VolenKahn’s Review #8 : The Keep

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma huitième review cinéma. Et aujourd’hui, nous allons parlons d’une oeuvre inachevé, d’un brouillon, que dis-je, d’une titanesque et frustrante bande-annonce pour ce qui aurait pu être un très bon film fantastique, et un tournant dans la carrière de son auteur. Cette critique sera placée sous le signe des gémeaux, de la tristesse et de la frustration. Mesdames et messieurs, laissez-moi vous présenter The Keep de Michael Mann, ou dans la langue de Kamini La Forteresse Noire (en même temps je vois mal une forteresse rose fluo…).

Si après cette critique vous comptez (malgré tout) voir le film, sachez qu’un documentaire sur le processus infernal de création du film devrait sortir bientôt, sous le nom de Welcome to A World War II Fairytale: The Making of Michael Mann’s The Keep.

                          Un aperçu de l’intérieur de la Forteresse.

Donc, The Keep nous narre l’arrivée d’une troupe de soldats allemands dans un petit village roumain, qui possède en son sein une imposante et étrange forteresse. Or, à la suite d’un évènement, des soldats meurent. L’arrivée d’une cargaison SS ainsi que d’autres personnages permettront-ils de résoudre ce problème, et par extension l’énigme que constitue la forteresse noire ?

…C’est le résumé le plus vague que j’ai jamais écrit. Désolé, mais je ne peux rien dire de plus. Sinon le FBI viendrai m’enlev– non attendez, je me suis trompé de texte.

Adaptant le roman du même nom de Francis Paul Wilson pour le voir en sortir en 1983 après plus d’un an de tournage (quand je parlais de processus infernal, je blaguais pas), le film fut un échec critique et commercial, rapportant moins que son budget initial de 6 millions. De plus, The Keep n’existe pas en DVD, tout comme sa bande-son. VOUS LE SENTEZ LE DESESPOIR DE MICHAEL MANN ? T’INQUIETES PAS MIKE, 3 ANS PLUS TARD TU FERAS LE SIXIEME SENS ! ALLEZ PLEURES PAS MICKEY, TIENS VOILA UN MOUCHOIR. Ca va mieux ? Bon.

« Mais » vous dites à voix haute chez vous (pourquoi je ne le sais pas), « si ça été un échec sur tous les plans, ce film ne vaut pas le coup ! ». Eh bien si, en fait, et pour une raison très simple : le film durait 3h30 à la fin. Or, à l’époque The Keep n’était que le deuxième long-métrage de Michael Mann. Donc, pour les producteurs/studios, qu’un jeunot peu expérimenté propose un film de SF de cette durée, c’est non. Alors, ils ont fait quoi ? Ils ont engagés un monteur pour retirer 2 HEURES DE FILM. Et on se demandent pourquoi le film a été un échec… Pourtant, on peut trouver de l’or dans la mer—le nutella. Plongez-donc avec moi dans le reste de cette critique. Allez, c’est gratuit.

                             Une affiche du film.

Pour une fois, je commencerai par les défauts, car ils sont plus qu’évident je crois : ayant été massivement tronqué, le film laisse de nombreuses questions en suspens, notamment sur la relation entre les personnages, ou sur les personnages eux-mêmes ; les facilités de scénario sont présentes, mais encore on peut s’en accommoder. En fait, ce film est triste d’une certaine manière. A cause de ce vide scénaristique et émotionnel provoqué par ce nouveau montage, on ne peut que rêver des séquences manquantes, et aussi rager en se disant que l’on ne verra jamais plus que ça. Car cerise sur le gâteau, les 2 heures retirées sont perdues ! Pas étonnant que Michael Mann ne veut plus jamais tourner un film fantastique, au grand dam de ses fans, et des fans de film fantastique en général.

Alors, après tout ça, que nous reste-t-il ? Eh bien, quelques sucreries au fond de la boîte, ma foi. A commencer par le casting, qui est magistral : Ian McKellen (Le Seigneur des Anneaux), Gabriel Byrne (Usuals Suspects), Jurgen Prochnow (Das Boot) et Scott Glenn (Stick dans la série Daredevil). Ils jouent tous bien, surtout Scott Glenn, captivant grâce à ses yeux violets.

                                           La Forteresse « Noire ».

Ensuite, l’atmosphère du film. Se passant durant la Seconde Guerre Mondiale, il règne dans le film une tension permanente, quelle que soit sa nature. The Keep a des allures oniriques, sensation soutenue par les compositions planantes du groupe Tangerine Dream. Mais la tension devient vraiment présente lors des passages dans la forteresse, et notamment lorsque apparaît l’atout principal de ce film (et non ce n’est pas le casting) : Molasar. Incarnation du pouvoir pour Michael Mann, vengeance du peuple juif contre l’invasion de l’armée nazi à mon sens, il est à la fois terrifiant et fascinant de par son aspect industriel. Mais je n’en dirais pas plus, car sa première apparition est tout simplement magistrale.

En conclusion, The Keep vaut le coup car plus qu’un brouillon de film, c’est surtout une machine à rêves brisés ; chacun peut imaginer les origines des personnages, de la forteresse et de Molasar, les limites n’existent pas à propos de ce film. Film maudit pour Mann, il vous laissera j’espère une marque dans votre mémoire, comme il l’a fait pour moi. Et puis surtout, il dure pas 3h30 !

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