le départ à la Première Armée. Depuis qu’il avait apprit la défaite de la Troisième Armée, il crachait critique après critique envers Yalder. Barbora se tenait derrière dans la course aux promotions, alors il attendait une chance, une ouverture pour pouvoir surpasser Yalder.

« Au pire, nous devrons abandonner la Zone Frontière Centrale. La Seconde Armée est postée au sud-est, et les Quatrième et Cinquième Armées au nord-ouest. Nous n’avons personne en réserve pour reprendre Antigua. »

La Seconde Armée était en charge de la défense du territoire sud-est du Royaume.

Au nord-ouest, deux Corps d’Armée : la Quatrième et la Cinquième Armée, gardaient l’Empire à distance.

Une ligne de forts avait été construite dans la dangereuse région nord-ouest afin de bloquer la route principale.

La raison d’une telle considération pour la défense du nord-ouest était simple. Sans cette région, il était possible de suivre la route principale pour se diriger directement vers la Capitale Royale.

« Ce serait absurde. L’armée rebelle souhaiterait justement que nous partions. La Zone Frontière Centrale est un territoire fertile ainsi qu’une position vitale pour notre Royaume. Nous devons absolument la défendre corps et âme ! »

« Mais est-il vrai que nous n’avons plus aucun surplus militaire nul part ? Où souhaitez-vous donc trouver des soldats !? »

« Nous manquons d’argent, de soldats et de provisions. C’est impossible ! Nous devons demander au trône d’augmenter davantage le budget militaire ! »

Les seniors généraux échangeaient librement leurs idées, sans rien connaitre de l’état actuel des finances du Royaume. Les officiers civils, connaissant tout à fait la situation, les regardaient froidement, mais sans que les généraux ne s’en aperçoivent.

« Tout cela, c’est à cause de la défaite du Général Yalder ! Nous devons le convoquer ici-même et le faire passer en cour martiale ! »

S’écria Barbora en projetant sa salive devant lui.

« Je suis tout à fait d’accord avec le Lieutenant Général Barbora ! Cela me fait de la peine, mais des sanctions sont nécessaires. Votre Excellence Sharov, quelle est votre décision !? »

Demandèrent-ils, se tournant vers le général vétéran qui, les yeux fermés, écoutait la discussion depuis son tout début. Celui-ci était un vieux soldat aux cheveux blancs et aux rides saillantes, mais son physique de soldat était toujours visible. Cet homme au calme impressionnant était le commandant de la Première Armée, Sharov Bazarov.

Au cours de la précédente Grande Guerre, c’était son arrière grand-père qui avait traversé les défenses de l’Empire et de l’Union après une campagne ratée, retournant la situation jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu soit signé.

Ainsi, la Maison Bazarov avait continué à produire de nombreux soldats, dont la plupart avaient été promus à de hautes positions.

Sharov avait montré sa détermination avant d’être promu Maréchal, le plus haut rang dans l’Armée du Royaume. Actuellement, il était la dernière ligne de défense de la Capitale Royale, et s’occupait de surveiller les alentours de la Capitale.

« ….Actuellement, si nous congédions Yalder, Belta tombera. Nous devrions éviter une telle inconscience. »

« Mais, Antigua n’est-il pas déjà tombé sous son commandement ? Je ne pense pas que le Général Yalder soit capable de défendre Belta ! »

« D’après nos rapports, l’ennemi a utilisé une nouvelle arme au début de l’affrontement. Il est fortement probable que peu importe la personne envoyée là-bas, le même résultat aurait été obtenu. Nous avons sous-estimé l’Armée Rebelle. »

« Vous parlez de cette Mine Terrestre Magique ? »

La mine terrestre récupérée par Schera avait été envoyé directement à la Capitale Royale, et délivrée au département de recherches. L’arme était actuellement démantelée afin de permettre sa duplication. Sa structure était simple, et son désarmement aisé, d’après les rapports. Le seul danger était la puissance magique amassée à l’intérieur. Du moment que la mine n’explosait pas, il s’agissait d’un simple baril en fer.

« De plus, ils ont été vaincus mais n’ont pas laissé l’ennemi s’approcher de Belta. Yalder est peut-être frivole, mais il est brave. Son nom est bien connu de la Zone Frontière Centrale, et les seigneurs féodaux lui prêtent toujours allégeance, malgré sa défaite… Si nous changeons de commandement et coupons la chaine d’autorité, l’ennemi en profitera. L’Armée Rebelle attend l’occasion parfaite pour nous dévorer. »

« M-Mais… ! »

« —Il vaudrait mieux, je pense, envoyer des soldats de la Première Armée de la Capitale Royale afin d’écraser l’ennemi aux côtés de la Troisième Armée. »

« ……….. »

« ….Ce sont peut-être vos mots, Votre Excellence Maréchal, mais la situation du Général Yalder a déjà été transmise au Roi par l’intermédiaire du Seigneur Premier Ministre. A mon humble avis, sa destitution n’est qu’une question de temps. »

« Est-ce vrai !? »

Demanda bruyamment Barbora à l’officier civil.

« Sir, sans le moindre doute. »

En entendant sa réponse, Barbora ricana. Ainsi, un obstacle allait disparaitre. Mais une simple destitution n’était pas assez. Il voulait le faire passer en cour martiale, et pousser Yalder dans ses retranchements en le privant de son rang. En fait, la mort de Yalder ne le dérangerait même pas. Les rivaux devaient être complètement écrasés.

« Votre Excellence. Ainsi, l’affaire est réglée. Mais une simple destitution serait une punition bien trop indulgente. Il faut nous en référer aux lois militaires et le forcer à assumer ses responsabilités ! »

« …….. »

« Votre Excellence Sharov ! »

« Votre Excellence ! Votre décision ! »

« J’irais voir Sa Majesté afin de confirmer ces dires. Jusque là, je me prive de tout jugement ! »

Affirma fermement Sharov, réduisant au silence des officiers commissionnés autour de lui. Après un long soupir, Sharov quitta la salle de conférence.

 

Château Royal Blanca, Salle du Trône.

Passant au milieu des gardes impériaux alignés, Sharov exigea une audience avec le Roi.

Le Roi du Royaume Yuze, Kristoff Yuze Unimat, était actuellement assis sur son trône. Autrefois, il était un jeune homme transpirant la sagesse, avec un grand futur devant lui. Mais après avoir été impliqué dans une violente et soudaine guerre de succession, Kristoff avait changé. Au milieu des guerres de cour, il avait sacrifié de nombreuses personnes avant d’obtenir le trône.

Mais petit à petit, il avait arrêté de s’occuper de la politique du Royaume, préférant s’isoler dans les profondeurs du palace. Après la mort de son fils adoré suite à une maladie, les choses n’avaient fait qu’empirer.

Il idolâtrait la religion, et avait versé de larges quantités d’argent en donation et en construction d’églises.

Il gardait à l’écart les officiers civils osant remettre en cause ses décisions, et les envoyait parfois même en prison. Ainsi, il n’avait laissé au final autour de lui que les membres de la cour les plus rusés qui lui chuchotaient à l’oreille seulement ce qu’il voulait entendre. Cet homme maigre, se tenant sans la moindre gêne aux côtés du Roi, pouvait probablement être considéré comme le plus influent de ces membres de la cour.

Il était le Premier Ministre du Royaume, Farzam. La raison de son obtention de la plus haute position d’officier civil au jeune âge de 35 ans était simple. Cet homme servait le Roi depuis son plus jeune âge, et avait utilisé cet atout à son avantage. Il chuchotait des mots favorables à l’oreille du Roi, tout en purgeant ceux qui osaient le contredire. Il révoquait leurs titres, les bannissaient du Royaume, et les personnes qu’il avait tué ne pouvaient même plus être comptées.

C’était cet homme qui avait conspiré contre le père de l’un des dirigeants de l’Armée de Libération, la Princesse Alture. D’après Sharov, cet homme, Farzam, était le suspect principal derrière les conflits internes actuels.

« —Votre Majesté. Moi, Sharov, j’ai demandé une audience afin de confirmer les dires concernant une certaine situation. »

Sharov s’agenouilla et s’adressa au Roi. Le Premier Ministre Farzan fit un pas en avant, et demanda,

« Si ce n’est Son Excellence, le Maréchal Sharov. Que voulez-vous ? »

« J’aimerai tout d’abord parler directement à Sa Majesté. Excusez-moi, mais j’aimerai que le Seigneur Premier Ministre ne s’implique pas dans notre discussion. »

« Quelle dureté. Son Excellence le Maréchal semble avoir récemment fermé son cœur. Faites attention à vous. »

S’exclama Farzam, souriant tout en baissant respectueusement la tête. Sharov grogna, les yeux plissés, puis s’adressa de nouveau au Roi.

« —Votre Majesté. Est-il vrai que Yalder sera congédié ? »

« …..Tout à fait. Yalder ne peut pas gagner. Même si je lui ai récemment envoyé une lettre d’encouragement pour préserver le moral des troupes, il est inutile d’envoyer des renforts si Belta tombe. »

En vérité, il souhaitait congédier immédiatement Yalder, mais il n’y avait pas assez de personnel compétent pour lui succéder. Tous les Généraux Majors de la Troisième Armée étaient morts au combat. Il ne restait plus que les officiers du personnel. Ainsi, jusqu’à ce qu’un successeur puisse être envoyé, Yalder allait garder son rôle.

« Pourriez-vous s’il-vous-plait reconsidérer cette décision ? »

« ……Non. Ma décision a été prise. »

Répondit langoureusement le Roi. Son visage était pâme, et de larges cernes étaient visibles sous ses yeux. Il était difficile de le considérer en bonne santé, et il semblait négliger régulièrement sa santé.

« Dans ce cas, rattachez-moi, Sharov, à la Troisième Armée. Je suis prêt à endurer les conséquences de la chute d’Alucia. Ainsi, moi et Yalder, nous détruirons sans faute l’Armée Rebelle, je peux vous l’assurer. »

« Votre Majesté. Le Maréchal Sharov est le général le plus célèbre du Royaume. Personne d’autre que lui ne peut défendre la Capitale Royale. De plus, la situation du Général Yalder ne devrait concerner en rien le Maréchal. »

Ajouta Farzam, insistant sur le renvoi de Yalder. Sharov devait servir de ‘Décoration’ à la Capitale Royale. Après tout, sa célébrité pouvait toujours servir.

« …..Sharov. Tu es très bien là où tu es. Quant à la suppression de l’Armée Rebelle, la Quatrième Armée sera retirée de la région Nord-ouest afin d’être envoyée à Berta. La Troisième Armée sera incorporée à la Quatrième Armée. »

« Mais ainsi, le Nord-ouest ne sera plus assez bien protégé. Je ne pense pas que l’Empire ignorera cette opportunité. A mon humble avis, nous ne pouvons pas confier la défense à la Cinquième Armée seule. »

 « Si nous éliminons rapidement l’Armée Rebelle, il n’y aura aucun problème. De plus, aucun large mouvement militaire n’a été repéré du côté de l’Empire. N’est-ce pas la preuve qu’eux aussi manquent de surplus ? Et même s’ils se décident à avancer, notre fière ligne de forts nous servira de défense impénétrable. »

Répondit le Premier Ministre à la place du Roi. Alors que les finances étaient au plus bas, une large quantité d’argent avait été investie dans cette ligne de forts. ‘Si nous ne les utilisons pas maintenant, quand le ferons-nous ?’, pensait le Premier Ministre Farzam.

« Premier Ministre Farzam. La région Nord-ouest abrite de grandes tensions. Si nous déplaçons nos troupes, l’Empire entrera en action. Nous devons contester cette zone. Notre solide ligne de forts doit nous servir de dissuasion. »

« Essayez-vous de dire que nous avons investi nos précieuses taxes dans une simple dissuasion ? Pensez-vous que nous pouvons lever des fonds militaires n’importe quand ? »

« Ces forts ont été construits pour empêcher une offensive de l’Empire. Si nous combattons celui-ci, nous dépenserons davantage d’argent, mais aussi davantage de sang. »

« D’ailleurs, si nous n’envoyons aucun renforts à Belta, ce serait laisser libre l’Armée Rebelle. J’aimerai bien savoir comment vous comptez vaincre les insurgés. La Troisième Armée est déjà incontrôlable, et je ne pense pas que votre attitude actuelle soit celle d’un Maréchal. »

Répondit Farzam, réalisant de grands gestes tout en attaquant verbalement Sharov.

« Dans ce cas, j’aimerai l’autorisation d’envoyer des troupes depuis la Capitale Royale. La Première Armée servirait d’escadron mobile. La moitié serait envoyée dans la Zone Frontière Centrale. Une fois prit en tenaille par la Troisième Armée et les renforts de la Capitale Royale, l’ennemi sera forcé de diviser ses forces. »

En entendant les paroles de Sharov, Farzam ouvrit grand les yeux.

« Pour vouloir diviser les forces gardant la Capitale Royale Blanca, vous devez avoir perdu la raison. Que comptez-vous faire si le peuple se révolte dans les régions manquant de soldats !? —Votre Majesté, la Première Armée ne doit absolument pas être mobilisée. »

« Nous ne pouvons utiliser que la Première Armée afin d’exterminer l’Armée Rebelle tout en gardant l’Empire à distance. 30 000 soldats et tous les réservistes devraient suffire à défendre la Capitale Royale. »

—Une gigantesque muraille avait été construite tout autour de la municipalité de la Capitale royale Blanca. Autour de la circonférence de cette muraille s’étendait des douves, elles-mêmes accompagnées de hauts remparts. Ainsi, attaquer la Capitale Royale nécessitait une forme militaire considérable et de nombreuses armes de siège. Et même avec tout cela, les pertes étaient sûres de s’accumuler. De nombreuses tours de gardes avaient été érigées à l’extérieur de la ville, et une vigilance précise était maintenue.

Visible depuis le Château Royal, à l’est se dressait la Forteresse Sāyeh, construite durant la Grande Guerre. Depuis cette forteresse occupant une position stratégique naturelle, le dos sans défense de la Capitale Royale était clairement visible.

En cas d’urgence, cette forteresse pouvait coopérer avec le Château Royal afin de dévoiler une capacité défensive incroyable. Si la forteresse était ignorée, alors une attaque en tenaille pouvait être lancée depuis l’arrière de l’ennemi. Et si l’ennemi décidait d’attaquer la forteresse avec sa force principale, beaucoup de temps et de soldats risquaient d’être gâchés. Il s’agissait donc de la parfaite forteresse finale du Royaume.

De plus, dans les montagnes au sud était actuellement construit un petit château, même s’il n’était pas comparable à la Forteresse Sāyeh. Le Château Royal, Sāyeh et ce petit château formaient un triangle protégeant au mieux la Capitale royale.

—Et bien sûr, des fonds militaires gigantesques étaient investis dans ces trois positions.

« Pardonnez-moi, mais en tant que Premier Ministre j’ai du mal à vous comprendre, Maréchal. Diminuer la défense de la Capitale Royale où réside Sa Majesté est sûrement le pire plan possible ! »

« ……Sharov. La Première Armée restera ici. La Quatrième Armée se dirigera vers Belta. A son arrivée, Yalder sera remplacé et convoqué ici…. J’ai déjà pris ma décision. Concentre-toi sur la défense de la Capitale Royale. »

« —Votre Majesté. »

« ……Cette conversation est terminée. Je suis fatigué et dois retourner dans ma chambre. Mon ami, Farzam, au revoir. »

« Certainement, Votre Majesté. Profitez de votre repos. »

« ……. »

« —Maréchal Sharov. Ainsi se termine votre audience. Dépêchez-vous de retourner à vos affaires. J’ai plusieurs affaires gouvernementales à régler, alors veuillez m’excuser. »

Farzam regarda une dernière fois Sharov de haut, puis, accompagné des Gardes Impériaux, quitta la salle du trône.

Sharov, silencieux, resta agenouillé plusieurs minutes.

 

Six mois après la défaite lors de l’Engagement d’Alucia— Château Belta, Bureau de Sidamo.

Ses lunettes sur le nez, Sidamo s’occupait de divers documents officiels lorsque quelqu’un frappa à la porte. Il leva la tête de ses papiers, retira ses lunettes, puis répondit,

« —Qui est-ce ? »

« Major Schera Zade*. On m’a dit que vous vouliez me voir. »

Schera se présenta d’une manière à laquelle elle n’était pas encore habituée. Elle n’avait commencé à utilisé ce nom de famille que très récemment.

« Entrez. »

« —Veuillez m’excuser ! »

Contrairement à avant, Schera était entièrement recouverte d’une armure. Elle entra dans la pièce, puis salua. Bien évidemment, elle n’avait pas sa large faux avec elle.

« Vous pouvez prendre vos aises…. Mais cela ne veut pas dire manger. Retenez-vous devant un officier supérieur. Combien de fois dois-je vous le dire avant que vous ne compreniez ? »

Il critiqua Schera qui venait de sortir quelques haricots à la fin de son salut.

« Veuillez m’excuser. »

« Soyez un minimum sincère dans vos paroles. De même pour votre expression lorsque vous vous excusez. Vous avez été promue Major ; apprenez donc comment échanger avec autrui. »

« Sir ! »

Schera s’empressa de mâcher les haricots avant de les avaler.

« Vous étiez en charge des patrouilles, alors vous ne le savez peut-être pas, mais les ordres d’une restructuration ont été reçus. »

« Comment cela va se passer ? »

« ……Le Général Yalder a tout à coup un ‘problème de santé’, et doit guérir à la Capitale Royale. Il a été décidé que nous, la Troisième Armée, nous rejoignons la Quatrième Armée venant du Nord. En résumé, nos supérieurs vont changer, et des renforts arriveront. »

« ……Sir. »

Le Général Yalder paraissait pourtant en très bonne santé la veille. Ayant reçu une directive de la Capitale Royale, il n’avait pas pu contenir sa colère et avait éclaté de rage. Le bureau du Seigneur du château était maintenant en piteux état, comme si l’ennemi l’avait attaqué. Yalder avait rapidement réalisé que la lettre d’encouragement envoyée par le Royaume après la défaite n’était qu’une simple consolation. En tant que commandant, voir ainsi sa Troisième Armée chérie être complètement avalé était comme perdre son propre enfant.

‘Au moins, il n’a pas été démit de ses fonctions’, pensa Schera. Honnêtement, elle s’en fichait.

Le Général Yalder adorait pourtant Schera comme sa petite fille, et avait même fait en sorte qu’elle reçoive le nom de famille du Général Major Jira tombé au combat. Yalder, trouvant dommage que la lignée de Jira prenne fin sans le moindre successeur, avait eu la brillante idée de faire de cette jeune et brave guerrière sa successeure.

Sidamo, ayant davantage de travail à faire, était quant à lui au bord de la dépression nerveuse.  Après tout, même si Jira Zade n’avait pas de successeur, il avait toujours de la famille. Ainsi, il avait rencontré quelques difficultés, mais après de longues et difficiles négociations, il avait obtenu leur consentement. Une fois sa carte finale jouée, l’or préparé par Yalder, la famille Zade, comprenant la situation, changea vite de posture. Le territoire de la famille Zade avait été abandonné, et leur nom de famille n’était maintenant plus qu’une position honoraire. Dans une telle époque, l’argent semblait plus important que l’honneur.

Je ne sais cela que trop bien. Mais certaines choses ne devraient jamais être abandonnées.

Se ridiculisant lui-même pour avoir été manipulé par son nom de famille, Sidamo avait terminé cette corvée de succession. Bien sûr, Schera ne savait pas qu’il s’agissait d’une procédure aussi compliquée. Forcée à adopter un nom de famille qu’elle ne voulait pas, Schera avait paru extrêmement ennuyée lors de l’obtention de ce nom. Lorsqu’il repensait aux négociations difficiles qu’il avait dû mener, Sidamo avait envie de la frapper, mais il savait qu’il avait de grandes chances de mourir en cas de contre-attaque.

« ….Je continuerai mon travail d’officier du personnel, même si j’ai perdu mon rang de Chef Officier du Personnel. Vous aussi, continuez de vous dévouer pour le Royaume. »

« Compris. »

« De plus, je n’ai aucun doute sur vos compétences en tant que soldat, mais plutôt sur vos compétences de commandante. Ainsi, j’ai décidé de vous assigner deux adjudants qui vous assisteront. »

« Des adjudants ? »

« Tout à fait. Ils ont demandé eux-mêmes à rejoindre votre unité. Des positions de Chef d’Escouade étaient libres, mais ils ont refusé. Ce sont deux excellentes personnes ayant étudié la stratégie militaire à l’académie militaire du Royaume. Ils vous surpassent sans le moindre doute en termes de leadership, de tactiques et d’ingéniosité. »

Sidamo n’oublia pas de lancer quelques critiques à Schera tout en vantant l’excellence des deux adjudants. Celui-ci voulait que Schera se sente un peu plus responsable et consciente de sa position.

« Oui, en effet. Je pense aussi. »

Même si elle venait d’être traitée indirectement d’idiote Schera ne paraissait pas particulièrement gênée. Sidamo fronça les sourcils, regardant directement son visage qui disait ‘Peu importe ; je suis heureuse du moment que je peux manger’.

« Votre unité de cavalerie est devenue la plus célèbre élite de Belta. Afin que vous n’entachiez pas cette réputation, servez-vous à loisir de vos adjudants. Acceptez leurs conseils, et continuez à servir le Royaume. »

« Compris. »

Puisque Sidamo n’en finissait pas de parler, l’attention de Schera commençait petit à petit à s’égarer. Ce simple ‘Compris’ avait nécessité l’emploi de toute sa force d’attention restante.

« Ne poursuivez plus jamais l’ennemi seule. De même pour la ‘Reconnaissance Forcée’ et le contrôle d’une unité de cavalerie en plein territoire ennemi. Si vous agissez comme une idiote et mourez au combat, le moral de toutes les troupes en sera affecté. Voilà le véritable sens du mot ‘Elite’. Je ne vous permettrai pas de mourir d’une façon stupide. Me suis-je bien fait comprendre ? »

« Bien sûr. »

—Bien sûr, elle ne comprenait pas.

Si, devant ses yeux, les vivres ennemies étaient tranquillement transportées, bien sûr qu’elle allait attaquer. Réussir à mettre la main sur des provisions et se remplir l’estomac était évidemment une bonne chose. Même si après plusieurs attaques du même genre, l’ennemi avait renforcé la garde des convois de nourriture. Cela lui avait en plus apporté du mérite, alors il n’y avait pas le moindre problème.

—Voilà ce que comprenait Schera.

« …..Comprenez-vous vraiment ? M’avez-vous bien écouté ? Si c’est le cas, dites-le-moi. »

Sidamo ne pouvait s’empêcher de douter de Schera. Son opinion d’elle était ‘Elle a de bons bras, mais sa tête est tout aussi mauvaise’. Le Général Yalder, bientôt ancien Général Yalder, pensait la même chose.

Un officier du personnel avait besoin de motivation pour gérer de telles personnes. Sidamo, n’ayant pas réussi, avait perdu son rang de Chef Officier du Personnel en conséquence. Maintenant, la Quatrième Armée allait avoir tous les pouvoirs, et sa route vers le succès s’était effondrée. Sidamo était déprimé, mais n’avait pas abandonné. Il ne comptait pas abandonner avant d’avoir réussi à restaurer son nom de famille.

« Moi, Major Schera, je comprend complètement ! »

« Je placerai plus tard les adjudants sous votre supervision directe. Je leur ai déjà parlé de leur avenir, alors il ne devrait pas y avoir le moindre problème…. Cela conclut notre rencontre. Vous pouvez partir. »

Épuisé mentalement, Sidamo retourna rapidement à son travail. Une forme différente de fatigue s’emparait de lui lorsqu’il avait Yalder comme partenaire de conversation. S’il continuait à parler plus longtemps avec la Mort, il risquait de se rappeler de son grand frère décédé. Sinon, peut-être allait-il devenir fou, comme sa grande sœur.

« Sir ! Moi, Major Schera, je retourne à mon devoir ! »

Schera, ayant fait l’effort de rester un minimum attentif à la conversation pendant une période aussi longue, paraissait presque prise de vertiges.

Après avoir quitté la pièce, elle laissa échapper un large soupir, soulagée d’être enfin libérée de toutes ces formalités. De plus, elle rajouta un ‘’Ahh, je suis épuisée’’ d’une voix stupide.

—A cet instant, un lourd objet cogna la porte du bureau depuis l’intérieur.

La porte étant résistante, pas une seule fissure n’était visible.

Un profond stress s’était accumulé chez l’ancien Chef Officier du Personnel, qui avait jeté un pot de fleur contre la porte.

Il a sans doute faim. Sympathisa Schera.

« ……Comme je le pensais, la tête ne fonctionne pas très bien lorsqu’on a faim. »

Schera sortit un morceau de pain du sac qu’elle portait, et le posa devant la porte du bureau avant de partir. Le geste était similaire à celui d’une personne nourrissant un animal, ou laissant une offrande à un mort.

Bien évidemment, la colère de Sidamo éclata lorsqu’il découvrit le pain posé par terre devant la porte de son bureau.

 

—La Troisième Armée du Royaume occupant le Château Belta et l’Armée de Libération de la Capitale Royale occupant le Château Antigua étaient tombés dans une impasse mutuelle. La cavalerie de Schera, comptant à nouveau 3 000 soldats, fut déployé et, profitant de sa mobilité, reçut la tâche de patrouiller et d’éliminer les ennemis proches.

Ce qu’elle fit, mais Schera prit aussi quelques actions indépendantes, tel que conduire une Reconnaissance Forcée ou attaquer des convois de vivres de l’Armée de Libération. Il s’agissait d’une attitude allant à l’encontre des régulations militaires, mais puisqu’elle réalisait des gains à chaque assaut, ses transgressions étaient ignorées. L’Armée de Libération était plus ennuyée par ces tactiques de guérilla que prévu, et inévitablement, la garde de ces convois fut renforcée.

C’était à peu près à cet instant que le nom de Schera commençait à circuler dans les rangs de l’Armée de Libération.

 

*Le nom de Schera est une référence à Schéhérazade, des Mille et Une Nuits.

 

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Posséder ou Déposséder – Chapitre 180

 

Chapitres 180 : Invité Non-Invité

 

Un vieil homme portant une robe concentrait sa puissance magique dans une barre en métal en forme de crayon.

Une lumière était visible à l’extrémité de cette barre, tandis que l’homme s’en servait pour inscrire des question sur une longue plaque d’un mètre de hauteur et de trois mètres de longueur.

« 1 + 1 ? »

« Moi ! Moi ! Ça fait 2 ! »

« Umm, Namari, c’est bien ça ? »

L’attitude de Namari, qui venait de répondre avec une énergie impressionnante, fit sourire le vieil homme. Namari regarda les enfants autour de lui, affirmant avoir trouvé la bonne réponse.

« Ah, Namari. Moi aussi j’avais la réponse… »

« Mais c’est moi le plus rapide, alors j’ai gagné. Je suis le meilleur ! »

Impica paraissait contrariée, les joues gonflées, et tira sur les manches de Namari.

« Hmm, bien. Dans ce cas, réponds à cette question Namari. »

Le vieil homme caressa sa longue barbe et fit apparaitre un nouveau problème au tableau.

« Wow, une deuxième question ? 27 + 31 ? Erm… »

Namari s’empressa de compter sur les doigts de ses deux mains. Lorsqu’il s’agissait d’une addition ou d’une soustraction en dessous de 20, Namari pouvait aisément y répondre. Les enfants autour de Namari possédaient eux aussi des petites barres en métal ainsi que des plaques plus petites qu’une feuille A4. Ils inscrivaient le problème grâce à la petite barre, puis essayaient de résoudre le problème.

Ces plaques et barres en métal utilisés durant les cours étaient des outils magiques créés grâce à l’[Alchimie] de Yu er Russ. En plaçant une petite quantité de magie dans ces barres, il était possible d’écrire sur les plaques. Grâce à cette méthode, les enfants pouvaient apprendre tout en augmentant petit à petit leur puissance magique. Cela était surtout utile pour les homme-bêtes, qui n’étaient pas très bons en magie. Il n’existait pas d’autre moyen d‘utiliser ces barres magiques, et de nombreux outils similaires avaient été placés chez eux, tels que des outils permettant d’avoir l’eau courante, ou des outils d’agriculture.

« Namari, connais-tu la réponse ? »

« Et bien… Je n’ai pas assez de doigts. »

« Tu veux utiliser mes doigts ? »

Impica essaya de résoudre le problème en coopérant avec Namari, toutefois celui-ci paraissait compliqué, même à deux. Tandis que tout le monde se remuait les méninges, un enfant fit apparaitre la réponse sur sa plaque.

« Hmm, ce problème est facile. »

« Incroyable ! »

« Wow, tu le trouves facile. »

« Comment as-tu trouvé la réponse ? »

La personne en question était un enfant faisant partie de la tribu des nains déchus et parlant très rarement. En entendant des compliments auxquels il n’était pas habitué, il tenta de cacher timidement son visage derrière sa plaque.

« C’est facile. En plus, j’ai fait une promesse au Roi. »

« Une promesse ? »

« Oui. Si je deviens le meilleur en arithmétique, j’aurais le droit de voler dans le ciel. »

« Voler dans le ciel ! »

« Un peu de silence. »

En raison du bruit ambiant, le vieil homme tenta de retrouver un semblant de silence. Mais lorsqu’il se tourna pour écrire au tableau, tous les enfants lui tirèrent la langue.

« Qu’est-ce qui ne va pas Conrad ? »

« A ton avis ? Je n’aime pas être ici. Je m’ennuie, et c’est loin d’être fini. »

« Whoa, regarde-toi. C’est aussi ennuyeux que tes hanches tordues et ta barbe broussailleuse. »

« Quoi ? Tu veux te battre ? Ma barbe n’est pas broussailleuse ! »

Au milieu des enfants, une querelle éclata entre deux vieux hommes.

« Grand-père, ne te bats pas ! »

Tout à coup, Impica frappa l’un des vieux hommes à la hanche tout en le réprimandant.

« Oui ! »

« C’est vrai, que vont penser les enfants s’ils vous voient, les adultes, vous battre ? »

« Impica a raison, il ne faut pas se battre. »

« Ewald et moi nous ne nous battions pas ! Impica, tu as sûrement mal vu. »

« Est-ce que c’est vrai ? »

Impica pencha la tête en regardant Ewald et Conrad. Sa queue blanche et touffue se balançait de gauche à droite en signe de suspicion. Les deux vieux hommes n’eurent d’autre choix que de succomber à l’adorable fillette.

« C’est vrai. »

« Oui, nous sommes de bons amis. »

Les deux vieux hommes avaient chacun le bras autour du cou de l’autre, afin de montrer leur amitié à Impica. Une fois la querelle réglée, la leçon put enfin continuer. Devant les enfants de différentes races, tous le sourire aux lèvres, les deux vieux hommes ne pouvaient s’empêcher de sourire eux aussi.

Ces deux vieux hommes du nom d’Ewald et Conrad étaient autrefois des tuteurs pour jeunes nobles. Mais puisqu’il s’agissait d’enfants de familles nobles, aucun n’écoutait les deux tuteurs. De nombreux parents, frustrés de ne voir aucune amélioration chez leur enfant, accusèrent donc les méthodes des deux hommes.

Après ça, les deux tuteurs tentèrent de trouver d’autres employeurs, mais la rumeur selon laquelle les deux hommes étaient incompétents avait déjà circulé. Ils n’avaient pas le moindre soutien influent, ni la moindre preuve de la véracité de cette rumeur. Et même s’ils décidaient de remettre en cause cette rumeur, cela pouvait être considéré comme une insulte envers l’aristocratie. Ainsi, désespérés après avoir perdu leur emploi, les deux hommes devinrent des aventuriers s’occupant des missions les plus ingrates.

Et même dans un tel environnement, leur passé d’emploi auprès de la noblesse les pourchassait. Ils ne correspondaient pas à l’image de vulgarité et de brutalité des autres aventuriers, et ne pouvaient que prendre des jobs correspondant à leurs circonstances. Les deux restèrent ensemble, et se débrouillèrent très mal tout au long de leur carrière d’aventuriers.

Rapidement, aucun aventurier ne voulut coopérer avec eux. Blâmant leur malchance, ils se mirent à fuir la réalité dans l’alcool. Plus personne ne voulait les employer, et, après avoir contracté de nombreuses dettes, les deux hommes furent vendus en tant qu’esclaves.

Au final, ils avaient été achetés par cette île. Plus précisément, ils avaient entendu dire qu’un autre aventurier les avait achetés. Au départ, ils étaient restés sur leurs gardes, mais reçurent rapidement le devoir d’aider ces enfants à étudier. Les enfants ici les admiraient comme des professeurs, et chaque fois que les deux hommes voyaient leurs visages souriant, ils ne pouvaient s’empêcher de sourire à leur tour. Ewald et Conrad ne pouvaient plus retourner sur le Continent Rem, mais cela était mieux ainsi. Ils étaient heureux de pouvoir passer leurs journées sur cette île, auprès de ces enfants.

Même s’ils étaient toujours des esclaves, les deux hommes recevaient un salaire et n’avaient plus besoin de se consoler dans l’alcool. Ils avaient l’habitude de boire ensemble, mais avaient décidé d’arrêter malgré la gratuité de l’alcool. La raison était simple, ils avaient simplement peur de perdre leur emploi de nouveau. En y repensant, ils trouvaient cela étrange. Ils avaient plus peur de perdre leur emploi actuel que lorsqu’ils avaient été rejetés par leur employeur aristocrate à l’époque. A l’occasion, les deux hommes souhaitaient sincèrement discuter avec ce jeune garçon aux cheveux noirs qui leur avait demandé de travailler en tant que professeurs.

 

Dans la partie sud eu Royaume Sans Nom, les vergers poussaient librement, et au-delà s’étendaient à perte de vue les terres agricoles. Aujourd’hui, Isaiah, un esclave, portait une houe sur son épaule et cherchait un endroit parfois où planter. Tout comme Isaiah, de nombreux citoyens du Royaume Sans Nom travaillaient aux champs, houes et fourches à la main.

« Isaiah-san, pourquoi ne pas prendre ta pause maintenant ? »

Un homme essuya la sueur présente sur son front avec une serviette tout en s’adressant à Isaiah.

« Tu veux prendre une pause avec moi ? »

« Oh, pourquoi pas. »

Lorsque tout le monde partit au repos, Shiro vint les saluer. Shiro était auparavant un sujet de terreur, mais Isaiah s’était rapidement habitué à lui.

« Merci Shiro. »

Isaiah caressa la tête de Shiro et ses tentacules saluèrent Isaiah en retour.

« Isaiah, nous n’avons jamais pratiqué l’agriculture avant, mais est-ce normal que les plantations poussent aussi vite ? »

« Non, la situation est tout sauf normale. A ce rythme, les récoltes commenceront en Janvier. »

Cette île surnommée Royaume Sans Nom était un endroit inexplicable aux yeux d’Isaiah. Son sol était parfait pour faire pousser des cultures, mais en soi, il n’avait rien de spécial. Un tel sol pouvait être trouvé dans n’importe quel autre pays. La différence fondamentale résidait dans la présence d’esprits de terre. Les esprits de terre avaient une grande influence sur les cultures, et n’étaient jamais là par hasard. Si une personne tentait de contrôler magiquement un esprit, cette personne risquait de subir de lourdes conséquences. Et même en possédant une énorme puissance spirituelle, il était difficile de contrôler un esprit. La seule façon de profiter des bienfaits d’un esprit de terre, c’était de trouver un sol riche en puissance spirituelle et d’en travailler la terre tout en gardant intacte l’humeur de l’esprit.

Toutefois, la situation était complètement différente pour le Royaume Sans Nom. Pour une raison inconnue, les esprits s’y rassemblaient. Isaiah, dont le job était [Fermier], pouvait sentir la présence d’un esprit de terre, et ici, le pouvoir de cet esprit était si puissant qu’il était capable de le voir à l’œil nu.

« Normalement, ce genre de cultures bourgeonne en Janvier, toutefois les tiges sont déjà en train de grandir, et le blé devient marron jaunâtre. Le blé nécessite normalement six à sept mois avant de pouvoir être récolté. Mais avec la richesse de ce sol, les récoltes pourront être réalisées dans seulement un mois ou deux si tout se passe bien. De plus, une culture absorbant la puissance d’un esprit de terre pousse bien plus facilement, et permet de supprimer la période de repos du sol nécessaire avant de pouvoir planter de nouveau. Nous pourrons replanter directement après la récolte. N’est-ce pas incroyable ? »

Isaiah était extrêmement excité, expliquant à toute vitesse la situation. Mais les autres races et tribus n’avaient jamais pratiqué l’agriculture, alors ils n’arrivaient pas vraiment à se rendre compte de la spécificité de cet endroit.

« Isaiah, je suis vraiment désolé mais je n’arrive pas à comprendre en quoi tout cela est incroyable. »

« Oh, désolé. Je me suis emporté. »

Isaiah, le visage rouge, s’assit puis se mit à boire l’eau d’une bouteille.

« Avant de devenir un esclave, j’était un fermier. »

« Oh, j’ai entendu le Roi en parler. »

« Le Roi m’a amené ici pour enseigner l’agriculture. Je n’aime pas me vanter, mais j’ai une confiance absolue en mes compétences agricoles. J’étais fermier mais je me suis endetté après avoir voulu acheter un terrain. Ce terrain était bon, et j’avais même employé plusieurs fermiers et propriétaires terriens pour m’aider. Aider ma famille à mener une meilleure vie était mon rêve, mais des insectes nuisibles ont attaqué ma ferme et absolument tout détruit. L’endroit est devenu un sol aride, mais mes dettes étaient toujours là. »

Une [Abeille Géante] et un [Frelon Tueur] deux fois plus gros qu’une abeille à miel se posèrent sur l’épaule d’un dem-humain qui écoutait en silence l’histoire d’Isaiah.

« S’agissait-il d’insectes similaires ? »

« Tu parles de ces abeilles ? »

« Oui, normalement les Abeilles Géantes et Frelons Tueurs sont hostiles les uns envers les autres, et ravagent les champs. »

« C’est peut-être vrai, mais ici, ils paraissent amis. »

Murmura un homme-bête en observant l’abeille Géante et le Frelon Tueur voler l’un à côté de l’autre.

« Tout à fait. Apparemment Marifa-san se sert de ces insectes. Grâce à l’instinct de prédateur du Frelon Tueur, aucun nuisible n’essaye d’attaquer nos champs, nous pouvons donc travailler tranquillement. Quant à l’Abeille Géante, elle collecte le nectar des fleurs sans détruire les plantations. »

« Isaiah-san, est-ce que c’est vrai ? Nous pouvons cultiver tranquillement grâce à Marifa-san ? »

Isaiah, excité, parlait si fort que tout le monde autour pouvait l’entendre.

« Oui, c’est vrai. Cette île est un parfait endroit découvert par le roi. En plus de collecter du miel, les Abeilles Géantes permettent la pollinisation des plantes. Ce n’est donc pas étonnant que les fleurs et forêts poussent aussi bien. Cela veut aussi dire que cette île maintiendra un environnement vert à l’avenir. Je ne comprends pas tout, mais ce dont je suis sûr, c’est que cet endroit est un paradis fermier. »

Isaiah termina sa bouteille d’eau puis reprit la houe gisant à côté de lui.

« Cette houe est en acier noir, et non en fer normal. Les fourches ont été fabriquées dans le même matériau. Tous ces outils sont enchantés avec des compétences augmentant les capacités et la force physique.

« Du moment que c’est utile. Il faut utiliser sa magie pour activer leurs enchantements, et d’après le Roi, cela nous sert à entrainer notre puissance magique. »

« Et tu sais quoi ? Maintenant, mon fils est capable d’écrire, de lire, et même de faire des calculs simples. Pourtant, il est le fils d’un fermier, et non pas un membre de la noblesse. »

« Le Roi m’a aussi dit qu’il me libérerait de mon statut d’esclave une fois mes connaissances en agriculture transmises. Mais franchement, même s’il me libère, je ne pense pas partir d’ici. »

Un demi-humain se mit à rire en entendant tout cela.

« Au départ j’avais peur, mais maintenant je suis heureux d’être là. Ahito- ah, désolé. »

« Hahaha, ce n’est rien. Tu peux m’appeler Ahito. »

Le demi-humain frappa vigoureusement le dos d’Isaiah en affirmant que cela ne le dérangeait pas.

« Ugh, désolé. Ce n’est pas très poli de ma part de t’appeler par ton prénom sans même t’avoir demandé la permission.

Cela ne paraissait toutefois pas déranger l’homme, qui retourna au travail avec les autres. Isaiah se massa l’épaule, puis les suivit.

 

Côte Est du Royaume Sans Nom.

Sur la côte, un port était construit. Agafon était en charge du chantier de construction, mais devait aussi surveiller l’arrivée potentielles d’intrus depuis la mer.

« Agafon, pourquoi regardes-tu tant la mer ? Tu devrais pourtant connaitre les histoires qui circulent. La mer est remplie de monstres, alors il y a peu de chances que des intrus arrivent, à moins de mobiliser des navires capables de voyager sur de très longues distances. De plus, l’île est complètement encerclée par la mer. »

« Je ne sais pas, mais d’après le Roi, nous avons de nombreux ennemis. Ils peuvent arriver à tout moment. »

« Mais peu importe le temps passé à regarder, tu peux seulement voir ce que ton œil te permet de voir, à moins de posséder une compétence unique comme [Clairvoyance]. »

« Hey, tais-toi. Regarde là-bas, je peux voir un navire. »

« Eh ? Quoi ? Tu arrives à voir un navire ? »

« Il y a vraiment un navire à l’horizon ! »

« Et ce n’est pas qu’un navire. Il y en a trois, et ils semblent gigantesques. »

Pour la première fois, le Royaume Sans Nom avait des invités. Toutefois, leurs intentions ne semblaient pas pacifiques.

 

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[ITW-404] Lynn, Alex et Brian du groupe PVRIS

On a pu rencontrer Lynn, Alex et Brian de PVRIS à PVRIS (…) pour leur concert à l’Elysée Montmartre. Le nouveau phénomène rock a répondu avec plaisir à nos questions.

Merci à Blandine pour l’interview du groupe le soir de leur concert ! 🙂

404: Salut PVRIS ! Ravie de vous rencontrez au complet ! 2017 est une année plutôt chargée et importante pour vous, entre les tournées et votre nouvel album, mais ne perdons pas de temps et rentrons dans le vif du sujet: Comment s’est passée la tournée que vous avez faite auprès de Muse et Thirty Seconds To Mars ?

Alex: C’était génial !

Lynn: Super !

Alex: Ils étaient très sympas et nous avons définitivement appris beaucoup de choses en tournant avec eux et le fait de pouvoir voir de nos propres yeux comment ils travaillent.

Lynn: Voir leurs performances nous a beaucoup inspiré. Jouer pour leur audience a également été très intéressant car leur public avait l’air de comprendre notre musique et c’était cool !

404: Et donc comment se passe la tournée Européenne jusqu’à maintenant ? Si je ne me trompe pas, c’est la 5ème fois que vous faites un concert à Paris !

Lynn: La cinquième fois ? Je ne suis pas sûre… Ah c’est terrible je ne m’en rappelle pas !

Brian: Je crois bien que c’est la cinquième fois.

404: Je le crois aussi ! Avez-vous remarqué une certaine évolution chez vos fans français ?

Lynn: Oui, j’ai l’impression qu’à chaque fois que l’on revient le public s’agrandit.

Alex: Je pense que la dernière fois il devait y avoir 5000 personnes et maintenant presque 10000. C’est définitivement un grand changement !

404: Et concernant All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell, est-ce que le travail sur ce nouvel album a été plus difficile ? Est-ce que ça a été un plus gros challenge que le premier (White Noise) ou au contraire, est-ce que ça a été plus facile ?

Lynn: Je dirais un peu des deux… C’était plus facile mais en même temps tout aussi difficile. C’était plus simple dans le sens ou nous savions où aller, quelle direction prendre et quel « flow » nous voulions suivre; le fait de travailler avec le même producteur Blake Harnage que pour le premier album a également aidé.

Nous avons développé une bonne amitié tous ensemble. Nous avons aussi réussi à adopter un bon système de travail/production avec lui et je pense que ceci en particulier à rendu tout le processus beaucoup plus simple et facile. Nous nous sentions très à l’aise. Nous lui faisons entièrement confiance et il parvient toujours à faire ressortir le meilleur de chacun d’entre nous. Nous passions tous par certaines choses à ce moment là (au moment de la production de l’album) mais… c’est la vie !

404: On peut dire que PVRIS a trouvé son « son ». Le mix entre ce que vous faisiez avant et entre ce que vous faites maintenant est bien équilibré. Qu’en pensez-vous ?

Lynn: Peut-être bien… J’espère que notre « son » sera toujours ouvert et en perpétuelle évolution afin de nous permettre de d’explorer de nouveaux territoires.

404: Et en ce qui concerne l’esthétique de vos albums; notamment dans vos clips vidéos -l’esprit noir et blanc et le fait de jouer avec les ombres et les lumières- comment cette atmosphère vous-ai-t-elle venue ?

Lynn: Pour White Noise c’était plus basé sur une ambiance « film d’horreur » ou vieux film du moins. Mais pour All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell il y a beaucoup plus cette idée de « clean », de quelque chose d’épuré; avec beaucoup de références de lieux, des choses comme ça. Comme une vieille photo par exemple. L’esthétique des deux albums est assez similaire mais je trouve que l’on peut facilement faire la distinction.

 

404: Pour finir, quelques petites questions un peu plus personnelles sur vous et sur ce que vous aimez, c’est un peu la signature de 404.

Donc qu’est-ce que vous écoutez lorsque vous êtes en tournée ? Des artistes en particulier ? Une playlist ?

Alex: En ce moment j’écoute plus du Ben Howard ou bien John Mayer mais ça change tout le temps, ça dépend.

Lynn: Personnellement, j’écoute le groupe From Indian Lakes.

Alex: Oooooh.

Lynn: Car l’un de leur album me rappelle comment s’est d’être à la maison à cette période de l’année, parce que j’ai parfois le mal du pays donc ça fait toujours plaisir à écouter !

Brian: Pour moi en ce moment j’écoute un groupe qui s’appel Mew.

404: Mew ?

Alex: Ah oui !

Brian: Oui, leur musique est un peu similaire à celle de Ben Howard.

404: Oh, j’irais jeter un coup d’œil alors !Et au niveau films ou séries ? Qu’avez-vous regardé récemment ?

Alex: Hier soir j’ai recommencé la saison une de Stranger Things !

404: Oh oui ! Je n’ai toujours pas commencé !

Alex: Ah bon ? Tu devrais définitivement regarder !

404: C’est noté !

Lynn: Concernant les films; je viens récemment de voir pour la toute première fois The Great Gatsby et j’ai adoré !

Et Gatsby adore PVRIS… La boucle est bouclée ?

Alex: Ça me fait penser que j’ai besoin de le voir !

Lynn: Ce film m’a donné envie de le regarder cinq fois d’affilés ! Oh et tu vois la série Riverdale ?

404: Oui !

Lynn: Eh bien je viens de débuter la nouvelle saison !

Alex: J’ai besoin de regarder ça aussi !

Lynn: (à Alex) Je pense que tu vas aimer. Imagine Degrassi mélangé à Pretty Little Liars et voilà !

404: Oh, intéressant !

Lynn: Oui ! C’est un peu nian nian sur les bords mais c’est vraiment bien !

Brian: Perso j’ai re-regardé Lost In Translation. C’est littéralement le meilleur film jamais créé.

404: Ok très bien, haha !

Brian: Les acteurs principaux sont Bill Murray et Scarlett Johansson. C’est le numéro un de mes films préférés ! J’aime beaucoup les films indépendants, ils sont vraiment bons.

404: Oh d’accord. Et enfin, les jeux vidéos. Est-ce que vous jouez aux jeux vidéos ?

Alex: J’adore les jeux vidéos !

Lynn et Brian: *rires*

404: Dis-nous tout !

Alex: Aujourd’hui j’ai un ami qui travaille chez Playstation à Paris et qui est venu me voir pour me montrer le jeu vidéo sur lequel il a récemment travaillé !

Lynn: Awww.

Alex: C’était super cool et je suis super pressé de pouvoir y jouer ! Sinon j’aime les jeux de sports et… beaucoup de jeux en fait, haha !

Lynn: Je ne suis pas du tout une joueuse de jeux vidéos !

Alex: Elle n’est pas du tout compétitive, haha !

404: Et du coup, qui est le plus geek du groupe selon vous ?

Alex: Je dirais moi !

Brian: Oui !

Lynn: Ça dépend de la définition que vous avez de « geek ». Je pense que nous sommes tous geeks sur des points différents.

404: Donc Alex est le plus geek des jeux vidéos ?

Alex: Je suis plutôt geek sur tout ce qui touche à  l’électronique en fait, haha !

404: Merci à vous tous pour votre temps et j’espère que vous vous éclaterez au concert de ce soir ! Nous ce sera le cas ! 

Posséder ou Déposséder – Chapitre 179

Volume 8

 

 

Chapitre 179 : Le Cheval et le Cerf : l’Idiot

 

(Note : le titre est un proverbe japonais car Cheval = Ba, Cerf = Ka, et Baka = idiot. Ce proverbe explique qu’un idiot est dangereux, car personne ne sait ce qu’il peut faire.)

« Une [Dryade], des terres fertiles, une île où pousse un [Arbre Monde]… »

Le roi du Royaume Marima lança un regard acéré au prêtre du Royaume Saint Jadarc.

« Ce n’est pas un mensonge. »

« Oui, il est peu probable qu’un messager de Jadarc ne mente de toute façon. »

Parmi les personnes adorant la déesse de la lumière [Irrigamito], aucune ne prenaient à la légère une mission officielle provenant du Royaume Saint Jadarc. La même théorie s’appliquait au prêtre faisant face au roi. Ainsi, une douce expression était visible sur le visage du prêtre, tandis que celui-ci écoutait les paroles du Roi de Marima sans même se mettre en colère.

« Pourquoi donner au Royaume Marima des informations aussi précieuses sur l’île ? Allons-nous coopérer, ou avez-vous autre chose en tête ? »

Demanda le Roi de Marima en acquiesçant.

« Il y a évidemment plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’île se trouve à 3 000 kilomètres en ligne droite du Royaume Marima. »

« 3 000 kilomètres !? Même si nous possédons des navires magiques, ils ne peuvent que voyager quelques centaines de kilomètres au maximum ! Mon Roi, cet homme se moque de nous ! »

L’un des vassaux du Roi se leva, fou de rage. Toutefois, sa colère était compréhensible.

Le Royaume Marima était célèbre pour sa flotte navale équipée de noyaux magiques de rang 5 contenant des magies d’eau et de vent. Avec de tels navires magiques, il était possible de voyager sans être affecté par le vent et les vagues. Ces navires étaient une ressource vitale pour le Royaume Marima, qui survivait grâce à la mer, car le Royaume se situait en plein océan, à 50 kilomètres du continent le plus proche. Ainsi, une fois arrivé sur le territoire du Royaume Marima, il était difficile d’en partir, même à bord d’un large navire magique, car le Royaume était protégé par des créatures aquatiques appelées [Démons des Mers].

« Je comprends votre inquiétude, mais regardez cela. »

Malgré la colère ambiante, le prêtre restait calme. Il sortit un parchemin de son Sac à Objets. L’un des vassaux reçut le parchemin et, après avoir confirmé qu’il ne représentait aucun danger, le donna au Roi.

« Un parchemin ? »

« D’après l’Archevêque, les affaires diplomatiques se doivent d’être attirantes pour chacun. »

« Oui, cela est vrai. Est-ce une carte, une route, ou… »

« Autrefois, le continent du Royaume Houdon était plus large qu’il ne l’est aujourd’hui. S’il a diminué, c’est à cause du combat entre le [Gajin Transcendant] et le Grand Sage. »

« Hmmm, alors d’après vous, l’île est un ancien territoire du Continent Rem ? »

« Cette carte montre une route faisant partie d’une ancienne partie perdue du continent. Même si la route nécessite un détour, le sol marin y est peu profond et n’héberge aucun large habitat de monstres. Ainsi, même s’il y a toujours des chances de rencontrer un danger, ces chances sont largement plus faibles. »

« Bien, continuez à m’expliquer les raisons de votre démarche. »

Le Roi de Marima jeta un dernier coup d’œil au parchemin, et après avoir déterminé son authenticité, il le remit à son vassal.

« Deuxièmement, aucun autre navire n’est comparable à la flotte du Royaume Marima, et ne peut voyager aussi loin qu’elle. Et, comme le montre la carte, l’île doit être atteinte depuis l’ouest ou le sud du Royaume Houdon, mais le Royaume Saint Jadarc n’a aucune raison d’y envoyer une expédition, et ne pourra jamais obtenir l’autorisation d’envoyer des navires dans les eaux territoriales. »

« Cela me parait raisonnable, mais me dissimulez-vous encore quelque-chose ? »

« Vraiment, je ne peux rien vous cacher. »

Les vassaux tentèrent de prendre la parole suite au discours du prêtre, mais le Roi leva la main, les forçant à garder le silence.

« Il y a un habitant sur cet île, qui peut être considéré comme son dirigeant. »

« Voici donc la raison de votre venue ici ? Vous souhaitez son élimination ? »

« Je souhaite plutôt que vous soyez miséricordieux. »

« Je ne veux pas vous juger, mais je ne pense pas que cela fasse partie de la doctrine d’Irrigamito. »

« Il existe une différence claire entre nous et les autres. Si quelqu’un est malfaisant, alors il n’est pas considéré comme humain. »

« Et comment jugez-vous cela ? »

« Si la personne en question va à l’encontre de nos principes. Ces principes ne changent pas et restent ceux d’Irrigamito, mais leur interprétation change. Plusieurs milliers de monstres habitent sur cette île, et les exterminer avec votre force navale ne devrait pas s’avérer trop difficile. »

« Vous parlez comme si vous connaissez la situation exacte là-bas. »

« Bien sûr, nous y avons quelques espions. »

Ensuite, le Roi et le prêtre échangèrent quelques mots, et tout à coup, comme si le prêtre venait de se souvenir de quelque chose, il sortit une boite rectangulaire de son Sac à Objets.

« Tenez. »

Un vassal reçut la boite puis en vérifia le contenu, mais fut abasourdi par celui-ci. Il s’agissait d’un arc en pierre. Même une personne sans la compétence [Estimation] pouvait voir que cette boite était tout sauf ordinaire.

« Cet arc a été taillé dans le tendon d’un [Esprit de Feu] de la Forêt Sainte de Jadarc, la [Forêt de Reinhardt]. Il s’agit de l’un de nos trois chefs d’œuvre, portant le nom d’[Arc Perce-Cieux]. Comme son nom le suggère, cet arc est capable, en fonction de la puissance de son utilisateur, de tirer des flèches capables de percer les cieux. »

« Quel arc magnifique ! »

Admirant le superbe arc, le Roi se leva de son trône sans même s’en rendre compte.

« On dirait qu’il vous plait. Même si le Royaume Marima dépend grandement de la mer, j’ai entendu dire que vous éleviez aussi quelques chevaux. Si c’est vous, je suis certain que vous pourriez tirer à l’arc depuis une monture sans le moindre problème. L’archevêque du Royaume Saint a gardé pendant longtemps cet Arc Perce-Cieux, et il semble que vous soyez qualifié pour devenir son maitre. »

« En effet, cet arc me va à merveille ! »

 

« Qu’en pensez-vous ? »

Pendant l’audience entre le Roi et le prêtre de Jadarc, une silhouette se fondait dans la foule de vassaux. Cette silhouette était l’un des pères fondateurs du Royaume, ainsi que son premier ministre actuel.

« L’offre est tentante. »

« Hahaha, au moins vous êtes honnête. »

« Mais il est aussi vrai que Jadarc tente de nous utiliser. »

« Mais qu’en est-il de l’île ? Selon lui, elle abrite des terres fertiles, une Dryade et même un Arbre Monde. »

« Toutes les dépenses réalisées ces dernières décennies par le Royaume Marima pourraient être compensées par la simple capture de cette Dryade. Allons-nous vraiment abandonner une telle offre ? »

« Nous ne pouvons pas abandonner. »

« La Dryade est sûrement responsable de la fertilité de l’île. Après tout, les Dryades possèdent un pouvoir capable d’impacter directement sur la terre et les plantes. »

« Et pour l’Arbre Monde ? »

Le premier ministre but quelques gorgées de thé pour se réhydrater la gorge.

« Si l’Arbre Monde a été planté temporairement sur l’île, alors nous pourrions le déplacer jusqu’ici et faire de ce petit pays une nation majeure. Marima pourrait devenir l’un des cinq grands Royaumes. Ce ne serait plus un simple rêve ! »

« Quoi ? Marima pourrait se tenir aux côtés des cinq grands Royaumes ? Hahahaha ! Combien de temps devrait prendre la préparation des navires magiques ? »

« Hmmm, si nous préparons 2 000 hommes et 2 navires magiques, environ un mois. »

« C’est bien trop long. Ce prêtre de Jadarc n’a pas promis qu’il n’en parlerait à personne d’autre. 10 jours !  Les préparations devront prendre 10 jours. De plus, nous enverrons 3 000 soldats et 3 navires magiques. Il nous faut aussi des généraux afin de mener les troupes. N’oubliez pas de prévenir les royaumes voisins que nous allons réaliser des entrainements militaires dans les eaux territoriales du Royaume Houdon, afin d’éviter tout problème diplomatique. »

« Très bien. Je m’y mets tout de suite. »

 

« Oooooooooo ! »

Agafon laissa échapper un rugissement en abattant son épée. L’épée, censée pour lui fendre le ciel, frappa son propre abdomen et il se mit à se rouler au sol en poussant des petits cris de douleur.

« Agafon, tes mouvements sont bons, mais tu dois t’efforcer à mieux les comprendre. »

« Oui… huh ! »

Agafon se releva rapidement et reprit son épée.

« Là, une ouverture ! »

Tout à coup, Flavia, de la tribu des homme-chats, attaqua Yu par derrière.

« Quel idiot crierait avant une attaque ? »

Yu attrapa le poing de Flavia, et la projeta dans les airs.

« Ouwh ! »

Flavia se retourna dans les airs avant d’atterrir au sol, mais Yu lança une [Magie Noire] de rang 1, Tir Aérien, qui frappa son front et la fit tomber au sol.

« Vous comptez regarder encore combien de temps ? Vous aviez affirmé vouloir vous entrainer, mais vous abandonnez déjà ? »

« Je suis le prochain ! »

« Non, je n’ai pas encore fini ! »

De jeunes nains déchus et demi-humains tentaient les uns après les autres d’affronter Yu, mais perdaient presque instantanément.

Le plus effrayant dans cet entrainement, était que des fils magiques sortaient du corps de Yu et se connectaient à chaque participant, les soignants constamment. Ainsi, peu importe les blessures et défaites infligées par Yu, ils étaient guéris et devaient se relever de nouveau. Les personnes décidant d’abandonner et de rester au sol recevaient quant à eux des dégâts au cœur et à l’égo, plutôt qu’au corps.

Les personnes se tenant toujours debout étaient Agafon, Flavia, et une poignée de demi-humains.

« Un autre round ? Ou vous voulez arrêter ? »

Toutefois, personne ne répondit à la question de Yu.

« Odono-sama est fort ! »

Namari admirait le spectacle et la supériorité de Yu. D’autres enfants étaient présents autour de Namari et regardaient Yu, des étoiles dans les yeux. Ils regardaient tous Yu vaincre calmement les autres malgré un encerclement.

« Roi, vous êtes fort ! »

Impica applaudissait Yu, des étoiles dans les yeux elle aussi.

« Ensuite c’est à notre tour~ » (Nina)

« …chacun notre tour ? » (Lena)

Une fois l’entrainement des enfants terminé, Nina et Lena s’avancèrent.

« Il va falloir créer une distance de sécurité pour éviter tout danger. »

« Roi ! Faites de votre mieux ! »

« Vous êtes Rang C, vous devriez donc attaquer ensemble et avec Marifa et Russ. » (Yu)

Lena parut provoquée par les paroles de Yu, qui étonnamment, était au Rang B. Il était certain que les filles seules n’avaient aucune chance contre lui.

« Pour une raison tout à fait évidente, je ne peux pas attaquer Goshujin. » (Marifa)

« Si le Maitre et moi combattons… nous ne pouvons pas laisser les enfants seuls. » (Russ)

« Bien, dans ce cas maintient une [Barrière], Russ. » (Yu)

« Très bien. » (Russ)

Russ installa une barrière devant les enfants. Agafon et Flavia, se trouvant en dehors de la protection, laissèrent échapper un petit ‘’Urgh’’.

« Yu, tu es sûr de vouloir combattre Lena ? Tu es sûr de gagner ? » (Nina)

« Si tu es impatiente de me combattre, alors tu peux venir quand tu veux toi aussi. » (Yu)

Le combat commença par un sort de rang 4, Explosion, de la part de Lena.

Dix boules d’énergie tournoyèrent autour d’elle, avant e se diriger à toute vitesse vers Yu. En raison de leur nombre, les Explosions déclenchèrent une réaction en chaine, multipliant leur puissance. Ainsi, un cratère se forma au sol dès la première attaque. La terre paraissait s’être retournée. Lorsque la poussière bloquant la vue disparut, Yu, qui avait enduré la pleine puissance de l’Explosion, se tenait là dans sa [Barrière], comme si rien ne s’était passé.

« Wow ! »

« Roi ! Vous allez bien ? »

« Lena Nee-chan est incroyable ! »

Après avoir vu la puissante magie de Lena, les enfants étaient tous excités.

« Désolé~ » (Nina)

Après avoir prononcé ce simple mot d’excuse, Nina apparut devant Yu. Elle voulait attaquer en première, mais Yu l’attaqua d’abord d’un coup de poing. Nina s’accroupit afin d’esquiver l’attaque, et tenta de délivrer un coup de pied circulaire. Lena, volant dans les airs sur son Balai en Mithril, attendait d’utiliser sa [Magie Noire] de rang 5, Foudre Déchainée. Et le moment parfait arriva, lorsque Nina s’écarta de Yu en sautant en arrière.

Tout à coup, de nombreux éclairs frappèrent la [Barrière] de Yu. Et tandis que ce dernier restait protégé, il contrattaqua avec sa [Magie Noire] de rang 6, Chute du Dragon d’Eau. Un dragon aqueux ouvrit la gueule et avala la foudre créée par Lena. Puis, les puissants crocs du dragon aqueux tentèrent de détruire la [Barrière] de Lena, mais celle-ci utilisa sa puissance magique pour résister à l’assaut.

En même temps, elle lança une nouvelle [Magie Noire] de rang 6, Prison de Feu, et des flammes infernales tentèrent de contrer le dragon aqueux.

« Est-ce que je rêve ? Je savais que le Roi était fort, mais je ne pensais pas que Nina et Lena était aussi puissantes. »

La fourrure d’Agafon se dressait sur l’ensemble de son corps. Il était terrifié par la différence entre ses compétences et celles de Yu, Nina et Lena.

« C’est bien mon Roi. »

« Ha ? TON Roi ? »

« Cet ours est vraiment bruyant, nya~ »

« Tu es très mal placée pour dire ça ! N’es-tu pas aussi faible que moi ? »

« Je ne pense pas. Si un homme est faible, alors il est faible. Mais si une fille comme moi est faible, ça lui donne un effet mignon. »

« Tu n’es pas une fille. »

« Tu veux mourir ? »

Agafon et Flavia se chamaillaient tandis que le combat entre Yu, Lina et Nina continuait. Les différents sorts lancés parvenaient même à atteindre la [Barrière] de Russ, prenant les enfants par surprise.

Les enfants vaincus plus tôt par Yu serraient les dents, frustrés par la différence de force.

« Nina, tu dépends trop de tes compétences. Lena, toi c’est de ta [Barrière] dont tu dépends trop. »

« Ehhhh~ ? Mais suis-je devenue plus forte ? » (Nina)

« …Je n’ai pas encore attaqué sérieusement. » (Lena)

« Bien, dans ce cas… Si vous gagnez, je ferais tout ce que vous voulez. » (Yu)

« Vraiment ? Tout ? Hehe… que devrais-je te demander de faire~ » (Nina)

« …Je vais gagner, c’est certain. »

L’offre inattendue ne fit que motiver davantage Nina et Lena. Marifa de son côté murmurait ‘’Je ne vous le permettrais pas.’’

« Moi aussi je veux combattre ! »

« Pourquoi participerais-tu ? Tu n’es qu’une chatte qui a ses règles ! »

Flavia avait entendu la proposition de Yu et essaya de rejoindre le combat, mais Agafon sauta en premier et l’attrapa. Mais puisque Flavia avait sauté en première, suivie par Agafin, celui-ci arriva légèrement après et attrapa Flavia par les hanches. Perdant l’équilibre, Agafon tomba, et son visage frappa les fesses de Flavia. S’arrêtant tout à coup, Flavia regarda Agafon, le visage rouge et les larmes aux yeux.

« Qu’est-ce que tu fais ? C’était un accident ! »

« HYAAAAAA ! »

Humiliée, Flavia se vengea en griffant à maintes reprises le visage d’Agafon avec ses puissantes griffes. Les enfants assistaient à la scène, commentant le spectacle.

« Oh. »

« L’ours est stupide. »

« Flavia Nee-chan, allons pêcher des poissons. »

Il n’y avait pas la moindre sympathie pour Agafon.

 

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[LIVE-REPORT] PVRIS (+VUKOVI et MERGE) – 18/11/2017 @ Elysée Montmatre

[LIVE-REPORT] PVRIS (+VUKOVI et MERGE) – 18/11/2017 @ Elysée Montmatre

Nous ne pouvions pas manquer le trio américain PVRIS de retour en France pour leur cinquième date parisienne ! Notre interview du groupe, réalisée avant le concert est également disponible juste ici <3 ! 

MERGE :

 La soirée démarre avec une découverte plus que sypathique sous le nom de Merge, petit groupe français qui balance tout dès le début et chauffe la salle petit à petit. Ils nous dévoilent une petite ballade au milieu du set puis reprennent de plus belle et finissent leur prestation avec l’acclamation d’un public qui semble conquis.

VUKOVI : 


Une seconde très belle découverte ce soir avec les écossais Vukovi qui débordent d’une énergie folle et qui enchaînent les riffs de guitare et cris de la chanteuse ! Le public est chauffée à bloc dès le début du set !

Ils nous montrent leur côté “chill” comme mentionne la chanteuse avec une chanson plus douce. Elle demande alors à l’audience d’allumer leur portable/lumière, ce qui peint une très belle scène dans l’atmosphère historique et chaleureuse de l’Elysée Montmartre

La chanteuse écossaise n’hésite pas à jouer beaucoup avec le public en prenant leur téléphone pour se filmer. L’ambiance est assurée et le public conquis. On assiste à une petit ovation avant les deux dernières chansons, preuve de l’efficacité du set, et les extravagants Vukovi finissent leur prestation avec tout autant d’énergie qu’au début.

PVRIS : 

Le moment tant attendu démarre à 21h20 tapante, les lumière s’éteignent et le public fait exploser sa joie (et sa voix) au cours de l’introduction hypnotique de PVRIS. 

PVRIS s’installent et débutent avec le déjà très réputé Heaven, première chanson dévoilée de leur nouvel album. Smoke fait alors son entrée et le public chante en cœur avec Lynn.Lynn finit d’ailleurs la fin de Half à la batterie ce qui laisse un public agréablement surpris et étonné mais ravi !

La chanteuse américaine n’hésite d’ailleurs pas à interagir énormément avec le public qui est à fond depuis le début. Le concert se poursuit avec Holy et You and I suivi d’un petit medley ou Lynn nous fait part de quelques anecdotes en introduisant une petite blague légère qui fera tout de même sourire le public (« Tiens, nous avons le même nom ! Coïncidence ? Je crois que vous nous avez copié ! …. Désolée, cette blague était terrible ! »).Le concert repart avec Same Soul que l’on redécouvre avec une version épurée seulement au piano (Lynn) et à la guitar (Alex). Ils enchainent sans tarder avec What’s Wrong  dont le refrain est repris en cœur par les fans. PVRIS continuent ensuite avec trois chansons très efficaces de leur nouvel opus : Winter, Separate et Anyone Else.
Le concert se « finit » avec le plus qu’attendu My House qui fait sauter et chanter tout le public en unisson !

Les fans acclament le groupe en tapant du pied et crient « one more song » avant le rappel de No Mercy qui donne un dernier coup d’adrénaline au public. Lynn rejoint une fois de plus la batterie avec un public en transe et termine en reprenant le refrain de No Mercy comme jamais en terminant ce concert magique dans la merveilleuse salle qu’est L’Élysée Montmartre.

SETLIST :

* Heaven
* Saint Patrick
* Smoke
* Half
* Holy
* You and I
* Medley
* Same Soul (piano+guitar version)
* What’s Wrong
* Winter
* Separate
* Anyone Else
* My House
* No Mercy 

 

 

PS : Merci à Blandine pour sa contribution ! Elle est auteur de cette review, des photos de l’article et de l’interview du groupe ! 

Le Héros est un Démon – Chapitre 88

 

Chapitre 88 : D’une Façon ou d’une Autre

 

« J’espère que vous êtes en bonne santé, Votre Majesté la Reine. » (Origa)

« Vous n’avez pas besoin d’être aussi formelle, Origa-san. » (Imeraria)

La robe d’Origa, venue au château accompagnée de plusieurs chambellans, était différente de celle portée aux côtés d’Hifumi. Elle ressemblait aux robes portées par les femmes de la noblesse. Celle-ci était bleue, révélant une partie des bras, et cousue dans un tissu de très haute qualité.

Tenant son éventail en fer dans une main, Origa, la tête haute et irradiant une atmosphère gracieuse, était le centre d’attention, même au sein du château royal.

Plus tôt, un noble avait essayé de complimenter sa beauté, mais était rapidement devenu pâle de terreur après que l’un de ses collègues l’ait informé de son statut.

Et actuellement, elle tenait une réunion avec la Reine Imeraria dans le bureau de cette dernière.

Normalement, Origa, qui n’était qu’une simple roturière ayant épousé un noble, n’avait pas le droit d’être présente dans une telle situation. Mais puisque son époux était tout à fait spécial, et que la raison de sa venue était inconnue, une réunion prévue avait été organisé, plutôt qu’une audience formelle durant laquelle les autres nobles auraient pu la rencontrer.

« Tout d’abord, félicitations pour votre mariage. Vous êtes-vous habitué à la vie de noble ? Vous étiez autrefois une aventurière, alors votre environnement a probablement changé. » (Imeraria)

« Voyons… Puisqu’à Fokalore, il n’y a pas une grande différence entre le peuple et la noblesse, je n’ai pas l’impression que mon environnement ait vraiment changé. Il est simplement plus difficile de m’approcher de mon époux maintenant. » (Origa)

« Ara. Actuellement, Hifumi-sama est le seul noble profitant d’une telle célébrité et dirigeant le vaste territoire d’Orsongrande. Il est important qu’il s’entoure d’excellent personnel. » (Imeraria)

« Tout à fait, n’est-ce pas ? Puisque je dois gérer de nombreuses femmes se permettant de me déranger comme si elles étaient des belles-sœurs, il est essentiel que je m’entoure d’une certaine quantité de personnel. Si je devais m’occuper seul de tout le monde, mes nerfs ne tiendraient pas bien longtemps. » (Origa)

Origa essayait délibérément de garder Imeraria à distance. Même si Imeraria essayait de se montrer amicale et aidante, Origa la reconnaissait comme la femme la plus intime avec Hifumi, à l’exception d’elle-même bien sûr. Ainsi, de nombreux mots blessants et sous-entendus étaient dirigés vers Imeraria, souvent même par mégarde. Origa était consciente de sa propre anxiété, et se demandait si elle était véritablement une bonne femme, toutefois, elle ne savait pas si cette anxiété était en rapport avec ‘’cette personnelle appelée Hifumi’’ ou les ‘’noble locaux’’.

Après un échange verbal acéré, les deux femmes profitèrent enfin du thé noir.

Puisqu’Origa et Imeraria souriaient, la situation pouvait ressembler à une harmonieuse réunion autour d’un thé aux yeux d’un observateur extérieur.

Mais le Premier Ministre Adol, présent lui aussi, n’arrivait absolument pas à savourer le thé noir qu’il buvait, ayant l’impression que son estomac était transpercé de toutes parts par de multiples inquiétudes.

« A-Alors, Mme Tohno, vous avez demandé dans votre message à voir Imeraria-sama, mais vous avez aussi appuyé la nécessité de ma présence. Puis-je connaitre la raison de votre visite ? » (Adol)

Souhaitant partir le plus rapidement possible de cet endroit, Adol coupa court en attaquant directement le cœur du problème.

« …Adol-sama, il semble que récemment, vous ayez mené de nombreuses recherches dans votre salle de référence. » (Origa

« Qu-Que… » (Adol)

« Puisque j’ai supervisé moi-même l’enquête, vous n’avez pas besoin de mentir… Apparemment, vous cherchez des documents sur une ancienne magie, je me trompe ? Pourquoi donc ? » (Origa)

Tandis qu’Origa discutait indifféremment, Adol était couvert de sueur. Serrant avec force les poings posés sur ses genoux, il se torturait le cerveau pour trouver une bonne excuse, mais puisque rien ne lui venait à l’esprit, il ne pouvait que paniquer davantage.

« Premier Ministre, vous… » (Imeraria)

Même Imeraria trouvait sa réaction suspicieuse.

« Je savais que vous enquêtiez sur quelque chose. Vous paraissiez plus occupé et troublé que d’habitude. Je le sais, puisque j’ai l’habitude de faire appel à votre savoir et votre expérience. Mais pourquoi enquêter sur une ancienne magie ? J’ai pourtant entendu dire que vous n’étiez pas capable d’utiliser la magie ? » (Imeraria)

Maintenant que les questions venaient même d’Imeraria, Adol, ayant une idée, parla d’un ‘’sort de retour’’ qui permettrait à Hifumi de rentrer dans son monde.

Étant donné qu’il avait été prouvé qu’Hifumi possédait un puissant pouvoir militaire difficile à contrer, même en utilisant des attaques surprises ou un grand nombre, il considérait de proposer ce sort comme une forme d’excuse. Voilà comment le premier ministre décida d’expliquer ses propres plans.

« Renvoyer Hifumi-sama dans son monde… est-ce vraiment possible ? » (Imeraria)

 Lorsqu’elle apprit qu’il s’agissait d’une forme d’excuse, Imeraria parut joyeuse, mais se demanda tout de suite après si une telle chose était vraiment possible actuellement.

Adol, lui aussi inquiet concernant un certain point, dévoila un problème dans ses recherches.

« …En fait, j’ai découvert des traces d’une telle magie. Mais puisque de nombreux passages sont incompréhensibles pour un non-magicien, je ne sais pas si son analyse va pouvoir continuer. » (Adol)

« Vraiment ? Dans ce cas laissez-moi vous aider. Même s’il y a de nombreuses choses à prendre en compte avec Hifumi, il vaut mieux qu’il rentre chez lui… » (Imeraria)

Tout à coup, Imeraria sursauta en repensant à Origa qui était présente.

Puisqu’elle connaissait l’amour fanatique que celle-ci portait envers Hifumi, elle se rendit rapidement compte que ses remarques risquaient de mettre Origa en colère.

Toutefois, un sourire était toujours présent sur le visage d’Origa.

« Origa-san, c’est que… » (Imeraria)

« Je peux vous aider. » (Origa)

Voyant la panique dans la réaction d’Imeraria, Origa déclara,

« Sauvant Orsongrande, le héros venu d’un autre monde, ayant réussi à faire évoluer le combat mais aussi l’artisanat et l’administration de ce monde, remplit son devoir et retourne dans son monde… Un splendide conte épique n’est-ce pas ? » (Origa)

« Es-Est-ce que tu es d’accord avec ça. » (Imeraria)

A la question d’Imeraria, Origa répondit simplement ‘’Bien sûr’’ en sirotant son thé noir.

« Hifumi-sama, mon époux, n’est pas une infime existence pouvant simplement se satisfaire de ce seul monde. Puisque je suis aussi capable de maitriser la magie, je vous aiderai dans vos recherches. Toutefois… » (Origa)

Imeraria, posant sa tasse, tourna son regard vers Adol.

« Si vous osez feindre le retour d’Hifumi-sama et que vous avez en vérité quelque chose d’autre à l’esprit, Fokalore annoncera immédiatement son indépendance, et entrera en guerre contre Orsongrande. » (Origa)

« C-Ces paroles peuvent être interprétées comme une menace directe envers Sa Majesté la Reine ! Peu importe la puissance des soldats de Fokalore, combattre les soldats de la nation toute entière est… » (Adol)

« Nous n’avons pas besoin de faire face aux soldats. Nous pouvons simplement nous débarrasser des personnes importantes occupant ce château. » (Origa)

« Mais, Hifumi-sama est… » (Imeraria)

« Votre Majesté, le fait que vous vous adressiez à mon époux avec une telle familiarité m’est peu agréable. » (Origa)

« N’est-ce pas une simple excuse pour m’interrompre ?! » Finalement, même Imeraria commença à perdre patience.

« Hifumi-sama ne nous attaquera pas si nous ne nous opposons pas à lui. Veuillez donc coopérer avec nous. Alors, Origa-san, pourquoi devriez-vous nous venir en aide concernant ce sort ancien ? » (Imeraria)

Imeraria décidant délibérément de garder sa façon de parler d’Hifumi, Origa ouvrit grand les yeux. Les sentiments d’Imeraria pour Hifumi sont peut-être plus solides que je ne le pensais, en conséquence, Origa augmenta dans son esprit le rang d’Imeraria en tant que cible de sa méfiance.

« Mon désir est celui de rester avec lui, même lorsqu’il quittera ce monde. Ainsi, je suis prête à vous aider à le renvoyer dans son monde. » (Origa)

« Hey, je serai probablement utile. », rajouta Origa.

 

« J’aimerai bien essayer de voir un pays humain. » (Reni)

S’exclama tout à coup Reni en plein petit-déjeuner.

« Qu-Qu’est-ce que tu racontes ? » (Helen)

Helen, grignotant un bodan en dessert, fut surprise et cracha le jus du fruit rouge.

Hifumi écoutait quant à lui tranquillement leur discussion.

« Dans l’histoire que nous a raconté Hifumi-san hier, les humains n’étaient pas seulement des personnes faisant la guerre. Je me demande donc s’il existe des personnes menant des vies différentes. De plus, nous ne sommes pas aussi puissantes qu’Hifumi-san. Et puisque je n’ai pas les mêmes expériences et compétences que toi, Helen, je pense qu’il est de mon devoir de découvrir de nouvelles choses. » (Reni)

Reni paraissait tout à fait sérieuse. D’après elle, il s’agissait de la conclusion atteinte après une longue soirée de réflexion, et elle souhaitait qu’Helen la comprenne.

« Hifumi-san, pardonne-moi si je suis un fardeau. Même si tu comptes entrer dans une ville humaine, peux-tu m’emmener avec toi ? » (Reni)

« Tu es totalement déraisonnable Reni ! Si un homme-bête est découvert dans un pays humain, il risque d’être tué ou réduit en esclavage ! » (Helen)

« Tout ira bien si je reste aux cotés d’Hifumi-san. Je pense qu’il s’agit de ma première et de ma seule chance. » (Reni)

Hifumi, resté silencieux les bras croisés, se tourna sans la moindre expression vers Reni et lui demanda,

« Alors, que comptes-tu faire après avoir vu la vie que mènent les humains ? » (Hifumi)

« C’est… même moi je ne le sais pas… Mais plutôt que de vivre caché dans les terres désolées, sans rien savoir du monde et craignant à chaque seconde pour ma vie, je me demande s’il n’existe pas une alternative à tout cela. » (Reni)

« Je ne sais rien de ce pays vers lequel je me dirige. Je suis incapable de te faire visiter. De plus, tu risques d’être impliqué dans des problèmes là-bas. » (Hifumi)

« Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours vécu en fuyant et me cachant. En cas de problème, je peux survivre en me dissimulant. Tu n’auras pas à me faire visiter. Je veux simplement voir comment vivent les humains. » (Reni)

Hifumi et Reni se regardèrent droit dans les yeux pendant quelques instants.

Devant Helen, inquiète, Hifumi plaça sa main sur la tête de Reni.

« D’accord. C’est une bonne chose pour un enfant d’étudier en observant son environnement. De plus, tu as décidé par toi-même ce que tu voulais faire. Toutefois, à Swordland, tu devras agir comme mon esclave. » (Hifumi)

« Compris. C’est un plaisir de t’accompagner. » (Reni)

« A-Attendez ! Agir comme une esclave, c’est… » (Helen)

« Ne t’inquiète pas », s’exclama fièrement Hifumi devant Helen.

« Si tu es inquiète du traitement porté aux esclaves, alors il s’agit de quelque chose avec lequel je suis tout à fait familier. De plus, il ne s’agit que d’une couverture. » (Hifumi)

« M-Mais… » (Helen)

« Ce n’est rien. » (Reni)

Reni prit doucement Helen dans ses bras.

« Désolé si je suis égoïste. Lorsque j’aurais vu de nombreuses choses, je te raconterai comment vivent les humains, d’accord Helen ? Peut-être ferais-je une découverte permettant d’améliorer la vie au village. » (Reni)

« En parlant de village, il s’agit d’un rassemblement de moutons et de lapins, huh… ? » (Hifumi)

Tapotant son genou de son doigt, Hifumi parut avoir une idée. Il organisa rapidement les pensées dans son esprit.

« Je pense qu’en effet, nous rencontrerons quelque chose qui changera votre village. » (Hifumi)

Voyant un large sourire apparaitre sur le visage d’Hifumi, Helen se leva en vitesse.

« J-Je viens moi aussi ! » (Helen)

Une fois la requête d’Helen elle aussi acceptée, le trio changea ses plans et au lieu de se diviser, resta uni pour se diriger de nouveau vers Swordland.

 

Le nom du roi actuel du Pays Chevalier, Swordlan, était Buell.

Buell était un chevalier aux muscles saillants ressemblant exactement au roi fondateur. Il se dévouait entièrement à son entrainement une fois les affaires gouvernementales réglées. Au sein du pays, il était considéré comme le plus puissant des chevaliers.

« Un Chevalier parti chasser des homme-bêtes n’est pas revenu ? » (Buell)

Secouant ses courts cheveux blonds tout en répétant des coups d’épées dans le jardin du château, il rajouta «Et la raison est inconnue ? ».

« Haa ! D’après les enregistrements d’entrées et de départs, il n’est pas allé trop loin dans les terres désolées, mais pour le moment, nous enquêtons toujours. »

« Ignorez-le. » (Buell)

« Ha ? »

Posant son épée, Buell essuya la sueur dégoulinant sur tout son corps.

« Je vous dit de l’ignorer. S’il est un chevalier, portant la fierté de notre pays, nous le recevrons en tant que tel à son arrivée, peu importe le nombre de jours passés là-bas. Toutefois, s’il s’est fait vaincre par de simples homme-bêtes, alors ce pays n’a pas besoin d’un tel chevalier. » (Buell)

« Mais… »

Sans même pouvoir objecter, le chevalier venu transmettre le message fut chassé d’un simple geste de la main de la part du roi.

En échange, un chambellan accompagnant habituellement le roi s’approcha de ce dernier.

Il reçut la serviette utilisée par le roi pour essuyer sa sueur, et lui présenta de l’eau froide.

« Un homme-bête a été arrangé. »

« Dans ce cas apportez-le-moi. » (Buell)

« Tout de suite. »

Après que le chambellan soit parti, il revint quelques minutes plus tard aux côtés de deux soldats. Ces soldats trainaient derrière eux un homme-léopard aux mains et pieds enchainés derrière son dos.

« Hmm. Aujourd’hui l’adversaire est un léopard, eh ? » (Buell)

Reprenant son épée, Buell se plaça devant l’homme-léopard et pointa son épée dans sa direction.

« Tu es un sale homme-bête, mais es-tu fort ? » (Buell)

L’homme-léopard, levant la tête regarda le roi en silence.

« Mon roi. Puisque cette chose n’arrêtait pas de crier, nous lui avons brûlé la gorge. Il ne peut plus parler. »

« Quoi, c’est donc ça ? Oy, homme-bête. Je vais faire retirer les chaines qui t’emprisonnent. Si tu parviens à ne serait-ce que m’égratigner, je te relâcherai dans les terres désolées. » (Buell)

Sur les ordres du roi, les soldats retirèrent les chaines puis s’éloignèrent rapidement de l’homme-bête.

Celui-ci, tout à coup libéré de ses entraves, regarda ses pieds pendant un instant puis bondit en arrière tout en sortant ses griffes.

Voyant cela, le roi éclata de rire.

« C’est ça. Accroche-toi désespérément à la vie. Mais… » (Buell)

Buell se mit en position, agrippant son épée à deux mains et plaçant celle-ci en diagonale au dessus de sa tête.

« Après tout, tu n’es qu’un vulgaire homme-bête. Considère ta mort sous les coups d’un chevalier comme un honneur. » (Buell)

Rugissant sans bruit, le léopard s’approcha de lui à toute vitesse.

L’homme-léopard, courant à quatre pattes, visa le cou du roi avec ses deux pattes avant tout en levant son corps.

« Naïf. » (Buell)

Sortant son épée, Buell frappa les doigts de l’homme-bête avec son fourreau puis trancha horizontalement.

Lorsque le léopard considéra son esquive comme un succès après s’être de nouveau baissé, le roi se tordit en attaqua de nouveau en tournoyant sur lui-même.

« Humph ! » (Buell)

Avec un bruit sourd, le crâne du léopard se fendit en deux de haut en bas.

Sans prêter la moindre attention au cadavre de l’homme-léopard tombé en déversant sur le sol des morceaux de cervelle, le roi présenta son épée au chambellan pour que celui-ci puisse en nettoyer la lame.

« Son premier mouvement était bon, mais j’ai réussi à le contrer en un instant. » (Buell)

« C’était magnifique, mon roi. »

Le roi exprima son déplaisir en lançant au chambellan un regard de mépris.

« Si j’avais du mal face à un adversaire de ce niveau, je ne serais pas considéré comme le roi du Pays Chevalier. Je suis censé être aussi puissant que le fondateur. Allez chercher un autre homme-bête plus puissant. » (Buell)

« Ha ! A vos ordres. »

Les soldats ayant apporté l’homme-bête saluèrent respectueusement le roi et partirent en trainant le cadavre de l’homme-léopard.

« Mon roi, il est temps de retourner au château. »

En entendant les mots du chambellan, le roi secoua la tête.

« Je laisserai quelqu’un d’autre s’en occuper. Pour le moment, je me dirige vers la prison où sont retenues les femme-bêtes. Je suis toujours excité après un combat. » (Buell)

« Oui ! »

Le roi, se dirigeant vers les caves du château où étaient confinées les femme-bêtes, fut salué par ses chambellans.

 

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La Fille Qui a Mangé la Mort – Chapitre 7

 

Chapitre 7 : Les Pommes Rouges Semblent Plus Délicieuses

La Troisième Unité d’Armée du Royaume était poursuivie, et, le regard tourné vers la Château Antigua, ils continuaient à sonner une retraite désespérée. Chaque membre de l’unité avait reçu au moins une blessure, leur équipement était abimé, et une profonde fatigue s’emparait petit à petit de leurs corps. Les soldats laissés derrière par le corps principal d’armée avaient été écrasés, et chacun s’était rendu après avoir jeté son épée au sol.

 « Haah, haah, quelle honte… rentrer ainsi. Je préférerais mourir au combat que de vivre une telle disgrâce ! Remettez-vous en formation de combat, et préparez-vous à un second affrontement décisif !! »

Criait Yalder, le souffle coupé et le visage rougi par la honte.

Pour lui, qui avait continué de marcher sur une route pavée de succès et qui allait bientôt avoir 50 ans, il s’agissait de son premier échec.

Les silhouettes des Généraux Majors Kyros et Dhanush, menant l’Infanterie Lourde et la division de Cavalerie, étaient introuvables. Lors du précédent engagement dans les Plaines Alucia, les explosions les avaient pris par surprise, et ils avaient disparus.

L’Armée de Libération avait placé la Princesse Alucia sur le front en tant qu’appât, et cela avait fonctionné. En effet, ils avaient réussi à attirer les Divisions Lourdes, mais aussi l’armée du Royaume toute entière, menant au résultat actuel.

Sidamo avait deviné qu’il s’agissait d’un piège, mais il ne possédait pas l’autorité nécessaire pour arrêter les officiers militaires et leur enthousiasme. Et maintenant qu’ils étaient assez près pour voir le visage de l’ennemi, le sol explosa en rougissant.

Comme une réaction en chaine, plusieurs endroits se soulevèrent, avalant les soldats du Royaume.

L’infanterie lourde et la cavalerie si chères à Yalder avaient été simplement détruites sans même pouvoir croiser le fer. Criant, l’Armée de Libération, en formation de flèche, lança sa charge contre l’Armée du Royaume qui venait de céder à la panique.

Yalder, le commandant des troupes, tenta de rallier tout le monde, mais l’action qui s’ensuivit décida de l’issue du combat.

Depuis une colline légèrement surélevée, de nombreux drapeaux de l’Empire apparurent, et des tambours de guerre retentirent avec assez de force qu’ils paraissaient capables de fendre les cieux. D’une façon totalement inattendue, l’armée de l’Empire rejoignit la bataille.

Lorsqu’une unité de cavalerie portant l’armure de l’Empire se mit à charger, le peu de courage et de motivation présent chez les soldats du Royaume disparut. Après tout, l’armée du Royaume était majoritairement constituée de membres du peuple. Les soldats prêts à combattre et abandonner leur vie pour le Royaume constituaient probablement moins de 10% de l’armée.  Ils ne faisaient pas le poids face à l’Armée de Libération, dont le moral était à son plus haut niveau possible. Même si l’Armée du Royaume possédait l’avantage écrasant du nombre, elle jouait actuellement le rôle disgracieux de l’armée en déroute.

Actuellement, plus personne n’écoutait les ordres de Yalder. Kyros et Dhanush, isolés, avaient été attaqués par une unité d’élite portant le Drapeau du Lion, et leurs têtes avaient été tragiquement récoltées.

Ce ne fut que plus tard que le Royaume apprit que les soldats de l’Empire venant d’apparaitre étaient faux – que l’Empire Keyland ne s’était pas engagé dans la guerre. Les personnes qui brandissaient les Drapeaux de l’Empire étaient des citoyens ordinaires, et la cavalerie équipée d’armures de l’Empire était constituée de mercenaires. Utiliser les civils était une tactique mondaine de ruse, mais grâce à l’état important de confusion déclenché par les mines terrestres, l’armée du Royaume était tombée dans le piège. Lorsqu’une personne perdait son sang-froid, son jugement était irrémédiablement altéré.

« Votre Excellence. Réorganisons nos positions à Antigua et attendons une chance de laver se déshonneur. Si nous tentons d’engager une nouvelle bataille décisive dans notre état actuel, l’issue est facilement prévisible. Cela est regrettable, mais nous n’avons plus la force de combattre. »

En entendant les paroles de Sidamo, Yalder regarda les soldats tout autour de lui.

« C’est…c’est…c’est notre glorieuse Troisième armée ? Nous sommes tombés bien bas. Pourquoi… ! Je ne comprends pas ! Je ne savais pas que l’Empire participait à la guerre ! Que font ces hommes dans mon pays !? »

« Votre excellence, à propos de ça— »

Tout à coup, deux cavaliers apparurent pour transmettre davantage de mauvaises nouvelles au commandant qui serrait les poings de toutes ses forces.

« Votre Excellence Général Yalder !! »

« Quoi encore !? Est-ce que d’autres pays en ont profité pour fonder une alliance et rejoindre la guerre !? Ces sales déchets ! »

Le Royaume Yuze contrôlait la partie nord du continent Mundo Novo. A l’ouest, l’Empire Keyland agrandissait sa sphère de contrôle.

Le sud était quant à lui uni par l’Union Doleback. Le sud-est du continent était auparavant contrôlé par le Royaume, mais profitant de la panique lors de l’apparition des démons, les seigneurs féodaux avaient déclaré leur indépendance. Ceux-ci avaient formé une alliance, puis une nation à part entière. Ils possédaient des terres fertiles, un accès à l’océan, de larges quantités de minerais dans leur sol ainsi qu’un grand pouvoir économique. Ces dernières années, leur influence s’était rapidement développée, les menant à une grande richesse et une impressionnante puissance militaire.

La plus grande cause de déclin du Royaume était la perte de ce territoire abondant. Bien sûr, celui-ci était désespéré et souhaitait à tout prix le récupérer, et y avait donc envoyé de nombreuses expéditions militaires.

Toutefois, l’Union avait offert des fonds et ressources à l’Empire, entrant ainsi dans une alliance militaire. Ils avaient coopérés, combattant le Royaume sur deux fronts.

Peu après, les combats s’étaient éternisés, et l’Union, ayant subi les assauts continus du Royaume, avait abandonné et s’était résolue à payer une large indemnité ainsi qu’à signer un cessez-le-feu. Entre chaque pays, un pacte de non-agression avait été convenu.

Il s’agissait là de la série d’évènements ayant mené à la Grande Guerre du Mundo Novo, 200 ans plus tôt.

« V…Votre Excellence, nous avons un pacte de non-agression avec l’Union— »

Yalder répondit aux marmonnements de l’un des officiers civils par un cri,

« Silence ! Ils ont profité de la rébellion et imposé un embargo, alors quel pacte !? Aucun doute, ils se rient bien de notre malheur ! »

« T-toutes mes exuses. »

« —Messager, continue ton rapport ! »

Mais personne ne parvint à assimiler l’information qui sortit de la bouche du messager.

« Sir ! J’ai confirmé la présence de drapeaux ennemis flottant au dessus du Château Antigua ! Il s’agit du Drapeau de l’Armée Rebelle ! Antigua est tombé !! »

Pendant un instant, le temps sembla s’arrêter.

« Qu-Que dis-tu ? Comme si cela était possible !! Il y avait 10 000 soldats là-bas !! Le château n’aurait pas pu tomber aussi facilement !! »

Indigné, Yalder agrippa le col du messager. Même Sidamo n’arrivait pas à dissimuler son inquiétude, face à l’information que même lui n’avait pas prédit.

Un autre messager continua le rapport.

« D’après les soldats ayant réussi à fuir le château, de nombreux traitres ont ouvert les portes du château aux ennemis qui sont immédiatement entrés. Le Général Major Rustam, en charge de la défense, a été tué au terme d’un dur combat contre l’Armée Rebelle. Antigua est complètement tombé aux mains de l’ennemi ! »

Profitant de la faille causée par le départ dans les plaines de l’armée principale, une force détachée avait attaqué Antigua. Le château avait été ouvert de l’intérieur par des alliés informés à l’avance. Au final, la Troisième Armée avait donc été attirée par l’ennemi, pendant que leur importante base leur était volée.

A partir de maintenant, le Château Antigua, un point vital de défense, appartenait à l’Armée de Libération de la Capitale Royale mais allait probablement aussi permettre à l’Empire d’envoyer des renforts.

« Oh, oooohhhhh. »

« ……Votre Excellence. Nous ne pouvons plus avancer vers Antigua. Battons en retraite pour nous diriger vers Belta, à l’est. Nous avons des stocks de provisions là-bas. Si nous ne nous dépêchons pas, l’Armée Rebelle risque de s’en emparer. »

Belta se trouvait à l’est d’Antigua. Les gardes y étaient peu nombreux en raison de la concentration des forces à Antigua. S’ils ne se dépêchaient pas, ils risquaient aussi de perdre cette région près de la frontière.

« ….Non. J-Je vais récupérer le Château Antigua. Je dois absolument le récupérer. Sa Majesté m’a personnellement ordonné de le défendre n’est-ce pas ? De plus, même si notre Troisième Armée a été vaincue, n’avons-nous pas encore 30 000 soldats en bonne santé ? Si nous attaquons jour et nuit— »

« Nous ne pouvons pas, Votre Excellence ! N’oubliez pas que nous sommes poursuivis par l’Armée Rebelle ; nous risquons d’être pris en tenaille ! Nous devons immédiatement changer de trajectoire ! Nous ne pouvons pas nous permettre de lancer une offensive contre Antigua ! Je vous en supplie, pitié, ordonnez aux troupes d’avancer vers l’est. »

Insista Sidamo, désespéré, tout en secouant le corps du Général Yalder. Un siège dans l’état actuel des choses était tout simplement impossible. Ils risquaient l’annihilation, et l’Officier Chef du Personnel Sidamo devait arrêter cela à tout prix. Même s’il risquait de perdre la confiance de Yalder, il devait au moins parvenir à le faire changer d’avis

« —Kuh ! »

« Votre Excellence ! »

« …Je comprends. Je vais vous écouter. La Troisième Armée changera de route, et partira défendre Belta. Là-bas, nous réorganiserons les troupes avant d’engager un nouveau combat décisif. Est-ce que… Est-ce que cela vous convient ? »

« —Sir, nous comprenons. Notre route a changé ! Direction Belta ! Que toutes les troupes changent de direction !! »

—Après cela, l’Armée de Libération, pourtant obstinée, arrêta étonnamment sa poursuite. 30 000 soldats ayant été préservés, la Troisième Armée parvint à battre en retraite jusqu’à Belta.

Bien sûr, l’Armée de Libération venait de gagner le contrôle total de la région autour de la frontière, mais puisque la défense de Belta était maintenant plus renforcée que prévu, elle préféra renforcer son armée au Château Antigua maintenant occupé.

Il existait une raison pour laquelle l’Armée de Libération n’avait pas poursuivi la Troisième Armée et gagné le contrôle total de Belta : leur entrepôt de nourriture avait brûlé. Sans provisions, les soldats ne pouvaient pas combattre.

L’engagement s’était donc soldé par la victoire de l’Armée de Libération, même si la perte de 3 000 mercenaires en raison de circonstances inattendus était un cop dur. Maintenant, il fallait du temps à l’Armée de Libération pour terminer ses préparations.

L’unité de 2 500 cavaliers menée par Schera était passé à côté de la forteresse ennemie, la Forteresse Salvador, sans la moindre gêne. Et afin de fuir en direction de la région de Belta, l’unité avait décidée de traverser la Rivière Alucia.

Mais comment avaient-ils donc traversé le territoire contrôlé par l’ennemi ? La réponse était facile, il suffisait de regarder les membres de l’unité de cavalerie. Le drapeau brandi était celui de l’Armée de Libération de la Capitale Royale, et chaque membre de l’unité était déguisé, portant l’équipement des soldats de l’Armée du Royaume. Tous ces articles avaient été récupérés dans l’entrepôt de nourriture attaqué.

« J-Je ne pensais pas que cela marcherait aussi bien. »

« C’est l’armée rebelle. Ils reçoivent de nombreux déserteurs, soldats de l’Empire et mercenaires n’est-ce pas ? Je suis donc partie de l’idée qu’ils ne pouvaient pas se souvenir de chaque visage. Plutôt que de nous infiltrer, il est bien moins suspect d’avancer ouvertement. »

« Vice-Commandante Schera est bien trop courageuse. Nous ne pourrions jamais vous imiter. Personnellement, je serais totalement incapable de discuter tranquillement avec les soldats ennemis. J’avais tellement peur qu’ils vous attaquent. »

« Heureusement que les commandants ennemis que nous avons rencontré étaient étonnamment idiots. Mais bon, leur confusion n’est pas vraiment étonnante. Moi aussi je deviens facilement irritable quand j’ai faim. »

« Vice-Commandante, prenez ça si vous voulez. »

L’un des cavaliers proches de Schera sortit un fruit vers de son sac et le lui présenta. Le fruit était légèrement mangé par les insectes, mais pas moisi.

« Oh, qu’est-ce que c’est ? »

« Je l’ai trouvée dans l’entrepôt. C’est une pomme verte. C’est un met rare par ici, alors j’en ai récupéré quelques-unes. Une fois mûres, elles sont délicieuses. »

« Parfait, je commençait justement à avoir faim. Merci. Mais je ne pensais vraiment pas trouver des pommes vertes. »

« En effet, elles sont rares au Royaume. Les seules pommes que nous avons chez nous, ce sont des pommes rouges. »

« J’ai tout à coup envie d’en manger des rouges. »

Un filet de jus s’écoula de la bouche de Schera lorsqu’elle mordit dans le fruit. Le cavalier la regarda, plongée dans son repas, d’un air joyeux et amusé.

Les membres de la cavalerie avaient déjà accepté Schera en tant qu’officier supérieur, même si sa position n’était que temporaire. Durant les combats, ils avaient été témoins de sa force et de son audace. ‘N’est-elle pas l’officier commissionné le plus puissant du Royaume ?’, cette question trottait même dans leurs esprits lorsqu’ils voyaient la jeune commandante manier avec une facilité déconcertante son énorme faux.

Suit le puissant, et tu pourras vivre. Les soldats savaient parfaitement cela. Il était même pertinent de dire qu’ils avaient été subjugués suite à un incident survenu un peu plus tôt.

Un officier commissionné et ses troupes avaient poursuivis l’unité depuis la forteresse de l’Armée de Libération, et lorsque Schera avait discuté avec l’officier en simulant son ignorance, tous les membres de l’unité avaient été assaillis de sueurs froides. Elle avait présenté la tête de son prédécesseur, l’ancien Officier Commandant de la Cavalerie mort en combat, tout en expliquant que son unité avait réussi à tuer le commandant ennemi, mais qu’elle poursuivait actuellement les soldats ayant réussi à prendre la fuite dans les bois. Les équipements de mercenaires étaient différents de ceux des soldats réguliers. Ils étaient plus vieux et abimés, facilitant ainsi leur déguisement. Ainsi, pour devenir de parfaits mercenaires aux yeux de l’ennemi, l’unité de Schera avait récupéré des armures dans l’entrepôt précédemment attaqué et sur les cadavres des mercenaires tués là-bas.

Au départ, l’officier ennemi avait des doutes, mais en plein milieu de l’histoire, il s’était exclamé ‘Si nous ne nous dépêchons pas, ils risquent de prendre la fuite’, impatient de récolter quelques honneurs, avant de mener ses troupes dans la forêt.

Bien sûr, il n’y avait rien là-bas. Tout ce qu’il y avait, c’était le Château Antigua, déjà aux mains de l’Armée de Libération.

« Vice-Commandante Schera. Mauvaises nouvelles. Des soldats ennemis gardent la rivière. Nous avons probablement été repérés. »

« Oh, c’est ennuyeux. »

« Que devrions-nous faire ? Avec leur nombre actuel, nous pourrions passer de force. »

S’exclama l’un des membres du groupe, chuchotant à l’oreille de Schera après avoir approché son visage du sien. Elle tourna la tête d’un air tout à fait naturel afin de n’éveiller aucun soupçon, et vit une force de 100 hommes se diriger vers elle, probablement pour vérifier la situation de son unité de cavalerie.

« Nous n’avons pas d’autre choix. Pour l’instant, rencontrons-les. Si je vous donne le signal, tuez-les. Toutefois, il vaudrait mieux éviter à tout prix le conflit. Il ne faut pas trop attirer inutilement l’attention sur nous. »

« Compris ! »

 Schera et son unité changèrent la trajectoire de leurs cheveux et s’approchèrent de l’escouade.

Un homme portant une cicatrice à la joue fixait Schera du regard. Il était le seul homme à cheval, et semblait être le commandant.

Les membres de l’escouade dirigèrent leurs lances vers l’unité de Schera, adoptant une position de combat.

Schera pouvait constater leur vigilance. Ou peut-être avaient-ils été exposés ? Schera décida de prendre la parole en première.

« Bon travail ! Nous sommes la Cavalerie de l’Armée de Libération de la Capitale Royale ! Nous nettoyons actuellement les restes de l’armée vaincue du Royaume ! »

« J’aimerai entendre votre nom complet ainsi que votre affiliation exacte ! Veuillez nous pardonner, mais il s’agit de notre devoir ! »

L’homme parlait aussi fort que Schera. Il n’allait probablement pas être facile à berner. Apparemment, il était différent des idiots rencontrés jusqu’à présent.

« Armée de Libération de la Capitale Royale, affiliée à la Première Division, je suis la Second Lieutenant Schera menant la Treizième Unité de Cavalerie. J’aimerai moi aussi que vous vous présentiez ! »

« ……..Très bien. Nous sommes les réservistes de l’Armée de Libération de la Capitale Royale, affiliés à la Première Division. Je suis le Second Lieutenant Callus. Je commande une force organisée temporairement. »

« Je comprends. Bien, nous sommes pressés, pouvons-nous partir ? L’ennemi risque de s’enfuir. »

« ….Je n’ai pas reçu le moindre message selon lequel une unité de cavalerie poursuit l’ennemi. »

« Probablement un problème de communication. Cela arrive souvent sur le champ de bataille. »

« Plus tôt, nous étions en charge de la défense de l’entrepôt de nourriture. Notre devoir est maintenant de trouver l’unité de cavalerie ayant justement attaqué cet entrepôt. Apparemment, elle se trouve actuellement près de cette zone. »

Callus agrippa le pommeau de son épée.

Schera observait quant à elle calmement la situation. Sa faux était immobile dans son dos.

« Je vois. Et alors ? Peut-être pensez-vous que nous sommes cette même unité de cavalerie ? »

Les coins de la bouche de Schera se soulevèrent. Elle se positionna de façon à pouvoir prendre sa faux à tout instant.

« …Je vais vous demander une dernière vérification. J’aimerai que vous me montriez vos papiers d’identification. Tous les officiers et hommes de l’Armée de Libération en ont, même les recrues, comme vous devriez probablement le savoir. J’aimerai que vous me les montriez immédiatement.—Immédiatement ! »

Lorsque Callus fit un signe de la main, tous les membres de son unité dirigèrent la pointe de leurs lances en direction des cavaliers.

« …Ah, ça. Attendez un instant, d’accord ? Je suis sûre de les avoir rangés dans ce sac— »

Tout en approchant sa main du sac attaché au flanc de son cheval, Schera prit tout à coup le manche de son énorme faux et attaqua Callus.

Callus, sur ses gardes, parvint à esquiver de peu l’attaque.

« Je savais que vous étiez l’unité de cavalerie responsable de l’incendie !! Vous avez osé vous déguiser en membres de l‘Armée de Libération, quelle tactique écœurante !! »

« Ton intuition est plutôt bonne. Toutefois, tu es un idiot. Tu penses vraiment pouvoir nous arrêter avec un tel nombre ? Souhaites-tu mourir ? »

« Silence ! Descendez immédiatement de vos montures, jetez vos armes et rendez-vous ! Des renforcements arriveront bientôt ! Vous êtes pris au piège ! »

« Nous refusons. Après tout, vous êtes déjà morts. »

« —— !! »

Schera attaqua de nouveau avec sa faux.

Callus parvint à arrêter le coup avec son épée longue en forme de croissant de lune, mais la puissance derrière l’attaque l’empêcha de contrattaquer.

« Attention. Si tu ne pares pas mes coups, je risque de prendre ta tête !! »

« C-Cette gamine. Elle est puissante ! »

Callus tenta d’asséner quelques attaques, mais chaque coup était paré avec une facilité déconcertante. Pourtant, chaque mouvement de Schera était assez puissant pour engourdir ses mains. Petit à petit, la vitesse et la force des attaques de Callus diminuait. Sa force physique mais aussi sa motivation diminuaient visiblement.

Et Schera en profita.

« Meurs ! »

« Kuh— »

Après plusieurs feintes, la lame bien-aimée de Schera approcha du cou de son adversaire, le pénétrant horizontalement avec une grande facilité.

Après s’être fait dominer tout du long, Callus reçut une attaque directe et tomba de son cheval.

—Une mort instantanée.

« Cavaliers, tuez tout le monde !! Ne laissez personne s’échapper ! »

« Ou !! »

« Tuez les rebelles !! »

Depuis le départ, l’unité de cavalerie surpassait l’ennemi en nombre. En quelques minutes seulement, tout le monde avait été tué.

Schera avait prit l’initiative, et brandissant librement sa large faux, avait massacré les membres de l’Armée de Libération. L’unité de cavalerie avait subi quelques pertes, mais n’avait pas été repérée par les renforts en approche.

S’ils voulaient traverser la rivière, il s’agissait du moment parfait.

« —Bien, commencez à traverser. Ensuite, nous fuyons à toute allure. Cela vous convient ? »

« Sir ! Nous accompagnerons la Vice-Commandante Schera jusqu’à la fin ! »

« Une fois rentrés, mangeons ensemble. Ce sera ma tournée. En échange, apprenez m’en plus sur les plats délicieux qui existent en ce bas monde. »

« Sir ! Laissez-nous faire !! »

« Nous avons été découverts, alors plus besoin de faire semblant. De toute façon, ces armures sont maintenant couvertes de sang frais. »

Après avoir essuyé la sueur dans ses sourcils, Schera pointa du doigt l’armure couverte du sang de ses victimes.

« Oui, je ne pensais pas que cette ruse tiendrais aussi longtemps. »

« Retournerons-nous au Royaume comme de glorieux soldats ? »

« Bien, dressez le drapeau du Royaume ! Brisez et jetez celui de l’Armée Rebelle !! Il gâche le paysage, alors n’oubliez pas de l’écraser sous votre pied ! »

« Sir ! »

« —L’Unité de Cavalerie de Schera fait maintenant son grand retour ! »

« Ou !! »

Après avoir traversé la Rivière Alucia, l’unité de cavalerie de Schera fut attaquée plusieurs fois. Apparemment, ils avaient été repérés par des éclaireurs lors de leur précédent affrontement. La cavalerie principale de la force de poursuite leur fit même face.

Toutefois, tous furent écrasés par Schera, combattant au front de son unité et qui parvint à récupérer la tête décapitée du commandant ennemi.

Après avoir été mis en déroute, les poursuivants de l’Armée de Libération étaient au nombre de 4 000. 1 000 étaient tombés au combat. Il s’agissait d’un exploit militaire incroyable, tout simplement impensable de la part d’une unité battant en retraite.

Lorsque la Cavalerie de Schera arriva enfin au Château Berta, ses membres n’étaient plus que 2 000. Mais le visage des survivants était celui de guerriers, et non pas de soldats battant en retraite. Naturellement, à leur arrivée, ils avaient été gardés à distance puisqu’ils portaient toujours l’armure de l’Armée de Libération.

Mais, brandissant fièrement le drapeau du Royaume, ils ne semblaient pas vouloir lancer d’attaque. Lorsqu’ils passèrent les portes du château, ils furent accueillis chaleureusement par les gardes. Le moral des troupes, alors au plus bas, remonta rapidement lorsque les nouvelles de leur arrivée furent transmises.

La personne la plus heureuse de voir rentrer une unité de cavalerie considérée comme annihilée était probablement le Général Yalder. En apprenant la nouvelle de l’arrivée de l’unité, Yalder avait poussé un cri étrange, s’était levé de sa chaise, et son corps tout entier s’était mis à trembler de joie. Il s’était directement dirigé vers l’unité de cavalerie et, les larmes aux yeux, avait serré chaque main.

Yalder se mettait facilement en colère, mais était aussi très émotionnel. Son cœur avait été directement touché par la figure de la jeune Schera, refusant d’abandonner et se rapatriant avec courage.

Lorsqu’il voulut considérer Schera comme l’héroïne de la Troisième Armée, il fut rejeté platement, celle-ci considérant la récompense bien trop exagérée.

 

—La Troisième Armée du Royaume avait ainsi changé sa destination pour le Château Belta, avant d’essayer de maintenir sa sphère d’influence près de la frontière.

L’armée comptait 40 000 hommes, incluant les gardes et la cavalerie rapatriée.

Le Général Yalder, se sentant responsable de la défaite, décida de se suicider, mais fut arrêté par ses intendants. De la Capitale Royale vint un décret de réprimande, ordonnant à Yalder de continuer à mener la Troisième Armée et de nettoyer sa honte. Après tout, personne n’était capable d’endosser sa position, et cela avait été pris en compte.

Quant au Second Lieutenant Schera, celle-ci avait remplacé son officier supérieur mort au combat avant d’incendier l’entrepôt de nourriture ennemi.  Il s’agissait d’un coup dur ayant momentanément arrêté l’avancée de l’Armée de Libération. De plus, elle avait traversé l’encerclement ennemi et combattu bravement, tuant de nombreux hommes et officiers ennemis. Au final, elle avait permit à 2 000 cavaliers de retourner au Château Belta. Il s’agissait d’un exploit considérable. Suite à ces actes, au meurtre de Voleur et au soutien du Général Yalder, Schera fut promue à une vitesse sans précédent.

 Trois mois après avoir été promue Capitaine, on lui donna le rang de Major.

De plus, elle reçut formellement le commandement de l’unité de cavalerie dont le commandant était tombé au combat.

—Une promotion au rang d’officier de terrain à l’âge de 18 ans était un évènement jamais vu dans l’histoire du Royaume.

De son côté, Schera fêta cela par un festin, ce qui semblait la rendre plus qu’heureuse. Le seul problème était que pour une raison inconnue, elle n’arrivait pas à profiter de la sensation d’un ventre plein.

 

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