Le Rude Maître du Temps – Chapitre 66

 

Chapitre 66 : Flippant !

 

Tout à coup, après ma réponse, l’atmosphère dans la pièce devint froide. Je me tournai vers Morgana, elle souriait toujours, mais je pouvais voir que ses lèvres tremblaient légèrement. Chase n’était pas bien différente et affichait un sourire amer tandis qu’Ashe restait de marbre.

– Vraiment ? Alors, quelle genre de personne est-ce que vous … uhmm …

Elle ne put finir sa phrase car Morgana la prit dans ses bras et la bloqua contre sa poitrine. Celle-ci se tourna vers moi et s’exclama,

– Toutes mes excuses. Ma sœur est un peu trop curieuse et a tendance à s’occuper des affaires des autres en oubliant les bonnes manières … N’est-ce pas Ashe ?

– Ahmm uhmm uuhh …

Ashe grogna en essayant de s’échapper de l’étreinte de sa sœur. Son visage devint pâle pendant un instant et ses yeux roulèrent dans leurs orbites tandis que des larmes apparaissaient en leurs coins. Elle commençait à perdre connaissance à cause du manque d’oxygène. Puis, elle fut enfin libérée du décolleté de Morgana, mais il était déjà trop tard, elle avait perdue connaissance.

Tout cela n’avait duré que 5 minutes, après quoi Morgana se leva de son siège en soutenant Ashe et annonça,

– On dirait qu’Ashe est fatiguée, probablement à cause du voyage. Je vais l’emmener dans sa chambre, ne m’attendez pas et terminez votre repas.

Ceci dit, elle commença à quitter la pièce avec ses gardes du corps et sa sœur inconsciente. Avant de sortir, elle se tourna vers moi, et s’exclama en me lançant un regard séducteur,

– Ce fut un honneur de vous rencontrer, Maître James. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, venez au 2ème étage, chambre 34, je pourrais y satisfaire le moindre de vos besoins …

Elle se lécha les lèvres en disant cela. Puis, elle quitta la pièce, me laissant seul avec Hestia, Chase et sa petite sœur … Honnêtement, j’étais complètement abasourdi et je ne souhaitais pas être le premier à commenter une telle proposition. Je continuai donc à boire ma soupe, même si ma faim venait tout à coup d’être coupée.

– Cette salope, juste parce que ses seins sont plus gros que les miens, elle se considère comme la maitresse de cette maison …

Murmura Chase. Si je n’avais pas eu mon ouïe améliorée, je ne l’aurais probablement pas entendu. Mais faisons comme si je n’avais effectivement rien entendu … Hestia quand à elle se pencha vers moi et me chuchota,

– Jeune maître, ses armes sont bien trop puissantes. Honnêtement, je suis intimidée …

Je faillis faire tomber ma cuillère mais décidai de continuer à manger. Peut-être devrais-je plutôt aller me reposer dans ma chambre ?

Il ne se passa rien pendant le reste du diner, Chase se contenta juste de me poser des questions sur mes goûts, auxquelles je répondis en restant le plus vague possible. Elle ne parut pas offensée par cela, ou peut-être n’avait-elle-même pas remarqué mon attitude. Une fois le diner terminé, je partis vers ma chambre avec Hestia.

 

 Tandis qu’Hestia et moi nous parcourions le large couloir, je me mis à réfléchir à ma situation actuelle. J’allais obtenir demain le ticket afin de me rendre au colisée, mais le problème était que je ne savais pas par où commencer. En arrivant là-bas, je ne connaitrais rien ni personne, ce qui n’était pas à mon avantage. J’avais juste des souvenirs que m’avait montrés Caine à travers la montre, tels que des signes ou lieux que je pouvais utiliser comme repères. Mais même avec ça, compléter ma mission allait être difficile …

– Jeune maître, quelque chose vous dérange ?

Demanda Hestia en s’approchant de moi. Ses capacités d’observation étaient plutôt impressionnantes étant donné qu’elle ne pouvait même pas voir mon expression. Je soupirai et lui expliquai,

– Je dois trouver une personne demain, mais je n’ai rien pour la trouver à part quelques repères et indices …

– Unn.

Hestia acquiesça et se mit à réfléchir. Tout à coup, elle eut une idée et me proposa une solution,

– Que dites-vous d’un mage ? Ils possèdent des méthodes pour trouver les gens, alors peut-être que Christina pourrait vous aider ?

Je réfléchis à sa proposition … c’était possible, mais pas gravé dans la pierre. La prendre avec nous n’était pas vraiment une bonne idée, car après tout, elle était une esclave. En demandant à Chase, elle me la donnerait probablement, mais en même temps, cela me donnerait l’impression de l’utiliser comme un outil jetable. De plus, je ne saurais pas quoi faire d’elle après être parti d’ici …

– Non, oublie cette idée. Je n’ai même pas demandé l’avis de Christina, et surtout, il existe probablement d’autres méthodes. Je vais juste avoir à réfléchir un peu plus.

Hestia hocha la tête mais je vis un sourire inquiétant apparaitre sur son visage. Je n’y prêtai pas attention et continuai à réfléchir à la situation.

– HEY ! Attrape Evangaline ! Hahaha !

*Paf*

J’entendis des rires à ma gauche. Curieux, je tournai la tête dans cette direction, vers le gigantesque jardin. Le couloir était ouvert dans la partie la plus reculée de la maison, qui était un large jardin vert.

Il y avait aussi quelques bancs sur lesquels s’asseoir et une fontaine. A côté de cette fontaine se trouvaient plusieurs enfants embêtant quelqu’un …

– Hestia, avance sans moi, je veux vérifier quelque chose.

Hestia regarda en direction du jardin et sourit un instant.

– Je vois, très bien jeune maître, je vous attendrais.

Puis, elle marcha rapidement vers notre chambre tandis que je restais au même endroit, contemplant le groupe d’enfants.

– Hehh, tu n’as même pas réussi à rattraper une balle aussi lente, limace. Tu es vraiment bête, et la seule raison pour laquelle tu restes ici est que tu connais un peu de nécromancie. A part ça, tu n’es rien de plus qu’un cafard … Hahaha !

Je commençai à marcher vers les enfants qui se moquaient de quelqu’un au sol. Peut-être que je pouvais leur donner une petite frayeur ?

– Que se passe-t-il ?

Les 3 enfants sursautèrent en entendant ma voix. En se retournant, ils me regardèrent, confus. La fille se tenant au milieu reprit rapidement son calme et me regarda d’un air furieux en criant,

– Qui es-tu ?! Que fais-tu là ? Les gardes n’ont pas le droit de venir ici !

En la voyant s’opposer à moi de la sorte, les 2 autres enfants retrouvèrent un peu de courage et confirmèrent ses propos.

– Ouais, elle a raison.

– Ouais !

Je les regardai tous les trois, légèrement agacé. Je jetai aussi un coup d’œil vers la personne qui avait été poussée au sol et me rendis compte qu’il s’agissait de la petite fille avec l’énorme ours en peluche, Evangaline. Elle me regarda elle aussi et parut surprise. Lorsque nos yeux se rencontrèrent, elle détourna le regard, alors je décidai de d’abord m’occuper des 3 autres enfants.

– Je ne suis pas un garde, je suis un invité, et j’aimerais que vous arrêtiez vos activités avant qu’il ne soit trop tard …

– Ou quoi ? Sais-tu qui je suis ?

Répondit-elle avec arrogance. Un sourire apparut sur mon visage, ils ne le virent pas mais devinèrent mes intentions à travers mes yeux, ce qui les fit légèrement sursauter.

– Saviez-vous qu’il y avait des fantômes ici ?

Tout à coup, le banc situé à côté de nous explosa en un millier de copeaux de bois.

 

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Chaotic Sword God – Chapitre 43

 

Chapitre 43 : Qui Est Pris Qui Croyait Prendre

 

Jian Chen et Tie Ta sautèrent immédiatement sur le côté. Après 2 jours de combats réguliers et quotidiens contre des bêtes magiques, même Tie Ta qui était plutôt long à la détente avait commencé à s’habituer et à acquérir de bons réflexes. Ainsi, il parvint à esquiver l’attaque et abattit instinctivement sa hache sur la jambe de l’assaillant.

Toutefois, le groupe en face d’eux allait leur donner du fil à retordre. Tandis que la hache était sur le point de frapper la cuisse de l’homme, une épée apparut et entra en contact avec la hache en émettant un bruit métallique.

*Ding !*

Le métal rencontra le métal, et la hache de Tie Ta fut bloquée. A cause de la force de Tie Ta, la hache continua à glisser le long de la lame jusqu’à sa garde. Immédiatement, le jeune homme tenant l’épée sentit son bras tout entier s’engourdir et sa main se mit à trembler.

Le jeune homme, abasourdit, cria à ses amis, « Faites attention, il est anormalement puissant. Ne vous approchez pas trop de lui ! »

En entendant cet avertissement, les deux autres élèves combattant Tie Ta se mirent immédiatement sur leurs gardes et tentèrent d’esquiver l’immense hache.

A côté, Jian Chen était engagé dans un combat intense avec les autres épéistes. Même si l’arme de Jian Chen n’était qu’une barre en fer rouillée, ses capacités n’étaient pas inférieures à celles de Tie Ta. De plus, il n’était pas plus faible que lui et se servait de son agilité pour esquiver les attaques de son adversaire. Voyant une ouverture, Jian Chen planta sa barre de fer dans la cuisse de son adversaire à la vitesse de l’éclair. Puisqu’il s’agissait d’un autre élève de l’académie, il n’osait pas le tuer, et préférais donc le blesser.

Jian Chen fut si rapide que l’élève n’eut même pas le temps de réagir. Il ne put que contempler la barre de fer s’enfoncer dans sa cuisse.

« Ah ! » Le jeune homme cria de douleur et son visage perdit de ses couleurs, de la sueur se mettant à perler sur son front.

En entendant le cri de son compagnon, le visage de l’autre épéiste changea. Incapable de combattre Jian Chen seul, il s’écria, « Harry, tu vas bien ? »

Même si le jeune homme n’attaquait plus Jian Chen, celui-ci ne comptait pas le laisser partir. Il s’avança vers lui, sa Force Sainte se condensant dans son poing, et le frappa au torse.

Bougeant toujours à une vitesse incroyable, il ignora les supplications du jeune homme et n’attendit même pas que celui-ci réagisse. La paume de Jian Chen attaqua telle une vipère et frappa son torse.

*Blam !*

Le jeune homme fut projeté au loin suite à l’attaque de Jian Chen et du sang jaillit de sa bouche.

Après s’être débarrassé de ses 2 adversaires, Jian Chen partit immédiatement aider Tie Ta. A cet instant, celui-ci était engagé dans un combat difficile, et avait reçu quelques blessures de la part de ses 3 adversaires. La peau de loup qu’il portait était en lambeaux et couverte du sang qui s’écoulait de ses blessures. S’il n’avait pas eu ce corps extrêmement résistant et cette puissance divine, ses adversaires l’auraient déjà attaqué à pleine puissance et plaqué au sol.

Avec la venue de Jian Chen, la pression reçue par Tie Ta diminua légèrement. Jian Che était incroyablement fort, et même des Saints normaux ne pouvaient le combattre sur un pied d’égalité. Après quelques secondes de lutte acharnée, les trois qui encerclaient Tie Ta commencèrent à perdre. Chacun d’entre eux recevait une nouvelle blessure à chaque seconde qui passait, et peu après, les 5 compagnons gisaient sur le sol, gémissants et n’ayant plus la moindre énergie pour se relever.

Jian Chen regarda les blessures subies par Tie Ta et lui demanda, inquiet, « Tie Ta, tu vas bien ? »

Celui-ci hocha la tête et répondit, « Je vais bien, j’ai la peau dure après tout. » Puis, il pointa du doigt les 5 personnes au sol, « Que devrions-nous faire d’eux ? »

Après avoir réfléchi quelques secondes, un étrange sourire apparut sur le visage de Jian Chen, « Tie Ta, rassemble leurs Ceintures Spatiales et récupère tous leurs noyaux de monstres avant de leur rendre leurs ceintures. »

En entendant Jian Chen, les 5 personnes au sol devinrent rigides et leurs visages pâlirent. Plusieurs d’entre eux devinrent rouge d’indignation. Les noyaux contenus dans leurs Ceintures Spatiales étaient le fruit de leur dur labeur ces 2 derniers jours, et il ne restait plus qu’une demi-journée à tenir. S’ils perdaient maintenant tous leurs noyaux, ils allaient perdre la mission.

Tie Ta se mit à rire. Sans la moindre hésitation, il suivit les ordres de Jian Chen et attrapa leurs Ceintures Spatiales. Jian Chen les regarda de haut, sa barre de fer toujours en main, comme un tigre surveillant sa proie.

Les 5 élèves comptaient résister, mais abandonnèrent vite cette idée et laissèrent Tie Ta récupérer leurs ceintures en voyant la barre de fer sanglante dans la main de Jian Chen.

Après avoir ramassé toutes les ceintures, Tie Ta les rapporta à Jian Chen et commença à compter les noyaux de monstres à l’intérieur. Au total, ils n’avaient que 12 noyaux de monstres, tous de classe 2.

Jian Chen éclata de rire puis attrapa 6 noyaux de monstres qu’il plaça dans sa propre Ceinture Spatiale avant de s’exclamer, « Tie Ta, divisons-les en deux, tu en prends 6, j’en prends 6. »

« D’accord ! » Répondit Tie Ta en rangeant sa part dans sa ceinture.

Mais lorsque les 5 entendirent le nom de Tie Ta, ils se figèrent et leurs visages se tordirent. Tout le monde à l’Académie Kargath connaissait ce nom, car il s’agissait du disciple du directeur. Même s’il n’était pas un Saint, personne n’osait lui causer le moindre problème à l’académie.

Les 5 élèves commencèrent à regretter leurs actions. S’ils savaient à l’avance que l’un d’eux était Tie Ta, ils n’auraient jamais essayé de l’attaquer. Mais maintenant, non seulement ils venaient de se faire voler ce qu’ils essayaient de voler,  mais en plus ils ne pourraient jamais se venger. Les mots ne pouvaient même pas résumer leurs souffrances.

Après avoir rangé ses Noyaux de Monstres de Classe 2, Tie Ta souriait, « Changyang Xiang Tian, tu es vraiment incroyable, tu les as vaincus tous les 5 si rapidement. Moi, Tie Ta, je ne peux absolument pas me comparer à toi. »

Jian Chen se mit à rire, « Bien, reprenons notre chemin, en espérant trouver d’autres bêtes magiques pour le bien de notre cultivation. »

Jian Chen et Tie Ta paraissaient ne plus voir les 5 élèves au sol et partirent.

Après que les deux aient disparus dans la forêt, l’un des jeunes commença à maudire, « P*tain, mais quelle malchance ! Nous avons rencontré l’apprenti du directeur en plus d’avoir échoué la mission. En plus de ça, nous avons perdus tous nos noyaux et nous ne pouvons même pas demander vengeance. Mais quelle malchance ! »

Le jeune homme au marteau s’exclama d’une voix rauque, « Ce n’est pas tout, n’oublie pas qu’il n’y avat pas que Tie Ta, il était aussi accompagné d’une autre personne. »

Les yeux des membres du groupe s’illuminèrent, « Mais oui, Changyang Xiang Tian. »

L’élève au marteau hocha la tête, « C’est ça, Tie Ta possède le soutien du directeur alors nous ne pouvons pas nous venger de lui. Mais Changyang Xiang Tian n’est pas dans la même situation. »

« Mais Changyang Xiang Tian est incroyablement fort. Nous n’avons même pas réussi à le vaincre, comment pourrions-nous réussir ? » Demanda une autre personne.

« C’est vrai, il était si rapide que nous ne pouvions même pas esquiver ses attaques. » S’exclama l’un des épéistes. Il s’agissait de la personne ayant été blessé à la cuisse par Jian Chen.

Puis, le jeune à la hache expliqua, « Vous oubliez que Changyang Xiang Tian a déjà offensé de nombreuses personnes à l’académie, tel que Seigneur Cheng et Maître Luo, dont la force est de loin supérieure à la nôtre. Si nous arrivons à nous joindre à eux, nous aurons tôt ou tard une chance de l’attaquer. »

 

En un clin d’œil, la lumière du ciel commença à faiblir. Les bêtes magiques étaient bien moins nombreuses dans la Troisième Région que dans la Seconde Région. Après une demi-journée de chasse, Jian Chen et Tie Ta n’avaient trouvé qu’une poigné de bêtes magiques. Chaque fois qu’ils en rencontraient une, ils parvenaient à la vaincre à l’issue d’un combat périlleux. En une après-midi, ils avaient gagnés à eux deux 7 Noyaux de Monstres de Classe 2. Comparé au butin de la Seconde Région, ce nombre était insignifiant. Mais en se disant que les 5 élèves les ayant attaqués plus tôt n’avaient récupéré que 12 Noyaux de Monstres de Classe 2 en 2 jours malgré leur niveau de Saint, ils étaient légèrement soulagés.

La Troisième Région était bien plus agitée que le Deuxième Région étant donné que les monstres y étaient bien plus difficiles à vaincre. De plus, même s’il y avait moins de monstres, il y avait plus de personnes tentant de voler les noyaux des autres. Après leur combat avec les 5 élèves, Tie Ta et Jian Chen rencontrèrent 3 autres groupes de voleurs. Chaque groupe avait au moins 4 membres, et le plus large en possédait 7. Mais au final, ils parvinrent à tous les vaincre et à récupérer leurs noyaux de monstres. Ce qui déprima Jian Chen était le fait que le dernier groupe l’ayant attaqué comprenait 4 membres mais ne possédait pas le moindre noyau de monstre, tandis que les 2 autres groupes vaincus possédaient au total 33 Noyaux de Monstres de Classe 2.

Une fois la nuit tombée, Jian Chen et Tie Ta s’assirent au coin du feu et firent griller de la viande de bête magique. Les deux avaient l’air fatigués. Par rapport à la Seconde Région, la Troisième Région était bien plus fatigante.

Maintenant, l’uniforme académique de Tie Ta n’existait plus. Seules les parties les plus importantes de son corps étaient protégées par des peaux de loups, le faisant ainsi ressembler à un sauvage. Son corps était recouvert de cicatrices, et même si elles avaient l’air douloureuses, il ne s’agissait que de blessures superficielles ne l’affectant pas vraiment. Même Jian Chen ne pouvait s’empêcher de regarder ce solide corps avec jalousie.

Jian Chen quand à lui, n’était pas mieux. Même s’il portait toujours son uniforme, celui-ci était imbibé de sang, sang devenant noir après oxydation.

Tout à coup, Jian Chen entendit grâce à sa fine ouïe les bruits d’un combat au loin.

Il se leva et regarda en direction du bruit, « Tie Ta, il y a un combat là-bas. »

 

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Le Rude Maître du Temps – Chapitre 65.5

 

Chapitre 65.5 : Des Ténèbres à la Lumière – Partie 5 (Fin)

 

Il faisait froid et le vent soufflait. Je pouvais entendre la foudre frapper et la pluie tomber, les gouttes froides glaçants mon corps. J’ouvris lentement les yeux, accueilli par un ciel gris. Lentement, je me levai.

– …

Je regardai tout autour de moi, mais il n’y avait personne. Je levai ma main, et remarquai qu’elle allait bien. La douleur horrible m’ayant assailli quelques minutes ou quelques heures plus tôt avait disparue avec mes blessures. Je concentrai ma magie autour de moi afin de vérifier si tout allait bien et remarquai qu’un orbe vert émettant une lumière de la même couleur avait poussé sur mon torse. J’essayai de le retirer, mais en faisant cela ressentis tout à coup une douleur atroce qui me fit tomber à genoux … Je ne pouvais apparemment pas le retirer.

JE me relevai à nouveau et me mis à marcher. Elle avait disparue … Non, elle n’avait pas disparue, elle était partie. Elle m’avait dit que nous nous reverrions et que je devais lui faire confiance … J’essayerai.

Puis, après avoir rangé de telles pensées dans un coin de mon esprit, je continuai à marcher. Le noyau vert dans mon torse était étrange ; il améliorait ma perception et ma force. Mes réserves magiques avaient aussi été triplées, me donnant ainsi un meilleur contrôle sur mes sorts d’ombres, mais je savais que ce n’était pas tout. Même si je ne pouvais pas le retirer complètement,  je pouvais le contrôler et l’utiliser, mais pour quoi ? Qui sait … ?

Mon corps était trempé par la pluie mais je m’en fichais. Après avoir atteint la cabane d’Artemis, qui avait été détruite et brûlée, je ne retrouvai à l’intérieur aucun souvenir d’elle et partis donc en laissant les lieux intacts. Je continuai ainsi à marcher, puis me souvins tout à coup de quelque chose importante, la petite !

Réalisant mon erreur, je courus à toute allure vers la cave en utilisant l’un de mes sorts pour accélérer. Ainsi, j’arrivai rapidement à la cave.

– PETITE FILLE !

Criai-je en entrant dans la cave. Mais je ne reçus aucune réponse. De la sueur commença à perler sur mon front. La pluie allait probablement se transformer en tempête sous peu … alors où était-elle partie ? Plus profondément dans la cave ? Ou peut-être était-elle sortie pour me chercher ? MERDE !

Je me remis à crier,

– PETITE FILLE ! OU ES-TU ?!

Mais en vain. La seule réponse que je reçus fut le bruit du vent s’engouffrant dans la grotte en portant quelques gouttes de pluies. Le désespoir commença à grandir en moi ; c’était la première fois que je perdais tant. Etre seul n’était pas toujours une bénédiction, la solitude pouvait être le pire ennemi de l’homme, même pour quelqu’un comme moi, un démon de la pire espèce.

– Monsieur ?

Je tremblai pendant un instant. J’avais entendu une voix, une douce voix. Je levai la tête et vis une petite fille aux cheveux blonds tenant une poupée dans ses bras, ses yeux bleus brillant me regardant. Un sourire apparut sur mon visage, faisant disparaitre les ténèbres. Je me levai et m’approchai d’elle avant de la prendre dans mes bras. J’étais un idiot ; elle était juste assise derrière un rocher …

 

– Atchoum !

Je reniflai, le dos contre le mur froid en pierre. Il pleuvait à l’extérieur, et le haut de mes vêtements séchait sur un rocher. La petite fille était assise à côté de moi, et nous nous réchauffions avec le feu que je venais d’allumer quelques minutes plus tôt. Nous restions assis ainsi, attendant la fin de la tempête.

– …

Nous regardions le feu en silence … Je repensais à tous les évènement de ces 2 dernières semaines, de comment ces 2 semaines avaient changé ma vie contrairement à mes 17 années de vie …

– Tu as rencontré ton amie ?

Demanda-t-elle en continuant à regarder le feu. Je souris, me souvenant des quelques jours que nous avions passés ensemble.

– Oui, mais la rencontrer à nouveau risque d’être difficile. Désolé, tu n’as pas pu la voir …

– Pourquoi ?

Demanda-t-elle, ne sachant rien de ce qui venait d’arriver. Moi aussi je n’avais aucune idée de ce qui s’était réellement passé, et franchement, je m’en fichais. Je voulais juste la revoir à nouveau, rien de plus.

– C’est compliqué …

Répondis-je avec un sourire amer.

– Est-ce qu’elle est parti au même endroit que mon frère ?

 Pendant un instant, je ne pus m’empêcher d’ouvrir grand les yeux et de la regarder. Oui, c’était ça, elle ne comprenait pas ce qu’était la mort. Je lu caressai donc la tête avant de lui expliquer,

– Non, elle m’a promis de revenir. Jusqu’à ce jour, nous devrions l’attendre. D’ailleurs, j’ai un peu de viande séchée avec moi, ça te dit de manger un morceau ?

– Unn.

La petite fille hocha joyeusement la tête, oubliant instantanément notre conversation. Honnêtement, je ne voulais pas y repenser et changer de sujet était probablement la meilleure chose à faire. J’allais juste devoir être patient, et en attendant, je comptais m’occuper d’elle en regardant comment les choses évoluent …

La tempête se termina 2 jours plus tard. La petite fille et moi nous avions attendu tout ce temps dans la cave, la discussion comme seule distraction.

A ses yeux, nous n’étions toujours pas des amis, même si nous avions partagé des repas ensemble et que nous nous étions blottis l’un contre l’autre pour nous réchauffer. Cela voulait dire que je ne pouvais toujours pas connaitre son nom, mais cela ne me dérangea pas et je continuai à l’appeler ‘’petite fille’’ ou ‘’poupée’’ à cause de la poupée dont elle ne se séparait jamais. Plus tard, je découvris que cette poupée était un cadeau de son grand frère qu’elle chérissait, et je fus forcé de la réparer à de nombreuses reprises. J’avais même été forcé à trouver de la laine afin de la rembourrer, et ainsi, nous continuâmes notre voyage à travers le monde.

J’avais sur moi une large quantité d’argent, nous permettant ainsi de vivre confortablement chaque jour. Toutefois, je gardais un œil sur nos dépenses afin de ne pas trop dépasser notre budget quotidien et nous nous contentâmes donc d’auberges normales. Manger chaque jour et acheter des produits du quotidien tel que du savon, des bandages, des épices et des vêtements n’était pas un problème. Puisque nous voyagions beaucoup, j’avais donné mon nom à de nombreuses personnes, elle le connaissait donc. Même si elle ne me considérait pas comme un ami, elle m’appelait par mon nom.

Je lui appris aussi le combat au corps à corps et l’escrime. Combiné avec un entrainement aux déplacements, elle parvint à vaincre des jeunes garçons dans une allée en utilisant une dague en bois et ses poings. En la voyant combattre, je n’étais pas intervenu afin de mesurer son potentiel. Et effectivement, elle avait du talent et était parvenu à vaincre sans pitié ses adversaires et sans recevoir la moindre égratignure avant de leur prendre leur argent …

Je ne savais pas quoi faire d’elle, car je savais qu’à mes 18 ans, j’allais être invoqué par la Cour des Démons afin de participer à la Grande Guerre. Mes compétences me promettaient une haute position dans l’armée démoniaque, mais laisser la ‘’petite fille’’ seule avec juste un peu d’argent ne me paraissait pas être une bonne idée. J’avais donc décidé de faire d’elle un assassin et un mage des ombres.

Depuis le début de notre voyage, je ne lui avais jamais expliqué que j’étais le tueur de son frère. Nous avions été attaqués de nombreuses fois par des bandits lors de notre périple, ce qui lui avait donc fait comprendre ce qu’était la mort. Me voir les empaler avec ma dague lui avait donné de nombreux cauchemars mais l’avaient aussi renforcée.

Après une année de voyage, nous nous trouvions dans une ville appelée Ravin. Aujourd’hui était le jour de mon invocation.

Je regardai à travers la fenêtre, le soleil se levait et la ‘’petite fille’’ dormait encore dans mon lit. La nuit, elle s’était discrètement faufilée à côté de moi. Puisque je ne l’avais même pas remarqué s’approcher, cela voulait dire que mon entrainement aux déplacements avait porté ses fruits. J’étais vraiment fière d’elle, mais j’étais aussi inquiet de son futur.

J’étais assis à une table en bois, tenant dans ma main une dague noire malsaine sur laquelle étaient gravées de nombreuses runes démoniaques. Ces runes étaient un catalyseur pour l’essence démoniaque qui pouvait transformer un humain en démon, lui donnant force et immortalité, les caractéristiques d’un démon. Lorsque la capacité de cette dague était invoquée, son possesseur pouvait devenir extrêmement puissant, pas aussi puissant que moi, mais cela lui laissait une possibilité d’amélioration. J’avais décidé de donner cette dague à la ‘’petite fille’’. Pourquoi ?

Parce que j’avais du mal à lui voir un avenir, j’étais inquiet, et la seule réponse à mes craintes était de lui donner cette dague. C’était à elle de choisir si elle voulait invoquer la dague et devenir un démon ou rester humaine. Je lui avais déjà appris de nombreuses choses, et elle allait devoir acquérir le reste toute seule.

Je regardai à nouveau à travers la fenêtre. Le soleil n’allait finir de se lever que dans quelques minutes, et à cet instant, j’aurais disparu. J’avais préparé une lettre contenant des instructions et tout ce dont elle allait avoir besoin à l’avenir.  Je lui avais aussi rajouté quelques conseils personnels …

– Petite fille, il est temps de se lever. Allez, aujourd’hui est un jour important pour toi !

M’exclamai-je en restant assis et lui tournant le dos. Elle ouvrit doucement les yeux avant de se lever et de se masser les yeux en me regardant.

– Ughh, Leraje, pourquoi es-tu levé aussi tôt ? Ne dors-tu pas habituellement jusqu’à 3h ?

Je fis un sourire amer et sortis de ma poche le médaillon contenant la photo appartenant à son frère. Je l’ouvris avant de le lui jeter.

– Qu’est-ce que c’est ? Attends, c’est …

Elle observa le médaillon, confuse et surprise.

– Je l’ai trouvé sur le corps de ton frère après l’avoir tué. Je l’ai aussi utilisé afin de te trouver après avoir reçu de l’aide de la part des vampires.

Elle se figea en entendant cela. Après avoir secoué la tête, elle se tourna vers moi.

– Quoi …. Ça n’a aucun sens …. Tu as tué mon frère ? Mais, non, il a été tué par un …

Ses yeux s’ouvrirent grands lorsqu’elle réalisa la vérité.

– Assassin ?

Je terminai sa phrase, et elle trembla. Elle secoua à nouveau la tête et je vis dans ces yeux un profond déni. Elle serra fort le médaillon dans sa main, descendit du lit et s’approcha lentement de moi, tremblante en regardant mon dos.

– Pourquoi … Pourquoi as-tu fait ça ?

Demanda-t-elle. Sa voix accusatrice était emplie de tristesse, ce qui me brisa le cœur.

– Pour m’échapper bien sûr. Comme je te l’ai déjà appris, un assassin ne laisse aucun indice et aucun témoin derrière lui. Sinon …

– NON !

Elle rugit, me forçant à me taire.

– JE TE DEMANDE POURQUOI TU M’AS PRISE AVEC TOI !

Elle se mit à crier, des larmes coulant sur ses joues blanches et sa voix se cassant. Je réfléchis un instant et me rendis compte que je n’avais aucune envie de l’emmener avec moi, qu’il ne s’agissait que d’un coup de tête. Je l’avais prise avec moi sans y réfléchir, ou peut-être était-ce parce que je me sentais seul inconsciemment ? Ou peut-être était-ce parce que je lui avais pris sa seule source de bonheur et que je voulais lui redonner à nouveau quelqu’un sur qui compter … ? Au final, nous ne faisons que lécher nos blessures n’est-ce pas ?

– Je ne sais pas.

Il s’agissait d’une réponse honnête, je ne savais pas.

*BAM*

Elle me donna un coup de poing dans le dos, puis un autre, et un autre. Chaque fois, les coups devenaient de plus en plus faibles jusqu’à ce qu’elle se blottisse contre moi et se mette à pleurer, ses larmes mouillant rapidement mon dos.

– Petite fille, le monde est immense, et tu rencontreras des épreuves bien plus destructrices que celle-ci. Tu perdras des êtres chers et tu te feras trahir comme aujourd’hui, alors écoute-moi. Consolide ton cœur et travaille-le de ta colère et de ta frustration, mais ne soit pas aveuglée par celles-ci. Trouve quelqu’un qui mérite ton attention. Tu peux me détester si tu veux, mais souviens-toi de mes mots, et souviens-toi de moi.

– Pourquoi me dis-tu tout ça Leraje …. Quoi, que se passe-t-il ?

S’exclama-t-elle, confuse. De la fumée commençait à s’échapper son mon corps, le dissolvant petit à petit. L’heure était venue.

– Que t’arrive-t-il Leraje ?! Hey, pourquoi est-ce que ton corps se transforme en fumée ?! Ce n’est pas un sort ,que se passe-t-il ? Réponds-moi ! LERAJE !

– Peux-tu au moins me donner ton nom ? Afin que je me souvienne de toi …

Lui demandai-je tandis que mon corps disparaissait. Elle se mit à paniquer, ne sachant pas quoi faire. Tandis que des larmes continuaient à couler le long de ses joues, elle essaya de me tirer, de m’attraper, de me repousser, mais en vain. Au final, elle tomba à genoux à côté de moi et continua à pleurer. Pendant un instant, je crus qu’elle ne me répondrait pas.

– LENA ! C’EST LENA ! MON NOM EST LENA HELLBORNE !

Je souris un instant. Lena, ce prénom lui allait à ravir n’est-ce pas ?

Ainsi, ma conscience commença à disparaitre. Mais avant que je ne parte, je l’entendis prononcer une dernière phrase.

– Je te trouverais Leraje … et je ne te laisserais plus partir. Tu paieras pour le meurtre de mon frère en restant pour toujours à mes côtés. Ne m’oublie pas, et crois-moi, je te retrouverais !

C’était une chose terrifiante à entendre de la part d’une petite fille, mais je ne pus lui répondre et ainsi , je fus envoyé dans le Domaine Démoniaque en tant que commandant. Je servis là-bas pendant plusieurs centaines d’années. Parfois, je repensai à mon passé, attendant de quitter un jour cet endroit. Et un jour, j’eus une idée en voyant que mes troupes perdaient. J’avais eu l’idée de m’utiliser comme sacrifice afin d’être utilisé comme invocation et de quitter cet endroit, mais je ne m’attendais pas à finir dans le Clavicula et à être invoqué par Dawn. Je pensais que mon histoire était terminée, mais non, elle ne faisait que commencer.

 

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Le Rude Maître du Temps – Chapitre 65

 

Chapitre 65 : Je Suppose Que je Tue des Gens ?

 

Je voulais vraiment leur dire d’arrêter avant que la situation ne devienne vraiment dangereuse. Sur le point d’ouvrir la bouche, j’entendis quelqu’un courir vers nous de l’autre côté du couloir.

– Attends Evangaline !

Je me retournai et me rendis compte qu’il s’agissait de Chase. Elle avait changé de vêtements et retiré ses habits permettant un mouvement facile pour une sorte de robe noire dévoilant ses courbes.

 Elle se dirigea en vitesse à côté de la petite fille et la bloqua contre elle, l’empêchant de bouger ou de parler. La petite fille en question ne bougea pas et continua à lancer un regard froid en direction d’Hestia. Pendant ce temps le majordome restait à sa place sans rien faire, il ne respirait même pas et ne parlait pas, comme s’il n’était là que pour décorer. J’arrêtai donc de le regarder.

– Maître James, je suis sincèrement désolé de l’impolitesse de ma sœur, veuillez la pardonner. Elle n’est pas à l’aise avec les étrangers mais peut parfois être très gentille.

Je me contentai d’acquiescer, sans la moindre rancœur. Elle aurait pu me traiter de bien d’autres noms que ‘’sac à viande’’, ce qui en disait long sur sa personnalité.

Hestia détourna le regard, croisant les bras visiblement contrariée. Chase la regardait confuse, jusqu’à ce que je lui explique,

– Il s’agit de ma subordonnée, elle restera avec moi ces prochains jours. Lorsque le ticket arrivera, j’espère que vous lui réserverez une autre place ?

Le sourire sur son visage s’affaissa légèrement en voyant Hestia. Elle n’avait pas l’air de l’aimer et je pouvais même ressentir une certaine hostilité de sa part, hostilité qui devint encore plus prononcée lorsqu’elle vit qu’Hestia portait exactement les mêmes vêtements que moi.

– Oui … c’est … aucun problème Maître James. Je préviendrais les esclaves et, à nouveau, permettez-moi de vous remercier d’avoir accepté ma demande égoïste. Maintenant, veuillez me suivre jusqu’à la salle à manger.

 La petite fille silencieuse tout ce temps parut confuse en voyant sa grande sœur me parler aussi poliment. La grande sœur en question se contenta de la serrer dans ses bras jusqu’à lui faire mal, ce qui lui fit pousser un petit cri mais aussi comprendre la situation. En même temps, elle baissa les yeux, tenant toujours son énorme ours en peluche.

Ainsi, Hestia et moi nous suivîmes Chase. Tandis que nous marchions, Chase essaya de commencer une conversation avec moi, mais je lui répondis brièvement, ne lui donnant aucune chance de continuer la conversation. En conséquence, une atmosphère froide s’installa, elle n’était ni gênante, ni hostile, mais plutôt froide et grossière. Hestia n’était pas non plus d’humeur à discuter et se contentai donc de me suivre en regardant tout autour d’elle d’un air curieux. En y repensant, elle n’en avait probablement jamais vu autant, j’étais la première personne à l’invoquer après tout.

Tandis que nous marchions, je repensai au temps qu’il me restait. Steward m’avait donné 2 jours, 2 jours qui se terminaient demain … Je n’étais pas sûr de terminer ma tâche à temps, et j’étais légèrement inquiet pour Stella. Mais en même temps, j’étais soulagé car elle était avec Leraje et Cecilia, je n’avais donc qu’à me concentrer sur ma tâche et en finir le plus rapidement possible.

Hestia parut tout à coup agitée et me donna un petit coup de coude.

– Jeune maître, nous nous approchons des 3 individus puissants dont je vous ai parlé. Je ne sais pas vraiment de quel genre de réunion il s’agit, mais vous devriez rester sur vos gardes, même si je suis bien plus puissante qu’eux. Restez donc toujours à côté de moi et méfiez-vous …

– Tu n’as pas besoin de me le rappeler Hestia.

Je soupirai, ce qui fit sourire Hestia.

– Bon, dans ce cas mettez-vous à l’aise et laissez-moi vous montrer ce que je sais faire !

Et voilà ses véritables intentions …

Ceci dit, nous arrivâmes enfin devant une large double porte, que Chase eut l’honneur d’ouvrir. La petite fille était toujours avec nous, son énorme ours en peluche dans les bras et son majordome mort derrière elle. Hestia en profita aussi pour se rapprocher de moi et pratiquement se coller à moi … Peut-être aurai-je dû lui donner quelques règles, comme avec Leraje, mais maintenant, il était trop tard.

– Si vous le voulez bien, Maître James.

Chase me sourit en ouvrant la porte avec ses deux mains, révélant ainsi une large salle à manger. Une scène des plus extravagantes apparut devant mes yeux : un énorme chandelier au milieu de la pièce ainsi qu’une gigantesque table accompagnée de quelques chaises. Des regards curieux se tournèrent vers nous, ceux de 5 individus, dont 2 assis à la table. Les deux invités étaient des femmes possédant une caractéristique commune avec Chase : des cheveux argentés. L’une des femmes paraissait être une adolescente tandis que l’autre était une adulte. Tandis que leurs regards contemplaient notre groupe, elles parurent particulièrement intéressées par mes yeux.

– Ahh, Sœurettes, bienvenue … comment allez-vous ?

Chase pénétra dans la salle à manger d’un pas décidé. En la suivant, je n’étais pas vraiment intéressé par la situation et me contentai donc de suivre ses instructions. Je ne regardai même pas les 3 hommes se tenant derrière les 2 femmes, car ils n’avaient aucune importance à mes yeux. Chase me montra ma place, qui se trouvait juste à gauche de la sienne, et Hestia s’assit à ma gauche, je finis donc entre les deux femmes. La petite fille prit place à l’extrémité de la table en ne lâchant toujours pas son ours en peluche. Hestia avait l’air de s’ennuyer et ne daigna même pas regarder les 2 autres femmes, son regard tourné dans une autre direction. En voyant les manières d’Hestia, les 2 femmes haussèrent les sourcils mais n’essayèrent pas de la corriger. Quelque chose n’allait pas, j’étais pourtant sûr qu’elles allaient commencer à lui faire la morale ou tout simplement l’attaquer à vue ; de ce que j’avais vu, les personnes ici pouvaient être tuées juste pour avoir éternué.

La femme adulte détourna le regard et me regarda d’un air intéressé. Même l’adolescente paraissait intéressée et m’observait avec un sourire malsain …

– Chase, pourquoi ne pas nous présenter à ton invité ?

Suggéra la femme adulte.

– Oui, tu as raison. Voici Maître James, il est l’acheteur du ticket de colisée et restera ici quelques jours.

– Bonjour.

M’exclamai-je sur un ton neutre. L’adolescente me fit signe en disant ‘’Salut’’ et la femme adulte sourit en hochant la tête.

– Bien, j’imagine que vous avez faims, alors commençons à manger.

*Clap Clap*

Chase se leva et frappa dans ses mains afin d’ordonner aux esclaves d’amener les plats. L’odeur de la nourriture emplissait l’air et plusieurs dizaines de chariots arrivèrent depuis la pièce adjacente. Les esclaves poussant les chariots commencèrent uns par uns à délivrer la nourriture devant nous et sur la table, couvrant celle-ci d’une myriade de plats à l’odeur divine. Cela ne leur prit qu’une minute à peine, après quoi ils partirent en vitesse. D’ailleurs, tous ces esclaves étaient des femmes, portant des vêtements assez révélateurs.

– Bien, mangeons !

Annonça Chase. Ainsi, tout le monde commença à manger. Même Hestia qui était silencieuse depuis un bon moment fut largement intéressée par la nourriture et la dévora, un large sourire sur son visage. Je respirai l’odeur de la nourriture dans l’air afin de vérifier s’il y avait des drogues à l’intérieur, pour découvrir qu’il n’y en avait pas du tout. Je e m’attendais pas à ce qu’il y en ait, mais être prudent ne pouvait pas faire de mal. Je commençai donc par boire une soupe … cela paraissait probablement bizarre à cause du masque sur mon visage, mais celui-ci possédait une ouverture invisible au niveau de la bouche afin que je puisse manger sans avoir à le retirer. Lorsque Chase me vit manger normalement, elle parut déçue un instant. Malheureusement pour elle, son plan n’avait pas marché.

Tandis que nous mangions, les sœurs se mirent à parler entre elles. Elles parlèrent des évènements actuels, ainsi que de leurs vies. Elles parlèrent même de choses dérangeantes, tel que du nombre de cadavre empilé quelque part, ce qui faillit me faire perdre l’appétit, et ce que bien sûr, Chase remarqua. Après qu’elles aient changé de sujet, les seules personnes qui ne parlaient toujours pas étaient moi, Hestia et la petite fille du nom d’Evangaline. Nous nous contentions de manger jusqu’à ce qu’au milieu de la conversation des sœurs, la femme adulte me pose une question. Nous nous étions tous présentés avant de commencer à manger, et son nom était Morgana, tandis que l’adolescente s’appelait Ashe. Moi qui espérais terminer tout ça sans avoir à parler ….

– Alors, Maître James, puis-je vous demander quelle est votre profession ? Oh non, attendez, j’ai peut-être déjà entendu votre nom quelque part …

S’exclama  pensive Morgana. Cela me surprit … Elle ne pouvait pas me connaitre, alors elle m’avait probablement confondu avec quelqu’un d’autre.

– Faites-vous partie de la Confrérie Brisée ?

Tout à coup, j’entendis un bruit de métal brisé. Je me tournai vers ma droite et remarquai que Chase venait de casser sa cuillère en deux et serrait les dents en foudroyant Morgana du regard. Puis, elle s’écria,

– Sale mégère … tu as planté un appareil d’écoute quelque part n’est-ce pas ?

Son accusation me surprit, mais maintenant, je savais pourquoi elle était au courant à propos de la Confrérie Brisée …

La femme en question ne répondit pas à la question de Chase et se contenta de sourire calmement. Même les autres personnes dans la pièce parurent surprises et me regardèrent, à la fois sceptiques et abasourdies. Ashe aussi me regarda de la même façon. Hestia quand à elle, regarda tout autour d’elle, confuse. La petite fille de son côté continuait à manger ses pâtes en ignorant complètement la situation. Peut-être ne nous avait-elle-même pas entendue, étant donné que le seul son audible dans la pièce silencieuse était le bruit qu’elle émettait en mangeant ses pâtes.

– Morgana, même si c’est vrai, penses-tu avoir l’autorité nécessaire pour poser une telle question ?

Rétorqua Chase avec dédain en regardant sa grande sœur qui continuait à sourire.

– Et penses-tu avoir l’autorité de me le refuser ? N’est-ce pas à la personne concernée de décider s’il veut répondre ou pas ?

Les deux femmes se tournèrent toutes les deux vers moi. Leurs deux expressions étaient complètement différentes, l’une était tendue tandis que l’autre était calme. Mais leurs regards me demandaient la même chose … Qui allais-je choisir ? J’avais l’impression d’être un mari trompant sa femme et venant d’être découvert par celle-ci. Et Hestia qui rigolait à côté de moi ne m’aidait pas vraiment.

Je soupirai puis ouvris ma veste pour en sortir le badge de la Confrérie Brisée avant de le poser sur la table, à côté de mon assiette. Tout le monde le regarda d’un air impressionné, à l’exception de la petite fille. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi un simple badge les surprenait tant, mais je devais continuer à jouer la comédie et me remis donc à boire ma soupe  en silence.

– Alors, quelle est votre profession Maître James ?

Demanda-t-elle avec curiosité, ignorant l’atmosphère pesante.

– Je suppose que je tue des gens ?

Répondis-je tranquillement en buvant ma soupe.

 

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