A mon âge je me cache encore pour fumer

Rayhana

Bonjour/Bonsoir ! Aujourd’hui je vous parle d’un film sur les femmes, avec des femmes et réalisé par une femme. Rayhana nous compte à travers A mon âge je me cache encore pour fumer, une journée dans un hammam à Alger

Avant de vous parler du film, un mot sur ce huis clos. Fatima est gérante d’un hammam à Alger dans lequel se retrouvent toutes les femmes : vierges, mamans, religieuses, femmes mariées, divorcées, libres,… Au hammam les femmes sont libres de paroles, les langues se délient, des histoires sont racontées, des conflits éclatent,… La réalisatrice disait « dans ma société le hammam est un des rares lieux où une femme peut aller sans réprimande. »  

Le film commence par une scène forte où Fatima subi l’envie animale de son mari puis part ouvrir le hammam. C’est  alors qu’arrive Meriem : enceinte, battue par son frère qui veut s’en prendre à elle à cause de sa grossesse jugée « non morale ». Fatima la cache à l’étage tout en gérant les conflits et les demandes de ses clientes. 

A mon âge je me cache encore pour fumer est un mélange d’histoires difficiles à digérer, d’anecdotes drôles, et la découverte de modes de vie. Ce sont des femmes fortes, courageuses qui embrassent la vie. Le tout est sublimé par les actrices (dont pour certaines c’est le premier passage à l’écran) qui parlent spontanément alternant français et arabe. On retrouve Hiam Abbass dans le rôle de Fatima qui est extraordinaire, tout comme la marieuse Biyouna incarnée par la grande Aïcha qui nous fait rire aux larmes. 

J’aimerais vous dire un mot sur la réalisation qui s’apparente énormément au théâtre et pour cause c’est une pièce à la base, caméra au point, beaucoup de plans fixes, la succession de témoignages, le huis clos permet de se concentrer sur chacune des femmes présentes. 

La réalisatrice a dû s’exiler en France suite à ses opinions politiques et ses prises de position. Son écriture a fait suite à l’élection du FIS (Front islamique du salut) en Algérie.
Les premières règles seront destructrices pour les femmes :  la fin de la mixité dans de nombreux lieux comme les écoles, les hôpitaux ou encore les queues devant les boulangeries ou aux arrêts de bus : « des actes de violence sont alors perpétrés contre ceux et celles qui refusent de respecter leurs règles. J’ai alors pris conscience que nous, femmes, avions plus encore à perdre que les hommes. Que le combat que nous menions depuis l’Indépendance pour l’égalité des droits – bataille encore loin d’être gagnée – avec la montée fulgurante des intégristes, notre avenir devenait passé obscur », confie la réalisatrice. D’ailleurs le film n’a pas été tourné dans un hammam en Algérie ou en Turquie au vu des nombreuses scènes de nudité, mais en Grèce. 

Je conseille ce film à toutes les personnes sensibles à la condition de la femme, au féminisme dans les pays où leurs droits sont encore bien plus blâmés qu’en France, accessible à (presque) tous les âges ; il faut supporter ces films qui dénoncent et font avancer la condition de la femme tout comme on a pu voir Déesses indiennes en colère , Much loved ou Je danserai si je veux

Sources : allocine

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